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L EVOLUTION COSMIQUE ET L^HOMME

dans son Moi terrestre une continuation du Moi terlestre de ses ascendants, et il remonta au travers des générations le cours de cette conscience collective jusqu au couple originel^. L’âme sentit dans la vie terrestre une sorte de Moi-groupe, qui s’étendait jusqu aux plus lointains ancêtres, et l’homme se regarda comme un membre de ce groupe. C’est seulement dans l’état incorporel que le Moi eut conscience de son unité individuelle. Mais ce sentiment de 1 individualité fut en quelque sorte endommagé par les souvenirs de la conscience terrestre dont le Moi restait chargé. Ces souvenirs troublaient le regard dans le monde spirituel, qui commença à se couvrir d’un voile entre la mort et la nouvelle naissance, tout comme pour l’œil physique durant la vie terrestre.

Tandis que l’évolution humaine passait par les péripéties décrites plus haut, tous les changements qui se produisirent dans le monde spirituel s’exprimèrent par une régularisation graduelle des relations réciproques entre la terre, le soleil et la lune, et par extension entre les autres planètes. L’une des conséquences de ces rapports est l’alternance régulière du jour et de la nuit. Les mouvements des astres sont réglés par les êtres qui les habitent. Le mouvement delà terre, qui crée les jours et les nuits, fut causé par les influences alternées des Esprits plus évolués que l’homme. De même, après la séparation de la lune et de la terre, le mouvement de rota-

1. Ce couple est celui qui avait atteint le plus haut degré de conscience individuelle après la séparation de la Terre et de la Lune. Il faut se rappeler que pour les causes énumérées plus haut, à ce moment-là, le nombre des corps porteurs d’àmes humaines était devenu minime sur notre planète.

tion de la lune autour de la terre eut pour objet de permettre aux Esprits de la Forme d’agir sur le corps humain par une action rythmée conforme à son but. Le jour, le Moi et le corps astral de l’homme coopéraient avec les corps physique et éthérique. La nuit, cette coopération cessait. Le Moi et Tastral quittaient les corps physique et vital, et tombaient sous l’empire des Anges, des Archanges, des Esprits de la Personnalité et des Esprits de la Forme. Pendant ce même temps, les Esprits de la Forme cou valent le corps physique et le corps vital, de concert avec les Esprits du Mouvement ou Dominations, les Esprits de la Sagesse ou Principautés, et les Esprits du Vouloir ou Trônes. Ainsi pouvaient être corrigées les influences néfastes que les erreurs du corps astral exerçaient sur Thomme pendant le jour.

Tandis que se multipliaient les descendants du couple originel, il n’y avait plus aucune raison pour que des âmes humaines ne vinssent pas s’incarner dans leurs corps ; l’action des forces lunaires, telle qu’elle se produisait alors, rendait les corps humains parfaitement aptes à abriter des âmes d’hommes. Les âmes auparavant émigrées sur Jupiter, Mars, etc., furent de nouveau aiguillées vers la terre. Pour chaque rejeton humain qui naquit dans la suite des générations, il y eut une âme. Gela dura un certain temps, jusqu’à ce que l’afflux d’âmes vers la terre correspondît à la multiplication des corps. Les âmes qui à la mort terrestre abandonnaient leurs corps, conservèrent dans l’état incorporel le souvenir de leur individualité terrestre. Ce souvenir se manifesta par le fait que, dès qu’un corps convenable pour elles était engendré, elles s’y réincarnaient naturellement. Dans la descendance humaine il y eut des individus

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dont les âmes s’incarnaient pour la première fois, et d’autres qui avaient déjà vécu sur la terre. Dans la suite, les âmes nouvelles sur la terre devinrent toujours moins nombreuses, tandis que le nombre des réincarnées s’accroissait sans cesse. Cependant le genre humain fut longtemps divisé entre deux catégories d’hommes créés par les conditions de l’évolution.

Sur la terre, l’homme se sentait uni à ses ascendants grâce à la communauté du Moi-groupe. L’expérience du Moi individuel n’en était que plus puissante entre la mort et une nouvelle naissance. Les âmes qui arrivaient de l’espace céleste pour entrer dans des corps humains se trouvaient dans des conditions tout autres que celles qui avaient déjà vécu une ou plusieurs existences terrestres. Les unes n’apportaient avec elles que les résultats des expériences faites dans le monde spirituel supérieur, en dehors de l’ambiance terrestre. Les autres avaient créé une causalité interne dans leurs vies antérieures. La destinée des premières était déterminée par des événements étrangers à l’évolution terrestre. La destinée des autres âmes dépendait de ce qu’elles avaient fait au cours de leurs précédentes existences terrestres. La réincarnation produisit donc aussitôt le Karma individuel.

Par suite de l’autonomie du corps vital à l’égard du corps astral, les fonctions de la génération, au lieu d’être soumises à la conscience humaine, étaient gouvernées par le monde spirituel. C’est au moment où une âme devait descendre sur terre que l’instinct Je la reproduction s’éveillait chez l’homme terrestre. Tout le phénomène restait mystérieux et obscur pour la conscience terrestre. Mais même pendant

la vie terrestre se manifestaient les suites de cette scission partielle entre Péthérique et le physique. Les facultés du corps vital étaient exaltées par le commerce avec les forces spirituelles. Dans la vie de 1 ame, cette exaltation se manifestait par une perfection particulière de la mémoire. La pensée logique et autonome n'était qu'à l'état embryonnaire dans ce temps. La mémoire était par contre presque sans limite. Il était manifeste que l'homme avait une connaissance immédiate des énergies qui animaientles êtres vivants. Il savait réduire à son service les forces de la vie et de la reproduction qui existaient chez le règne animal et surtout chez le règne végétal. L'énergie interne qui détermine la croissance de la plante, l’homme savait l'extraire et l’utiliser, tout comme aujourd’hui il se sert des forces latentes dans la nature inanimée, par exemple dans le charbon de pierre, pour mettre en mouvement des machines.

La vie psj^chique de l’homme, elle aussi, subit par l’influence luciférienne des transformations multiples. Nous pourrions citer bien des sentiments et des sensations qui sont nées sous cette influence. Prenonsen seulement quelques exemples. Jusqu’à l’intervention luciférienne, l’âme humaine, dans son travail d’action et de formation, se conformait fidèlement aux vues des Esprits supérieurs. Le plan de son activité était tracé à l'avance, et la conscience humaine, dans la mesure de son développement, pouvait prévoir le déroulement futur des événements suivant ce plan déterminé. Cette conscience prophétique rentra dans l'ombre, quand sur la manifestation des hautes entités spirituelles s'étendit le voile des perceptions terrestres et que les influences propres des êtres solaires se cachèrent sous ces perceptions. L'avenir

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devint incertain et Tâme connut la peur. La peur est la conséquence immédiate de Terreur. On voit aussi comment, par Faction luciférienne, Tliomme devint indépendant vis-à-vis de certaines forces, auxquelles il était auparavant aveuglément livré. Il put prendre des résolutions dictées par son bon vouloir. La liberté est due à Tinfluence luciférienne. La peur et les sentiments analogues sont Taccompagnement naturel de révolution humaine vers la liberté.

Pour la vue spirituelle, l’apparition de la crainte représente, dans le domaine des forces terrestres auxquelles les Puissances lucifériennes avaient soumis Thomme, l’intervention d’autres puissances qui dans leur évolution, avaient dévié bien avant les esprits lucifériens. Ces anciennes Puissances dévoyées mêlèrent leur action à celle des forces terrestres : elles entrèrent dans l’être humain et donnèrent le caractère de la crainte à des sentiments qui sans elles auraient tout autrement évolué. On peut donner à ces entités le nom d’ahrimaniques ^ : Gœthe les a représentées sous le masque de Méphistophélès.

L’influence luciférienne ne s’était exercée au début que sur les hommes les plus avancés : elle s’étendit bientôt aux autres. Les rejetons de ces deux classes d’hommes se mêlèrent : ce qui permit à la force luciférienne de gagner du terrain. Mais le corps vital des hommes moins évolués n’était pas aussi bien protégé que le corps vital des descendants directs du couple originel. La protection de ce couple venait d’un Grand Être qui gouvernait le Cosmos lorsque la Terre se sépara du Soleil. Ce Grand Etre est le régent du royaume solaire. Avec lui émigrèrent dans le monde

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