Du nom de l’Esprit qui dirige leur évolution, Ahriman
solaire ces Esprits sublimes qui avaient atteint le niveau nécessaire, par leur évolution cosmique. 11 y avait également des êtres qui, au moment de l’élimination solaire, ne s’étaient pas élevés à cette hauteur. : Il leur fallut une autre scène pour jouer leu^Tôle. C’est par eux que de la masse centrale cosmique se détachèrent et Jupiter et d’autres planètes. Jupiter devint la résidence de ces êtres qui n’avaient pas complètement atteint le niveau solaire. Le plus avancé d’entre eux fut le c régent de Jupiter ». De même que le chef de l’évolution solaire fut « le Moi supérieur » actif dans le corps vital des descendants du couple originel, de même le régent de Jupiter fut le Moi supérieur présent, comme une sorte de couvscience collective, chez les hommes issus de Tunion entre les descendants du couple, et ceux qui étaient apparus sur terre avec l’élément aérien. Ces hommes peuvent être appelés, d’accord avec l’occultisme, hommes jupitériens. C’étaient là des rejetons humains qui avaient déjà reçu des âmes humaines dans ces temps anciens,^ mais des âmes qui n’avaient pas été assez mûres pour affronter le contact du feu au début de l’évolution terrestre. C’étaient des âmes intermédiaires entre les âmes humaines et les âmes animales.
Il y avait enfin des êtres qui sous la conduite du plus évolué d’entre eux avaient créé un astre à part, ^ Mars, détaché de la masse cosmique. Sous leur influence évolua une troisième classe d’hommes, issus d’un nouveau mélange des autres, et qu’on çeut appeler les hommes « martiens ». (Ces connaissances jettent un jour sur la formation des planètes dans notre système solaire. Tous les astres de ce système sont nés des différences de niveau entre leurs habitants. Mais naturellement nous ne pouvons
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entrer ici dans les détails de cette évolution cosmique.) Les hommes qui sentaient dans leurs corps éthériques les effluves du Grand Être solaire, peuvent être appelés hommes solaires. Le grand être qui vivait en eux comme un Moi supérieur — dans l’ensemble des générations, naturellement, et non chez les individus — ce grand être est celui auquel plus tard les hommes, quand ils le connurent consciemment, donnèrent des noms divers, et qui apparaît à nos contemporains sous la figure du Christ. On peut encore distinguer des hommes saturniens. Chez eux le Moi supérieur était un être qui quitta avec ses compagnons la masse cosmique avant Télimination solaire. Les hommes saturniens étaient constitués de telle sorte qu’ils échappaient à Faction luciférienne non seulement par une partie de leur corps vital, mais encore par une portion de leur corps physique.
Chez les hommes du niveau le plus bas, le corps vital était trop peu protégé pour résister suffisamment à l’intrusion des forces lucifériennes. L’étincelle du Moi se livra chez eux à des dérèglements assez puissants pour créer dans l’ambiance des manifestations ignées de l’espèce la plus pernicieuse. La conséquence fut une immense catastrophe terrestre. Une grande partie des continents habités s’engloutit dans l’abîme et avec eux les hommes adonnés à l’erreur. Un petit groupe, jusqu’alors resté à l’abri du mal, put se réfugier dans une contrée qui avait été protégée contre les dangereuses pratiques des autres hommes. Le séjour qui parut le plus convenable pour l’humanité nouvelle fut la région qui recouvrait la place aujourd’hui occupée par l’océan Atlantique. C’est là qu’émigra la portion de l’humanité qui avait con-
servé toute sa pureté, à Tabri de Terreur. Les autres contrées n’eurent comme habitants que des êtres humains dispersés. On peut, d’accord avec l’occultisme, appeler « Atlantide » ce continent qui était situé entre les limites actuelles de l’Europe, de l’Afrique et de l’Amérique. (La littérature théosophique a divisé cette évolution terrestre en périodes : elle nomme lémurienne la période qui précède la civilisation atlantéenne. L’époque où les forces lunaires n’avaient pas produit leur plein effet est appelée période hyperboréenne, et cette dernière est elle-même précédée d’un cycle évolutif qui coïncide avec les débuts de Page terrestre. Dans les traditions bibliques on désigne sous le nom de période paradisiaque le temps qui précède l’intrusion luciférienne, et Ton appelle « expulsion du paradis » la descente de Têtre humain sur le sol terrestre, et son enfoncement dans le monde sensible.)
L’évolution sur l’Atlantide fut le temps où se fit le plus sentir la division de l’humanité en Saturniens, Solaires, Jupitériens et Martiens. Auparavant cette classification n’était qu’embiyonnaire. L’alternance de la veille et du sommeil eut pour Têtre humain des suites toutes particulières, surtout dans la période atlantéenne. Pendant la nuit, Tastral et le Moi s’évadaient dans le monde spirituel et montaient jusqu’aux Esprits de la Personnalité. Par la partie du corps éthérique qui ne coïncidait pas avec le corps physique, l’homme percevait les Fils de la Vie ou Anges et les Esprits du Feu ou Archanges. Car il pouvait pendant la nuit demeurer uni à cette portion de l’éthérique qui ne dépendait pas du physique. La connaissance des Esprits de la Personnalité était trouble, à cause de l’action luciférienne. Mais à part
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les Anges et les Archanges, d’autres êtres devenaient visibles pour riiomme : c’étaient ces retardataires des évolutions solaire et lunaire, qui ne purent affronter l’existence terrestre et durent rester dans le monde psycho-spirituel. Grâce à l’essence luciférienne, l’homme les attira dans l’ambiance de son âme évadée du corps physique, et il entra ainsi en relations avec des entités qui exercèrent sur lui la plus pernicieuse action. Ces êtres fortifièrent son penchant à l’erreur, et notamment à l’abus des forces de croissance et de reproduction, que l’indépendance de son corps éthérique lui permettait d’utiliser.
Quelques individus de cette époque atlantéenne surent éviter de s’enfoncer dans la matière. Chez eux, l’action luciférienne, au lieu d’une entrave à l’évolution, devint un auxiliaire du progrès supérieur : grâce à elle ils développèrent leur connaissance des choses terrestres plus tôt qu’il n’eùt été possible en son absence. Ils s’appliquèrent à bannir l’erreur de leurs représentations et à creuser les phénomènes de l’univers pour y découvrir les intentions premières des êtres spirituels. Ils se préservèrent des penchants et des convoitises du corps astral que sollicitait seul le monde sensible, et par suite, ils furent exempts de ses errements. Cette discipline les conduisit à un mode de conscience où la perception se concentra dans cette partie du corps éthérique qui était indépendante du physique. Dans cet état, le pouvoir de perception du corps physique était comme éteint, et ce corps lui-même était comme mort. Par leur corps éthérique, ils se trouvaient unis au royaume des Esprits de la Forme ; ils apprenaient d’eux comment ces esprits sont conduits et gouvernés par le Grand Être qui dirigeait le Cosmos lors de la scission entre la
Terre et le Soleil. Ces hommes étaient des « initiés ». Mais comme Tindividualité humaine, ainsi que nous l’avons vu, était tombée sous l’empire des êtres lunaires, ainsi ces initiés ne pouvaient entrer en contact immédiat avec l’essence du Christ : ils ne pouvaient la contempler que réfléchie dans le miroir des êtres lunaires. Ils voyaient non le Christ, mais son reflet. Ils devinrent les guides des hommes à qui ils pouvaient révéler les mystères qu’ils avaient vus. Ils attirèrent des disciples à qui ils enseignèrent les moyens de parvenir à l’état où l’on conquiert l’initiation. La connaissance du « Christ » fut le partage des « hommes solaires » décrits plus haut. Ils cultivaient leur science mystérieuse, et accomplissaient leurs pratiques dans un lieu spécial, que l’on peut, d’accord avec l’occultisme, appeler Toracle du Soleil ou l’oracle du Christ. (Le mot oracle signifie un lieu ^ où les pensées des êtres spirituels sont perçues.)
D’autres oracles furent fondés par les Saturniens, les Martiens et les Jupitériens. Leurs initiés ne pouvaient s’élever qu’à la contemplation des entités qui se dévoilaient respectivement dans leurs corps éthériques sous forme de Moi supérieur. Ainsi il y eut des adeptes de la sagesse saturnienne, de la religion jupitérienne, ou de Toccultisme martien. En dehors de ces méthodes d’initiation, il y en eut d’autres, appropriées aux hommes qui avaient intégré trop d’essence luciférienne, pour laisser en dehors de leur corps physique une aussi grande partie du corps éthérique que les hommes solaires. Chez ces hommes le corps astral retenait dans les frontières du corps phj^sique plus de substance éthérique que chez les hommes solaires. Ils ne pouvaient pas s’élever aux états de conscience qui rendent possible la
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révélation du Christ. A cause de leur corps astral largement imprégné d’essence luciférienne, il leur fallait passer par une discipline plus rude, pour parvenir à découvrir, dans un état de moindre libération, non le Christ même à vrai dire, mais d'autres grands êtres. Il y avait de ces grands êtres qui, lors de la séparation du soleil avaient abandonné la terre. Ils n’étaient pas assez hauts pour pouvoir suivre longtemps l’évolution solaire. Ils se contruisirent une demeure, qu'ils détachèrent du soleil, quelque temps après l'élimination terrestre : ce fut la planète Vénus. Leur chef fut l'être qui joua le rôle de Moi supérieur pour les initiés dont nous parlons et pour leurs disciples. Il en fut de même de l'Esprit gouverneur de Mercure pour une autre catégorie d'hommes. Ainsi naquirent les oracles de Vénus et de Mercure. Une certaine espèce d'hommes, les plus profondément imbus de l'essence luciférienne, ne purent s'élever que jusqu'à l'Etre qui, le premier, avec ses compagnons, avait été éliminé de l’évolution solaire. Cet Être n'occupe pas une planète spéciale dans notre système, il vit, maintenant encore, dans l'ambiance de la terre, avec laquelle il s'est uni après son retour du soleil. Les hommes à qui cet être se révélait comme le Moi supérieur, sont les sectateurs de l'oracle de Vulcain. Leur regard était tourné vei's les 'phénomènes terrestres plus que celui des autres initiés. Ils posèrent les premières bases de ce qui plus tard devint chez les hommes l'art et la science. Les initiés de Mercure fondèrent une connaissance d’un caractère plus supra-sensible, et les initiés de Vénus les dépassèrent encore. Ces initiés de Vénus, de Mercure et de Vulcain se distinguaient des initiés de Saturne, Jupiter et Mars : ces derniers
recevaient les mystères dans la forme déjà parfaite d’une révélation d’en haut; les premiers, au contraire, obtenaient leurs connaissances sous l’apparence d’idées et de pensées personnelles. Entre les deux groupes se classaient les initiés du Christ. Ceux-ci connaissaient leurs mystères grâce à une révélation immédiate, et ils recevaient en même temps le pouvoir de les présenter revêtus des conceptions accessibles à l’entendement humain. Les initiés de Saturne, de Mars et de Jupiter devaient s’exprimer par des symboles, tandis que les initiés du Christ, de Mercure, de Vénus et de Vulcain employaient des concepts intelligibles.
Tout ce qui de la sorte échut à l’humanité atlantéenne passa par le canal des initiés. Mais le reste de l’humanité, lui aussi, acquit par l’intrusion luciférienne des capacités spéciales, grâce aux hautes entités cosmiques qui firent tourner en bien des influences dont, sans elles, l’humanité eût éprouvé un grand mal. Une des facultés, acquises à cette époque, est celle du langage : elle fut l’apanage de l’homme par la condensation de son corps physique, grâce à l’autonomie d’une portion de son corps éthérique. Dans les temps qui suivirent l’élimination lunaire, l’homme se sentit tout d’abord uni à ses ancêtres physiques par le Moi-groupe. Cette conscience collective, qui reliait le descendant aux ascendants, s’effaça graduellement au cours des générations. Dans la suite, les rejetons ne possédèrent plus qu’une mémoire qui leur permettait de remonter jusqu’à un ancêtre assez rapproché : les ascendants qui le précédaient tombèrent dans l’oubli. C’est seulement dans les états semblables au sommeil que l’homme, entrant en contact avec le monde
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spirituel, sentit surgir en lui le souvenir de tel ou tel aïeul. L’homme se considérait comme un avec cet aïeul qu’il pensait renaître en lui-même. C’était là une conception erronée de la réincarnation qui fut en faveur à la fin de la civilisation atlantéenne. La véritable doctrine de la réincarnation fut réservée aux écoles des initiés. Ces initiés pouvaient percevoir le stade incorporel où l’âme humaine voyage d’incarnation en incarnation. Par suite, ils étaient seuls à même de renseigner leurs élèves à cet égard.
La forme humaine dans ces temps reculés différait beaucoup de ce qu’elle est aujourd’hui. Elle exprimait encore exactement les caractères psychologiques. La matière qui composait l’homme était plus subtile et moins dense que dans la suite. Ce qui est aujourd’hui solide et massif dans l’organisme, était encore tendre, flexible et malléable. Un homme spiritualisé se reconnaissait à sa structure délicate, mobile, expressive. Un autre, moins évolué, exposait des formes grossières, pesantes, gauches. Le progrès psychique contractait les membres et rapetissait la taille ; au contraire, un être psychiquement en retard et enfoncé dans la matière se manifestait par une enveloppe physique gigantesque. Pendant la croissance, le corps se développait suivant des lois qui nous apparaîtraient aujourd’hui comme fabuleuses ou purement imaginaires, et il reproduisait en lui la vie de l’âme. La perversion des instincts, des appétits et des passions donnait l’essor à la croissance matérielle qui atteignait des proportions énormes. La forme humaine présente est la forme atlantéenne contractée, condensée et durcie. Tandis qu’avant l’Atlantide l’homme reflétait exactement dans son corps son être psychique, ce sont précisément les péripéties de la
période atlantéenne qui ont créé cet homme postatlantéen, dont Tenveloppe est plus ferme, et dépend beaucoup moins du niveau spirituel. Quant au règne animal, ses formes sont devenues solides bien plus tard que la forme humaine. Les lois qui gouvernent actuellement la croissance des formes dans les règnes de la nature ne doivent en aucun cas être appliquées à ces évolutions passées.
Vers le milieu de la race atlantéenne, une véritable plaie se répandit graduellement dans Thumanité. Les secrets des initiés durent être soigneusement cachés aux hommes qui n’avaient pas purifié leur corps astral par une préparation appropriée. S’il leur eût été loisible de regarder dans le domaine de la science occulte et de pénétrer les lois par lesquelles les êtres supérieurs dirigent les forces naturelles, ils auraient fait servir ces connaissances à la satisfaction de leurs instincts dépravés. Le danger était d’autant plus grand que, comme nous l’avons dit, les hommes étaient tombés sous l’empire de basses entités, incapables de suivre l’évolution humaine et hostiles à cette évolution. Ces entités ne cessaient de harceler les hommes pour leur inspirer des désirs contraires au bien de l’humanité. Or les hommes possédaient encore la capacité d’utiliser les forces de la croissance et de la génération chez les animaux et chez l’homme. Les tentations dressées par les entités inférieures séduisirent non seulement des hommes ordinaires, mais même des initiés. Ils en vinrent à faire servir les forces supra-sensibles dont nous parlons à des buts contraires à l’évolution humaine. Ils s’adjoignirent dans ces opérations magiques des affiliés qui n’étaient pas initiés et qui, eux, employèrent les forces à des usages tout à fait bas. La conséquence
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de ces agissements fut la ruine de Phumanité, et le mal s'étendit sans cesse. Comme les forces de la croissance et de la reproduction, quand on les extrait du sol nourricier pour les ^ mployer isolément, sont occultement liées à certaines énergies de Tair ou de Teau, ainsi les actions humaines déchaînèrent des puissances naturelles redoutables. Des cataclysmes aériens et océaniques s’ensuivirent, qui détruisirent progressivement le continent de TAtlantide. L'humanité atlantéenne, ou du moins les débris épargnés par la catastrophe, dui^ent émigrer. La terre revêtit un nouvel aspect. D'un côté surgirent l'Europe, l'Asie et l'Afrique, qui peu à peu prirent leur configuration présente ; de l'autre, l'Amérique. Des caravanes immenses allèrent s'établir dans ces contrées. Pour la civilisation, l'émigration la plus importante est celle qui pérégrina vers l'est de l'Atlantide. L'Europe, l’Asie et l'Afrique furent progressivement occupées par les descendants des Atlantes, Divers peuples s'y installèrent, inégalement évolués, inégalement pervertis. Parmi eux émigrèrent aussi les initiés, gardiens des mystères des oracles. Ils fondèrent en différents endroits des sanctuaires, pour y pratiquer le culte de Jupiter, de Vénus, etc., tantôt en bien, tantôt en mal. Le plus pernicieux de ces cultes fut celui qui suivit la divulgation illicite des mystères de Vulcain. Par cette divulgation l’humanité fut en partie asservie à des entités, qui, grâce à leur évolution passée, étaient les ennemis naturels de tout ce qui venait du monde spirituel issu de la séparation entre la Terre et le Soleil. Par suite de leur caractère, ces entites agirent dans l'homme sur l'élément que développait en lui la perception du monde sensible, sous lequel se voile l'univers spirituel. Elles acquirent
une puissante influence sur nombre d’hommes. Et cette influence eut pour premier effet d’enlever à l’être humain le sentiment des réalités spirituelles.
Comme à cette époque le corps était encore à un haut degré l’image de l’âme par sa grandeur, sa forme et sa souplesse, à la suite de cette trahison, la race humaine subit des transformations extérieures. Là où la perversité humaine asservissait les forces supra-sensibles à la bassesse de ses instincts et de ses passions, on vit naitre des corps informes, d’une grosseur et d’un aspect grotesques. Ces corps, il est vrai, ne purent survivre à la période atlantéenne. Ils succombèrent. L’humanité post-atlantéenne est issue de ceux des Atlantes dont les corps étaient assez résistants pour ne pas se mouler sur les forces psychiques perverties et contre nature. Il y eut une certaine période dans l’évolution atlantéenne, où toutes les lois en vigueur sur terre et sous terre conspirèrent à ce durcissement des éléments physiques. Quant aux races dont les corps s’étaient durcis auparavant, elles purent se reproduire encore quelque temps : mais les âmes s’y trouvèrent si à l’étroit qu’ils mouraient promptement. Beaucoup de ces races persistèrent après la ruine de l’Atlantide : celles qui étaient restées suffisamment flexibles se perpétuèrent sous d’autres formes. D’autre part, les formes humaines qui étaient restées malléables même après l’époque dont nous parlons furent occupées par des âmes qui avaient éprouvé à un degré particulier l’influence pernicieuse des mystères de Vulcain divulgués. Elles furent destinées à une mort rapide.
Ainsi depuis l’apogée delà civilisation atlantéenne, il y eut dans l’orbe de l’évolution terrestre des enti-
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tés dont Taction avait pour résultat d'enfoncer riiomme dans le monde physico-sensible de la façon la plus fâcheuse. Leur pouvoir décevant alla si loin que dans ce monde sensible, des illusions et des apparences mensongères prenaient la place de la réalité. Ainsi l’homme était exposé, non seulement à l’invasion luciférienne, mais encore à l’intrusion de ces êtres dont le chef peut être appelé Ahriman, du nom que les Perses lui donnèrent plus tard (Méphistophélès est le même être). Cette influence suivait l’homme même après la mort, et l’empêchait de se tourner vers autre chose que le monde sensible. Il fut sans cesse privé davantage de toute vision des réalités spirituelles. Il dut se sentir au pouvoir d’Ahriman et en quelque sorte retranché de la communion des êti'es supérieurs.
Tout particulièrement important était un sanctuaire qui, dans la décadence universelle, avait conservé dans sa forme la plus pure le culte ancien. Ce sanctuaire appartenait aux oracles du Christ : aussi avaitil pu conserver non seulement les mystères du Christ, mais aussi ceux des autres oracles. Car dans la manifestation du sublime Esprit Solaire, les autres régents des planètes se dévoilaient aussi. Les initiés solaires connaissaient le secret de conférer à tels ou tels hommes des corps éthériques semblables à ceux qü*avaient possédés les meilleurs parmi les initiés de Jupiter, de Mercure, etc. On conservait, par des méthodes spéciales dont il n’est pas opportun de parler ici, les copies des corps éthériques les plus parfaits qui avaient appartenu aux anciens initiés, et l’on en dotait plus tard des hommes choisis à cet effet. Les Initiés de Vénus, de Mercure et de Vulcain savaient faire la même opération pour des corps astrals.
Il arriva un moment où le chef des initiés christiques se trouva isolé au milieu de quelques hommes auxquels il ne pouvait faire connaître les mystères cosmiques que dans une faible mesure. Ces compagnons, en effet, étaient des hommes chez qui la scission entre le corps éthérique et le corps physique était réduite au minimum. Cette conformation était du reste à ce moment-là la plus favorable pour le progrès futur de l’humanité. Les expériences de l’étal de sommeil s’étaient produites toujours plus faiblement chez ces hommes. Us n’étaient même plus en état de comprendre ce qui s’était dévoilé à Thomme, quand il ne se servait comme instrument que de son corps éthérique et non de son corps physique. Le monde spirituel était de plus en plus fermé pour eux. Ces hommes, qui appartenaient à l’entourage immédiat du chef des oracles christiques, étaient les plus avancés sous le rapport de la fusion du corps éthérique avec le corps physique. Cette fusion était la suite de l’évolution terrestre en général, et des transformations particulières survenues dans le continent atlantéen. Les corps physique et vital coïncidaient toujours davantage. C’est pourquoi les facultés % autrefois sans limites, de la mémoire, s’affaiblirent, tandis que la pensée logique s’épanouissait. La partie du corps vital unie au corps physique élabora et modifia le cerveau physique, pour en faire le véritable instrument delà pensée, et c’est à partir de ce moment seulement que l’homme eut conscience de son Moi dans son corps physique. La conscience de soi s’éveilla. Mais ce progrès n’apparut que ^ chez un petit nombre d’hommes et notamment chez ceux qui entouraient le chef des oracles christiques. Quant aux autres populations répandues sur l’Asie, l’Afri-
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que et TEurope, elles conservèrent, à des degrés divers, les restes de l’ancienne conscience. Aussi eurent-elles une perception immédiate du monde supra-sensible. Les compagnons de Tlnitié christique étaient des hommes à Tintellect hautement évolué, mais ils avaient moins que quiconque l’expérience des mondes spirituels. L’Initié qui les guidait les conduisit de rOuest à l’Est, vers une contrée de l’Asie centrale. Il voulait dans la mesure du possible les préserver de tout contact avec les hommes dont l’entendement était moins avancé. Il fit l’éducation de ses compagnons conformément aux mystères qu'il connaissait : et c’est dans ce sens qu’il agit notamment sur leuj\s descendants. Ainsi il se créa un groupe d’hommes, qui avaient ouvert leurs cœurs à des impulsions issues des mystères de l’initiation christique. L’Initié choisit dans ce groupe les sept individus les plus évolués, pour leur infuser des corps astrals et éthériques semblables à ceux qui avaient appartenu aux sept plus hauts initiés de la période atlantéenne. Il produisit ainsi un successeur de chacun des initiés de Jupiter, de Vénus, de Saturne, du Christ, de Mercure, de Mars et de Vulcain. Ces sept initiés furent les instructeurs et les guides des hommes qui, après la chute de l’Atlantide, s’établirent dans le sud de l’Asie, et notamment dans l’Inde. Comme ces grands instructeurs étaient dotés des corps éthériques de leurs ancêtres spirituels, les connaissances de leur corps astral, dues à la science qu’ils avaient acquise eux-mêmes, n’égalaient pas en étendue celles qu’ils devaient aux perceptions de leur corps éthérique. Quand ces dernières se révélaient à eux, il leur fallait imposer silence à leur propre savoir. Alors, par leur bouche, parlaient les hautes
entités qui avaient parlé à leurs devanciers. En dehors des moments où ils servaient d’instruments à ces hautes entités, c’étaient des hommes modestes, ne possédant que la culture des sentiments et de la raison qu’ils s’étaient assimilée par leurs propres efforts.
L’Inde était alors habitée par une race qui avait conservé pieusement le souvenir vivant des facultés psychiques grâce auxquelles les Atlantes pratiquaient les expériences du monde spirituel. Chez beaucoup des Hindous de ce temps il existait une sorte de nostalgie, une puissante aspiration du cœur et des sentiments vers la vie spirituelle. Une destinée sagement conduite avait fait émigrer vers le sud de l’Asie la majeure partie de ces hommes, qui constituaient le groupe le plus avancé parmi les descendants des Atlantes. D’autres groupes avaient également émigré à d’autres époques. C’est à ces populations que l’Initié christique donna comme guides ses sept grands disciples, qui dispensèrent au peuple leur sagesse et leurs lois. Plus d’un parmi les Hindous primitifs n’avait besoin que d’un léger stimulant pour voir se réveiller en lui l’antique clairvoyance qui donnait accès dans le monde spirituel. La nostalgie de ce monde était à vrai dire le trait dominant du caractère hindou. Il apparaissait à l’homme comme sa véritable patrie. C’est de là qu’il avait été transplanté dans un autre monde, celui que font connaître la perception extérieure et l’entendement qui y est lié. Le monde supra-sensible était pour les Hindous la réalité vraie, tandis que le monde sensible était une illusion, une Mata. On aspirait de tous ses efforts à la vision des mondes supérieurs : tandis que le monde sensible, ce tissu
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d illusion, n’excitait aucun intérêt, excepté dans la mesure où Ton y voyait le voile des réalités plus hautes. Sur des hommes ainsi faits, Femprise des sept grands instructeurs fut puissante. Les mystères qu ils révélaient, l’âme hindoue se les assimila profondément. Et comme la possession des corps astrals et éthériques de leurs devanciers conférait de grands pouvoirs aux sept instructeurs, ils agissaient sur leurs disciples par des forces magiques. Au fond ils n’enseignaient rien : ils établissaient des courants magnétiques d’individu à individu. Ainsi naquit une civilisation tout imprégnée de sagesse occulte. Ce que nous lisons dans les Védas, ces archives delà sagesse hindoue, ne nous donne qu’un faible écho des sublimes enseignements des anciens instructeurs, et non pas leur lorme originelle. Seul le regard du clairvoyant, porté sur les arcanes du passé, peut décomu’ir la sagesse inédite qui se cache derrière ces écrits. Un des traits particuliers de cette sagesse originelle est le parfait accord entre les diverses écoles occultes issues des oracles atlantéens. Chacun des grands instructeurs pouvait enseigner l’une de ces doctrines. Et les aspects variés de la sagesse s’harmonisaient à merveille, parce que derrière eux, il y avait la doctrine une et fondamentale de l’initiation christique. A la vérité, celui des instructeurs qui continuait le grand Initié christique ne révélait pas les mêmes mystères que son devancier, qui était resté à l’arrière-plan de l’évolution. Ce grand Initié ne trouva d’abord aucun homme post-atlantéen à qui transmettre son haut ministère. Ce qui le distinguait, c’est qu’il pouvait exprimer complètement en concepts humains ce qu’il voyait du mystère christique, tandis que l’initié du Christ incarné dans l’Inde était
obligé de revêtir d’images et de symboles le reflet de ce mystère, tel qu’il le percevait lui-même. La puissance de conception humaine, élaborée en lui, n’atteignait pas jusqu à ce niveau. Mais de l’union des sept Instructeurs, sortit un système du monde unifié et grandiose, dont les oracles atlantéens n’avaient exposé que des parties isolées. Les Puissances qui gouvernent le Cosmos furent révélées, et on fit même allusion,discrètement, au grand Esprit Solaire, l’Etre caché, qui règne sur les hautes entités manifestées dans les sept instructeurs.
Le peuple que nous appelons ici « le peuple indien ancien » n’est pas celui que l’on désigne habituellement sous ce nom. Le temps dont nous parlons n’est connu par aucun document, et le peuple que l’on appelle communément « indien » correspond à une période historique bien postérieure à celle dont nous nous occupons ici. Il faut distinguer une première période post-atlantéenne, durant laquelle a fleuri cette civilisation de l’Inde antique, puis une deuxième que nous nommons « Perse ancienne » dans cet ouvrage, et plus tard, la civilisation ég3"pto-chaldéenne que nous aurons à décrire. Pendant ces deux dernières périodes, l’Inde antique elle aussi pass^ par deux stades successifs de son évolution, et c’est au cours de la troisième période post-atlantéenne que se développa ce que l’on représente communément comme l’Inde antique. Ainsi, la civilisation dont nous parlons ici ne doit pas être confondue avec l’Inde dont il est ordinairement question.
Un autre trait de cette ancienne culture hindoue est la mentalité qui amena la division des hommes en castes. Les habitants de l’Inde étaient les descendants directs des Atlantes, qui étaient répartis en
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Jupitériens, Saturniens, Martiens, etc. Des enseignements occultes, ils comprirent qu’une âme ne s’incarnait pas au hasard dans telle ou telle catégorie, mais bien par une prédestination absolue. Cette interprétation de la doctrine spirituelle fut encore favorisée par la facilité avec laquelle étaient revivifiés les souvenirs des ancêtres. Ces souvenirs conduisaient les hommes à une fausse conception de la loi de réincarnation. En Atlantide, seuls les initiés avaient fait connaître cette loi sous sa vraie forme; dans l’Inde, il fallait, pour la connaître, entrer en contact immédiat avec les grands instructeurs. Cette fausse conception de la réincarnation dont nous avons parlé plus haut se répandit largement parmi les peuples émigrés en Asie, en Afrique ou en Europe à la suite du cataclysme. Et comme certains initiés atlantes dévoyés avaient communiqué cette loi secrète à des hommes qui n’étaient pas mûrs pour la comprendre, l’humanité confondit toujours davantage la vérité et l’erreur dans ce domaine. Ces hommes avaient hérité de la période atlantéenne une sorte de clairvoyance brumeuse. Les Atlantes, pendant leur sommeil, pénétraient dans le monde spirituel : leurs descendants faisaient des expériences analogues, mais dans des états anormaux intermédiaires entre la veille et le sommeil. Ils voyaient alors surgir des tableaux des temps anciens où leurs aïeux avaient vécu,et ils se regardaient comme des réincarnations de ces aïeux Et ainsi des idées sur la réincarnation, absolument contraires à la Vraie doctrine des initiés, se répandirent sur la terre entière.
Dans les régions de l’Asie occidentale, au cours des multiples émigrations qui avaient entraîné les-hommes de rOuest à l’Est, des peuplades s’étaient établies^
dont les descendants sont connus dans Thistoire comme le peuple perse et ses ramifications. Les temps dont nous parlons sont bien antérieurs à la période historique de ces nations. Il s’agit d’ancêtres très lointains des futurs Perses, parmi lesquels s’épanouit la deuxième culture post-atlantéenne, celle qui suivit la civilisation de l’Inde primitive. Les populations de cette deuxième époque eurent une tâche toute autre que les Indous. Ils ne se conten> taient pas de nostalgiques aspirations vers une patrie spirituelle : leur tempérament les attachait au monde physique. Ils aimaient la terre. Ils estimaient les conquêtes que l’homme peut faire dans ce monde, et ce qu’il peut gagner par la domination des forces terrestres. Leurs exploits guerriers et leurs inventions pour dérober ses trésors à la terre, sont le fruit de ces dispositions essentielles. Le danger pour eux n’était pas de perdre par la nostalgie du monde spirituel toute espèce de goût pour la vie physique : le danger était au contraire de perdre le contact psychique avec les régions hyperphysiques, grâce à leur attachement passionné aux choses sensibles. Les oracles mêmes, importés de l’Atlantide dans ces régions, participaient au caractère général de la population. Parmi les forces que l’humanité s’était assimilées au cours de ses expériences supra-sensibles, et qu’elle possédait encore sous des formes dégénérées, on ne cultivait dans ces sanctuaires que celles qui pouvaient servir les intérêts personnels de l’homme. Ce peuple antique puisait encore un grand pouvoir dans la maîtrise de ces forces, qui plus tard cédèrent le pas à la volonté humaine. Les gardiens des oracles disposaient d’énergies en rapport avec le feu et d’autres éléments. Ils méritent le nom
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de « mages ». A la vérité, ce qu’ils avaient conservé des pouvoirs et des connaissances supra-sensibles était peu de chose en comparaison de ce que Fhomme avait jadis possédé. Mais cet héritage revêtait toutes les formes, depuis les arts les plus nobles et les plus profitables à riiumanité jusqu’aux cérémonies les plus pernicieuses. Dans ces hommes, l’action luciférienne sévissait intensément. Elle les avait mis en rapport avec toutes les puissances hostiles au plan des grands êtres qui, sans l’intrusion luciférienne, eussent gouverné le Cosmos dans la route du progrès. Ceux-là mêmes, parmi ce peuple qui avaient conservé un reliquat de l’antique clairvoyance dans les états intermédiaires entre la veille et le sommeil, ceux-là mêmes se sentaient attirés vers les entités inférieures du monde spirituel. 11 fallait à ce peuple une impulsion qui pût balancer ces traits de caractère. Elle lui vint de la même source qui avait alimenté la vie spirituelle de l’Inde : ce fut le gardien des mystères des oracles solaires qui lui envoya un instructeur et un guide.
Ce guide spirituel de l’ancienne Perse, qui fut envoyé par l’Initié solaire, peut être appelé d’un nom que l’histoire a conservé, celui de Zarathoustra ou Zoroastre. Il ne faut pas oublier que la personnalité dont nous parlons ici a vécu bien avant l’époque où l’histoire place le porteur de ce nom. Mais nous nous occupons ici d’occultisme et non de critique historique : par suite, si quelqu’un se considère comme obligé de penser que Zarathoustra a vécu plus tard, il sera d’accord avec l’occultisme, en admettant qu’il s’agit d’un successeur du grand Zarathoustra, qui portait le même nom et dispensait les mêmes leçons. L’impulsion que Zarathoustra
devait donner à son peuple consistait à lui faire voir que Tunivers physique n’est pas cet édifice vide de tout esprit qui se présente à riiomme lorsqu’il se place sous l’exclusive domination des êtres lucifériens. L’homme doit à ces êtres son autonomie personnelle et son sentiment de la liberté. Mais Lucifer doit s’harmoniser dans l’homme avec l’Étre Spirituel qui lui est opposé. Il fallait que Zarathoustra maintînt l’esprit du peuple perse en éveil pour lui permettre de concevoir cet Ltre spirituel. Sinon, son penchant pour le monde physico-sensible le menaçait d’une fusion totale avec l’Être luciférien. Zarathoustra, initié par le gardien des oracles solaires, voyait les Esprits solaires se révéler à lui. Dans certains états de conscience particuliers, il contemplait le chef de ces Esprits solaires qui avait étendu sa protection sur le corps vital de l’homme. Il savait que cet Être gouverne l’évolution humaine, mais qu’il ne pourrait quitter l’espace cosmique et descendre sur notre terre qu’à un moment déterminé. Il lui fallait pour cette manifestation trouver un corps astral humain où il pût vivre, de la même manière qu’il avait agi dans le corps éthéiique humain, depuis l’invasion luciférienne. Il fallait que naquit un homme qui eût transformé son astral pour le faire évoluer jusqu’au niveau qu’il eût atteint, sans l’impact luciférien, dès le milieu de la période atlantéenne.
Si Lucifer n’était pas intervenu, l’homme se serait élevé à cette hauteur beaucoup plus tôt, mais sans autonomie personnelle et sans liberté. Or, l’homme devait, tout en jouissant de ces avantages, remonter à la même hauteur. Zarathoustra, dans ses extases clairvoyantes, voyait surgir dans l’avenir du milieu de l’humanité une personnalité qui posséderait ce
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corps astral approprié à cette haute mission. Il savait également qu’avant ce moment le grand Etre solaire ne pouvait habiter sur la terre, mais que le voyant saurait le découvrir dans l’orbe spirituel du soleil. Il le percevait quand il dirigeait vers le soleil son regard spirituel. C’était cet btre qu’il annonçait à son peuple, cet Être qui brillait dans le monde spirituel et devait un jour descendre sur la terre ; ce grand Esprit de lumière, il l’appelait Ahura-Mazda, ou Ormuzd, c’est-à-dire « l’aura du soleil ». Cet Être puissant se découvrait à Zarathoustra et à ses adeptes comme un Esprit qui, pour le moment, tournait sa face vers l’homme du haut des mondes spirituels, mais que l’humanité attendait de recevoir un jour dans son sein. L’Etre que Zarathoustra annonçait, c’est le Christ, avant son incarnation terrestre. Par contre, il représentait dans Ahriman (Angra mainju) une puissance funeste à l’âme humaine quand celle-ci s y livre sans restriction. Cette puissance n’est autre que celle dont nous avons déjà parlé et qui avait acquis un tel empire sur la terre, depuis que les secrets de l’oracle de Vulcain avaient été trahis. L’enseignement de Zarathoustra parlait aussi des entités spirituelles qui accompagnent le Dieu de lumière et qui se découvrent à la clairvoyance spirituellement purifiée, tandis qu’à l’opposé se range l’armée des tentateurs, visibles aux hommes grâce aux restes impurs de l’ancienne clairvoyance atlantéenne. 11 fallait faire comprendre au peuple de l’ancienne Perse comment l’âme humaine, quand elle s’adonne à l’action dans le monde physique, devient le théâtre d’un combat entre la puissance du Dieu de lumière et celle de son adversaire, et comment l’homme doit se comporter s’il veut que cet adversaire, au lieu de l’entraîner à sa ruine, voie
son influence se tourner en bien par la magique force du Dieu de lumière.
La troisième civilisation post-atlantéenne fleurit chez les peuples que leurs émigrations avaient conduits dans le nord de l’Afrique et dans une partie de r Asie Mineure, c’est-à-dire les Babyloniens, Clialdéens et Assyriens d’une part, et les Égyptiens d’autre part. Chez ces peuples, le penchant vers la vie terrestre avait pris une autre forme que chez les Perses. Ils possédaient à un beaucoup plus haut degré ces dispositions de l’esprit qui servent de base au pouvoir de la pensée, à la réflexion logique et qui se développaient depuis la fin de l’Atlantide. Ce fut en effet la mission de l’humanité post-atlantéenne que d’évoluer en qualités mentales ces forces logiques et sentimentales, qui ne sont pas issues immédiatement du monde spirituel, mais qui naissent de ce que l’homme étudie le monde physique, communie avec lui et le transforme par son travail. La conquête de l’univers physique par ces facultés humaines est l’œuvre de la période post-atlantéenne. Cette conquête progresse par étapes. Dès l’Inde ancienne, l’homme par sa constitution psychique est orienté vers le monde physique mais il y voit encore une illusion et son esprit aspire vers les régions spirituelles. Au contraire, chez les Perses s’épanouit le désir de soumettre à l’homme le monde physique ; mais ce peuple emploie encore pour son œuvre, en grande partie, les forces psychiques, héritage d’une époque où l’homme atteignait immédiatement le monde spirituel. Chez les peuples de la troisième civilisation, l’âme a presque complètement perdu ses anciens pouvoirs. Il lui faut chercher laborieusement dans son ambiance physique la manifestation du spirituel, et pourvoir à son propre dévelop-
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pement par l’invention ou la découverte des instruments de progrès dus aux ressources physiques. L’investigation des lois spirituelles cachées derrière le voile des choses physiques a donné naissance aux sciences ; la connaissance des forces du monde physique et leur utilisation ont donné naissance à l’industrie humaine, au travail artistique et aux instruments appropriés. Pour les Ghaldéens et Babyloniens, le monde sensible n’était plus une illusion. C’était en lui, dans ses règnes, dans ses montagnes et ses océans, dans son atmosphère et dans ses fleuves que se manifestaient les actions spirituelles des puissances occultes, dont l’homme devait découvrir les lois. Pour l’Égyptien, la terre était un champ d’action, qu’il recevait dans un état donné, et qu’il devait métamorphoser par sa propre intelligence, de façon à y imprimer le sceau de la puissance humaine. Il y avait en Égypte des oracles importés de l’Atlantide, particulièrement des oracles de Mercure, et aussi certains autres, par exemple quelques sanctuaires de Vénus. Les enseignements et les pratiques en usage dans ces sanctuaires plantèrent un nouveau germe au sein du peuple égyptien. Celui qui en prit soin fut un grand instructeur, qui avait suivi en Perse la discipline des mystères de Zarathoustra. C’était en fait la réincarnation d’un disciple du grand Zarathoustra lui-même. Appelons-le Hermès. Sa connaissance des mystères de Zarathoustra lui indiqua le vrai chemin où il devait orienter le peuple égyptien. Les regards de ce peuple, entre la naissance et la mort, étaient tournés vers le monde sensible à tel point qu’il n’avait qu’une vision très limitée du monde spirituel caché derrière le voile physique : mais il reconnaissait dans le physique les lois émanées du spirituel. Par conséquent
il ne fallait pas lui présenter le monde spirituel comme un domaine où il pourrait pénétrer dès sa vie terrestre. Mais on pouvait lui faire comprendre que, dans Tétât incorporel qui suit la mort, il serait en contact avec ces mêmes Esprits qui durant la vie terrestre se manifestaient à lui sous les espèces de la réalité physique. Hermès enseignait ceci ; dans la mesure où Thomme, sur la terre, emploie ses forces à agir suivant les vues des Puissances spirituelles, il communiera avec elles après la mort. En particulier ceux qui auront montré le plus de zèle à agir ainsi seront après la mort unis au grand Etre solaire, Osiris. Chez les Chaldéens, Tesprit humain s’attacha davantage aux formes terrestres. Les lois du monde physique turent étudiées et ce n'est que par des symboles qu’on put faire allusion aux choses spirituelles. Le peuple demeura confiné dans la perception sensible. On parla de Tétoile et non de TEsprit stellaire, et au lieu des Etres spirituels, on mit eu avant leurs manifestations physiques. Seuls les guides du peuple eurent une connaissance profonde des lois spirituelles et de leur action dans le monde sensible. Un divorce se produisit, plus profond que partout ailleurs, entre la science des initiés et les croyances erronées de la nation.
La situation était tout autre dans les i^ontrées du sud de l’Europe et de TAsie Occidentale où devait fleurir la quatrième civilisation, que, d’accord avec T occultisme, on peut nommer la culture gréco-latine. Dans ces pays avaient reflué des masses d’émigrants venus de tous les coins du vieux monde. Des sanctuaires s’y étaient fondés qui continuaient les multiples oracles de l’Atlantide. Il y avait des hommes qui conservaient par atavisme des restes do Taiitiqno
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clairvoyance, et d’antres qui pouvaient la récupérer aisément par une discipline appropriée. Dans plulieurs de ces sanctuaires on trouvait non seulement la tradition des anciens initiés, mais des successeurs dignes d’eux, qui attiraient des élèves pour les faire monter dans les hautes sphères de la clairvoyance spirituelle. En outre, ces peuples avaient rinstinct de créer des formes sensibles aptes à reproduire dans le monde pliysique les qualités de l’essence spirituelle. Tout l’art grec est une des conséquences de cet instinct. Il suffit de considérer un temple grec par la perception spirituelle pour constater que dans cette meiveilleuse œuvre d’art chacune des parties est ainsi faite qu’elle représente une réalité spirituelle. Le temple grec est « la demeure de l’esprit » et son architecture rend visible ce que perçoit l’œil du voyant. Le temple de Zeus, ou Jupiter, est ainsi bâti que l’œil physique y contemple une enveloppe appropriée de ce que découvre l’œil spirituel quand il s’élève à la vision du gardien des oracles de Zeus. Il en est de meme de toute œuvre de l’art grec. Par des chemins mystérieux, les sagesses initiatiques versèrent leurs trésors dans l’âme de ses poètes, de ses artistes et de ses penseurs. Les systèmes métaphysiques des anciens philosophes grecs habillent d’idées et de concepts les doctrines des initiés.
Ces peuples et leurs chefs reçurent à flots les effluves de la vie spirituelle, venus des sanctuaires d’Asie ou d’Afrique. Les grands instructeurs indoiis, les disciples de Zarathoustra, et les sectateurs d’Hermès recrutèrf3nt des élèves parmi eux. Ces élèves ou leurs continuateurs fondèrent des sanctuaires, où ils firent revivre les anciennes leçons sous des formes nouvelles. Ce, sont là les Mystères de l’antiquité clas-
sique. On y préparait les néophytes à se transporter dans les états de conscience qui leur ouvraient la porte des mondes spirituels h Ces sanctuaires donnaient des directions aux hommes qui s’adonnaient à roccultisme en Asie Mineure, en Grèce et en Italie. Les sanctuaires grecs les plus importants furent ceux d’Eleusis et des Mystères orphiques. L’école philosophique de Pythagore résumait toute la sagesse des temps antérieurs. Pythagore avait en effet passé par diverses initiations au cours de ses grands voyages.
La vie humaine pendant la période post-atlantéenne avait sa répercussion sur l’existence qui s’écoulait entre la mort et une nouvelle naissance. Plus riiomme s’attachait à l’univers sensible, plus grande était l’emprise d’Ahriman durant la vie terrestre et sa tyrannie après la mort. Le danger était minime chez les peuples de l’Inde antique. Le monde physique leur apparaissait pendant la vie comme une illusion : et ce sentiment les libérait de la puissance d’Ahriman après la mort. Mais le péril n’en était que plus redoutable pour les habitants de la Perse antique. Entre la naissance et la mort, leurs regards s’étaient portés avec un grand intérêt vers les choses terrestres. Ils auraient succombé en masse aux embûches d’Ahriman, si Zarathoustra ne leur avait éloquemment inculqué la doctrine du Dieu-Lumière, et ne leur avait annoncé que derrière les choses physiques se cache l’univers des Esprits de clarté. Plus les
1. V. Le mystère chrétien et les mystères antiques, par R. Steiner, trad. Ed. Schuré. Paris, Perrin et G'*.
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Perses avaient vSii s’assimiler le monde de représentations ainsi évoqué devant l’ame, plus ils échappaient aux pièges d’Ahriman pour la vie terrestre, et aussi pour la vie spirituelle où l’homme se prépare à une nouvelle naissance. L’action d’Ahriman dans l’existence terrestre conduit à considérer le monde sensible comme le seul réel et à s’obstruer ainsi tout passage vers le monde spirituel. Dans ce monde spirituel même, la puissance d’Ahriman fait le désert autour de l’homme, en l’amenant à concentrer sur lui-même ses propres intérêts. Les hommes qui tombent après la mort au pouvoir d’Ahriman se réincarnent avec un caractère essentiellement égoïste.
On peut, dans notre temps, grâce à l’occultisme, décrire la vie entre la mort et une nouvelle naissance telle qu’elle est lorsque l’influence d’Ahriman est, au moins partiellement, surmontée. C’est ce que nous avons fait dans d’autres écrits et dans les premiers chapitres de cet ouvrage. Et c’est ainsi qu’il faut décrire ces états si nous voulons bien clairement illustrer ce qui pourrait être perçu, à condition que l’homme ait la vision pure de la vraie réalité. Dans quelle mesure chaque individu jouit-il de cette claire perception Cela dépend de sa victoire sur Ahriman. L’homme se rapproche toujours davantage de ce qu’il doit devenir dans le monde spirituel. Mais il faut, en étudiant l’évolution, préciser avec force les influences étrangères qui peuvent le détourner de sa vraie destinée.
Chez les Égyptiens, Hermès avait soin de préparer les hommes dès leur existence terrestre à leur communion future avec le Dieu-Lumière. Mais comme les intérêts des hommes avaient pris une direction
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telle qu’il leur était malaisé de soulever pehdant la vie, même si peu que ce lut, le voile physico-sensible, il en résultait qu’après la mort le regard spirituel demeurait trouble, et la perception du monde de lumière, confuse. Ce voile jeté sur les réalités spirituelles ne fut jamais plus épais que pour les âmes qui quittaient un corps gréco-latin. Ces âmes avaient cultivé presque exclusivement l’épanouissement harmonieux de Têtre physique : elles s’étaient ainsi condamnées à vivre comme des ombres apr ès la mort. Le Grec voyait dans l’au-delà un royaume des ombres ; ce n’est pas une vaine formule, mais une sensation bien réelle qu’exprime le héros de ce temps, attaché à la vie des sens, quand il s’écrie « Plutôt mille fois être un mendiant sur la terre, qu’un roi dans l’empire des ombres. » Ce sentiment était encore plus accentué chez les peuples asiatiques qui dirigeaient leurs regards vers les symboles sensibles au lieu des réalités de l’esprit, même quand il s’agissait de leur culte et de leur adoration. Une grande partie de l’humanité se trouvait dans ces conditions au temps de la civilisation gréco-romaine. On conçoit que la mission de l’humanité post-atlantéenne, qui était de conquérir la nature physique, ait pour contre-partie l’éloignement des choses spirituelles. Ainsi la grandeur dans un domaine entraîne avec soi la décadence dans un autre.
Dans les Mystères, on continuait à cultiver la communion avec le monde spirituel. Les initiés connaissaient ce monde grâce aux révélations qu’ils en avaient dans des états particuliers. Ils étaient plus ou moins les continuateurs des initiés atlantéens. Ils découvraient ce que l’impact de Lucifer et d’Ahriman avait voilé. Lucifer cachait à l’homme toutes les
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essences et les forces spirituelles qui, sans son intervention, se seraient déversées dans le corps astral de l’homme avant le milieu de la civilisation atlantéenne. Si le corps éthérique n’eût pas été indépendant du corps physique, l’homme aurait perçu cette partie du monde spirituel comme une expérience intérieure de l’âme. Par 1 impact luciférien, il ne put le faire que dans des états de conscience anormaux. Dans ces états un monde spirituel lui apparaissait sous un vêtement astral. Les entités se montraient sous des formes semblables aux véhicules les plus hauts de l’être humain, et ces véhicules étaient les symboles astrals des forces spirituelles correspondantes. Des formes surhumaines se manifestaient de la sorte.
Après l’assaut d’Ahriman, une autre sorte d’initiation se superposa à celle que nous venons d’indiquer. Ce qu’Ahriman a voilé pour l’homme, c’est toute cette partie du monde spirituel qui serait apparue derrière la perception extérieure, si son intrusion n’avait commencé au milieu de la période atlantéenne. Si cet univers se révélait à eux, les initiés en étaient redevables au fait qu’ils développaient toutes les facultés que l'homme a acquises depuis cette époque à un degré beaucoup plus intense qu’il n’est nécessaire pour la perception sensible. Ils pénétraient ainsi jusqu’aux puissances spirituelles cachées derrière les phénomènes. Ils connaissaient les entités spirituelles cachées derrière la nature, et les forces créatrices qui évoluent plus bas que l’homme. Les énergies qui se sont développées à travers les évolutions saturnienne, solaire et lunaire, la formation des corps astral, éthérique et physique de l’homme, l’origine des règnes minéral, végétal et animal : tels
étaient les sujets essentiels traités dans une certaine sorte de Mystères : ceux sur lesquels Ahriman avait la haute main. Le progrès qui a engendré les âmessensibilité, raison et conscience, et les êtres spirituels voilés par l’intervention luciférienne, tel était le contenu des mystères de la deuxième catégorie. Mais ce que les Mystères prophétisaient, c’est qu’un homme devait apparaître un jour, doué d’un corps astral où, en dépit de Lucifer, la splendeur des êtres solaires pourrait devenir consciente, par Tintermédiaire du corps éthérique et sans l’obligation d’extases anormales. Le corps physique de cet homme devait être d’une nature telle qu’il pùt percevoir dans le monde spirituel tout ce qu’Ahriman nous en dissimule jusqu’à la mort. La mort physique pour un tel être ne change rien à la vie, elle est sans pouvoir sur la vie. Le Moi se manifeste en lui de telle sorte que la plénitude de la vie spirituelle s’épanouit dans la vie physique. Cet être est l’instrument du Dieu de lumière jusqu’auquel l’initié s’élève par deux routes : soit en pénétrant jusqu’à l’essence du surhumain, soit en plongeant au cœur même des forces de la nature. Quand les initiés décrivaient ainsi l’Etre qui devait apparaître un jour, ils étaient les prophètes du Christ.
Le plus éminent de ces prophètes tut une personnalité qui apparut au milieu d’un peuple apparenté aux peuples de l’Asie par la race, et nourri des leçons de la sagesse égyptienne, le peuple Israélite. Ce prophète fut Moïse. Son âme était asse z avancée dans la voie de l’initiation pour que dans ses extases elle vît apparaître l’Etre qui réside derrière les forces de la nature. Dans l’éclair et le tonnerre, il percevait non seulement des phénomènes physiques, mais la parole
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de rEsprit. L’autre ordre de mystères avait également façonné son être intérieur, de sorte que dans ses perceptions astrales il voyait le surhumain descendre dans l’humain sous la forme du Moi. Ainsi Celui qui devait venir de deux côtés à la fois se dévoilait à Moïse comme la plus haute expression du Moi.
Et avec le Christ parut sur la terre le grand Être solaire lui-même, apportant à l’homme le suprême modèle de la perfection terrestre. Sa venue fit prendre une forme nouvelle à toute la sagesse des mystères. Jadis leur mission était d’élever l’homme assez haut pour qu’il pût se transporter dans un état d’àme où il contemplait le royaume de l’Esprit-solaire en dehors de l’évolution terrestre. Désormais la tâche des mystères fut de préparer l’homme à reconnaître, dans le Christ devenu homme, cet être originel, et, partant de ce centre de toute sagesse, d’éclairer le monde de la nature et de l’esprit. (Nous reviendrons sur cet aspect du Christ en traitant de la « connaissance supérieure ».)
Au moment de sa vie où le corps de Jésus-Christ contenait toutes les forces spirituelles que peut voiler l’impact luciférien, à ce moment commença sa mission d’instructeur de l’humanité. Désormais était dispensée à l’évolution humaine la capacité de recevoir la sagesse grâce à laquelle la terre pourra atteindre son but. Au moment où l’événement de Golgotha s’accomplit, un nouveau germe était planté, par lequel l’influence d’Ahriman sur l’humanité pourra tourner au bien. L’homme peut dès lors emporter avec soi au delà de la mort de quoi se préserver de la solitude dans le monde spirituel. L’événement de Palestine n’est pas seulement le centre de l’évolution
humaine dans le monde physique, mais aussi dans les autres mondes auxquels Thomme appartient. Lorsque le Mj^stère de Golgotha fut accompli, que la mort sur la croix fut achevée, le Christ apparut dans le monde où les âmes séjournent après la mort et fit rentrer dans ses limites la puissance d’Aliriman. A cette apparition un éclair spirituel illumina la région que les Grecs appelaient le royaume des ombres, et cet éclair montra à ses habitants que la lumière devait venir y briller. Ce qui s’accomplit pour le monde physique dans le mystère de Golgotha projeta sa clarté dans le monde spirituel. L’évolution post-atlantéenne jusqu’à cet événement était un progrès dans le monde physico-sensible, mais aussi une décadence dans le monde spirituel. Toutes les forces qui se déversaient dans le monde sensible jaillissaient de la source qui existait dès l’origine des temps dans le monde spirituel : depuis l’événement christique, les hommes peuvent emporter dans le spirituel leurs conquêtes de la vie physique, s’ils savent s’élever jusqu’au mystère du ChrivSt. Et ces forces reviennent couler dans le monde physique terrestre lorsque les hommes à leur réincarnation rapportent dans l’existence les fruits que l’impulsion christique a produit en eux dans la vie spirituelle.
Ce que la venue du Christ adonné à rhumanité est une semence qui mûrira progressivement. Jusqu’au moment présent, l’existence physique n’a assimilé qu’une partie infinitésimale de cette sagesse nouvelle. C’est à peine l’aurore de l’évolution christique. Le christianisme ne devait, dans les temps qui ont suivi son apparition, révéler de son essence profonde que ce que les hommes pouvaient recevoir et comprendre. La première forme dans laquelle cette
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essence s’est moulée est un idéal moral. Cet idéal s’opposa aux doctrines qui s’étaient constituées dans la civilisation post-atlantéenne. Nous avons décrit les conditions d’existence qui ont gouverné révolution terrestre depuis la repopulation de notre planète pendant la période lémurienne. Nous avons vu que les hommes remontent par leur ascendance psychique à des entités diverses venues d’autres planètes, qui s’incarnèrent dans les enveloppes corporelles issues des Lémuriens primitifs. Les diverses races humaines sont le fruit de cette descendance. Et par suite des karmas individuels, les intérêts les plus contradictoires se développèrent au sein des diverses âmes. Aussi longtemps que dura cet état de choses, il ne pouvait être question d’un idéal humain universel. L’humanité à l’origine est issue de l’unité : l’évolution passée l’a conduite à la séparativité. Mais dans le Christ nous est donné un modèle idéal, qui est l’adversaire de toute séparativité : car dans l’homme qui porte le nom de Christ a vécu le grand Etre solaire d’où chaque Moi humain est issu. Le peuple Israélite avait conscience d’être un peuple séparé dont chaque membre était une partie. Lorsqu’au début on conçut Jésus-Christ comme l’homme idéal placé au-dessus de toutes les causes de séparativité, le christianisme fut tout naturellement d’abord la doctrine de la fraternité universelle. Au-dessus de tous les intérêts particuliers, de tous les liens particuliers, le sentiment se fit jour que le Moi profond de tout homme a la même origine. Le Père de tous les hommes prend la place des ascendants personnels : « Le Moi et le Père sont un. »
Aux quatrième, cinquième et sixième siècles après Jésus-Christ se prépara en Europe le stade de civili-
sation dans lequel nous vivons encore présentement. Ce stade devait remplacer progressivement la culture gréco-latine : c’est la cinquième époque post-atlantéenne. Les peuples qui après des émigrations et des avatars sans nombre sont devenus les protagonistes de cette époque étaient des descendants des Atlantes restés autant que possible à l’écart de l’évolution qui s’était déroulée depuis la ruine de l’Atlantide. Ils n’avaient pas pénétré dans les domaines où les civilisations intermédiaires s’étaient épanouies. Il y avait parmi eux beaucoup d’hommes qui avaient hérité à un haut degré de cette antique clairvoyance crépusculaire, liée à un état intermédiaire entre la veille et le sommeil. De tels hommes connaissaient par expérience les régions spirituelles et pouvaient décrire à leurs contemporains ce qui s’y passe. Ainsi naquit tout un monde de légendes relatives aux êtres et aux phénomènes spirituels. Le trésor épique et légendaire des peuples a sa première source dans ces expériences spirituelles. Car cette clairvoyance brumeuse et répandue dans la masse a duré jusqu’à des temps qui sont proches de nous. Il y avait aussi des hommes qui avaient perdu la clairvoyance, mais qui teintaient les facultés appropriées au monde sensible de sensations et de sentiments conformes aux données de cette clairvoyance. Les oracles atlantéens avaient également leurs continuateurs. Partout on trouvait des Mystères. Mais l’occultisme initiatique cultivé dans ces sanctuaires était particulièrement celui {qui a pour but de dévoiler les régions spirituelles sur lesquelles Ahriman a jeté un voile. C’étaient les puissances cachées derrière les forces naturelles que l’on y découvrait. Les mythologies des peuples européens sont les restes des enseignements donnés par ces
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initiés. A vrai dire ces mythologies contiennent aussi l’autre forme de l’occultisme, mais sous un aspect plus confus que chez les peuples du Midi et de l’Orient. L’Europe connaissait, elle aussi, les entités surhumaines. Mais elle les voyait en lutte constante avec les compagnons de Lucifer. Et si l’on annonçait le Dieu-Lumière, c’était sans affirmer qu’il dût un jour triompher de Lucifer. Pourtant la figure à venir du Christ brillait jusque dans ces mystères. On enseignait de lui que son royaume mettrait fin à la domination de l’autre Dieu-Lumière. (De là toutes les légendes du Crépuscule des Dieux.) De ces influences sortit une sorte de dualité interne qui dure encore et se manifeste dans la vie sous les formes les plus variées. L’âme conserva des anciens temps une aspiration vers le spirituel, mais pas assez forte pour maintenir le contact entre les deux mondes. Elle la conserva sous une forme sentimentale, tout en perdant le pouvoir de la vision immédiate des choses spirituelles.
En revanche, le regard de l’homme se porta chaque jour davantage sur le monde physique et sa conquête. Toutes les forces intellectuelles, apparues pour la première fois au déclin de l’Atlantide, toutes ces forces humaines dont l’organe est le cerveau physique, furent perfectionnées pour la connaissance et la domination des énergies de la nature physique. Deux âmes vécurent ainsi côte à côte dans l’être humain. L’une est tout entière tournée vers la nature physique, l’autre est réceptive aux manifestations de l’esprit, jusqu’au point de saisir l’esprit non par la perception mais par le sentiment. Les germes de cette dualité existaient déjà quand la doctrine du Christ se répandit en Europe. Les hommes ouvrirent
Lk SCIENCE OCCULTE
leurs cœurs à ce message de Tesprit, ils en pénétrèrent leur sensibilité et leurs sentiments, mais ils ne surent pas forger le pont qui réunissait cet enseignement aux découvertes de la raison dans le domaine des sens. Ce que Ton appelle aujourd’hui l’opposition de la science et de la religion est la suite de ces faits. La mystique chrétienne, celle des Eckharfc, des Tau- 1er, etc., est un résultat de la pénétration du christianisme dans la vie sentimentale. La science bornée aux phénomènes sensibles est la conséquence du deuxième état d’âme. Et les conquêtes dans le domaine de la civilisation matérielle sont dues précisément à cette double mentalité. Comme les facultés humaines qui siègent dans le cerveau physique étaient consacrées exclusivement à l’étude delà vie physique, elles purent atteindre cette apogée qui rendit possible l’essor prodigieux de la science et de la technique moderne.
Et c’est seulement chez les peuples d’Europe qu’existait le principe de ces progrès matériels. Car ces peuples sont ces descendants des Atlantes qui n’ont fait éclore en facultés intellectuelles leur penchant pour le monde physique, que lorsqu’ils avaient atteint une certaine maturité. Auparavant ils vivaient sur les restes de la clairvoyance antique et sur les communications des initiés. Tandis qu’apparemment la culture de l’esprit était réduite à ces données, en réalité, mûrissait lentement la capacité de soumettre le monde physique.
A l’heure présente l’aube de la sixième époque commence déjà à colorer l’horizon. Car les caractères des époques à venir dans l’humanité mûrissent lentement dans les stades antérieurs de l’évolution. Ce qui doit apparaître dès maintenant^ c’est la décou-
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verte du lien qui unira les deux pôles opposés dans le cœur de Thoinme, la civilisation matérielle et la vie dans le monde spirituel. Il faut pour cela que les données de la clairvoyance spirituelle soient logiquement comprises, et que les expériences du monde sensible découvrent les manifestations de Tesprit. La sixième civilisation verra fleurir Tharmonie entre ces deux activités aujourd’hui opposées.
La description de l’évolution est ainsi arrivée à un point où le regard jusqu’ici tourné vers le passé doit se porter sur l’avenir. Mais il est préférable que nous exposions auparavant quelques considérations sur la connaissance supérieure et sur l’initiation. Nous passerons ensuite à l’évolution future de l’humanité, dans la mesure où on peut traiter un tel sujet sans sortir des cadres de cet ouvrage.
En outre, nous n’avons fait allusion jusqu’ici à l’action du Christ dans l’évolution humaine que d’un point de vue tout extérieur. Nous examinerons une autre face de cette action en traitant de l’initiation,