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gale du duel. Le meurtre de la sœur ^Horace ayant été le premier événement de ce genre dont personne n’eût pris en main la vtingeance, Tullus HostUius se trouva obligé d’en ordonner le jugement. Quant aux meurtres des plébéiens, ils avaient peu d’importance, car ils étaient commis par leurs maîtres mêmes, et personne ne pouvait en prendre souci ; ou bien ils l’étaient par (Vautres seigneurs, et le meurtrier ne ref usait pas au maître de la victime une indemnité convenable. Cet usage se conserve encore en i’o/oÿne, dans \aL Lithuanie, en Suède, en Danemarck et en Norwége. Mais les interprètes érudits du droit romain ne se sont pas doutés de toutes ces choses, absorbés qu’ils étaient par leur foi dans l’innocence de l'âge d’or; tandis que \e,% politiques sont tombés dans une erreur semblable, en se fondant sur Jristote pour soutenir que , dans les anciennes républiques , on ne connaissait pas de lois répressives des injures privées; ce qui a fait dire à Tacite, ’a Salluste et à plusieurs autres, que les habitons des premières cités vivaient dans un état d’innocence semblable à celui qui fut d’abord le partage diAdam. Notre avis est, au contraire, que le mot d'homicidium fut introduit dans les villes avec ces homines mêmes, donl Hottman s’étonne et desquels est venu' le droit naturel des gens, ({vCUlpien appelle humanarum. Ce mot homicidium servit, après la formation des cités, à désigner le meurtre de tout homme, Les premiers parlemcns durent être souvent saisis des causes féodales, concernant les droits ou les successions , ou les dévolutions des fiefs pour cause de félemie ou de caducité; de sorte que les jugemens plusieurs fois répétés sur ces matières formèrent les coutumes féodales, qui sont les plus anciennes de toute Y Europe, et qui attestent que le droit naturel des gens a. pris naissance de ces coutumes civiles des fiefs. A l’époque du retenir de la barbarie, les nobles avaient pour coutume d’en appeler, des jugemens des parlemens, au roi, qui en était considéré comme le chef; de même que Tullus HostUius permit au coupable Horace d’en appeler, Aa jugement d\x sénat, au peuple, composé de nobles. Le Conseil sacré de Naples est pour nous comme un grand débris de ces institutions perdues; car sou président prend le titre de Majesté Royale et Sacrée ; les conseillers prennent celui de milites et y font l’oflicc de commissaires, parce qu’k l’époque du
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RETOUR DES NATIONS A L’aNCIEN DROIT ROMAIN. 385
retour de la barbarie les nobles seiils étaient soldats, et les plébéiens les servaient dans les guerres, de même que cela avait lieu aux temps Homère et de l’aucienne histoire romaine. Aussi, les sentences du Conseil sacré de Naples sont sans appel à aucun tribunal supérieur, et les condamnés peuvent seulement soumettre leur sentence à une révision des mêmes juges. Tout cela nous porte à conclure invinciblement que tous les empires ont eu d’abord, nous ne dirons pas des constitutions, mais des gouvememens aristocratiques, comme nous en avons vu des exemples, il y a 150 ans, en Suède et en Danemarck, et comme nous en voyons encore aujourd’hui en Pologne, pays où s’établira )>ourtant, si des événemens extraordinaires ne s’opposent au cours naturel des choses, une parfaite monarchie. Bodin avoue que la France, sous les dynasties mérovingienne et carlovingienne, était régie par une constitution aristocratique. Et nous demandons à Bodin de nous expliquer comment elle est passée à la forme monarchique cgûXn gouverne aujourd’hui. Imi^inera-t-il umloiroyale, moyennant laquelle les paladins français se seraient dépouillés de leur puissance pour en revêtir leurs rois capétiens? Et s’appuiera-t-il sur cette loi royale, que Tribonien attribue au peuple romain impatient de se livrera Octave-jduguste? M&is, pour renverser le récit de Tribonien, il suffit de lire les premières pages des Annales de Tacite, où ce grand historien prouve, en parlant des dernières années d' Auguste, que la monarchie romaine n’a commencé que sous lui. Bodin dira-t-il encore que les Capétiens ont conquis la France par la force des armes? Mais toutes les histoires épargnent à la France ce cruel malheur. 11 faut donc que Bodin, et avec lui tous les politiques et \es jurisconsultes qui ont traité dejurepublico, reconnaissent l’existence d’une loi royale étemelle, par laquelle la puissance libre d’un État doit passer à l’acte, par cela même précisément qu’elle est libre ; de sorte que les efforts des peuples, gomVexciter, triomphant des efforts des nobles pour V arrêter, le liberté est acquise aux premiers; puis les tombent k leur tour dansVimmobilité, et l’atUo-
rité dont le repos les dépouille sert k former les rois. Le droit des philosophes et des théologiens moralistes est celui même de la raison ; le droit des gens est le droit naturel de Yutilité ou delà /orce auquel les nations s’élèvent, comme disent \esjuris-
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consultes : usu exigente iicsIanisque necessitatibus expostd- LANTiDus. Les érudits en matière de fiej's peuvent aisément parvenir à voiler la barbarie de la doctrine féodale sous les expressions si belles et si élégantes de l’ancienne jurisprudence latine qui, en elTet, lui conviennent k merveille ; mais tout en admettant avec Oldendorp et les autres, que le droit féodal est sorti des ruines Aa droit romain, dévnsté par les barbares, nous prétendons ajouter que le d^oit romain est sorti des ruines des jHefs mêmes qui existaient à l’époque de la première barbarie du Latium. Toutes Ms républiques du monde furent étal)lies sur ces premiers fiefs, et e’est ce que nous avons essayé fie démontrer, en traitant d’abord de \apoHtiqué poétique, et, plus tard, en ittr diquant l’oriÿlne des nouveaux États européen^ dans \^natuvq étemelle desf^s- ,
Les études instituées dans les universités italiennes sur les IqU romaines contenues dans les livres de Justinien, et qui avaient pour base le droit naturel des gens, dirigèrent l§s esprits déjk exercés et devenus plus intelligens vers la jurisprudençe de V équité naturelle, qui rend les nobles et les plébéiens égaMÇO devant la loi, comme ils le sont dans la nature. Aussi, k peine Tiberius Coruncanius eut-il ouvert k Rome une école publique de droit, que la prérogative de connaître et de pratiquer ce droit échappa aux nobles, et avec cette prérogative la puissance, 11 en arriva de même pour les nobles des états européens, lorsque le pouvoir passa, comme d’ordinaire, des nobles aux plébéiens, et des plébéiens mx souverains. Les monarchies elles républiques populaires n’étant que des formes de gouvememens humains, peuvent se succéder alternativement l’une k l’autre ; mais il est k peu près impossible de ramener k l'aristocratie un état qui en est sorti. En elfet, quoique Dion de Syracuse eût rendu k son p.iys le service éminent de le délivrer de Denys le Tyran, quoiqu’il descendît d’une famille royale, quoiqu'il possédât les qualités brillantes et les rares vertus qui lui méntèrent V amitié de Platon, il fut mis k mort pour avoir essayé de rétablir Impuissance de l’aristocratie. Les Pythagoriciens aussi , qui sont les nobles de la grande Grèce, furent massacrés pour avoir entrepris la même tentative, et ceux qui avaient réussi k s’enfermer dans des lieux forts y furent brûlés tout vivons car, une fois
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convaincus que leur nature est égale à la nature des nobles, les plébéiens ne supportent plus Vinégalité de la loi, inégalité qui ne se trouve ni dans les républiques populaires, ni dans les monarchies. Le petit nombre de républiques aristocratiques qui sont demeurées debout dans l’état actuel de la civilisation, doivent employer des préca««(MM infinies pour maintenir ]a.niultUude tranquille et satisfaite.
Descripilon du monde des nations anciennes et modernes, d’après les principes de eette selence.
Carthage, Capoue et Numance, ces trois villes qui inspirèrent à Rome de si vivesinquiétudes, ne suivirent point le coars ordinaire des choses civiles. Les Carthaginois purent se soustraire aux lois générales, grâce a la rase africaine, rendue encore plus subtile par l’habitude du commerce maritime. Les habitans de Capoue en furent détournés par la molle influence du ciel et par l'abondance des fruits de la terre. Les Numantins se trouvèrent, dès les commencemens de leur héroïsme, embarrassés par la puissance romaine, que Scipion l’Africain, le vainqueur de Carthage et l’arbitre des forces du monde, dirigeait avec sagesse. Mais les Romains, ne rencontrant aucun de ces obstacles, marchèrent d’un pas modéré, d’après la direction supérieure de la Providence, manifestée par la sagesse vulgaire, à travers les trois formes de gouvememens que nous avons indiquées, selon l’ordre naturel de ces gouvememens , et s’arrêtant h chacun d’eux le temps convenable et nécessaire. Ils demeurèrent soumis à l'aristocratie jusqu’à la promulgation des lois Publilia et Petelia; ils jouirent de la liberté populaire jusqu’au temps d'Auguste, et ils se reposèrent dans la monarchie, aussi longtemps que force humaine pouvait résister à tant de causes intérieures et extérieures de destruction.
Maintenant une civilisation accomplie semble s’élre répandue sur toutes les nations , et le monde des peuples n’est gouverné que par un petit nombre de grands monarques. S’il en est parmi eux de barbares , c’est que leurs monarchies sont depuis trop longtemps établies sur une sagesse vulgaire dérivée de religions fantastiques ci féroces, et parce que souvent la nature même de ces nations est pauvre et imparfaite. Et, pour commencer par
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le Nord, voyons d’abord le czar de la Moscovie, qui commande k des peuples chrétiens , il est vrai , mais d’un esprit lent et paresseux. Le cnez, ou han de Tartarie exerce son pouvoir sur une nation aussi molle que les anciens Sères, dont le pays, aqjourd’hui réuni k la Chine , formait autrefois la plus grande partie de l’empire tartare. Le negus d’Éthiopie et les rois de Fez et de Maroc n’ont sous leurs ordres que des peuples /at'bles et appauvris. Blais dans la zone tempérée , Ik où la nature s’est librement développée, nous trouvons, k partir de VOrient le plus reculé, V empereur du Japon, dont la civilisation rappelle l’état romain k l’époque des guerres puniques ,• c’est la miime férocité dans les batailles, et son langage semble avoir certaine affinité avec la langue latine. Une religion effrayante et des dieux avides de carnage conservent encore le caractère héroïque ; et nous tenons des missionnaires qui se sont transportés dans ce pays, que le principal obstacle k l’établissement de la religion chrétienne consiste dansla résistance opposée par les nobles au dogme de V égalité de nature entre eux et \e%plébéiens. V empereur de Chine, dont les sujets cultivent les lettres et pratiquent une religion pleine d’humanité, est lui-même doux et modéré. 11 en est de même des rots de Vinde. Les Persans et les Turcs ont essayé de mêler la mollesse asiatique k la rude énergie de leur religion, et les Turcs principalement tempèrent leur orgueil par le faste, la libéralité et la reconnaissance. Mais en Europe, où la religion chrétienne, maîtresse absolue, enseigne un Dieu infiniment petr ei parfait, et commande la charité envers le genre humain tout entier, on voit de grandes monarchies fort avancées dans la civilisation. Quelques-unes, situées au nord, comme la Pologne et V Angleterre, conservent un gouvernement aristocratique ; mais si le cours naturel des choses humaines et civiles n’est pas renversé par des événement extraordinaires, elles parviendront bientôt, n’en doutons pas, k la perfection de la monarchie. Cette partie du monde, dans laquelle seulement on cultive les sciences, renferme encore un assez grand nombre de rép^ibliques populaires inconnues aux autres contrées. Les mêmes nécessités y ont amené les mêmes résultats; et les provinces unies et les cantons suisses, expliquent la formation des républiques Étolienne et Achéenne. Plusieurs républiques libres composent dans ces états une