UV. IV. — DE LA. MARCHE DES NATIONS
la règle, sont appuyées sur le cens, base des républiques populaires,(\a\ distribue les honneurs et les charges selon la proportion géométrique et selon la valeur du patrimoine de chaque citoyen. Avant l’établissement du cens et des républiques populaires, la proportion arithmétique seule était connue, et c’est pourquoi Astrée ou la justice héroïque est toujours représentée la balance h la main ; c’est pourquoi encore dans la loi des Douze-Tables toutes l«s peines pécuniaires se réduisent au daplio, et les peines afflictives et corporelles àlaloi du talion; tandis que les philosophes, les moralistes théologiens et les docteurs en droit public, recommandent de les appliquer selon Injustice distributive et selon \nproportion géométrique. Rhadamante, l’inventeur de la peine du talion, fut élevé après sa mort h la dignité Aejuge des enfers, lieu où les peines sont certainement appliquées selon Injustice distributive. Aristote, dans ses ftwrea sur la morale, désigne la loi du talion, comme étant \n justice pythagoricienne, ou l’œuvre de Pythagore, de ce fondateur de nations, qui donna son nom aux nobles de la grande Grèce. Ce grand philosophe, ce sublime mathématicien, rougirait sans doute de l’invention qui lui est attribuée. Il résulte évidemment de tout ce que nous venons de dire, que ces principes de métorphysique, de logique et de morale sont nés sur la ptecc publique d’Athènes; que les républiques populaires sont nées de ce conseil donné par Solon aux Athéniens : nosce te ipsum ; que les lois doivent leur origine aux républiques populaires, et les philosophies aux lois.Solon, versé dans la science vulgaire, a été considéré k tort comme un savant en science acquise, erreur qui a égaré Polybe, en lui faisant dire que : s’il y avait âu monde des philosophes, on pourrait se passer de religion; tandis que sans le travail préparatoire delà re%ion, jamais le monde n’eût connu ni républiques ni philosophies; sans la direction donnée par la Providence divine aux affaires humaines, jamais nous n’aurions eu aucune notion de science ni de vertu.
Dans les républiques populaires et dans les monarchies, résultat nécessaire des progrès de la civilisation, les causes qui avaient été d’abord des formules cautélaires composées de paroles propres et précises, dites en premier lieu cavissæ a cavendo, et, plus tard, par abréviation, caussx, devinrent dans
DÉFINITION DE L’aSCIEN DROIT ROMAIN, ETC.
les nouveaux contrats lesafliiires mômes ou les négociations, qui consacrent aujourd’hui les conditions dont les par/ies sont convenues au moment même du contrat, afln de produire les actions. Dans les contrats qui forment des titres valables pour transférer le domaine , ces négociations consacrent aussi la tradition naturelle, pour produire le transfert ; dans les contrats simples, conclus par de simples paroles, et qui sont, ù proprement parler, des stipulations, ces mêmes cautèles ou précautions, redeviennent des causes dans l'ancienne acception du mot. Toutes ces choses tendent h éclaircir de plus en plus ce que nous avons dit sur les principes des obligations qui naissent des contrats et des pactes.
Enûn l'homme n’étant véritablement qu’un composé éi esprit, de corps et de langage, et le langage étant comme un intermédiaire entre Vesprit et le aarps ; la certitude, au sujet de la/uatice, commença dans les temps muets par le corps; plus tard, lorsque les langues articulées furent venues au secours de l’intelligence, l’esprit découvrit les idées certaines ou les formules composées de paroles; en dernier lieu, et après que le raison humaine se fut entièrement développée, l’esprif s’arrêta dans la vérité des idées sxxxIsl justice, idées qui sont déterminées parla raison, selon les dernières circonstances qui accompagnent les faits. Ceci n’est qu’une/omw/e informe Ae laaie forme particulière, dite par le savant Vai'ron formula naturæ; semblable à une lumière qui est elle-même informe, elle donne la forme à toutes les moindres parties de la superficie des corps opaques ou des faits sur lesquels elle se répand, ainsi que nous l'avons plus au long démontré dans nos élémens.