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DESCRIPT. DU MONDE DES NATIONS ANC. ET MODERNES

aristocratie qui les unit en une ligue perpétuelle pour la paix et pour la guerre, de môme que dans l’empire germanique, qui se compose de plusieurs villes libres et d’États souverains soumis à l’empereur comme à leur chef, et dont la forme de gouvernement est aristocratique. C’est ici le lieu de remarquer que les puissances souveraines, s’unissant entre elles par une ligue, soit perpétuelle, soit temporaire, vont d’elles-mêmes li former une aristocratie, et sont exposées à tous les inconvéniens inséparables de ces sortes A& constitutions. Ces ligues des souverains sont la dernière forme des états civils, puisqu’il est impossible d’imaginer un état qui leur soit supérieur. Telle aura donc été la première forme des états civils ; car il est dans la nature des principes que les choses humaines finissent comme elles ont commencé; et nous la retrouvons, en ell'et, dans les aristocraties des pères, rois souverains de leurs familles, unis en ordres régnans dans \es premières cités. Mais, pour en revenir k parler de l’état actuel du monde, nous ferons observer qu’il n’existe aujourd’hui en Europe que cinq aristocraties souveraines; ce sont : Venise, Gènes, Lucques, Raguse, Nuremberg ; et toutes sont renfermées dans d'étroites frontières. Partout dans Y Europe chrétienneliicivUisationresplendit ellavie de l’ homme eslheureuse; car les besoins ducorps sont satisfaits, et Yâme aussi bien que l’esprit a de quoi se réjouir. C’est de la religion chrétienne que nous tenons tous ces bienfaits. Elle enseigne des vérités si sublimes, que \es philosophies les plus j97'q/b»rfes des Gentils se ‘sont offertes à la servir; et elle possède pour son usage le plus ancien langage du monde qui est Y hébreu , le plus délicat qui est le grec, le plus majestueux qui est le latin; si bien qu’en ne la considérant que sous des rapports humains, la religion chrétienne est encore la meilleure de toutes les religions du monde; car elle réunit k un savoir imposé le savoir raisonné, auquel les doctrines des philosophes et Yérudition des philologues prêtent k l’eiivi leur apjiui. N’oublions pas aussi que les y/wiéWcaf?^ suivraient aujourd’hui avec la lenteur ordinaire le chemin battu pur toutes les nations, si les Européens, les ayant découverts, n’avaient hâté leur marche.

Uéfléchissons maintenant au parallèle que nous avons tracé entre les temps anciens et les temps modernes , et voyous si

CONCLUSION

nous ne pouvons pas nous vanter d’avoir découvert, nous ne dirons pas Yhistoire particulière des Grecs et des Romains, mais Vhistoire idéale des/ots éternelles qui gouvernent toutes les naffonsjkleurnatssonce, dans leurs progrès^ leur état, Xeax décadence et leur fin, et cela lorsqu’il serait vrai (ce que nous ne croyons pas) que de V éternité naissent de temps en temps des mondes in finis. Voilà pourquoi nous avons osé donner à ce livre le titre présomptueux de Science namelle^ ne trouvant pas en nous le courage de le frustrer des droits qu’il avait acquis sur un argument aussi universel que la nature cdmmune des nations, et ne perdant pas de vue non plus cette qualité propre à toute science parfaite dans son idée, qualité que Sénèque a ainsi rendue : Pusilla res hic mundus est, nisi id, quod quxrit, omnis mundus habeat.

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