DÉFINITION DE L’ ANCIEN DIIOIT ROMAIN, ETC
Les républiques aristocratiques conviennent aux gouverneviens des petits états; les républiques populaires se plaisent aux conquêtes^ et rendent par Ih inévitable l’établissement des monarchies, qui sont d’autant plus magnifiques, qu’elles sont plus étendues.
Les peuples, fatigués des soupçons de Varistocratie et de l’agitationde\& démocratie, vont chercher le repos sous la ?nonarchie.
L’orrfrc des nombres abstraits et purs concorde avec Vordre concret des choses humaines e\, civiles, tel que nous avons essayé de l’établir. Les gouvememens commencent, en effet, par Vunlté dans les monarchies de la famille; ils passent U un petit nombre dans les aristocraties héroïques; 1e plus grand nombre, l’Mwiversalité même, s’en empare dans les républiques populaires; ils reviennent enfm à l'unité dans les monarchies civiles. Il est impossible de trouver dans la nature rfes nombres un ordre plus convenable que celui-ci : V unité, le petit nombre, le grand nombre, l'unîversaUté ; et chacun de ces termes conserve dans son espèce la raison (racine) de Xunité. Car, s’il est vraij comme le dit Aristote , que le nombre est essentiellement indivisible, il est naturel que l’unité reparaisse au delà du terme de la numération. Aussi l’humanité tout entière est-elle renfermée entre la monarchie des familles et la monarchie des cités ou civile.
COROLLAIRE
L’ameien droit romain a été un poème sérieux, et l’ancienne Jnrlsprndenee a été une poésie sévère dans laquelle se trouvent renfermés les premiers efforts de la métaphrslque .létale. Les Grecs tirèrent leur ptallosoplile de leurs lois.
La jurisprudence romaine présente un assez grand nombre d'effets, auxquels on ne saurait assigner de causes en dehors des principes que nous avons établis, et de ce principe en particulier : Que les hommes, naturellement entraînés à la recherche de lu vérité, se contentent, lorsqu’ils ne peuvent l’atteindre, de posséder la certitude. Les mancipations tirèrent leur origine de la véritable main, c’est-à-dire de la véritable force; parce que la main représente d’une manière sensible la force , qui est une
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abstraction. iimênaété chez toutes les nations le symbole de la puûsance; d'où sont venues les chirothésies des Grecs, ou les élections faites en posant les mains sur la tête de celui auquel on conférait le pouvoir; et les chirotonies,oo l’acte Ae proclamer les élections en élevant les mains. Ces solennités convenaient aux temps muets; et nous les retrouvons dans les élections des rois, h l’époque du retour de la barbarie. Celle mancipation véritable est la même chose que Voccupadwn, source première et naturelle de tous les domaines. I.es Romains continuèrent h la pratiquer dans les guerres; de sorte que les esclaves s’appelèrent mancipia; le butin elles choses conquises furent nommés res mancipi par rapport aux Romains , et res nec mancipi par rapport aux peuples dépouillés. La mancipation fut suivie d’une véritable usucapion, c’est-à-dire d’une acquisition de domaine; car telle est la signification de capio et de usas, prisd6ms le sens de usus,possessio. Ce qui caractérisait la /)osscssion, c’était, dans ces premiers temps, l’occwjsctton constante et corporelle de la chose possédée; et le mot possessio vint sans doute de porro sessio (d’où les domiciles prirent chez les Latins la dénomination de sedes) , et non pas Aepedvm positio, comme le prétendent les étymologistes latins; car le Préteur prêtait son assistance et maintenait, au moyen des interdits, la. première et non pas la seconde de tes possessions. Thésée tir certainement son nom de cette position, dites par les Grecs Oiat;, et non pas de sa belle tenue, comme l’affirment les étymologistes grecs; car les hommes de V Attique îouA!tiTeü.i Athènes en y demeurant long-temps établis, ce qui constitue Yusucapion , qui rend légitime auprès de toutes les nations la formation des Étais. Nous avons vu dans les républiques héroïques d’Aristote, qui ne possédaient aucune loi propre à réparer les dommages privés, nous avons vu les revendications s’opérer à l’aide de la force véritable, comme dans les premiers duels on guerres gny(^e& du monde, et nous avons vu aussi que les conditions ont été des représailles privées , qui durèrent depuis le retour de la barbarie jusqu’aux temps de Bariole.
Lorsque les temps se furent adoucis et lorsque les lois judiciaires commencèrent \x interdire les violences privées, toutes les/orces individuelles allèrent sc confondre dans la force publi-
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quem dans V empire civil. Les premier s peuples, naturellement poètes, durent alors imiter ces forces véritables dont ils avaient auparavant fait usage pour conserver leurs droits. Ils composèrent la fable (fiction) de hmancipation naturelle, dont ils firent une tradition solennelle et civile, représentée jiar une chaîne., à laquelle ils disaient avoir attaché leurs serviteurs, comme /«piter avait attaché les géans aux premières terres habitables. Ils pourvurent, au moyen de la mancipation figurée et des actes légitimes qui étaient des cérémonies solennelles des peuples encore muets, ils pourvurent, disons-nous, li toutes leurs nécessités civiles. Plus tard, lorsque le langage devint articulé, les hommes voulurent s’assurer de leurs intentions réciproques, et ils exigèrent que leurs contrais fussent revêtus de paroles ou de formules solennelles, qui formassent des stipulations ou des conditions certaines et précises. C’est ainsi qu’étaient rédigés, dans les guerres, les décrets ou les traités de reddition des villes ; traités qui furent dits paces, de pacio, qui est la même chose que pactum. Lareddition de la ville de Collatia forle des traces de cet usage, ciTîte-Live nous présente ce traité comme un contrai réceptice fait au moyen d’un interrogatoire solennel; de sorte que les vaincus furent justement appelés recepti, ainsi que le héraut romainXe dit a\x\orateurs de Collatia, et ego recipio. C’est ainsi que le droit des gens héroïques du Latium demeura fixé dans le chapitre de la loi des XII Tables, conçu en ces termes : Si QUIS NEXCM FACIET MANCIPIÜMQt’E, UTI LINCCA NUNCCPASSIT
iTA JUS ESTO : ce qui constitue la source de tout l’ancien droit romain. VUsucapion commença par la prise de possession corporelle, et demeura comme droit spirituel. Les peuples imaginèrent pareillement des vindications figurées, et les représailles héroïques devinrent des actions personnelles qu’il suffisait de dénoncer à celui contre lequel elles étaient intentées. Cette marche convenait ii l’en/aMcc monrfe ,• car nous l’avons dit, les enfans sont merveilleusement propres ii rû;i/tallondwvrai. Cette facidtéest la mère de la poésie, qui n’est autre chose que Y imitation.
On transporta sur la place publique autant de masques qu’il y avait de personnes dans la cité ou dans l’état, puisque personne signifie proprement masque. On transporta aussi autant de mas-