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I/’ÉVOLUTÎON COSMIQUE ET L HOMME

Sommeil cosmique, et après un temps, 1 homme est enfin capable de mettre en action des forces qui lui soient propres. Ces forces sont celles que dans la dernière phase saturnienne les Trônes ont infusées dans Têtre humain. Cet être évolue désormais une vie intérieure, qui pour la clairvoyance se manifeste par des vibrations éveillant des sensations olfactives. A Textérieur, dans Tespace ambiant, Têtre humain donne Timpression d'une personnalité, mais qui n'est pas gouvernée par un Moi « intérieur ». On dirait un organisme végétal jouant le rôle d'une personnalité, tandis qu'à la fin de l'âge saturnien la personnalité humaine ressemblait à une machine réglée d’avance. Durant cet âge, nous avons noté Tapparition du premier embryon de l’élément humain qui deviendra un jour l’Homme-Esprit ou Atma.SwT le Soleil germe pour la première fois ce qui sera l’Esprit de Vie ou Bouddhi,

Après une nouvelle pause, où tout se passe comme durant les précédentes « nuits cosmiques », les Esprits de la Sagesse viennent à leur tour féconder l'être humain qui devient capable de ressentir des antipathies et des sympathies à l’égard de son entourage, Ces états de conscience ne sont pas la sensation même, mais bien les précurseurs de la sensation. L'activité interne, perçue sous forme d’odeurs, s'exprime au dehors par une sorte de langage primitif. Une odeur, un goût, un scintillement perçu à l’intérieur de l’homme, et considéré par lui comme utile, se manifeste par un certain son. Un autre son fait connaître que l'être a eu conscience d’une perception antipathique. Tous ces progrès ont permis à hhomme d’atteindre le vrai but de l'évolution solaire, qui a développé un degré de conscience su-

périeure à la conscience saturnienne. C’est la conscience de l’homme endormi.

Alors arrive le moment où les puissances spirituelles qui ont coopéré à l’évolution solaire doivent émigrer vers d’autres sphères pour y élaborer les fruits recueillis par leur travail sur l’être humain. Le monde entre dans une grande période de repos, semblable à celle qui sépara l’âge solaire de l’âge saturnien. Tout ce que le Soleil a développé dans la nature est plongé dans un état semblable à celui du végétal, quand ses forces de croissance dorment dans une graine. Alais de même que ces forces s’épanouissent de nouveau au grand jour dans une nouvelle plante, de même, après le repos spirituel, tout ce qui avait vie sur le Soleil, émerge de l’abîme pour se manifester dans une nouvelle forme planétaire. On comprendra le sens de ces haltes dans la marche du monde si l’on dirige son attention spirituelle sur l’une des Hiérarchies, par exemple celle des Esprits de la Sagesse. Ces Puissances n’étaient pas assez évoluées sur Saturne pour pouvoir émaner d’elles-mêmes les éléments d’un corps éthérique. A elles seules, les expériences par lesquelles elles passèrent sur Saturne ne pouvaient leur conférer ce pouvoir. Pendant la nuit cosmique, elles élaborent le fruit de ces expériences pour en créer une véritable faculté. Ainsi sur le Soleil, elles se trouvent assez avancées pour verser leur vie dans l’être humain, qu’elles gratifient du corps vital qui lui manquait.

Après la période de repos, l’astre qui était autrefois Soleil sort du sommeil cosmique où il était plongé :

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cela signifie qu’il redevient visible comme auparavant pour la perception spirituelle, alors que pendant la période de résorption il échappait à cette perception. Le nouveau globe (que Toccultisme appelle Lune et qu’il ne faut pas confondre avec son fragment, qui constitue actuellement la lune, satellite de la terre), présente deux caractères essentiels. D’abord les éléments qui s’étaient détachés du Soleil primitif pour former la planète du nouveau Saturne sont réintégrés dans le nouveau globe. Ainsi, pendant la pause, le nouveau Saturne est rentré dans le Soleil, de sorte que tout ce qui était contenu dans le premier Saturne se manifeste d’abord dans un astre unique. En second lieu, pendant le repos, les corps vitaux humains formés sur le Soleil, ont été absorbés par l’atmosphère spirituelle qui entoure la planète, de sorte qu’ils n’apparaissent plus unis aux corps humains correspondants et que ces derniers commencent par évoluer, réduits a eux-mêmes. A vrai dire, ils conservent tout ce qu’ils se sont assimilé pendant les évolutions saturnienne et solaire, mais ils sont privés de leur corps vital. Et même, ils ne sauraient l’incorporer aussitôt, car ce corps a progressé de telle manière que le corps physique n’est plus au niveau correspondant. Les débuts de la période lunaire, qui ont pour but de rendre possible cette accommodation des corps , reproduisent tout d’abord les phases saturniennes. L’homme repassé de nouveau par ces phases diverses, mais dans des conditions toutes différentes. Sur Saturne il ne disposait que des forces d’un (( corps de chaleur ». A présent, il possède un corps gazeux convenablement élaboré. Ces forces gazeuses au début de la période lunaire n’agissent pas à découvert. On dirait que l’être humain est encore

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uniquement composé de substance calorique, au sein de laquelle les forces gazeuses seraient comme assoupies. Mais il arrive un moment où ces forces commencent à se manifefster faiblement. Et dès la fin de la répétition des phases saturniennes, l’homme a le même aspect qu’au cours de sa vie solaire. Mais tout phénomène vital n’est encore qu’apparence. Alors intervient une halte, comme celles qui ont jalonné la période solaire. Ensuite commence à nouveau l’infusion du corps éthérique, pour lequel le corps physique a acquis la maturité nécessaire. Cette infusion, comme la répétition de la période saturnienne, se répartiteur trois phases distinctes. Pendant la deuxième de ces phases, l’homme est suffisamment accommodé à son ambiance lunaire pour que les Esprits du Mouvement puissent faire usage de la faculté acquise par eux. Elle consiste à verser le corps astral extrait de leur propre essence dans l’entité humaine. Ces Esprits se sont préparés à cette fonction pendant la période solaire ; puis, pendant le repos cosmique, ils ont transmué en faculté les éléments accumulés. Cette infusion dure un certain temps, après quoi une des petites pauses cosmiques intervient; après le réveil, la même activité se poursuit encore jusqu’à ce qu’elle cède la place au travail des Esprits de la Forme. L’être humain, dans lequel les Esprits du Mouvement ont versé leur astralité, s’est vu doter des premières forces psychiques. Les expériences que lui confère la possession d’un corps éthérique, et qui étaient sur le Soleil des expériences végétatives, commencent à éveiller en lui des sensations, accompagnées de plaisir ou de déplaisir. L’alternance de ces deux états persiste, jusqu’au moment où les Esprits de la Forme interviennent, et transforment ces remous

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psychiques en y faisant poindre le premier germe des désirs et de la passion. L’être s’applique dès lors à reproduire les états d’âmes qu’il a ressentis comme agréables, et s’efforce d’éviter ceux qui lui ont causé du déplaisir. Mais comme les ondes émises par les Esprits de la Forme vont et viennent, et que ces Puissances n’abandonnent pas à l’homme une portion de leur essence, la passion manque de profondeur et de force propre. Elle est gouvernée par les Esprits de la Forme et demeure à l’état d’instinct.

Sur Saturne, le corps physique de l’homme était tait de chaleur ; sur le Soleil, il était constitué par une matière plus dense, que nous avons appelée gaz ou • air ». Pendant que sur la Lune l’astralité s’infuse dans l’homme, il arrive un moment où le physique atteint un nouveau degré de condensation, et revêt un état de matière comparable à notre état liquide. L’occultisme donne à cet état le nom générique d’ « eau », ce mot exprimant non pas l’eau de notre monde présent, mais bien tout état liquide. L’homme physique se manifeste ainsi peu à peu sous une forme où nous distinguons trois essences. La plus dense est un « corps liquide ». Il est parcouru par des ondes aériennes, et le tout est imprégné de vibrations caloriques.

Mais pendant la période solaire, toutes les formations n’ont pas acquis la maturité voulue. Aussi voyons-nous sur la Lune des êtres qui en sont restés à la période saturnienne, et d’autres qui demeurent sur le niveau solaire. Ces retardataires forment aux côtés du règne humain, deux règnes distincts : l’un, composé d’êtres qui n’ont pas dépassé l’évoJution saturnienne, et en sont réduits à un corps physique, incapable, même sur la Lune, de recevoir un corps

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vital indépendant. C’est le plus bas des règnes lunaires. Le second est constitué par les êtres qui sont restés en arrière au degré d’évolution solaire, et qui ne peuvent s’incorporer sur la Lune un corps astral indépendant. Ce règne est intermédiaire entre le règne des déchets saturniens et celui des hommes normalement évolués.

Mais il faut remarquer un autre phénomène : les vibrations purement caloriques, ou purement aériennes, imprègnent également les humains normaux. De sorte que la nature humaine sur la Lune comporte et des éléments solaires et des éléments saturniens. La présence de ces éléments introduit une sorte de discorde interne dans l’être humain. Cette discorde donne naissance, après l’intervention des Esprits de la Forme, à un événement cosmique, fait important dans l’évolution lunaire. Une sorte de dissociation se produit au sein de ce monde. Une partie des êtres et substances se détache des autres. L’astre se divise en deux astres nouveaux. L’un devient le séjour de certaines hautes entités qui étaient intimement unies à l’astre unique de la période précédente. Le second donne asile au règne humain, aux deux règnes inférieurs, et à un certain nombre d’esprits qui n’ont pas passé sur le premier astre. Le premier astre, résidence des hautes Puissances, est comme une réincarnation plus subtile du Soleil. Le second est proprement l’astre nouveau, la Terre-Lune. Des essences qui existaient sur l’astre unique, le nouveau Soleil ne prend que la chaleur et l’air. La Lune conserve des éléments issus de ces deux essences et elle possède en outre l’élément liquide. Cette scission a pour effet d’empêcher que les êtres hautement évolués qui ont quitté l’ancien astre soient entravés dans leur

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progrès par les êtres plus denses de l’évolution lunaire. Ils peuvent ainsi poursuivre librement leur route. Ils acquièrent une force d’autant plus grande que désormais c’est de l’extérieur, du Soleil même, qu’ils dirigeront leurs effluves sur les êtres lunaires. Ces derniers voient s’ouvrir par suite de nouvelles possibilités dans leur évolution. Les Esprits de la Forme sont restés unis à eux. Ces Esprits consolident la nature instinctive et passionnelle, et cette évolution s’exprime dans le corps physique par une condensation nouvelle. L’élément liquide devient visqueux, les formations caloriques et aériennes acquièrent également une nature plus dense, et il en est de même pour les deux règnes lunaires inférieurs. La séparation du monde lunaire et du monde solaire a pour résultat que le premier de ces mondes se trouve plongé au sein du second comme jadis l’ancien Saturne évoluait au milieu de tout l’univers ambiant. L’astre saturnien était formé de l’essence des Trônes ou Esprits du Vouloir. Sa substance avait le pouvoir de réfléchir dans l’espace cosmique toutes les expériences des êtres spirituels situés à proximité de cet astre. Et cette réflexion éveille la vie autonome progressivement par les trois étapes suivantes par lesquelles passe en règle générale toute évolution. Dans la première, l’être autonome se différencie de la vie ambiante. Dans la seconde, l’ambiance se reflète et s’imprime dans l’être ainsi différencié, et dans la troisième, l’être ainsi différencié poursuit son évolution indépendamment de l’ambiance.

C’est ainsi que l’astre lunaire se sépara de l’astre solaire et commença par réfléchir la vie solaire. Si les choses en étaient restées là, voici le phénomène cosmique que l’on aurait constaté. Il y aurait un

astre solaire sur lequel des entités spirituelles appropriées à lui évolueraient dans les éléments caloriques et aériens. En face de cet astre solaire existerait un astre lunaire sur lequel d'autres êtres analogues aux êtres solaires poursuivraient leurs expériences dans les éléments caloriques, aériens et liquides. Le progrès de la période solaire à la période lunaire consisterait, pour les êtres solaires, à voir leur existence se refléter dans les phénomènes lunaires comme dans un miroir et à jouir ainsi du spectacle de leur propre existence, ce qui leur était impossible pendant Tâge solaire.

Mais les choses n'en restèrent pas à ce stade, et il se passa un événement d'une importance capitale pour le progrès à venir de cet univers. Certaines entités parvenues au niveau lunaire s’emparent de l'élément de volonté, héritage des Trônes dont ils pouvaient disposer, et développent par lui une vie autonome qui proclame son indépendance à l'égard de la vie solaire, et ainsi, à côté des expériences lunaires soumises à l'influence solaire, surgissent des expériences lunaires volontairement autonomes, des sentiments d'indignation et de révolte contre les êtres solaires. Les différents règnes apparus sur le Soleil et la Lune, avant tous le règne des ancêtres humains, se laissent gagner par la contagion de ces sentiments. Ainsi la Lune renferme en soi, au double point do vue spirituel et matériel, deux courants de vie séparés : l'un qui demeure étroitement uni à la vie solaire, et l'autre, qui s'en est détaché par une sorte de chute, et qui poursuit sa route dans l'indépendance. Cette dualité va se manifester dans toute la suite de l'évolution lunaire.

Ce que perçoit, à ce stade de l’évolution, la con-

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science clairvoyante, peut se décrire par les images suivantes. La masse de la substance lunaire est constituée par une essence semi-vivante, animée de mouvements tantôt lents, tantôt rapides. Il n’existe point encore de matière minérale comme les rochers ou les terrains, sur lesquels vit Thomme actuel. On pourrait parler d'un règne végétal-minéral, mais en tenant compte que la totalité de l'astre lunaire est formée de ces éléments végétaux-minéraux, au même titre que notre terre est iormée de rochers, de pierres, ou de terre labourable. Do même que des masses rocheuses surgissent aujourd’hui sur la surface de la planète, de même la masse lunaire est parsemée de formations plus dures, qui ressemblent au bois ou à la matière cornée. Et comme de nos jours les végétaux poussent dans le règne minéral, de même la substance lunaire est couverte et pénétrée par le deuxième règne, qui consiste en formations semi-végétales, semi-minérales. L’essence de ce règne était plus tendre et plus subtile que la substance foncière que nous avons précédemment décrite. Ce second règne était englué dans le précédent comme un grouillement de végétations visqueuses. Quant à l'homme lui-même, on peut l'appeler homme-animal. Il avait dans son organisme des éléments empruntés aux deux autres règnes. Mais son être entier était imprégné par un corps astral et un corps éthérique qui recevaient les effluves des grands êtres demeurés sur le Soleil. Ces effluves donnaient à sa structure une sorte de noblesse. Tandis que les Esprits de la Forme lui avaient façonné une forme appropriée à la vie lunaire, les êtres solaires faisaient de lui une créature supérieure à son milieu. Il eut ainsi la force de raffiner sa propre nature par les facultés que les

Esprits lui conféraient, et même d’élever à un plus haut niveau d’évolution, les éléments organiques apparentés aux deux règnes inférieurs.

Pour la vue spirituelle, les choses se présentent comme il suit : l’ancêtre humain fut ennobli par les entités tombées du règne solaire. Cet ennoblissement s’étendit tout d’abord aux exjjériences réalisées dans l’élément liquide. C’est sur cet élément que les êtres solaires, souimrains dans l’air et la chaleur, avaient la plus faible influence. Pour l’ancêtre humain, le résultat de ces événements fut que deux sortes d’entités agissent désormais dans son organisme. Une partie de cet organisme était profondément pénétrée par les effluves des êtres solaires. L autre partie était dominée par les êtres lunaires déchus : aussi était-elle plus autonome que la première. A la première appartenait un état de conscience où se mirait les êtres solaires, tandis que la seconde jouissait d’une sorte de conscience cosmique qui ressemblait, à un'niveau plus élevé, à la conscience de l’état saturnien. L’ancêtre humain s’apparaissait ainsi à lui-même comme une image de l’univers, tandis que la partie solaire de son organisme lui semblait une image du soleil.

Or, voici que dans la nature humaine ces deux ordres de forces en vinrent à se combattre. Cette lutte, par l’action de la plus haute des entités solaires, conduisit à une sorte de compromis par lequel la substance organique qui servait de support à la conscience cosmique autonome fut rendue fragile et périssable. Cette partie de l’organisme dut être expulsée de temps en temps. Pendant et immédiatement après cette période d’élimination, l’ancêtre humain était un être exclusivement soumis aux influences

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solaires. Sa conscience était déterminée par ces influences et il vivait entièrement dans le courant de la vie solaire. Mais ensuite, après un temps, des organes lunaires autonomes renaissaient et tout ce processus se répétait périodiquement. Ainsi, sur la Lune, l’ancêtre liumain passait alternativement d’une conscience claire à une conscience obscure, et ce changement correspondait k un changement dans la constitution matérielle de son être. Il déposait de temps à autre son corps lunaire pour le revêtir ensuite de nouveau.

La plus grande diversité se manifestait dans les règnes lunaires. Minéraux, végétaux, plantes, animaux, et hommes-animaux se répartissent en groupes divers. On s’expliquera cette diversité si l’on songe qu’à chaque étape de l’évolution, des formations sont demeurées en arrière du degré normal, de sorte que des essences des qualités les jplus variées ont pris corps. Il existe donc sur la Lune des créatures qui présentent les caractères des débuts de l’évolution saturnienne. D’autres appartiennent évidemment au milieu de cet âge, d’autres à sa période finale. Il en est de même pour toutes les phases de l’évolution solaire.

Et de même que les créatures attachées à un globe céleste, les êtres qui coopèrent à l’évolution de ce globe restent, eux aussi parfois, en arrière. Dans le lent devenir qui a conduit le monde jusqu’à l’époque lunaire, il s’est créé tout une série d’échelons dans la hiérarchie de ces êtres. Il y a des Esprits de la Personnalité qui ne sont pas arrivés, même sur le Soleil, au stade humain actuel, tandis que d’autres, regagnant le temps perdu, y sont parvenus à ce moment. De même, on trouve des retardataires parmi ces Esprits

du Feu qui devaient devenir hommes sur le Soleil, Et comme sur le Soleil, certains Esprits de la Personnalité se sont détachés de la masse solaire pour faire revivre Saturne sous forme d^astre séparé, ainsi au cours de révolution lunaire, les entités que nous venons d’énumérer fondent pour ainsi dire des astres spéciaux dans l’espace. Nous n’avons parlé jusqu’ici que de la division en Soleil et Lune : mais pour les raisons que nous avons dites, d’autres corps célestes se détachent de l’astre lunaire primitif apparu après le repos cosmique consécutif à la période solaire. Et après un certain temps, on se trouve en présence de tout un système d’astres, parmi lesquels le plus avancé est naturellement le nouveau Soleil. Et il se crée certaines attractions entre certains astres et certaines catégories d’êtres évoluant sur la Lune, attractions analogues à celle que nous avons signalée plus haut entre les retardataires de l’évolution solaire, et les Esprits de la Personnalité émigrés sur le second Saturne. Nous serions entraîné trop loin si nous voulions suivre les destinées de ces différents astres, un à un. II nous suffit d’avoir indiqué pour quelles raisons l’astre unique qui apparaît à l’aube des temps sous la forme de Saturne, a progressivement donné naissance à toute une série d’astres nouveaux.

Après l’intervention des Esprits de la Forme, l’évolution lunaire se poursuit un certain temps. Puis vient une période de repos cosmique, au cours de laquelle les éléments grossiers des trois règnes lunaires demeurent dans une sorte de torpeur, tandis qu’au contraire les éléments subtils, en particulier le corps astral de l’homme, se détachent de ces formations plus épaisses. Ce.® éléments subtils se pla-

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cent dans des conditions satisfaisantes pour recevoir les effluves des grands êtres solaires. Après la pause cosmique, ils imprègnent à nouveau les éléments grossiers de l’homme. Mais grâce aux forces puissantes qu’ils ont assimilées pendant la pause cosmique, alors qu’ils se trouvaient en liberté, ils peuvent faire évoluer les substances grossières et les rendre mûres pour l’action que vont maintenant exercer les Esprits de la Personnalité et les Archanges normalement évolués.

Ces Esprits de la Personnalité, entre temps, ont progressé jusqu’à un niveau où ils possèdent l’état de conscience nommée inspiration. A ce degré ils peuvent non seulement percevoir par images les états de conscience des autres êtres, comme c’est le fait de la clairvoyance imaginative, mais ils sont capables de connaître immédiatement les expériences intérieures de ces êtres, qui leur sont révélées par une sorte de langage ou d’harmonie spirituelle. Quant aux Esprits du Feu, ils atteignent le degré de conscience qui était sur le Soleil celui des Esprits de la Personnalité. Ces deux hiérarchies se mêlent à la vie intérieure évoluée de l’être humain : les Esprits de la Personnalité fécondant le corps astral, tandis que les Archanges couvent pour ainsi dire le corps éthérique. Le corps astral devient ainsi un organisme personnel. Non seulement il éprouve le plaisir et la souffrance, mais il les rapporte à lui-meihe. Il n’est pas encore arrivé à cette soi-conscience parfaite, qui se dit : « me voici », mais il se sent porté et protégé par les êtres qui l’entourent. En les regardant, il peut se dire :

« C’est grâce à cette ambiance que je jouis de l’existence. » Quant aux Esprits du Feu, le siège de leur travail est le corps vital. La circulation des forces éthé-

riques devient grâce à eux une activité interne de mieux en mieux coordonnée. Ce qui se passe là peut se comparer à la circulation des sucs végétaux et aux phénomènes de la croissance. Les substances gazeuses se sont condensées en liquides : on peut parler d'une sorte de nutrition, en ce sens que les éléments reçus de l'extérieur sont transformés et élaborés à l'intérieur de l'être. L'ensemble de ce processus organique est intermédiaire entre la respiration et la nutrition. Les substances nutritives sont puisées par Lhomme dans le règne végétal-animal. Il faut se représenter ces végétaux-animaux comme flottant ou nageant, ou encore légèrement adhérents, dans l'élément qui les entoure, comme les poissons dans l'eau ou les animaux terrestres dans l'air. Cet élément n'est ni eau ni air, mais un composé intermédiaire entre les deux, une sorte de vapeur épaisse, où les substances les plus variées flottent au gré des courants et remous les plus divers. Les végétaux-animaux apparaissent comme des formes régulièrement condensées, constituées par cet élément, souvent peu distinctes du milieu environnant. A côté de la nutrition il existe, dans le règne humain, une sorte de respiration. Les êtres aspirent et rejettent des ondes caloriques. La clairvoyance perçoit ces échanges comme si des organes s'entr'ouvraient et se refermaient, absorbant et expulsant alternativement un courant calorique, et des substances aériennes ou aqueuses. Et comme l'homme dispose d'un corps astral, cette respiration et cette nutrition éveillent en lui certains sentiments, de sorte qu'il éprouve du plaisir quand il reçoit du dehors des matériaux utiles à l'économie de son être, et qu'il ressent au contraire une douleur quand des substances nuisibles pénètrent dans son

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organisme, ou même s’en approchent seulement.

De même que la respiration et la nutrition étaient étroitement apparentées, de même la manière dont s’agençaient les représentations dans la conscience rappelait les phénomènes de la reproduction. Les choses et les êtres n’agissaient pas immédiatement sur les sens de l’homme. Leur présence faisait naître dans sa conscience crépusculaire des images appropriées, bien plus étroitement liées à la nature profonde des objets que ne le sont nos couleurs, sons et parfums, lesquels ne représentent que le côté extérieur de la nature. Pour avoir une idée de la conscience des hommes lunaires, imaginez ces hommes enfouis en quelque sorte dans une atmosphère de vapeur dense. Dans ce milieu se produisent les phénomènes les plus variés : combinaisons ou dissociations de substances, condensations ou dilatations de matière. Toutes ces modifications du milieu, que l’homme ne saurait immédiatement voir ou entendre, évoquent des images dans la conscience humaine. Ces images sont comparables à celles du rêve. Quand un objet tombe sur le sol aux côtés d’un homme endormi, celui-ci ne perçoit pas le fait luimême, mais bien une image quelconque de ce fait : il rêve par exemple qu’on tire un coup de feu. Les images de la conscience lunaire ne sont pas arbitraires comme celles du rêve : ce sont, il est vrai, des symboles et non des reflets exacts : mais ils correspondent à la réalité extérieure. Un phénomène précis donne naissance à une image précise, toujours la même. L’homme lunaire peut par conséquent régler sa conduite d’après ces images comme l’homme terrestre la règle d’après ses perceptions. Mais l’action de nos perceptions sur notre conduite est con-

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trôlée par la volonté, au lieu que l’influence des images lunaires se manifestait par une impulsion sourde et instinctive.

Cette conscience imaginative ne se contente pas de rendre sensibles les événements phj'siques, elle crée en outre des images qui représentent les êtres spirituels à l’œuvre derrière le monde physique. Ainsi, derrière le règne animal-végétal, l’homme perçoit les Esprits de la Personnalité, derrière le minéral-végétal, les Esprits du Feu. En outre, les Fils de la Vie lui apparaissent, détachés de toute réalité physique, comme de pures formes éthériques. Bien que ces représentations lunaires fussent des emblèmes, et non des copies des choses extérieures, elles n’en agissaient pas moins sur la vie intérieure de l’homme beaucoup plus puissamment que les représentations créées par les perceptions actuelles. Elles pouvaient mettre en mouvement, en activité, tout l’organisme humain. C’est sur elles que se modelaient les expériences de la conscience. C étaient de véritables forces créatrices, qui façonnaient l’homme à leur image : de sorte qu’il devenait un reflet de ses états de conscience.

Cette évolution fut marquée par une modification essentielle de l’être humain. Progressivement, la puissance qui émanait des images internes ne fut plus capable d’agir sur l’homme tout entier. L’organisme se divise en deux parties, en deux natures. Certains organes se forment qui restent soumis à l’influence de la conscience imaginative, et reflètent fidèlement les représentations perçues par elle. D’autres organes échappent à cette domination. Ils sont trop denses, trop déterminés par d’autres lois pour se modeler aussi complaisamment. Ils se soustraient

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donc à Faction humaine pour se laisser gouverner par les grands êtres solaires. Mais cette étape de 1 évolution est précédée d’une pause cosmique qui permet aux Esprits solaires d’assimiler les forces nécessaires pour agir ainsi sur le monde lunaire. A la suite de cette pause, l’homme est visiblement scindé en deux natures. La première est indépendante de la conscience imaginative. Elle revêt une forme particulière et obéit à des forces émanées, il est vrai, du globe lunaire, mais fécondées en lui par l’action des êtres solaires. Cette portion de l’homme participe de plus en plus à la vie alimentée par les effluves solaires. L’autre partie, qui émerge comme une tête audessus du reste de l’organisme, est mobile, malléable et se modèle sur les représentations de la conscience imaginative. Les deux parties sont étroitement unies : les sucs vitaux circulent entre elles, et certains organes établissent de Fune à Fautre des relations constantes.

Cette harmonie si riche de conséquences se développe par suite des rapports nouveaux qui s’établissent durant cette période entre la Lune et le Soleil. Nous avons déjà décrit comment les êtres arrivés à un certain degré d’évolution se créent à eux-mêmes des astres séparés qui se détachent de la masse cosmique, comment ils émanent d’eux-mêmes un rayonnement de forces, auxquelles les substances obéissent. Ainsi le Soleil et la Lune se sont séparés Fun de Fautre, comme il était nécessaire, pour procurer aux êtres des terrains d’évolution appropriés à leurs niveaux divers. Mais cette détermination par FEsprit des substances et des forces va plus loin encore, et les êtres peuvent produire des mouvements, des changements de position réciproque des astres

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l’un par rapport à l’autre. Ainsi les corps célestes gravitent les uns auprès des autres et avec leurs positions successives, on voit se modifier l’action réciproque de leurs habitants. Il en fut ainsi pour le Soleil et la Lune. La Lune se mouvant autour du Soleil, il arrive que les êtres humains tantôt sont soumis directement aux effluves solaires, tantôt peuvent s’y soustraire et se confiner dans leurs propres forces.

Le mouvement est une suite de cette « chute » de certains êtres lunaires, dont nous avons parlé plus haut. Il contrebalance les effets de la lutte née de cette chute et assure l’équilibre des forces spirituelles engendrées. Le mouvement de l’un des astres autour de l’autre s’exprime par une alternance d’états de conscience chez les entités qui évoluent sur ces astres, alternance que nous avons définie. On peut dire qu’alternativement la vie lunaire se tourne vers le Soleil et s’en détourne. Il y a une saison solaire et elle est suivie d’une saison planétaire où les êtres lunaires vivent sur la face de leur globe qui ne regarde pas vers le Soleil. Pour la Lune, une autre complication s’ajoute aux mouvements de l’astre. La clairvoyance remarque que périodiquement les êtres lunaires eux-mêmes se déplacent autour de leur planète. Il est des époques où ils recherchent les contrées soumises à l’influence solaire, et d’autres où ils émigrent vers des lieux où, soustraits à cette influence, ils sont en quelque sorte réduits à euxmêmes.

Pour compléter notre description de la période lunaire, il faut noter que les Fils de la Vie y accomplissent leur stage humain. Quant à l’homme, il ne peut employer ses sens, apparus pour la première fois sur Saturne, à une perception des objets exté-

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rieurs qui lui soit propre. Ces sens servent d’instruments aux Fils de la Vie, qui les utilisent pour leurs perceptions des choses. Ainsi s’établit un échange entre les organes des sens et les Fils de la Vie. Ceux-ci, non contents de les façonner, les perfectionnent.

Les variations dans les positions respectives du Soleil et de la Lune agissent sur la vie organique de l’homme. Il s’ensuit que, quand l’être humain est soumis à l’influence solaire, il se livre à l’univers et à ses phénomènes plus qu’il ne s’abandonne à soimême. Durant ces périodes, l’immensité et la splendeur du Cosmos le remuent profondément. Il les aspire en quelque sorte. Les grands Ltres qui évoluent sur le Soleil imprègnent la Lune de leurs effluves et celle-ci les restitue à l’être humain. Toutefois, cette action ne s’étend plus sur l’être humain tout entier, mais de préférence sur les parties soustraites à la domination de la conscience individuelle. Ce sont surtout les corps éthérique et physique qui croissent en grandeur et en perfection. Par contre, les états de conscience rétrogradent. Mais quand la vie humaine n’est plus tournée vers le Soleil, alors l’homme s’absorbe dans sa propre nature. Une activité régulière s’institue dans son corps astral, pendant que la forme extérieure perd de sa beauté et de sa perfection. C’est ainsi que pendant l’évolution lunaire deux sortes d’état de conscience alternent régulièrement : l’un, plus obscur, pendant la saison solaire, l’autre, plus clair, pendant la saison où la vie lunaire est réduite à elle-même. Le premier état est plus obscur, il est vrai, mais moins égoïste : l’homme y vit davantage dans le don de soi-même à l’univers. Cette alternative ressemble assez aux alternatives de veille

et de sommeil chez Thomme actuel, ou encore aux différences qui séparent la vie terrestre de la vie spirituelle consécutive à la mort. L’éveil lunaire, après la saison solaire, est un état intermédiaire entre le réveil normal de l’homme au matin et sa naissance dans le monde physique. De même, l’obscurcissement périodique de la conscience à l’approche de la saison solaire participe à la fois du sommeil et de la mort. Quant à la naissance et à la mort, telles que les connaît l’homme actuel, elles n’existaient pas encore pour la conscience de l'homme lunaire.

Pendant la vie solaire, l’homme, soustrait pour un temps à son existence individuelle, se laissait aller à savourer l’harmonie universelle. Il vivait davantage dans l’essence spirituelle des choses. On ne peut essayer de décrire ses sentiments que de loin et par des comparaisons. Il lui semblait que les forces du Cosmos coulaient en lui, qüe la vie du monde pah pitait dans son être. Il se sentait comme grisé par les rythmes universels auxquels se mêlait le rythme de sa propre existence. Son corps astral était comme libéré du corps physique. Une partie même de son corps éthérique était détachée du corps physique. Et cette formation, composée d’astral et d’éthérique était comme une lyre merveilleuse dont les mystères cosmiques venaient faire vibrer les cordes. Les parties de l’être humain soustraites à la conscience se modelaient d’après les harmonies universelles. Dans ces harmonies chantait la vie des êtres solaires. Ainsi cette partie de l’homme était sculptée par les ondes sonores du Cosmos. Quant au changement qui séparait les états de conscience des deux saisons, il n’était pas aussi radical que le contraste actuel entre'

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le sommeil et la veille. La conscience imaginative n’était certes pas aussi claire que la conscience actuelle de la veille, et l’autre conscience était loin d’être aussi obscure que celle du sommeil profond. Ainsi l’homme avait un vague sentiment du jeu des harmonies cosmiques dans son corps physique et dans les parties éthériques demeurées unies au corps physique. Dans la saison où le Soleil disparaissait au regard de l’homme, les images de la conscience individuelle prenaient la place des harmonies cosmiques : les organes physiques et éthériques directement soumis à la conscience, se revivifiaient. Quant aux autres, privés des influences solaires, ils tombaient dans une sorte de dessèchement ou d’endurcissement. Et quand revenait la saison solaire, les anciens corps disparaissaient : et Fhom.m • surgissait du tombeau de son enveloppe ancienne, un homme intérieur nouveau, bien que chétif encore sous cet aspect. C’était comme une renaissance de la vie organique. Par l’action et les harmonies des êtres solaires, le corps nouveau-né se développait ensuite jusqu’à une certaine perfection, et le cycle recommençait. Cette renaissance était pour l’homme comme un vêtement nouveau qu’il eût revêtu. Son être intérieur n’avait pas à proprement parler passé par une naissance ni par une mort : il avait seulement passé d’une conscience des sons spirituels, perçus dans la communion des choses, à une conscience des images intérieures, qui marquait une sorte de concentration en soi-même. Il avait changé de peau : l’ancien corps, devenu inutilisable, était dépouillé et remplacé par un nouveau. Nous arrivons ainsi à saisir ce processus organique que nous avons qualifié de reproduction rudimentaire, et dont nous avons dit qu’il se rappro-

cliait de la représentation intellectuelle. L’être humain, en ce qui concerne certaines parties du corps physique et éthérique, a bien créé un être semblable à lui. Mais il n’y a pas là un rejeton totalement distinct de ses parents, puisque l’être individuel de l’ascendant passe chez le descendant. L’organisme générateur ne donne pas naissance à un être indépendant, il se perpétue dans une enveloppe nouvelle.

Ainsi l’homme lunaire évolue dans une conscience alternative. Quand la saison solaire approche, ses représentations imaginatives s’estompent progressivement, une sorte d’abandon bienheureux le pénètre, et son être intérieur retentit des harmonies cosmiques. Une fois cette saison passée, voici que les images s’animent dans son corps astral, il a le sentiment croissant de sa propre existence. C’est comme un réveil après le repos et la béatitude où l’action solaire l’avait plongé. Ce réveil est accompagné d’une expérience de la plus haute importance. Au moment où sa consdence imaginative s’éclaircit à nouveau, l’être humain s’aperçoit comme environné d’un nuage. Et ce nuage est comme une entité vivante descendue sur lui. 11 a le sentiment que cette entité fait partie de lui-même et complète sa propre nature. II la considère comme la source de son existence, comme son (( Moi ». Cette entité n’est autre qu’un des Fils de la Vie. Voici ce que l’homme éprouve à sou égard : « J’ai vécu dans cet être. Pendant la saison solaire, j’étais abîmé dans la splendeur de l’univers, et je ne l’apercevais pas ; maintenant il m’est devenu visible... » C’est de ce Fils de la Vie qu’émane la force qui permet à l’homme d’agir sur ses corps pendant la saison sans Soleil. Et lorsque le Soleil revient, il semble à l’homme qu’il fusionne, qu’il se

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confonde avec le Fils de la Vie. S'il ne le voit plus, il ne se sent pas moins étroitement uni avec lui.

Les rapports entre les hommes et les Fils de la Vie étaient établis de telle sorte qu’il n’y avait pas pour chaque individu humain un Fils de la Vie dont l’action lui fût propre. Tout un groupe d’êtres humains bénéficiait en commun de l’action d’un seul Fils de la Vie. Ainsi les hommes lunaires étaient répartis par groupes distincts; c’est dans un « Fils de la Vie » que se manifestait le « Moi » commun à tout un groupe. La distinction entre les groupes était marquée par une certaine physionomie du corps éthérique spécial au groupe. Mais comme les corps physiques se modèlent d’après les corps éthériques, les caractéristiques de ces derniers se reproduisaient chez eux et les groupes humains apparaissaient comme autant d^espèces humaines. Lorsque les Fils de la Vie regardaient les groupes humains qui dépendaient d’eux, il leur semblait se voir euxmêmes multipliés dans les individus humains. Et c’est dans ce sentiment qu’ils prenaient conscience de leur Moi individuel. Ils se miraient pour ainsi dire dans les hommes. C’étaient les organes sensoriels qui leur servaient ainsi de miroir. Ces organes, nous l’avons vu, ne percevaient pas directement les objets. Ils reflétaient l’essence des Fils de la Vie. C’est en se reflétant ainsi que les Esprits acquéraient la conscience du Moi individuel. Et dans le corps astral humain ces reflets créaient les images de la conscience lunaire, vague et crépusculaire. Dans le corps physique humain la répercussion de ces échanges entre les organes sensoriels et les Fils de la Vie s’^exprimait par les premiers rudiments du sys-

tème nerveux. Les nerfs sont en effet le prolongement des organes sensoriels dans l’intérieur de l’organisme humain.

Les descriptions qui précèdent font saisir l’action respective sur la Lune de ces trois hiérarchies : Esprits de la Personnalité, Esprits du Feu et Fils de la Vie. Si l’on considère l’époque décisive de l’évolution lunaire, celle qui en occupe le milieu, on peut dire que les Esprits de la Personnalité implantent dans le corps astral humain les attributs de la personnalité. Ce fait explique que pendant la saison où le Soleil disparaît, l’homme soit capable de se confiner en soi-même et de travailler à son propre développement. Les Esprits du Feu fécondent le corps éthérique, dans la mesure où celui-ci peut refléter l’individualité humaine. C’est grâce à eux qu’après chaque renouvellement de la vie l’homme a conscience de la persistance du même être. Les Esprits du Feu confèrent au corps vital une sorte de mémoire. Quant aux Fils de la Vie, ils élaborent le corps physique pour en faire la manifestation du corps astral personnalisé. Le physique devient comme un portrait de l’astral. Par contre, pendant la saison solaire, les corps physique et éthérique, soustraits à l’influence du corps astral personnel, sont imprégnés des effluves qu’émanent les hautes entités spirituelles et notamment les Esprits delà Forme et du Mouvement. Ces Esprits agissent du Soleil comme nous l’avons vu précédemment.

Sous ces influences multiples l’homme mûrit lentement, et l’on voit poindre en lui le germe du Moi- Spirituel, comme on a vu poindre dans la deuxième moitié de l’évolution saturnienne le germe de l’Homme-Esprit, et dans l’évolution solaire le germe

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de FEsprit de Vie. Alors tout change sur la Lune. Grâce aux transformations et aux renouvellements successifs,les êtres humains se sont progressivement raffinés et ennoblis : ils ont conquis plus de force. La conscience imaginative persiste de plus en plus pendant la saison solaire. Elle conquiert ainsi une influence sur la formation des organismes éthérique et physique, jusqu’ici modelés par les forces solaires. Grâce aux hommes et aux Esprits qui leur étaient étroitement unis, se développa sur la Lune une activité qui ressembla de plus en plus à l’activité précédemment fécondée par les êtres solaires. Il en résulta que peu à peu les êtres solaires purent se retirèr et consacrer leurs forces à leur propre évolution. Ainsi la Lune eut au bout d’un certain temps suffisamment progressé pour fusionner de nouveau avec le Soleil.

Ces événements se présentent à la vue spirituelle de la manière suivante : les êtres lunaires déchus sont progressivement dominés par les êtres solaires. Ils doivent s’accommoder à leurs lois et en se soumettant à eux, ils font rentrer leur travail dans le cadre des influences solaires.

Cette transformation cosmique se produisit seulement après une longue période où les saisons solaires augmentèrent sans cesse, tandis que se raccourcissaient les saisons lunaires. Ensuite commence un stade d’évolution où Soleil et Lune ne forment qu’un astre unique. Le corps physique humain est devenu totalement éthérique.

Mais quand nous disons que le corps physique humain est devenu éthérique, nous ne prétendons pas que le corps physique n’existe plus. Le corps que les évolutions saturnienne, solaire et lunaire ont

fait évoluer ne disparait nullement. Il importe de reconnaître le phj^sique même quand il ne se manifeste pas extérieurement sous une forme physique. Un être physique peut exister sous une forme éthérique ou même astrale. Il faut distinguer soigneusement entre le phénomène extérieur et la complexion interne. Un objet physique peut s’ « astraliser » ou s’ « éthériser » et rester dans sa complexion gouverné par les lois physiques. Il en est ainsi au moment où le corps physique de l’homme lunaire s’est élevé à un certain niveau de perfection. 11 revêt la forme éthérique. Mais quand un clairvoyant qualifié examine un de ces corps d’apparence éthérique, il lui apparaît réglé dans toutes ses parties par les lois de l’état physique et non par celles de l’état éthérique. C’est comme si le physique avait été recueilli dans l’éthérique, pour s’y reposer en paix et y être fécondé comme dans le sein d’une mère. Plus tard il se manifestera dans la matière physique, mais à un niveau supérieur. Si les hommes avaient conservé leur corps physique sous sa forme grossière, jamais la Lune n’aurait pu fusionner avec le Soleil. En s’habillant ainsi d’un vêtement éthérique, le corps physique se rapproche des forces éthériques, et il peut s’incorporer de nouveau ces parcelles éthériques ou astrales qui avaient dû se détacher de lui pendant les saisons solaires de l’évolution lunaire. L’homme qui était un être double recouvre son unité. Le physique se rapproche de l’âme et les éléments animiques s’unissent plus étroitement au physique.

Sur cet être unifié, les Esprits solaires, avec lesquels il est entré en contact immédiat, exercent une action tout autre que précédemment, quand ils agis-

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saient de Textérieur, envoyant leurs forces du Soleil sur la Lune. L’homme évolue maintenant dans un milieu de nature psycho-spirituelle. Ce milieu permet aux Esprits de la Sagesse de lui inoculer une essence précieuse. Ils lui transfusent la Sagesse. Cette âme qui s’orne de sagesse devient par là-méme autonome dans un certain sens. A cette action s’adjoint celle des Esprits du Mouvement. Ils fécondent de préférence le corps astral, qui devient capable de développer une activité psychique régulière, et d’imprégner un corps vital pénétré de sagesse. Ce corps éthérique pénétré de sagesse est le germe de ce que nous avons appelé plus haut âme-raison, tandis que le corps astral stimulé par les Esprits du Mouvement donne naissance à l’embryon de l’âme-sensibilité. Et comme tous ces progrès se réalisent par l’autonomie croissante de l’être humain, ces germes de l’âme-raison et de l’âme-sensibilité apparaissent comme l’expression du Moi spirituel. Mais on se tromperait en imaginant que pendant cette période le Moi-spirituel forme un élément à part à côté des âmes sensibilité et raison. Ces dernières expriment le Moi-Spirituel et le Moi-Spirituel représente leur harmonie et leur unité.

L’intervention des Esprits de la Sagesse à ce point de l’évolution est d’une importance capitale : elle n’est pas bornée à l’homme. Elle s’étend aux autres règnes lunaires. A la fusion de la Lune et du Soleil, ces règnes inférieurs sont entraînés dans le monde solaire. Ce qui était physique en eux s’éthérise. Ainsi le Soleil contient désormais des minéraux-plantes et des végétaux-animaux, tout comme des êtres humains. Mais ces êtres restent soumis aux lois de leur constitution interne. Ils se sentent

étrangers à leur milieu ; la nature qu’ils mani festent ne s’accorde pas avec leur ambiance. Comme ils sont éthérisés, l’action des Esprits de la Sagesse peut les toucher ; de sorte que tous les êtres absorbés par le Soleil avec le monde lunaire s’imprègnent des forces émanées par les Esprits de la Sagesse. Aussi l’ensemble de l’évolution qui se déroule ainsi sur le Soleil-Lune est appelé par l’occultisme Cosmos de la Sagesse. Lorsqu’après une période de repos cosmique, notre système terrestre sort comme un nouveau-né de ce Cosmos de la Sagesse, tous les êtres qui éclosent sur la terre, jaillissant de leurs germes lunaires, se manifestent pleins de sagesse. Voilà pourquoi l’homme terrestre, lorsqu’il examine les choses qui l’entourent, découvre tant de sagesse dans leur constitution. On ne peut qu’admirer la sagesse qui s’étale dans chaque feuille, dans chaque os de l’homme ou de l’animal, dans la structure merveilleuse du cerveau ou du cœur. Si l’homme a besoin de sagesse pour comprendre les choses, s’il y puise la sagesse, c’est que la sagesse y est enfouie. L’homme aurait beau s’évertuer à expliquer les choses par ses idées sagaces, il n’y trouverait nulle sagesse, si la sagesse n’y avait été préalablement déposée. Si quelqu’un prétend qu’il peut comprendre les choses par la sagesse, sans croire que les choses ont été pénétrées de sagesse, il croira aussi qu’il peut puiser de l’eau dans un vase sans qu’on y en ait versé auparavant. La Terre est, nous le verrons, la Lune primitive ressuscitée. Elle apparaît toute remplie de sagesse, parce qu’à l’époque dont nous parlons, les Esprits de la Sagesse y ont déversé leurs forces.

On comprendra pourquo ^ dans cette description

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du monde lunaire nous nous sommes attaché seulement à définir certaines formes transitoires. Nous avons du saisir au passage dans le fleuve de Funi- A^ers qui progresse certains phénomènes précis, et les retirer du courant pour les décrire. Ce procédé ne donne que des tableaux isolés : on regrettera peut-être en lisant ce qui précède que la marche générale des choses ne soit pas encadrée dans des concepts rigoureux. Mais à ce reproche nous répondrons que c’est tout à fait intentionnellement que nous n’avons pas apporté cette rigueur dans nos descriptions. Ce qui importe ici, ce n’est pas de bâtir des cadres spéculatifs ou des échafaudages rationnels, mais bien de donner une idée du spectacle qui se déroule devant le regard du clairvoyant quand il évoque ce passé. Et ce spectacle, en ce qui concerne l’évolution lunaire, ne comporte pas des lignes aussi précises que les données de nos perceptions terrestres. L’époque lunaire est un ensemble d’impressions fugaces et mobiles, d’images vacillantes et incertaines. II faut aussi songer que nous avons affaire à une évolution qui embrasse des périodes immenses et que nous ne pouvons en fixer dans nos descriptions que des tableaux momentanés.

Au moment où, grâce à l’action du corps astral, le progrès du corps physique permet aux Fils de la Vie d’atteindre leur niveau d’homme, la période lunaire a atteint son plus haut but. L’être humain a réalisé dans sa vie intérieure toutes les possibilités de progrès que comporte cette période. Ce qui suit, c’està-dire la deuxième moitié de l’évolution lunaire, peut être regardé comme une marée descendante. Mais il se passe, durant ce stade, un événement

aussi important pour Thomme que pour son ambiance. C’est l’inoculation de 'la sagesse dans l’astre Soleil-Lune. Nous avons vu que c’est pendant cette période décroissante que sont semés les germes des âmes-raison et sensibilité. Toutefois, c’est seulement pendant la période terrestre qu’on assistera à leur épanouissement, à l’éclosion de l’ame-conscience, et enfin à la naissance du Moi, la libre conscience de soi-même. Raison et sensibilité n’apparaissent pas encore sur la Lune comme des fonctions de l’âme exprimant l’homme lui-même, mais plutôt comme des organes utilisés par les Fils de la Vie unis à l’homme. Si l’on voulait formuler le sentiment que l’homme lunaire éprouve à cet égard, on pourrait l’énoncer comme il suit : « En moi et par moi vit un Fils de la Vie ; c’est par moi qu’il perçoit le spectacle des choses lunaires ; c’est en moi qu’il pense sur les choses et les êtres de mon ambiance. » L’homme se sent comme adombré par le Fils de la Vie; il se regarde lui-même comme l’instrument de cet Esprit. Pendant la période où Lune et Soleil étaient séparés, l’homme éprouvait le sentiment d’une jdIus grande autonomie durant la saison sans Soleil : il sentait aussi que son Moi, qui pendant la saison solaire échappait à la conscience imaginative, devenait visible à ses regards. Cette conscience alternative pouvait s’exprimer pour lui dans les termes suivants : « Mon Moi, pendant la saison solaire, s’envole avec moi dans les régions supérieures, vers des Esprits sublimes, et quand le Soleil disparaît, il plonge avec moi dans les mondes inférieurs. »

La période lunaire proprement dite fut, nous l’avons vu, précédée par une répétition abrégée des

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périodes saturnienne et solaire. De même après la fusion de la Lune et du Soleil, pendant la période décroissante, on peut distinguer deux époques différentes. Pendant ces époques se produisent des condensations physiques partielles, de sorte que les états psycjio-spirituels du Soleil-Lune alternent avec des états physiques plus denses. Dans ces époques physiques, les êtres humains et autres apparaissent sous des formes gauches et automatiques comme les prototypes de ce quhls seront avec plus d’autonomie durant la période terrestre. On peut ainsi distinguer deux stades préparatoires avant l’évolution lunaire, et deux stades dans sa période décroissante. L’occultisme appelle chacun de ces stades cycles ou révolutions, (La littérature théosophique usuelle leur donne le nom de rondes. Mais pour éviter une conception trop schématique de l’évolution, il vaut mieux se référer aux descriptions plus imagées que nous donnons ici.) Dans la période où la Lune évolue isolément, c’est-à-dire durant le temps qui suit les deux périodes préparatoires et qui précède les deux périodes de conclusion, on peut aussi distinguer trois cycles. C’est dans le cycle du milieu que les Fils de la Vie accèdent au niveau humain. Ce cycle est précédé d’un premier, où tout s’applique à préparer cet événement, et suivi d’un troisième où la vie s’organise chez les nouvelles créations : soit en tout trois cycles qui marquent l’évolution lunaire moyenne. De sorte que l’évolution lunaire, en y comprenant les deux époques initiales et les deux époques terminales, se répartit en sept cycles ou rondes lunaires, séparées par les intervalles de repos cosmiques que nous avons maintes fois signalés. Mais pour se rapprocher de la vérité, il ne faut pas

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imaginer de transitions brusques entre les périodes de repos et les périodes d'activité. Ainsi, c'est progressivement que les êtres solaires] se retirent du monde lunaire. A ce moment commence pour eux une période qui apparaît comme leur période de repos, tandis qu'une activité régulière se déploie sur la Lune. Ainsi la période active d'une hiérarchie chevauche sur la période de repos d/une autre catégorie d’étres. Si Ion tient compte de cette particularité, on peut parler d’un mouvement rythmique de forces qui montent et descendent aux cours de cycles successifs. Dans les limites de chacun des sept cycles lunaires, on peut introduire des divisions semblables. Toute l'évolution lunaire est donc un grand cycle, un cycle planétaire, qui se répartit en sept rondes que l'on peut appeler « petits cycles », chacun de ces petits cycles comprenant lui-même sept cycles encore plus petits. Cette division en sept fois sept périodes se remarque déjà dans l'âge solaire et dans l'âge saturnien. Les limites respectives de ces périodes, peu accentuées pendant l'âge solaire, s’effacent presque totalement pendant l’âge saturnien. Les divisions deviennent au contraire plus nettes à mesure que l'on se rapproche de l'évolution terrestre.

Une fois achevée cette évolution lunaire que nous venons de décrire sommairement, toutes les entités et forces qui y ont participé entrent dans une phase de spiritualisation. Cet état spirituel est à un niveau tout différent et de la période lunaire qui précède, et de la période terrestre qui suit. Un être dont la clair-

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voyance serait assez puissante pour suivre dans tous leurs détails les phénomènes lunaires et terrestres, ne serait point pour cela capable de percevoir ce qui s'est passé dans Tintervalle qui sépare les deux évolutions. Pour cet être, il semblerait qu'à la fin de Tâge lunaire les êtres et les choses disparaissent dans le néant pour surgir après un temps du gouffre ténébreux de l’univers. Il faudrait un être doué de facultés infiniment plus hautes pour contempler les activités spirituelles de cet entr’acte cosmique.

A la fin de Tintervalle spirituel, les entités qui ont déjà passé par les évolutions saturnienne, solaire et lunaire surgissent avec des possibilités nouvelles. Les êtres qui sont au-dessus de Thomine ont acquis le pouvoir de faire progresser Thomme de telle sorte qu’il acquière sur la terre une conscience d'un degré plus haute que la conscience imaginative dont il disposait sur la Lune. Pour cela il faut qu’il se prépare à recevoir ce qui doit lui être donné. Pendant les évolutions saturnienne, solaire et lunaire, il s’est incorporé les corps physique, vital et animique. Mais ces organismes ne possèdent que les forces et les facultés qui les rendaient aptes à user de la'îronscience imaginative ; il leur manque les organes et la structure qui leur permettent de percevoir un monde d’objets extérieurs sensibles, comme c’est le cas pour la période terrestre. De même que la plante nouvelle ne peut développer que les germes contenus dans la graine extraite de Tancienne plante, de même au commencement de la nouvelle étape évolutive, les trois enveloppes humaines renaissent avec des formes et des organes qui ne comportent que la conscience imaginative. Il faut une préparation pour qu’elles s’adaptent à un degré plus haut de conscience.

Elle s’effectue en trois phases. Pendant la première, le corps physique devient capable de se transformer assez pour être le siège d’une conscience des objets extérieurs : cette phase réédite, en un certain sens, la période saturnienne à un niveau plus élevé. En effet, les Esprits supérieurs, dans cette phase comme dans la période saturnienne ne font que féconder le corps physique. Lorsque ce dernier a suffisamment progressé, tous les êtres passent par un état de résorption spirituelle, avant que le corps vital puisse à son tour se développer. Quant au corps physique, il faut qu’il soit en quelque sorte refondu, pour pouvoir devenir le siège d’un corps vital, qui lui aussi aura progressé. Après cette pause cosmique qui se déroule dans une région plus haute de l’être, c’est la période solaire qui se répète pour la transformation du corps vital. Et après un nouvel intervalle, le corps astral à son tour est transfiguré dans une réédition de la période lunaire.

Portons maintenant nos regards sur ce qui se passe à la fin de ces trois périodes récapitulatives. Toutes les forces et entités se sont une fois de plus spiritualisées, par une sorte d’ascension dans les mondes supérieurs. Le monde le plus bas où il soit possible de percevoir quelque chose pendant cet intervalle spirituel est celui où l’homme séjourne actuellement entre la mort et une nouvelle naissance, c’est la région des Esprits. Ensuite les êtres redescendent progressivement vers des milieux inférieurs. Au moment où l’évolution terrestre proprement dite va commencer, ils sont arrivés assez bas pour que leur manifestation la plus dense soit perceptible dans les régions astrales ou aniiniques.

l’évolution cosmique et l’homme

Tout ce qui appartient à riiomme dans cette phase, revêt une forme astrale. Pour bien comprendre cet état dePhumanité, il faut bien prendre garde que Phommeàce degré possède des corps physique, éthérique et astral, mais que les corps physique et éthérique, au lieu de se présenter sous leur forme normale, sont enveloppés de matière astrale. Ce qui caractérise alors le corps physique, ce n’est pas la forme physique, mais le fait que sous une enveloppe astrale il évolue selon les lois physiques. C’est un être de constitution physique sous une carapace astrale. Il en est de même pour le corps vital.

Pour la perception spirituelle, la Terre apparaît alors comme un globe, tout entier composé d’âme et d’esprit, dans lequel les forces physiques et vitales se manifestent astralement. Cet astre contient en germe tout ce qui plus tard se transformera pour donner naissance aux créatures delà Terre physique. Le globe est lumineux, mais sa lumière n’est pas de celles que pourraient percevoir les yeux physiques, s’il en existait alors. Il ne brille dans sa clarté purement astrale que pour le regard du clairvoyant.

Il se produit alors dans le globe une sorte de condensation. Le résultat de cette condensation est qu’après un temps, au centre du globe astral, on voit apparaître une forme ignée, analogue à celle du Saturne primitif dans sa phase la plus dense. Cette forme ignée est parcourue en tous sens par les effluves des différentes entités intéressées à l’évolution terrestre. 11 y a un flux et un reflux de forces qui pénètrent dans le globe de feu, pour en ressortir ensuite. C’est comme un constant échange entre ces entités et l’astre. Le globe de feu terrestre n’est pas une substance homogène mais plutôt un organisme tout

imprégné d’âme et d’esprit. Quant aux êtres destinés à devenir les hommes actuels, ce sont ceux qui participent le moins à ces plongées au sein du globe igné. Ils demeurent dans des régions moins denses, où ils sont couvés par les entités spirituelles Ils n’entrent en contact avec la Terre de feu que par un seul point de leur forme animique : et ce contatit condense une portion de leur astral. Le feu de la vie terrestre s’allume en eux. La plus grande partie de leur être appartient aux mondes psycho-spirituels : seul le contact avec l’incandescence fait vibrer autour d’eux la chaleur vitale. Veut-on se taire une image à la fois sensible et supra-sensible de la conditiôn humaine au début de la période terrestre, il faut se représenter une forme astrale ovoïde située dans l’atmosphère terrestre, et entourée à sa base d’un godet, comme un gland. La substance de ce godet n’est que chaleur et feu. Cette enveloppe de vibrations caloriques a pour effet non seulement ct,’allu mer la vie dans l’être humain, mais encore d’opérer une transformation dans son corps astral. Ce dernier s’incorpore Je premier rudiment de ce qui plus tard sera l’àme-sensibilité. On peut donc dire qu’à cette étape l'homme possède une âme-sensibilité, un corps astral, un corps vital, et un corps phvsique fait d’un tissu de flamme. Dans le corps astral vont et viennent les entités spirituelles à l’œuvre dans l’évolution humaine. L’homme se sent uni à la Terre par l’âme-sensibilité. Ce qui l’emporte chez lui, c’est une conscience imaginative, où se reflètent les êtres par qui il est couvé : et comme un point au sein de cette conscience, commence à luire le sentiment de sa personnalité. Il contemple en quelque sorte du haut des mondes spirituels un

l’évolution cosmique et l’homme

apanage terrestre, dont il se dit : « Ceci est à toi ! »

Cependant la condensation terrestre progresse sans cesse, et la division de l’être humain devient par suite plus distincte. Il arrive un moment où la terre est assez condensée pour n’être plus que partiellement ignée. Une notable portion de la masse terrestre a revêtu une forme matérielle que Ton peut appeler « gaz » ou « air ». L’homme est également le siège d’une transformation. II ne se contente plus d’être en contact avec la chaleur terrestre, il incorpore à son corps de flamme de la substance gazeuse. Et comme la chaleur a allumé la vie en lui, de même l’air qui vient vibrer autour de lui provoque une réaction qui s’exprime par des sonorités spirituelles. Son corps vital résonne comme une harpe. En même temps, une portion du corps astral se constitue en fonction distincte : c’est le germe de l’âmeraison qui apparaitra plus tard.

Pour bien s’imaginer ce qui sa passe dans l’âme humaine, il ne faut pas oublier que les êtres Supérieurs à l’homme évoluent dans la masse de feu et d’air qui constitue la terre. Dans ce foyer, on aperçoit avant tout les Esprits de la Personnalité « dont Pactiou sur l’homme est importante. Lorsque la chaleur terrestre allume la vie dans l’homme, son âmesensibilité pense : « Ce sont les Esprits de la Per soimalité. » De même se manifestent dans la matière gazeuse, les êtres que nous avons plus haut appelés Archanges. Ce sont leurs effluves que l’homme perçoit en vibrations sonores quand le souffle aérien l’environne. Alors surgit dans l’âme-raison la pensée : « Ce sont les Archanges. » Ainsi ce que l’homme perçoit de sa communion avec la terre n’est pas encore un ensemble d’objets physiques; il vit dans des ondes

caloriques, qui montent vers lui, et dans des vibrations sonores. Dans cette chaleur et dans ces sons il ressent la présence des Esprits de la Personnalité et des Archanges. Il ne perçoit pas ces Esprits immédiatement, mais sous le voile de la chaleur et du son. Et pendant que ces sensations terrestres pénètrent en lui, les images des êtres supérieurs qui le couvent continuent d’aller et venir dans son âme.

Cependant révolution se poursuit : elle se manifeste par une condensation. La matière à l’état liquide apparaît dans la masse terrestre ; de sorte que la terre comprend trois éléments : le feu, l’air et l’eau. Auparavant a lieu un important événement. Un astre se détache de la Terre d’air et de feu, un astre qui, dans son évolution désormais autonome, deviendra le soleil actuel. Avant cette séparation. Terre et Soleil ne formaient qu’un seul globe. Après cette formation du soleil, la terre conserve d’abord tous les éléments qui constituent actuellement la lunesatellite. Cet affranchissement du soleil a lieu parce que de hautes entités, en raison de leur propre évolution et de l’aide qu’elles doivent donner à la terre, ne peuvent faire usage d’une matière condensée jusqu’à l’état liquide : l’homme en revanche a besoin d’un terrain d’évolution où la matière se condense encore davantage.

L’incorporation de l’élément liquide dans la masse terrestre amène également un changement dans riiomme. Non seulement le feu se déverse en lui comme un torrent, non seulement les souffles de l’air tourbillonnent autour de lui, mais encore Peau apparaît dans son corps physique. En même temps son corps éthérique se modifie : l’homme le perçoit comme un corps subtil fait de lumière. Auparavant,

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riiomme a senti onduler vers lui les vibrations caloriques montées de la terre, les souffles de l’air l’ont fait résonner de sonorités harmonieuses ; maintenant l’élément liquide imprègne son corps fait d’air et de feu, et le flux et reflux des eaux s’exprime pour lui par la sensation d’une lumière qui brille et s’éteint alternativement. Dans son âme aussi, il se passe du nouveau. L’âme-conscience s’adjoint à la sensibilité et à la raison. Dans l’élément liquide on reconnaît les effluves des Anges. Les Anges sont les vrais générateurs de la lumière et l’homme les y perçoit. Quant aux hautes entités qui habitaient auparavant la masse terrestre, c’est du soleil qu’elles envoient leur rayonnement : par suite l’existence terrestre devient tout autre. L'homme, enchaîné à la terre, ne pourrait plus ressentir la bienfaisante action des êtres solaires, si son âme était sans cesse tournée vers cette terre d’où est né son corps physique. Aussi y a-t-il du changement^ dans les états de conscience. Les êtres solaires enlèvent à de certains moments l’âme humaine hors de son enveloppe corporelle, de sorte que l’homme est tantôt un être purement animique qui évolue dans le sein des Puissances solaires, tantôt un être lié à son corps et gouverné par les influences terrestres. Lorsqu’il est dans son corps physique, le torrent de chaleur monte à lui, les souffles aériens le font retentir comme une harpe, et les ondes liquides circulent dans son organisme. Lorsqu’il est hors de son corps, son âme voit se dérouler les images des hautes entités qui le prennent sous leur garde.

La terre passe par deux périodes alternantes. Dans l’une, elle peut envelopper de ses substances les âmes humaines et les revêtir de corps ; dans l’autre.

les âmes lui échappent et les corps seuls lui restent. Elle tombe dans une sorte de sommeil. Il est donc parfaitement exact de dire que dans ce passé reculé la terre connaît l’alternance du jour et de la nuit. Un phénomène physique se produit dans l’espace qui exprime cet état de choses ; grâce à l’action réciproque des êtres terrestres et des entités solaires la terre se met en mouvement par rapport au soleil, ce qui donne naissance au jour et à la nuit. Le jour marque le temps où la surface terrestre habitée pur l’homme est tournée vers le soleil ; la nuit, le temps où cette surface n’est plus tournée vers le soleil, et où l’homme mène une existence purement })sychique. Il ne faut pas croire que les mouvements terrestres étaient à cette époque les mêmes qu’aujourd’hui. Ils étaient au contraire tout différents. Mais il n’était pas inutile de remarquer ici que les mouvements des astres sont la conséquence des relations qui existent entre les êtres qui les habitent. Ce sont des causes d’ordre psycho-spirituel qui placent les astres dans des situations telles et qui leur impriment des mouvements tels que le monde physique offre un théâtre approprié à l’évolution spirituelle.

Pendant la saison nocturne, la terre ressemble à un cadavre : elle est alors constituée en majeure partie des corps humains en décomposition, dont les âmes évoluent dans une autre sphère d’existence. Les formations ignées, aériennes et aqueuses dont l’homme était composé se dissocient et se dissolvent dans la masse terrestre. Seule persiste cette portion du corps humain qui est née dès le début de l’évolution terrestre par la coopération du feu et de Tâmc humaine, et qui s’est ensuite densifiée toujours davantage. Mais elle n’est qu’un embryon chétif. Quand

l’évolution cosmique et i/homme 189

recommence la saison diurne, la terre reçoit immédiatement les effluves solaires et les âmes des hommes affluent dans le monde terrestre. Elles entrent en contact avec ces embryons, de sorte que ces derniers revêtent une forme extérieure, copiée sur la physionomie psychique de 1 etre humain. C’est une délicate fécondation qui unit Tâme humaine au germe corporel. Les âmes ainsi incarnées commencent à attirer les ondes aériennes et liquides et à les assimiler dans leurs corps. Le corps ainsi constitué absorbe et rejette Fair: premier rudiment de la fonction respiratoire. De même Teau est absorbée et rejetée : premier rudiment des fonctions de nutrition. Mais ces phénomènes ne sont pas encore perçus comme extérieurs à l’être humain. La seule sensation extérieure est produite par la fécondation dont l’âme est le siège. A ce moment, l’âme éprouve vaguement qu’elle s’éveille à la vie physique, par le contact du germe que la terre lui présente. Elle pense : « Ceci est ma forme. » Et ce sentiment, qui est comme l’aube du futur sentiment du Moi, persiste tout le temps qu’elle reste unie au corps physique. Le fait organique de l’absorption d’air demeure pour l’âme un phénomène psycho-spirituel : c’est-à-dire qu’il s’exprime sous forme d'image. Il apparaît comme un ensemble de vibrations sonores, qui donnent leurs formes au germe en voie d’organisation. L’âme se sent environnée de sons et elle sent que ces harmonies modèlent le corps. Ainsi s’épanouissent des formes humaines que la conscience actuelle ne pourrait pas percevoir dans un monde extérieur. Ce sont des formations de substance subtile qui ressemblent à des plantes ou à des fleurs : mais elles sont mobiles rintérieur : on dirait des

ileurs ondoyant au vent. Un sentiment bienheureux de son épanouissement pénètre l’homme durant cette période terrestre. L’absorption des éléments liquides éveille dans l’âme la sensation d’un influx de forces, d’une croissance interne. A l’extérieur, c’est comme un agrandissement de l’organisme humain. Lorsque les influences solaires déclinent, l’âme humaine perd la force de gouverner ces phénomènes organiques. Peu à peu ils sont abandonnés. Seules persistent les portions du corps où le germe doit mûrir. Quant à 1 homme, il dépouille ses corps pour retourner dans son existence spirituelle. Comme toutes les parties de la masse terrestre ne sont pas employées à la construction des corps humains, il ne faut pas se représenter que pendant la saison nocturne la terre soit uniquement constituée de corps décomposés et de germes humains attendant l’éveil futur. Les substances terrestres sont également utilisées par d’autres êtres, que nous étudierons plus tard.

Mais avec le progrès de la condensation, un nouvel élément fait son apparition ; c’est la « terre » au sens occulte du mot, ou élément solide. L’homme à son tour, pendant sa vie terrestre, commence à incorporer des éléments solides. Dès lors, les forces que l’âme rapporte avec elle de sa période de libération cessent d’avoir la même puissance. Auparavant l’âme se façonnait un corps de feu, d’air et d’eau, en obéissant aux vibrations sonores, qui retentissaient autour d’elle, et aux ondes lumineuses, qui se jouaient dans son ambiance. Sur le corps solide l’âme est sans action : elle cède la place à d’autres puissances. Dans la portion du corps qui demeure sur terre, quand l’âme s’en évade, ce n’est plus seulement un germe oui persiste, pour renaître

l’Évolution cosmique et l’homme

à la vie au retour de l’ame, c’est tout un organisme, qui possède la force de se revivifier soi-même. L’âme ne se contente pas de laisser une copie d’ellemême sur la terre : cette copie renferme désormais un peu de sa force vivifiante. Lorsqu’elle fait sa réapparition, elle ne peut plus à elle seule réveiller la vie dans le corps liumain : il faut que le corps y coopère aussi. Les Esprits du soleil, qui fécondent la terre, sont les dépositaires de la force vitale du corps humain, même quand l’homme lui-même n’est pas sur terre. Ainsi l’âme, à sa réincarnation, ne perçoit pas seulement les ondes sonores et lumineuses qui lui découvrent les êtres supérieurs à elle, mais en s’agglomérant l’élément solide, elle ressent l’action de ces Esprits encore plus hauts qui se sont établis dans le soleil. Auparavant l’homme avait conscience de sa solidarité avec les Etres psycho-spirituels, quand il était hors de son corps. Son « Moi » reposait dans le sein de ces Etres. Dorénavant, ce « Moi » se présente à lui pendant son incarnation même, tout comme les objets de son ambiance physique. La terre est peuplée d’êtres autonomes, à la ressemblance des êtres humains psycho-spirituels.

Ces organismes étaient faits d’une matière plus subtile que celle qui constitue le corps humain présent. Les particules terrestres qui s’y mêlaient étaient de la substance la moins dense : un peu semblables aux particules émanées d’un objet qui viennent impressionner le sens de l’odorat. Les corps humains avaient l’aspect d’ombres. Gomme ils étaient répandus sur toute la surface terrestre, ils étaient soumis à des influences qui différaient suivant les régions. Tandis qu’autrefois les copies corporelles

étaient le portrait de l’être animique et par suite étaient sensiblement pareilles sur toute la terre, maintenant, au contraire, la diversité régna parmi les formes humaines. Ce fut le commencement de l’humanité divisée en races. Avec raffranchissement de l’homme corporel, se dénoua en quelque sorte le lien étroit qui unissait l’homme au monde psychospirituel. Lorsque Tàme abandonnait le corps, celuici continua à vivre : la vie se poursuivit en lui.

Si révolution avait continué de la sorte, la terre se serait en quelque sorte ossifiée sous l’action de l’élément solide. Le clairvoyant qui étudie cette époque constate que les corps humains, privés d’âme, se durcissaient sans cesse davantage. Après un certain temps les âmes humaines, en revenant sur la terre, n’auraient plus trouvé d’organismes matériels avec lesquels elles auraient pu s’unir. Toutes les substances utilisables pour l’homme eussent été employées à joncher la terre avec les déchets fossiles des incarnations. Alors se produisit un événement qui donna à toute l’évolution une nouvelle orientation. Tous les éléments qui pouvaient amener dans la masse terrestre un durcissement irréparable se détachèrent de la planète. Notre lune actuelle se sépara de la terre, et toutes les forces qui auparavant avaient exercé sur la terre une action immédiate pour la pétrification des formes, furent réduites à agir indirectement de la lune avec une intensité atténuée. Les hautes entités qui gouvernent les formes avaient décidé d’agir sur la terre de l’extérieur au lieu d’avoir leur centre à l’intérieur de la planète. Par suite, il s’établit dans les enveloppes corporelles une différenciation qui est l’origine de la division en deux sexes, masculin et féminin. Les

l'évolution cosmique et l’homme 193

subtiles formes humaines qui habitaient auparavant la terre donnaient naissance à la nouvelle forme humaine, leur rejeton, par la coopération en euxmêmes^ des deux forces ; le germe et Fénergie vivifiante. Désormais, ces rejetons se transformèrent. Il y eut des groupes où la force du germe psycho-spirituel prédomina, et d’autres où Fénergie vivifiante prit le dessus. La cause de ces phénomènes fut qu'après Fexpulsion des éléments lunaires, les corps solides perdirent de leur vigueur. L’action réciproque des deux forces devint moins violente, car elle se produisit dans un seul corps. Le rejeton humain, à son tour, devint plus tendre, plus subtil ; il apparaissait sur la terre dans une enveloppe de faible densité, et s’agglomérait progressivement des particules plus solides. Ainsi Fàme humaine revenant sur terre put de nouveau fusionner avec le corps. Elle n’eut plus, à vrai dire, à le féconder de l’extérieur, puisque cette fécondation se produisait sur la terre même. Mais elle s’unit à lui et détermina sa croissance. Cette croissance était limitée. Par la séparation de la terre et de la lune, le coi’ps lîumain était devenu flexible pour un temps ; mais plus il continua à se développer sur la terre, plus les forces qui durcissaient ses éléments reprirent de l’empire. A la fin, l’âme ne put plus participer que faiblement à son organisation, et ce corps se décomposa tandis que l’âme remontait vers une existence dans le monde psycho-spirituel.

L’observation nous montre comment les forces assimilées par l’homme au cburs des évolutions saturnienne, solaire et lunaire interviennent successivement dans le progrès humain, pendant le développement terrestre que nous venons de décrire. C’est

d’abord le corps astral qui contient encore le corps vital et le corps physique à l’état de dissolution, dans lequel le feu terrestre allume sa flamme. Ensuite, ce corps astral extrait de sa propre essence un nouvel organisme astral plus subtil, l’àme-sensibilité, et un organisme éthérique plus dense, qui entre en contact avec les éléments de la terre. A ce moment se manifeste le corps vital déjà précédemment formé. Pendant que dans l’homme astral éclosent l’âme-raison et l’àme-conscience, on voit s’agglomérer dans le corps éthérique des particules plus grossières qui sont sensibles aux sons et à la lumière. Au moment où le corps éthérique se condense encore davantage et cesse d’étre un corps de lumière pour devenir un corps de feu ou de chaleur, on est arrivé au stade d’évolution où l’élément terrestre solide s’incorpore à l’homme. Comme le corps éthérique s’est condensé jusqu’à l’état igné, il peut, grâce aux forces du corps physique dont le germe a été déposé en lui, s’unir à des substances de la terre physique, affinées jusqu’à ce même état igné. Mais il ne pourrait pas à lui seul faire pénétrer l’air dans le corps qui est devenu entre temps plus dense. Alors interviennent les hautes entités qui résident dans le soleil, et ce sont elles qui lui insufflent l’air vital. Tandis qu’ainsi, grâce à son évolution passée, l’homme a la faculté de se pénétrer du feu terrestre, ce sont des esprits hautement évolués qui insufflent dans son corps l’air vital. Avant le perfectionnement de l’homme, le corps vital, qui recevait les vibrations sonores, gouvernait aussi les courants aériens. Il imprégnait de vie son corps physique. Désormais, son corps physique reçoit la vie du dehors ; il en résulte que cette vie devient indépendante de la partie psychique de l’être

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humain. Quand l’homme quitte la terre, il y laisse non seulement le germe de sa forme, mais son image vivante. Les Esprits de la Forme demeurent unis à cette image, et la vie qu’ils ont émanée, ils la font passer sur les descendants de l’homme quand l’âme humaine a quitté le corps. Ainsi se forme le phénomène que 1 on appelle hérédité. Et lorsque l’âme fait sa réapparition sur la terre, elle sent qu’elle habite un corps auquel la vie a été transmise par ses ascendants. Elle se sent attirée vers ce corps. De la sorte prend naissance une sorte de mémoire des ascendants à laquelle participe l’âme. Cette mémoire devient comme une conscience commune qui se perpétue d’être en être. Le Moi coule comme un fleuve au travers des générations.

L’homme, à ce niveau de son évolution terrestre, se considérait comme un être autonome. Il sentait le feu interne de son corps vital fusionner avec le feu extérieur terrestre. Dans les courants caloriques qui le traversaient, son Moi lui apparaissait. Ces courants, où coulait la vie, sont la première forme de la circulation. Mais les souffles aériens qu’il aspirait ne lui semblaient pas entièrement lui appartenir. Cet air était le véhicule utilisé par les forces des Esprits supérieurs. D’autre part, le développement antérieur de son corps vital lui conférait un empire sur une partie de cet air qu’il respirait. Dans la mesure où il en était maître, sa formation dépendait de lui-même et non des êtres supérieurs. Les particules aériennes s ordonnaient en lui sur le modèle des images de son corps astral. Tandis que l’air se déversait ainsi dans son corps, premier rudiment de la respiration, une partie de cet air se spécialisait pour former dans l’homme un système à part, origine du futur système

nerveux. Ainsi la chaleur et l’aii faisaient communiquer l’homme avec le monde extérieur.

Par contre, il ne percevait pas l’introduction dans son organisme des éléments terrestres solides ; ceuxci s’incorporaient au moment de son incarnation : mais au lieu de sentir immédiatement cette incorporation, il en avait une obscure conscience par les images des grands êtres qui y présidaient. Jadis c’est également sous la même forme imagée qu’il avait perçu l’assimilation des éléments liquides. Ces images se modifièrent avec la condensation de son enveloppe terrestre. L’élément solide s’adjoignit à l’eau ; et son assimilation, elle aussi, apparut à l’homme encore comme gouvernée par de hautes entités. L’âme humaine n’a plus le pouvoir de diriger elle-même l’assimilation, puisqu’elle doit servir à un corps que des forces extérieures ont façonné. L’homme en détériorerait l’économie s’il se mêlait d’en régler la constitution. Ainsi les particules extérieures qu’il absorbe lui apparaissent comme émanant des hautes entités auxquelles il doit son corps. L’homme se sent devenu un être individuel : il possède son âme-raison, cette portion subtile de son corps astral, grâce à laquelle il perçoit les faits extérieurs sous forme d’images, et dont les effluves animent son système nerveux. Il se sent solidaire de ses ascendants grâce à la vie qui coule de génération en génération. Ce qu’il respire et ce qu’il éprouve lui apparaît comme l’action des hautes Entités que nous avons appelées les Esprits de la Forme.

Il dépend d’eux également dans ses fonctions de nutrition. La chose la plus obscure à ses yeux est son origine individuelle. Il sait seulement qu’il a subi l’influence des Esprits de la Forme qui se ma-

l’évolution cosmique et l’homme

nifestent dans les énergies terrestres. Ainsi Thomme est guidé et gouverné dans ses rapports avec Textérieur. Ce qui le prouve, c’est qu’il a conscience des activités psycho-spirituelles qui s’exercent derrière le voile des objets physiques. Il ne perçoit pas immédiatement les êtres spirituels sous leur vraie forme ; mais il fait rexpérience de sons, de couleurs, etc., dont il sait qu’ils expriment les activités des entités spirituelles. Ces entités communiquent à lui par le son, et lui apparaissent dans les phénomènes de la lumière. Le fait de conscience le plus intime lui vient des représentations que provoquent en lui le feu et la chaleur. Il est capable de distinguer sa chaleur propre de la chaleur ambiante, qui est en réalité le milieu où se manifestent les Esprits de la Personnalité. Mais l’homme n’a qu’une conscience obscure des forces qui existent derrière les vibrations caloriques. C’est par elles précisément qu’il ressent l’action des Esprits de la Forme. Lorsque le feu donne lieu dans l’ambiance humaine à des phénomènes puissants, l’âme pense : « Voici que les Esprits fulgurent dans l’atmosphère terrestre, ces êtres dont une étincelle s’est détachée pour embraser mon être intérieur. »

Dans les phénomènes lumineux l’homme ne distingue pas aussi bien ce qui est intérieur de ce qui est extérieur. Quand des vibrations lumineuses se produisent dans l’ambiance, elles n’éveillent pas toujours chez lui un sentiment identique. Il y eut des époques où ces vibrations apparaissaient à l’homme comme situées à l’extérieur. C’étaient les moments où il venait de quitter son état incorporel pour se réincarner, ses périodes de croissance sur la terre. Mais lorsque approchait le temps où le germe de l’être terrestre à venir se façonnait, ces images s’estompaient.

Et riiomme n’en conservait que des reflets. Ces images lumineuses illustraient les actions des Esprits du Feu, ou x4rchanges. Ces Esprits apparaissaient à rhomme comme les serviteurs de ces hautes entités dont l’essence ignée lui avait fourni l’étincelle vitale. Et lorsque s’éteignaient leurs manifestations extérieures, l’homme les percevait sous forme de représentations ou de souvenirs qu’il gardait en lui ; il se sentait en communication avec leurs forces. Et il en était ainsi, car grâce au pouvoir qu’il avait reçu d’eux, il était capable d’agir sur l’air ambiant. Sous son influence cet air devenait lumineux. Dans ces temps, les énergies de l’homme et les forces de la nature n’étaient pas aussi nettement distinctes que de nos jours. Les phénomènes terrestres dépendaient encore des forces humaines. Quiconque eût observé de l’extérieur ces phénomènes aurait constaté qu’en dehors des éléments indépendants de l’homme, il s’y rencontrait des effets dus à son action personnelle.

Quant aux sensations sonores, elles se comportaient tout autrement. Dès le début de l’évolution terrestre, elles furent perçues comme des vibrations extérieures. Tandis que la perception des images aériennes cessait au milieu de l’existence terrestre, les sons extérieurs continuèrent à être entendus beaucoup plus tard. C’est seulement vers la fin de sa vie que l’homme cessait d’être réceptif à leur égard. Et il lui en restait un souvenir dans l’ame. 11 y sentait la manifestation des Fils delà Vie ou Anges. Quand rhomme, vers la fin de sa vie, réalisait une union intime avec ces forces, il pouvait, en imitant leur action, produire des remous puissants dans la masse liquide terrestre. Par sa volonté il créait un flux et reflux dans les eaux.

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Les sensations du goût n’existaient pour lui que durant le premier quart de son existence. Et elles lui semblaient des souvenirs de son séjour dans les mondes supérieurs. Tant que l’homme les éprouvait, la consolidation de son corps se poursuivait par l’incorporation de substances extérieures. Dans le deuxième quart, la croissance continuait bien, mais sa forme était alors définitivement moulée. Quant aux autres êtres animés, l’homme ne pouvait les percevoir que par leurs vibrations caloriques, lumineuses et sonores. Car il ne pouvait se faire une représentation exacte de l’élément solide. C’était seulement l’élément liquide qui lui procurait les sensations du goût pendant le premier quart de son existence.

La forme visible du corps symbolisait cet état d’âme. Les parties qui plus tard devaient devenir la tête, étaient les plus parfaites. Les autres organes ressemblaient à des appendices, rudimentaires et peu consistants. La structure différait suivant les individus. Selon les conditions terrestres diverses, les appendices étaient plus ou moins développés : cela dépendait du lieu où résidaient les hommes. Là où ils se trouvaient en communion étroite avec le monde terrestre, les appendices devenaient plus importants. Quant aux hommes qui dès le début de l’évolution terrestre, avant la condensation en air, s’étaient trouvés capables d’éprouver l’action du feu, ils développaient principalement les parties de la tête. C’étaient les organismes les plus harmonieux. D’autres n’avaient été mûrs pour l’expérience du feu que quand la terre était devenue aérienne. Ces hommes dépendaient plus du milieu que les premiers. Les premiers percevaient dans la chaleur extérieure les effluves des Esprits de la Forme. Dans la vie ils

conservaient le souvenir de leur union passée avec ces Esprits dans l’état incorporel. Chez la deuxième catégorie d’hommes, ce souvenir des périodes spirituelles était beaucoup moins vivace : leur lien avec le monde spirituel leur devenait surtout visible dans les créations lumineuses des Archanges. Enfin il y avait une troisième espèce d’hommes, ceux-là encore plus attachés à la terre. C’étaient ceux qui n’avaient pris contact avec le feu qu’après que la terre, séparée du soleil, se fut incorporé l'élément liquide. Leur sentiment d’un rapport avec le monde spirituel était très faible, surtout au commencement de la vie terrestre. Ils n’en prirent conscience que lorsque les Archanges et surtout les Anges eurent stimulé leurs représentations intérieures. Par contre, au début de leur vie, ils étaient pleins d’ardeur pour toutes les actions qui peuvent s’accomplir dans le cadre de l’existence terrestre. Les appendices étaient chez eux particulièrement vigoureux.

Avant l’élimination de la lune, il y eut un temps où les forces lunaires durcissaient graduellement toutes les substances. Par suite il arriva un moment où chez les rejetons des germes humains laissés sur la terre, il s’en trouva un certain nombre qui n’étaient plus aptes à devenir le réceptacle d’une âme. La structure de leurs enveloppes était devenue trop massive et trop différente de la structure humaine pour qu’une âme 'pût y habiter. Tl y eut donc des âmes dans l’impossibilité de se réincarner sur la te^'re. Seules les plus mûres, les plus vigoureuses des âmes, se sentaient de taille à transformer le corps terrestre pendant la croissance au point d’y faire s’épanouir un être humain. Ainsi, parmi les descendants physiques de l’être physique humain, une

L EVOLUTION COSMIQUE ET L'hOMME

partie seulement devinrent les véhicules d’hommes terrestres. Les autres, trop épais, se contentèrent d’abriter des âmes d’un niveau inférieur au niveau humain. Un certain nombre d’âmes humaines durent alors renoncer à participer à l’évolution terrestre et adopter un autre genre d’existence. Il y en eut qui dès la séparation de la terre et du soleil no purent plus habiter notre planète. Elles furent en quelque sorte déportées sur une planète qui se sépara de la masse cosmique pour évoluer sous le contrôle d’entités spirituelles. Cette planète est celle dont les savants nomment « Jupiter », la manifestation physique. (Nous parlons ici des astres, des planètes et de leurs noms dans le même esprit que le faisait la science ancienne, d’accord avec l’occultisme. De même que la terre, tout astre est l’expresiond’un puissantorganisme psycho-spirituel. Quand le clairvoyant parle de la terre ou du soleil, il n’entend pas seulement la planète ou l’étoile que nous connaissons sous ces noms. Il en est de même pour Mars, Jupiter, Vénus, etc. Les astres ont naturellement changé d’aspect et de fonctions depuis l’époque dont nous nous occupons ; ils ont même parfois changé de position. Il faut le regard des voyants pour suivre l’évolution passée des planètes présentes et saisir ainsi la filiation qui les unit aux astres dont nous parlons ici.) Les âmes en question poursuivirent donc leur évolution sur Jupiter. Plus tard, comme la terre se solidifiait sans cesse davantage, il fallut un séjour nouveau pour des âmes qui avaient habité un temps ces corps très denses, mais qui, une fois la condensation arrivée à son apogée, ne pouvaient plus s’unir à eux. (( Mars » leur offrit un lieu propice à leur évolution. Déjà quand la terre était encore unie au soleil, et

s’incorporait ses éléments aériens, il y eut des âmes manifestement inaptes à l’évolution terrestre. La structure du corps terrestre les froissait brutalement. Elles durent dès ce moment se soustraire à l’action immédiate des forces solaires dont elles ne pouvaient dès ce temps supporter l’action qu’extérieurement. « Saturne » fut l’astre qu’elles allèrent occuper. Ainsi le nombre des êtres humains diminuait à mesure que s’avançait l’évolution terrestre : il y eut des corps sans âmes proprement humaines. Ces corps ne purent abriter que des corps astrals, comme avaient fait sur la Lune primitive les corps physiques et éthériques des hommes. Ces êtres particuliers se répandirent sur la terre, tandis que la population humaine se raréfiait. Finalement il n’y aurait plus eu sur terre d’âmes humaines, si le rejet de la lune n’avait permis aux formes animées par des âmes humaines de soustraire pendant la vie le germe humain aux forces lunaires émanées de la terre, et de le laisser mûrir assez pour qu’il pût dans la suite résister à leur action. Tant que le germe se développa à l’intérieur de l’homme, il fut sous l’empire des êtres qui, sous la conduite du plus puissant d’entre eux, avaient détaché la lune de la Terre, afin que l’évolution terrestre pût franchir un point critique.

Lorsque la Terre s’était incorporé l’élément aérien, il y avait des êtres astrals, déchets de l’ancienne Lune, restés plus en arrière sur la route de l’évolution que les plus retardataires parmi les hommes. Ce sont les ancêtres du règne animal. Dans la suite des temps ils développèrent tout particulièrement les organes qui chez l’homme n’étaient que des appendices. Leur corps asti’al exerçait sur les'’corps vital et physique la même action qu’il avait fait chez l’homme lunaire.

l’évolution cosmique et l’homme 203

Ces animaux n’avaient pas une âme individuelle. La même âme se prolongeait chez les descendants d’une même forme. Les animaux qui sont les ramifications d’un seul individu originel ne possèdent, encore aujourd’hui, qu’une âme pour eux tous. Il faut des influences spéciales qui différencient les descendants de la structure originelle, pour qu’une nouvelle âme s’incarne. On peut dire, d’après l’occultisme, qu’il existe chez les animaux une âme-espèce, une âmegroupe.

Il se produisit un phénomène analogue au temps où le Soleil et la Terre se séparèrent. On vit surgir de l’élément liquide des formes qui n’étaient guère plus avancées que l’homme avant l’évolution lunaire. L’astral ne pouvait agir sur elles que de l’extérieur. Ces formes ne se manifestèrent qu’après l’élimination du soleil. A chaque saison solaire, le corps astral du soleil stimulait ces formes qui puisaient dans l’essence éthérique de la terre de quoi se faire un corps éthérique. Par contre, lorsque le soleil se détournait de la terre, leur corps éthérique faisait retour à la masse terrestre. Le résultat de la coopération entre l’astral solaire et l’éthérique terrestre, c’étaient ces formes physiques surgies de l’élément liquide et qui représentaient les premiers rudiments du règne végétal présent.

Sur la terre, l’homme est devenu un être animique individualisé. Son corps astral, infusé sur la Lune par les Esprits du Mouvement, a donné naissance à une âme spécialisée sur la terre en trois fonctions : sensibilité, raison et conscience. Et lorsque l’âmeconscience eut suffisamment progressé pour pouvoir modeler un corps approprié, alors les Esprits de la Forme allumèrent dans l’homme une étincelle

jaillie de leur propre feu. Le « Moi » embraaa l’homme tout entier. Désormais, à chaque fois que l’homme quitta son corps physique, il se trouva dans le monde spirituel en contact avec les êtres qui, pendant les évolutions saturnienne, solaire et lunaire, lui avaient donné ses corps physique, éthérique et astral, et l’avaient fait monter jusqu’au niveau terrestre. Dès que l’étincelle du Moi eut brillé dans la AÛe terrestre, une transformation se produisit également dans la vie non-corporelle. Auparavant, l’homme ne jouissait d’aucune indépendance à l’égard du monde spirituel. Il s’y sentait non un être autonome, mais une cellule dans l’organisme sublime que constituaient tous les Etres évoluant au-dessus de lui. L’apparition du Moi sur la terre se répercute dans le monde spirituel. L’homme se regarde désormais comme une individualité, jusque dans ce monde. Mais en même temps il a éprouvé qu’il est indissolublement lié à ce même monde. Quand il quitte son corps, il retrouve sous une forme plus haute ces mêmes Esprits de la Forme, qui se manifestaient à lui sur la terre dans l’étincelle du « Moi ».

L’élimination de la lune eut une influence sur les expériences de l’âme libérée dans le monde spirituel. C’est seulement parce qu’une partie des énergies plastiques furent transplantées de la terre sur la lune, qu’il fut possible de continuer à façonner des formes humaines capables de servir de réceptacle aux âmes individualisées. De la sorte l’individualité humaine tomba en une certaine mesure sous l’empire des êtres lunaires. Et la répercussion de cet événement cosmique n’agissait dans l’état incorporel sur l’individualité terrestre que parce que, pendant cet état aussi, l’âme demeurait sous l’empire des puissants

l/ÉVOLUTlON COSMIQUE ET l’hOMME

Esprits qui avaient amené la scission lunaire. En lait, reflet de cette emprise était que l'âme en quittant la terre ne pouvait percevoir l'éclat des êtres solaires, que reflétée par le miroir des Esprits lunaires. C'était seulement après avoir été quelque temps accoutumée à ce reflet qu'elle accédait à la contemplation des êtres solaires eux-mêmes.

Le règne minéral terrestre, lui aussi est né de déchets de l'évolution humaine. Ses formations sont constituées par les éléments qui demeurèrent durcis après l'élimination de la lune. Elles n’attirèrent que l'essence animique demeurée au niveau saturnien, c'est-à-dire uniquement capable de mouler des corps phy.*^ iques. Tous ces éléments se déroulent au cours d’immenses périodes, mais nous ne pouvons ici nous occuper d'en évaluer la durée.

Nous venons de décrire le côté extérieur de révolution terrestre. Voici maintenant comment les choses apparaissent sous leur face spirituelle. Les Esprits qui avaient extrait la lune de la fcerre et uni leur existence à l'astre lunaire, ces Esprits que nous appellerons les Esprits de la lune terrestre, envoyèrent de la lune à la terre des forces qui donnèrent une certaine vigueur à l'organisme humain. Leur action s'étendit jusqu'au Moi et se fit surtout sentir dans le jeu des forces qui passaient de ce Moi aux corps astral, éthérique et physique. L'homme put ainsi refléter dans sa conscience, comme dans un miroir de la connaissance, l'économie très sage de l’univers. Rappelonsnous qu'au temps de l'évolution de l'ancienne Lune, l'homme avait été redevable à la séparation de la Lune et du Soleil d'une certaine autonomie et d'une conscience plus libre qu'elle ne l'eût été sous l'unique influence des êtres solaires. Cette liberté de conscience

individuelle, héritage de Tancienne évolution lunaire, apparut de nouveau pendant la période de révolution terrestre que nous étudions. Mais cette conscience plus libre, c'est grâce aux êtres de la lune terrestre qu’elle fut harmonisée avec les lois de l’univers et put en devenir le miroir. C’est du moins ce qui serait arrivé si aucune autre influence ne s’était exercée à ce moment. L’homme aurait été un être doué d'une conscience qu’auraient peuplée des images cosmiques, déterminées par la nature et non par l’initiative humaine. Il n’en a pas été ainsi. On vit intervenir dans l’évolution humaine, précisément lors de l’élimination du satellite lunaire, certaines entités spirituelles qui avaient conservé de leur ancienne nature lunaire des éléments qui les empêchaient de quitter la terre avec le nouvel astre lunaire. Elles demeurèrent également étrangères à l’influence des êtres, qui, de la lune terrestre, agissaient sur la terre. Ces survivants de l’ancienne évolution lunaire étaient pour ainsi dire bannis sur la terre par leurs progrès imparfaits; et dans leur nature lunaire, on trouvait précisément ce ferment de révolte qui s’était autrefois insurgé contre les êtres solaires. Jadis, ce ferment de révolte avait conféré à l’homme le bénéfice d’une conscience libre et autonome. L’évolution toute spéciale de ces êtres en fit des adversaires des entités qui, de la lune, façonnaient la conscience humaine pour qu’elle réfléchît le spectacle de l’univers. Leur action qui, autrefois, avait élevé l’homme, se trouva en contradiction avec les conditions de l’évolution terrestre. Ces puissances hostiles tenaient de leur nature lunaire des vertus applicables au corps astral de l’homme et capables de le rendre indépendant. Ils se servirent de leur pouvoir pour conférer à ce

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corps astral une certaine indépendance à Tégard de la conscience nécessaire et déterminée que les êtres de la lune terrestre développaient en lui. Il est malaisé d’exprimer en termes satisfaisants la nature de ces influences. Elles ne ressemblent pas à ce que nous appelons présentement des influences naturelles. Elles diffèrent également de ce qu’est l’action d’un homme sur un autre, action par laquelle le premier éveille par des mots des forces intérieures chez le second, tandis que le second se trouve incité, soit à comprendre quelque chose, soit à accomplir une action, bonne ou mauvaise. L’intervention des êtres spirituels dans ces temps antiques, n’était pas une force naturelle, mais bien une sorte d’effluve spirituel qui agissait dans un milieu spirituel et se transportait, en toute spiritualité, des hautes entités spirituelles jusque dans l’homme, dans les cadres de la conscience humaine. Lorsqu’on se représente cette action comme une force de la nature, on se trompe du tout au tout sur son véritable caractère. Lorsque l’on dit que les êtres survivants de l’évolution lunaire allèrent vers l’homme pour le tenter et le faire servir à leurs desseins, on se sert d’un symbole qui n’est bon que si l’on a conscience du fait spirituel caché derrière ce symbole.

Cette rencontre des êtres demeurés dans l’état lunaire avec l’homme eut pour l’homme un double résultat. Sa conscience perdit le caractère d’un pur miroir de l’univers, parce que le corps astral sentit s’éveiller en lui la puissance d’ordonner et de dominer les images habitant la conscience. L’homme devint le maître de sa connaissance, mais en même temps le siège de cette maîtrise fut le corps astral, et le Moi, qui lui est supérieur, fut ainsi mis sous sa dépen-

dance. Ainsi Tliomme fut désormais constamment en proie aux influences d’un des éléments inférieurs de sa nature. Il put descendre dans son existence bien au-dessous du niveau élevé auquel l’avaient placé, dans la marche universelle, les êtres de la lune terrestre. Et pour la suite des temps demeura dans sa nature, permanente et active, l’influence d’êtres anormalement évolués. En comparant ces êtres lunaires aux entités de la lune terrestre qui conféraient à l’homme la conscience, miroir de l’univers, mais non lâ volonté libre, on peut les appeler les esprits lucifériens *. Ces esprits donnèrent à l’homme le pouvoir de développer une activité libre et consciente, mais en même temps, ils l’exposèrent à l’erreur et au mal.

Par suite de ces événements, l’homme entretint avec les esprits solaires des rapports tout autres que n’avaient décidé les êtres de la lune terrestre. Ces derniers voulaient modeler le miroir de la conscience humaine de telle sorte que l’âme tout entière fût remplie par l’influence dominatrice des esprits solaires. Les événements se mirent en travers de ces plans et dans l’être humain, une hostilité fut créée entre l’influence de l’Esprit Solaire et l’influence des esprits lunaires anormalement évolués. Cette lutte intérieure rendit l’homme impuissant à connaître la vraie natui e des effluves solaires physiques. Ils demeurèrent pour lui cachés derrière les impressions terrestres du monde extérieur. L’astral humain, tout rempli de ces impressions terrestres, fut attiré dans l’orbite du Moi. Ce Moi qui, sans cela, n’aurait perçu que l’étincelle

1. Le chef de ces Esprits porte en occultisme le nom de Lucifer. C’est à dessein que, dans un ouvrage du genre de celui-ci, Fauteur ne fait qu’une allusion passagère à sa nature complexe. tN. du T.)

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allumée en lui par les Esprits de la Forme, et qui dans ses contacts avec le feu extérieur s’était strictement conformé aux ordres de ces Esprits, ce Moi, grâce à l’élément qui lui fut inoculé en lui-même, réagit sur les vibrations caloriques de l’extérieur. Un courant s’établit entre lui et le feu terrestre. Par suite, il enfouit l’homme dans la masse terrestre plus profondément qu’il n’était prévu. Auparavant, l’homme possédait un corps physique essentiellement composé de feu, d’air et d’eau, et accessoirement d'une formation de substance solide aussi ténue qu’une ombre; désormais, le corps de terre fut plus dense. Tandis que jadis, l’être humain subtil rasait le sol dans une sorte de natation aérienne, il dut maintenant quitter l’ambiance terrestre pour se poser sur des parties de l’écorce déjà plus ou moins solidifiées.

Pour que ces influences spirituelles aient entraîné les effets physiques dont nous parlons, il a fallu qu’elles fussent de la nature que nous avons décrite, c’est-à-dire également différentes des influences naturelles, et de ces contagions psychiques qui se propagent d'homme à homme. Ces dernières ne sauraient s’exprimer dans la matière corporelle aussi fortement que les influences en question.

Et comme l’homme s’exposait aux actions externes au gré de ses représentations propres, sujettes à l’erreur, comme il vivait selon ses fantaisies et ses passions, la maladie devint une chose possible. Un des effets essentiels de l’emprise luciférienne fut que l’homme ne sentit plus, dans sa vie teroestre individuelle, la continuation de son existence incorporelle. Il reçut les effluves venus de la terre qui s’accordaient avec l’essence inoculée dans son astral, et qui renforcèrent les forces destructives du corps

physique. Il connut le dépérissement de son existence physique. La mort, causée par la nature humaine elle-même, entra dans le monde. C’est un mystère capital dans l’économie humaine que cette relation entre le corps astral, les maladies et la mort.

Le corps vital humain se trouva dans une condition particulière. Il se trouva placé de telle sorte entre les corps physique et astral qu’il demeura exempt des facultés que l’homme s’était assimilées par l’action de Lucifer. Une partie de ce corps vital resta située hors du corps physique et ainsi elle fut dominée par de grands êtres au lieu d’obéir au (c Moi » humain. Ces grands êtres étaient ceux qui avaient abandonné la terre quand elle se sépara du Soleil, pour se rendre dans un autre séjour sous la conduite de TEsprit le plus haut de leur hiérarchie. Si cette portion éthérique dont nous parlons était restée unie à l’astral, l’homme aurait réduit à son service personnel les forces supra-sensibles dont il disposait précédemment. L’influence luciférienne aurait gagné ces forces. Par suite, l’homme se serait graduellement détaché des entités solaires et son Moi serait devenu un Moi purement terrestre. A la mort du corps physique, et même dès sa décadence, ce Moi terrestre eût émigré dans un autre corps humain, un corps de rejeton, sans passer par une période de communion avec les Grands Esprits dans un état incorporel. L’homme aurait pris conscience de son Moi, mais comme d’un Moi purement terrestre. Ces éventualités furent détournées par la condition particulière du corps éthérique. Le Moi propre, le Moi individuel fut distingué du pur Moi terrestre : l’homme durant son existence terrestre n’eut que partiellement conscience de son individualité : il sentit d’abord

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