‹ La science occulteChapitre 8 sur 11 · VI. — La Loi du Karma · texte numérisé non relu

VI. — La Loi du Karma

En présence de cette gigantesque Evolution que nous venons d’esquisser à grands traits et dont nous avons examiné les détails par rapport à l’espèce humaine, on se demandera peut-être par quel côté elle se rattache aux principes cosmiques, qui ont été établis au début de cette étude. Le propre des doctrines vraies, c’est la simplicité dans les causes, jointe à l’inextricable complexité dans les effets. Ainsi procède la nature qui, du principe le plus simple qu’on puisse imaginer, Y Unité y fait dériver les incalculables manifestations de l’Univers phénoménal. Nous n’aurons donc pas besoin, pour expliquer l’Evolution des êtres, d’invoquer d’autres principes que l’incontestable loi de causalité et la loi de solidarité qui découle de l'Unité originelle de toutes choses.

Tout phénomène, tout effet imaginable, est rigoureusement déterminé par une série de causes dans le passé et détermine lui-même une série indéfinie d’effets dans l’avenir. Nul homme de science n’oserait contester aujourd’hui cette lumineuse vérité ; et la seule limite à l’action d’une cause quelconque, dans le passé comme dans l’avenir, est la grande Unité originelle et finale.

Cette loi de causalité, qui régit tout l’Univers, prend le nom de loi du Karma , quand on la considère dans son action sur les êtres conscients. Toute pensée, toute parole, toute action d’un être conscient, d’un homme par exemple, constituent des forces, qui sur les différents plans cosmiques, réagissent sur les milieux ambiants; et de cette lutte entre les forces issues de l’homme et les milieux, se dégagent des résultantes de nature diverse, dont les unes modifient l’homme lui-même et les autres le milieu. Il résulte de ceci que l’homme est en grande partie l’artisan de sa propre personne, qu’il est en partie son propre créateur ; il en résulte également qu’il dépend du milieu qui l’entoure et qu’il ne peut se soustraire à son action incessante.

LA DOCTRINE ESOTERIQUE

Cette double vérité : l'action de l'homme sur lui-même et sa dépendance du milieu ambiant, est maintenant reconnue par les naturalistes darwiniens et par tous les philosophes qui ont souci de la science positive. Nous n'aborderons pas ici l'analyse de la théorie évolutionniste, qui démontre l'influence exclusive de la sélection, de l’adaptation, de l’hérédité, sur la constitution physique et morale des êtres; mais la sélection n'est autre chose pour l’homme, que l’ensemble de ses pensées, paroles et actions; tandis que l’adaptation et l’hérédité sont déterminées par les milieux ambiants et l’action de l'homme sur ces milieux.

Toutefois, les darwiniens n’étudient les eTets de ces lois que depuis le moment de la conception de l’embryon, jusqu’à celui de la mort; les occultistes, plus logiques, affirment quel’enchaînement descauses et des effets se prolonge bien en deçà et au-delà de la vie humaine, jusqu’au principe absolu de toutes choses. Sans vouloir discuter ici la question embrouillée et controversée du lendemain de la mort, nous devons reconnaître que les occultistes ont raison d’admettre l’existence de causes antérieures à la conception du foetus, et d’effets postérieurs à la mort de l’homme. Quels sont ces causes et ces effets ? C’est ce que nous n'aurons garde d’expliquer, ne possédant aucune notion positive à cet égard. Toutefois, ces causes et ces effets, qui précèdent et suivent l’individualité humaine, existent nécessairement, à moins d’admettre, comme les chrétiens, la création d’un être tiré subitement du néant.

Nous devons faire observer, néanmoins, que, d'après la théorie ésotérique, la personnalité de l’homme, constituée par les principes inférieurs, s’anéantit entièrement à la mort, comme cela se produit déjà pendant le cours de la vie terrestre, où la personnalité de l'enfant n’existe plus chez le vieillard, et où mille causes fortuites, la folie notamment, produisent le même effet. Quant au fil qui, selon les occultistes, relie entre elles les séries de causes et d’effets que traversent les très, il est constitué par le principe supérieur de l’Univers, par VUnité absolue , la substance unique, d'où provient et où retourne tout ce qui existe.

D'ailleurs, quoiqu’il en puisse être à cet égard, nous avons vu que la science contemporaine a pleinement confirmé la loi ésotérique du Karma , c'est-à-dire l’influence de l'homme sur la constitution de son propre organisme et sur le milieu qui l’entoure, de même que l’influence réciproque du milieu sur l’homme lui-même.

L’homme peut donc, s’il le veut, développer son corps, son intelligence, et progresser constamment dans l’échelle des êtres. Mais en vertu de la loi de solidarité, il est enchaîné au milieu qui l’entoure, à ses semblables d’abord, et à un degré moindre, aux êtres qui paraissent les plus éloignés de lui. Si ses semblables soutirent, s’ils restent en

26 LA DOCTRINE ESOTERIQUE

place, s’ils reculent, il souffrira, il n avancera pas, il reculera même, quoiqu’il puisse faire. Le bien qu’il fait aux autres lui profite, le mal qu’il leur cause l’atteint.

Page 1