L’ÉVOLUTION COSMIQUE ET L’HOMME
Nous avons vu dans les pages qui précèdent que l’homme est composé de quatre parties : le corps physique, le corps vital, dynamique, ou éthérique, le corps astral ou émotionnel, et le siège propre du Moi. Le « Moi » élabore et transforme progressivement les trois corps. Grâce à cette transformation on voit apparaître : en bas les trois aspects de Pâme : Sensibilité, Raison et Conscience, plus haut les trois aspects de l’esprit, Moi-Spirituel, Esprit de Vie, et Homme-Esprit. Ces aspects divers de la nature humaine ont des rapports nombreux avec les diverses parties de l’univers, et leur évolution est solidaire de l’évolution cosmique. Par l’étude de cette évolution on pénètre dans le tréfonds le plus mystérieux de l’ètre humain.
Il est évident que la vie humaine est liée de toutes façons au milieu dans lequel elle se développe. Or, la science extérieure, des faits qu’elle a observés, est obligée de conclure que la terre où vit l’homme a passé par une longue évolution. Elle remonte jus-
qu’à des états de notre planète où Thomme dans sa forme actuelle n’existait pas. Elle expose comment cet homme, parti d’une culture rudimentaire, s’est élevé, étape après étape, jusqu’à sa civilisation présente. Ainsi cette science elle-même est d’avis qu’il y a corrélation entre l’évolution de l’homme et celle de l’astre qu’il occupe.
L’occultisme examine les phases de cette double évolution à l’aide de cette connaissance qui puise ses données dans la perception étendue que procure le développement des sens ps5"cho-spirituels. Il remonte la route parcourue par l’homme. Il voit que le véritable être intérieur, l’entité spirituelle de l liomme a passé sur cette terre par une série d’existences. Et ainsi l'occultisme en arrive à ce point perdu dans un lointain passé où pour la première fois, cet être spirituel s’est manifeste dans le mode d’existence que nous connaissons présentement. Ce fut dans cette première incarnation que le Moi commença à apparaître dans les trois corps, l’astral, l’éthérique et le physique. Et il emporta ensuite le fruit de son travail terrestre dans l’existence qui suivit.
Quand on remonte jusqu’à cette époque, on s’aperçoit que le <c Moi » à cette première incarnation se trouva en présence d’un degré de l’évolution terrestre où les trois corps humains étaient déjà développés et, dans une certaine mesure, harmonisés. Après s’être une première fois uni à l’organisme composé de ces trois corps, le Moi a dès lors pris part à leur évolution extérieure. Auparavant, c’est sans le concours d’un Moi humain qu’ils avaient progressé jusqu’au point ou le Moi les a rencontrés.
Mais l’occultisme doit remonter dans le passé bien au delà de cette première rencontre, s’il veut ré-
l’évolution cosmique et l’homme
pondre aux questions suivantes ; Comment ces trois corps sont-ils parvenus jusqu’à ce stade évolutif où ils furent capables de donner l’hospitalité au Moi ? Comment ce moi est-il éclos et a-t-il acquis la capacité d’exercer son action dans cette triple enveloppe ?
Pour répondre à ces questions, il faut étudier par les moyens que fournit l’occultisme le devenir de la planète Terre. Ces investigations nous conduisent jusqu’à l’origine de la planète. Le mode d’observation fondé exclusivement sur les sens physiques ne saurait par ses déductions et inductions expliquer cette origine de la terre. Une certaine hypothèse aboutit à la conclusion que toute la substance terrestre est sortie d’une nébuleuse originelle. Ce n'est pas l’objet de cet ouvrage que de discuter de pareilles hypothèses. L’affaire de l’occultisme est de ne pas s’en tenir aux phénomènes matériels, mais de considérer les réalités spirituelles qui sont derrière ces phénomènes. Si l’on a devant soi un homme qui remue une main, il y a deux points de vue auxquels l observateur peut se placer. Il peut ou bien étudier le mécanisme du bras, et de l’organisme, et décrire ce mouvement par ses caractères physiques; ou bien porterson regard spirituel sur ce qui se passe dans l’âme de l’homme, sur ce qui constitue les causes psychiques de Ce mouvement. C’est ainsi que derrière tous les phénomènes physiques, des phénomènes psycho-spirituels apparaissent au chercheur qui a passé par l’école de la perception spirituelle. Pour lui les transformations matérielles de la planète terrestre sont l’œuvre de forces spirituelles latentes. Mais à force de remonter toujours plus loin dans les annales de la vie terrestre, roccultiste arrive au point où toute autre matière a commencé d’exister ; c’est-à-dire au point où cette
matière s’est, par l’évolution, dégagée de la spiritualité. Avant ce moment l’esprit seul existe. La perception spirituelle saisit cet esprit, et voit comment dans la suite il s’est partiellement condensé jusqu’au point de donner naissance à de la matière. C’est, en plus subtil bien entendu, comme si l’eau contenue dans un vase se congelait partiellement. De même que l’on voit en pareil cas le corps qui était auparavant liquide se solidifier et devenir de la glace, de même la perception spirituelle peut suivre le processus par lequel un élément, auparavant purement spirituel, se condense et donne naissance à des objets, des phénomènes, et des êtres de nature matérielle.
C’est ainsi que la planète physique terrestre est issue d’un corps céleste fait d’essence spirituelle : et tout ce qui est matériellement uni à cette terre, est une condensation de ce qui auparavant était spirituellement uni à ce corps céleste. Mais il ne faut pas s’imaginer qu’à un moment donné tout esprit s’est transformé en matière : non, la matière représente seulement des parties condensées de la substance spirituelle originelle. L’esprit demeure, même pendant le stade matériel de l’évolution, le principe directeur et souverain des choses.
Il est clair que si le penseur s’en tient à l’observation des phénomènes sensibles et aux conclusions qu en peut tirer l’entendement, il ne saurait avoir une notion de l’élément spirituel en question. Supposons qu’il existe un être qui ne possède que les sens capables de percevoir la glace, mais non l’état liquide qui lui donne naissance par congélation. Pour cet être, 1 eau n’existerait pas et il n’en recevrait quelque perception que dans la mesure où une portion de cette eau se serait solidifiée. Ainsi l’essence
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épirituelle cachée derrière les phénomènes terrestres est inexistante pour Thomme, s’il ne veut accorder une valeur qu’aux perceptions sensibles. Et si des phénomènes qu’il perçoit actuellement il remonte par de justes conclusions aux états antérieurs de notre planète, il doit s’arrêter au point précis où le spirituel s’est pour la première fois sacrifié jusqu’à former de la matière. Cet état spirituel passé reste à cet observateur aussi inconnu que l’élément spirituel qui se cache encore présentement derrièreja matière.
C’est seulement dans les derniers chapitres de cet ouvrage que nous pourrons étudier les moyens par lesquels l’homme peut acquérir la capacité de jeter un regard spirituel sur les états passés de notre planète dont nous parlerons ici. Signalons seulement ici en passant que, pour l’investigation occulte, même les événements d’un lointain passé ne sont pas disparus. Quand un être revêt une forme corporelle, sa mort corporelle amène la dissolution de son enveloppe matérielle. Mais les forces spirituelles ne disparaissent pas de la même manière, elles qui sont la source et l’origine de l’existence matérielle. Elles laissent leurs traces, leurs empreintes précises dans l’essence-mère du Cosmos. L’homme qui réussit à s’élever à la perception de l’invisible à travers le visible, finit par voir se dérouler devant lui comme un gigantesque panorama spirituel qui contient tous les événements passés de notre monde.
L’occultisme donne à ces traces indestructibles du passé le nom de chronique^ ou ù!enregistrements akashiques. Il nous faut répéter ici que les investigations dans les domaines spirituels de l’être ne peuvent s’accomplir qu’à l’aide de la perception spirituelle, et en particulier que dans le champ du
passé qui nous occupe présentement, elles exigent la lecture de la chronique akashique. Mais nous pouvons renouveler à cette occasion une remarque précédemment faite: c’est que, si les faits occultes exigent pour être observés \'i\ perception spirituelle, la simple pensée logique, pourvu qirelle soit réellement libérée, suffit à les saisir inluitwement quand l’investigateur en fait part.
Nous allons, dans les pages qui suivent, exposer ce que l'occultisme enseigne sur les états passés de la terre, et nous suivrons les transformations de noire planète jusqu’aux conditions de vie qui sont les siennes présentement. Si un penseur rigoureusement impartial considère d’une part ce que la perception sensible lui présente actuellement, et d’autre part accueille les enseignements de l’occultisme sur révolution passée de ce qu’il perçoit, il sera amené à deux réflexions : premièrement, il se dira que ]es enseignements de l’occultisme sont rigoureusement logiques, et deuxièmement, qu’en admettant les données de l’investigation occulte, il comprend comment les choses ont évolué jusqu’au nhmau actuel. En parlant de logique, nous ne prétendons pas que dans la description des découvertes occultes aucune erreur de logique ne puisse se glisser. Nous entendons ici la logique au sens vulgaire que nous donnons à ce mot dans la vie courante du monde physique. La logique y représente une nécessité interne dans Texposé des questions : et pourtant ceux qui les exposent peuvent commettre des fautes de logique. Il en est de même pour l’occultisme. Il peut même arriver qu’un investigateur doué de la perception supérieure vienne à errer dans l’exposé logique de ses recherches, et qu’il soit corrigé par un autre
L*ÉVOLUTION COSMIQUE ET L’hOMME
homme qui lui ne percevra rien dans les mondes supérieurs, mais jouira en revanche d’une faculté de raisonnement impeccable. Mais au fond la logique qui règne dans Foccultisme est tout de même inattaquable. Est-il besoin d’ajouter que contre les faits euxmêmes aucun argument logique n’est valable? Dan» le domaine physique, ce n’est pas la logique qui décide s il existe ou non une baleine, mais bien la sensation visuelle : de même les faits supra-sensibles ne sauraient etre établis que par la perception spirituelle.
Mais on ne saurait assez affirmer à quel point il est utile d’acquérir par l’entendement une vue d’ensemble du monde supra-sensible, avant de tenter d’y pénétrer pour l’observer par soi-même, et combien il est précieux d’avoir reconnu que le monde sensible devient intelligible dans tous les domaines pour quiconque admet les enseignements de l’occultisme. Toute expérience des mondes supérieurs n’est qu’un tâtonnement hasardeux, dangereux même, si l’on méprise cette discipline préparatoire. C’est pourquoi dans cet ouvrage nous commençons par présenter les réalités supra-sensibles qui sont cachées derrière l’évolution terrestre, avant de nous étendre sur les moyens d’acquérir les connaissances supérieures.
Il importe aussi de considérer qu’il est bien différent de pénétrer par la pensée dans le domaine de la connaissance supérieure, ou de s’en tenir dans la vie courante au récit d’un événement qu’on ne peut observer soi-même. En effet, la pensée est déjà ellemôme une activité supra-sensible. Tant qu’elle s’applique uniquement au sensible, elle ne peut naturellement conduire par soi-même jusqu’aux phénomènes supra-sensibles. Mais quand on l’applique aux faits
LA SCIjSNGE pÇCULTE
rapportés par roccultismo, elle croît, par une fQice interne, et va s épanouir dans les mondes hyperphysiques. Et c’est môme là un des meilleurs moyens d’accéder à la perception supérieure que d amener par la pensée la floraison de l’être spirituel au travers des enseignements occultes. Cette pénétration a Tavantage d'une lucidité et d'une clarté parfaite. Aussi une certaine école occulte considère-t-elle la pensée ainsi dirigée comme le premier écht^lon le plus solide que Ton puisse poser aU seuil de la discipline supérieure. On comprendra aussi sans peine que nous ne pourrons pas dans cet ouvrage prendre un à unies détails de révolution terrestre tels queroccultisme les fait connaître pour démontrer dans chaque cas qu’ils sont confirmés par robservation du monde manifesté. Ce n'était pas là notre intention lorsque nous disions que la réalité cachée peut être partout prouvée dans ses effets visibles. Notre pensée était i)ieri plutpt que tout peut devenir peu à peu lumiiieux et intelligible pour l’homme, s’il projette spr lesévé nements visibles la lumière que l’oçcultisme met à sa disposition. C’est feulement pour certains faits caractéristiques que nous donnerons des preuves des phénomènes occultes en nous référant aux phénomènes visibles. Nops le ferons à titre d’exerpple, et pour montrer qu’on pept en faire autant dans tous les cas où i\ paraît désirable de le faire dans la vie pratique.
En remontant par l’exploration occplte le cours de l’évolution terrestre, on arrive à un état spirituel de notre planète. Mais si. l’on poui’suit ses recherches
t’ÉVOLUTION COSMIQUE ET l’hOMME 115
ençorp plus loin dans le passé, on découvre que cet état spirituel av<iit passé lui-même par une sorte d'incarnation physique antérieure. L'on parvient ainsi à une planète physique passée, qui s’est ensuite spiritualisée, et qui par une nouvelle condensation a donné naissance à notre terre, de sorte que notre terre est en quelque sorte la réincarnation d'une planète qui remonte aux temps les plus lointains. Mais roecultisme peut dépasser ce point. Il constate alors que ce double processus s’est déjà produit antérieurement deux fois. Notre terre a donc passé par trois phases planétaires, séparées par une sorte de halte dans le monde spirituel. À vrai dire, les manifestations physiques sont toujours plus subtiles à mesure quhl s'agit d’incarnations plus anciennes.
Quant à l'homme, il n'apparait sous sa forme actuelle qu’au cours de la quatrième de ces incarnations planétaires, sur la terre proprement dite. Le caractère essentiel de cette forme est la présence de quatre parties constituantes : les co^^ps physique, éthérique et astral, et le Moi. Mais cette forme complète n'aiirait pu surgir sans être préparée par toute l’évolution antérieure. Pour accomplir cette œuyre de préparation, il exista sur les incarnations planétaires précédentes des êtres qui au lieu de quatre parties constituantes n'en possédaient que trois, à savoir les corps physique, éthérique et astral. Ces êtres, que l'on peut appeler les ancêtres de l'humanité, ne possédaient pas le Moi, mais ils évoluèrent les trois enveloppes et leurs harmonies internes de telle sorte qu'elles furent mûres pour recevoir plus tard )e ^loi. Cet état planétaire se résorba dans l'essence spirituelle. Et cette essence donna ensuite naissance à une nouvelle planète physique, qui contenait, sembla-
blés à des germes, les ancêtres humains parvenus à maturité. Et comme la planète entière avait traversé une phase spirituelle et apparaissait sous une nouvelle forme, elle offrit aux germes munis des trois corps qu’elle contenait non seulementla possibilité de regagner par révolution le niveau qu’ils avaient précédemment atteint, mais encore l’occasion de se déliasser eux-mêmes par l’intégration du Moi. Ainsi révolution terrestre se divise en deux parties. Dans la première, la terre apparaît comme la pure réincarnation de l’état planétaire précédent. Mais cette répétition est elle-même un progrès grâce à la spiritualisation intervenue entre temps. Et la terre contient les germes des ancêtres évolués dans les précédentes incarnations. Ceux-ci commencent par s’épanouir jus qu’au degré antérieurement atteint. Quand ce travail est parfait, la première période est terminée. Mais alors la terre, grâce à son progrès propre, est capable d’acheminer plus haut encore les germes humains, c’est-à-dire de leur donner la capacité de recevoir le Moi. La deuxième période de l’évolution terrestre est donc marquée par le développement du Moi au sein Je la triple enveloppe corporelle.
Comme la période terrestre, les incarnations planétaires précédentes eurent également pour effet de taire gravir à l’homme un échelon de l’évolution. D4jà sur la première de ces incarnations, il existait un rudiment de l’homme actuel : nous éclairerons la nature présente de l’être humain en remontant le cours de son évolution jusqu’aux plus lointaines origines, c’est-à-dire à la première des condensations planétaires.
L’occultisme appelle la première de ces condensa^ tions, Saturne, la deuxième Soleil, la troisième Lune,
l'Évolution cosmique et l’homme
et la quatrième Terre. Il importe de bien établir * qu’il ne faut voir d'emblée aucun rapport entre ces i états et les planètes de notre système solaire qui > portent les mêmes noms. Pour Toccultisme, Saturne, Soleil, Lune, sont des phases successives de l’évolution par laquelle notre Terre actuelle a passé. Quel rapport y a-t-il au fond entre ces mondes passés et les corps célestes qui constituent notre système solaire actuel C’est ce qu’on apercevra au cours des consi- j dérations qui suivent.
Nous ne donnerons naturellement qu’une esquisse générale des phénomènes qui se sont produits sur chacune des quatre incarnations planétaires : car les faits, les êtres et leurs destinées étaient aussi mul-' tiples et complexes sur Saturne, le Soleil, ou la Lune que sur notre Terre actuelle. C’est pourquoi nous ne pouvons y relever que quelques détails caractéristiques et propres à faire comprendre comment les états antérieurs ont donné naissance aux choses terrestres.
Il faut aussi songer qu’à mesure que l’on remonte dans le passé, tout devient de plus en plus dissemblable de ce que nous connaissons aujourd’hui. Et pourtant on ne saurait décrire ce passé sans faire appel aux représentations empruntées à la réalité présente. Ainsi quand nous parlons par exemple de lumière ou de chaleur, dans ces périodes reculées, il ne faut pas oublier que nous avons en vue des phénomènes différents de ceux qui portent ces noms actuellement. Et pourtant ces appellations sont exactes, car ‘ elles désignent pour l’observateur clairvoyant les vibrations primitives qui ont donné naissance aux ; états de la matière actuellement nommés chaleur et ^ lumière. L’étudiant attentif aux descriptions de t l’occultisme pourra assurément choisir dans 1 ensemble
des fâits exposés des représentations lui permettant de se faire une idée des événements qui se sont déroulés dans Ce lointaiti passé.
A vrai dire, cette difficulté est très sérieuse pour le stade antérieur à l'évolution lunaire. Au cours de cette dernière, Tensemble des choses présentait une certaine analogie avec Ja vie terrestre. Et celui qui cherche à décrire cette période trouve des points d’appui dans ces analogies mêmes pour exprimer ses perceptions occultes en représentations claires. 11 en est. autrement dès qu’il s’agit des périodes saturnienne et solaire. Ce qui s’offre alors à la vue du clairvoyant diffère au plus haut point des objets et des êtres qui appartiennent à notre ambiance actuelle. L’effet de cette dissemblance est qu’il est fort difficile de faire entrer ces faits même dans les cadres de la conscience clairvoyante. Mais comme on ne saurait comprendre l’homme présent sans remonter jusqu’à la période saturnienne, nous donnons pourtant cette description. Elle ne risquera pas d’être incomprise si l’on songe à la difficulté que nous avons signalée. Il faut y voir plutôt une allusion, une indication, qu’une description exacte.
Des quatre organismes qui constituent l'homme normal d’aujourd’hui, le plus ancien est le corps physique. C’est aussi celui qui a acquis dans son genre le plus haut degré de perfection. L’occultisme montre qu’il existait déjà sous le règne de Saturne. Nous verrons, à vrai dire, que la forme qu’il revêtait sous ce règne était complètement différente du corps humain d’aujourd’hui. Ce corps humain ter-
L’ivOLUttON COSMIQUE ÈT L’hOMME
jhestre ne peut en effet conserver sa nature propre qu'uni aü corps astral, au corps éthérique et au Moi par les lieiis que nous avons précédemnlent definis. Cette union n'existait pas sur Saturne. Le corps physique en était, dans cet univers passé, à son premier stade évolutif et il ne s’était incorporé ni corps astral ou éthérique, ni Moi. Le but de sa maturation o sur Saturne était uniquement l’adjonction d’un corps éthérique. Mais il fallait, pour rendre cette adjonction possible, que Saturne se résorbât dans l’essence c. spirituelle et se réincarnât ensuite sous l’aspect ^ Soleil. Sur la matérialisation solaire, le corps physique se développa de nouveau, en partant d’un germe issu de la période antérieure, jusqu’à redevenir ce qu’il avait été précédemment : après quoi le corps éthérique vint l’imprégner. Cette pénétration transforma le corps physique et l’éleva au second degré de perfection. Il se passa sur la matérialisation lunaire un phénomène semblable. L’homme, tel qu’il avait passé du Soleil à la Lune, s’intégra un corps astral, ce qui transforma une troisième fois le corps physique, en l’élevant au troisième échelon de sa perfection. Quant au corps vital, il passa également à ce moment par une métamorphose, qui fut pour lui le début de son second stade évolutif. Enfin sur la Terre, l’entité humaine, composée des trois corps physique, éthérique et astral, fut pénétrée par le Moi. * Par là le corps physique entra dans son quatrième « stade évolutif, le corps dynamique dans le troi- > sième, et le corps émotionnel dans le second. Quant ^ au Moi humain, il n’en est présentement qu’à la pre- ^ mière étape de son développement.
Si l’on observe sans idée préconçue l’être humain dans son ensemble, on pourra aisément se repré-
senter ces degrés respectifs de perfection des divers organismes humains. Onn^aqu'à comparer à ce point de vue le corps physique et le corps astral. Assurément le corps astral, fait d’essence animique, est plus haut dans l’échelle des êtres que le corps physique, et dans l’avenir, quand il aura atteint sa perfection, il jouera dans l’économie de l’être humain un rôle bien plus important que le corps physique actuel. Mais dans son genre ce dernier est arrivé à un certain degré d'organisation. Songez à l’admirable sagesse qui se reflète dans la structure du cœur, dans les circonvolutions cérébrales, ou même dans une partie du squelette, par exemple l’extrémité supérieure du fémur. On trouve à l’extrémité de cet os une trame, un échafaudage merveilleux fait de petits bâtonnets. Et le tout est disposé de telle sorte qu’avec le minimum de matière possible, l’action la plus favorable soit exercée surrarticulation, c’est-à-dire le moindre frottement et par suite la plus grande mobilité concevable. Ainsi trouve-t-on partout dans le corps humain la plus étonnante sagacité. Et quand on considéré, en outre, comment les parties s’harmonisent avec l’ensemble, on trouvera juste de parler de la perfection de cet organisme physique.
Il ne faut pas s’arrêter à ce fait que sur certains points, des phénomènes en apparence nuisibles peuvent se produire, et que les échanges et même la structure du corps sont sujets à des perturbations. On découvrira aisément que ces perturbations sont en quelque sorte les ombres inévitables dues à la lumineuse sagesse qui est répandue dans tout l’organisme physique. Comparez à cet organisme le corps astral, siège du plaisir et de la souffrance, des appétits et des passions. Quel trouble y jettent la peine
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et le plaisir ! Quel chaos d’instincts et de désirs, funestes au but élevé de rhomme ! Le corps astral est à peine au début de l’évolution qui lui permettra d’atteindre plus tard l’harmonie, et la sage économie interne que le corps physique manifeste déjà. On pourrait démontrer de même que le corps éthérique dépasse en perfection le corps astral sans égaler le physique. Il ne serait pas plus difficile de prouver que le noyau propre de l’être humain, le Moi, n’est actuellement qu’à l’aurore de son évolution ? Sa tâche est de transformer les autres parties de l’être humain, de façon à y manifester sa propre nature. Dans quelle faible mesure ne s’en est-il pas acquitté jusqu’ici !
Les conclusions qui s’imposent ainsi à l’observateur sincère sont fortifiées pour l’occultiste par d’autres considérations. On pourrait alléguer que le corps physique est ravagé par la maladie. L'occultisme montre que la plus grande partie de ces maladies vient des aberrations du corps astral qui contaminent le corps éthérique et viennent ainsi par une voie détournée détruire l’harmonie, parfaite en soi, du corps physique. Ces répercussions profondes auxquelles nous ne pouvons faire ici qu’une passagère allusion sont la véritable origine de beaucoup de phénomènes morbides; aussi échappent-ils à cette conception scientifique qui s’en tient aux données des sens physiques.
Le résultat de cette réaction dans la plupart des cas est que les dommages éprouvés par le corps astral engendrent des maladies qui attaquent le corps physique, non pas dans l’existence même où l’astral a été détérioré, mais seulement dans la suivante. Aussi les lois que nous considérons ici n’ont
LA SCIENCE OCCULfE
in
toute leur significatîotl que sî Ton admet la Multiplicité des existences. Mais, même si Ton se refuse à tenir compte de ces notions profondes, la simple observation démontre que trop souvent ] homme s adonne à des jouissances et à des passions qui détruisent Pharmonie du corps physique. Or, la jouissance, le désir et la passion ont leur siège non dans le corps physique mais bien dans le corps astral. Celui-ci est à beaücoiip d’égards si imparfait qu'il ruine par ses erreurs la perfection naturelle du corps physique.
Bien entendu, ces remarques n’ont pas pour but de prouver les enseignements occultes relatifs aux quatre organismes de Pêtre humain. Les preuves, nous les fournirons en décrivant la quadruple transformation qui a amené le corps physique à sa perfection actuelle, ainsi que les phénomènes parallèles qui ont marqué le développement des autres corps. Nous voulions simplement faire observer ici que nos enseignements fondés sur l’investigation occulte éclairent des faits nouveaux qui se manifestent meme à l’observation courante par les différents degrés dé perfection de nos corps.
Si l’on veut se faire une image approximative des conditions d’existence qui régnaient sur Saturne, il faut se représenter que, en général, il n’existait alors aucune des créatures, aucun des objets qui appartiennent actuellement à notre planète et qui cons-
• tituent les règnes minéral, végétal et animal. Les
• etres de ces trois règnes ne se sont formés que dans aiii stade suivant de l’évolution. Parmi les êtres ac-
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tuellemeht perceptibles dans le monde physique, rhomine seul existait alors, et il n’était représenté que par son corps physique. Mais actuellement, en dehors des minéraüx, animaux et végétaux, et en dehors de l’homme, il est des êtres qui appartiennent à notre planète, sans cependant s’y faire connaître sous une forme physique. Le règne de Saturne possédait déjà des êtres dé cette espèce, et c’est leur acti- • vité qui a fait évoluer l’homme.
Si l’on porté l’attention des organes spirituels, non sur le commencement ou la fin, mais bien sur le milieu de la période saturnienne, on perçoit progressivement un astre, composé essentiellement de « cha- r leur ». Rien de gazeux, de liquide ou de solide.Tous ces états de matière apparaîtront plus tard. Supposons qu’un homme doué de ses organes des sens actuels s’avise d’observer ce rnondesaturnien,il n’en recueillerait aucune impression sensible, à part celle de chaleur, et si cet homme pénétrait dans l’espace occupé par cet astre, tout ce qu’il percevrait, ce serait une différence de température avec l’espace environnant. Mais les vibrations caloriques, loin de lui sembler uniformes, lui donneraient la sensation * d’un perpétuel échange entre des particules inégalement chaudes. Il percevrait des rayonnements de chaleur orientés suivant certaines lignes. Ces lignes ne seraient pas toujours des lignes droites : niais ^ les variations de température donneraient naissance à » des formes géométriquement régulières. En un mot,?# l’observateur aurait autour de lui une masse orgoni-; sée, uniquement constituée par de la chaleur, etchan/^ géant d’état perpétuellement. ^
Il est difficile pour l’homme actuel d’imaginer un corps uniquement comffosé de chaleur, lui qui est
habitué à ne percevoir la chaleur que par le degré de température que possèdent des corps gazeux, liquides ou solides. En particulier, pour le physicien, il semblera absurde de parler de « chaleur » dans le sens que nous indiquons. Il dira : « 11 existe des corps solides, liquides ou gazeux. La chaleur est un état d une de ces trois formes. Quand les particules d’un gaz sont en mouvement, nous percevons ce mouvement comme chaleur. Là où il n’y a même pas de gaz, il n’y a pas de mouvement des particules et par suite pas de chaleur. » Pour l’occultiste, les choses sont un peu différentes. La chaleur est pour lui un état au même titre que les états gazeux, liquide ou solide. Seulement elle est encore plus subtile qu’un . gaz. Ce dernier n’est que de la chaleur condensée, . comme le liquide est un gaz condensé, et le solide , un liquide condensé. Ainsi l’occultisme parle de corps caloriques, comme il parle de corps gazeux ou vaporeux.
Mais si 1 on veut suivre l’occultiste sur ce terrain, il laut de toute nécessité admettre qu’il exi,ste une perception psychique. En fait, dans le monde accessible aux sens physiques, la chaleur est bien un état particulier d’un corps gazeux, liquide ou solide : mais cet état n’est que la forme ou l’effet de la chaleur. Le physicien ne connaît que cet aspect extérieur du phénomène et non sa nature intime. Essayez de faire abstraction totale de la chaleur que l’on reçoit des corps, et contentez-vous d évoquer l’expérience intérieure que vous réalisez quand vous vous dites : «J’ai chaud», ou « j’ai froid ». Cette expérieiiC6 intérieur© peut seule vous donner une idee de ce qu était Saturne au point de son évolution que nous considérons. On aurait pu parcourir toute
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l’étendue occupée par cet astre, sans rencontrer ni un gaz capable d’exercer une pression, ni un liquide ou un solide capables d’éveiller une perception lumineuse. Mais à chaque point de cet espace on aurait eu, sans aucun contact extérieur, la perception interne suivante : <( il règne ici tel ou tel degré de chaleur ».
Un corps céleste ainsi constitué n’est naturellement pas adapté au développement des règnes animal, végétal ou minéral que nous connaissons actuellement. Les entités qui évoluaient dans cet univers saturnien avaient atteint un degré de développement qui les différenciait totalement des êtres actuellement perceptibles dans le monde physique. Il y avait la des êtres qui n’avalent pas un corps physique comme l’homme actuel. Quand nous parlons ici d’un corps physique, nous devons nous garder d’imaginer l’enveloppe corporelle physique que possède l’homme d’aujourd’hui. Il faut distinguer soigneusement entre le corps physique et le corps minéral. Nous appelons corps physique un corps gouverné par les lois v qui sont actuellement les lois du règne minéral. Le corps physique humain n’est pas seulement soumis à ces lois. Il est également pénétré de substance minérale. Il ne pouvait encore être question sur Saturne d’un corps physico-minéral de cette sorte. Il n’existait alors que des enveloppes physiques sou-f mises à des lois physiques, lesquelles ne s’expri- maient que par des effets caloriques. Le corps physique est donc un corps composé de vibrations calo- ^ riques, un corps fin, subtil, d’nspect éthérique. Et ^ tout Saturne est constitué par des corps analogues. Ces « corps de chaleur » sont les premiers rudiments des corps actuels physico-minéraux. Ces derniers ont -
pris naissance quand des substances gazeuses, liquides et solides se sont successiveraent incorporées aux « corps de chaleur ».
Parmi les êtres étrangers au règne humain qui vivaient sur Saturne, il y en avait qui n'avaient que faire d^un corps physique. Leur organisme le plus bas était un corps vital, ou éthérique. Par contre, iis possédaient un véhicule de plus que Têtre humain. La plus haute expression de l'homme est ce que nous avons appelé Homme-Esprit {Atmâ). Ces êtres saturniens possédaient un véhicule encore plus haut, et entre leur corps éthérique et T Homme-Esprit s'étageaient tous les organismes décrits dans cet ouyrage : corps astral, Moi, Moi-Spirituel, Esprlt-de-Vie.
Gomme notre terre, Saturne était entouré d'une atmosphère, mais cette atmosphère était d'essence spirituelle. Elle était une émanation des êtres dont nous parlons, et d'autres encore. Entre la masse calorique de Saturne et ces êtres régnait un courant continuel d'échanges réciproques ; ceux-ci imprégnaient de leur essence les « corps de chaleur » qui existaient sur la planète. Ces corps, qui ne possédaient par eux-mêmes aucune vie propre, portaient ainsi l’empreinte de la vie transfusée en eux par les entités vivant dans leur ambiance. On pourrait les comparer à des miroirs qui auraient réfléchi, non les images de ces êtres, mais leurs activités vitales. Ainsi dans tout Saturne on n'aurait pu découvrir la vie et cependant il vivifiait l'espace céleste environnant en lui renvoyant avec la fidélité d'un écho le rayonnement de vie qu il avait reçu de son ambiance^ Saturne tout entier était [comme le miroir de la vie céleste. Parmi les très hautes entités dont Saturne reflétait ainsi l'activité yitale, pn remarque les enti
l’évolution COSMIQUP et l'homme
téai que l’oGcultisme appelle JEsprits de la Sagesse^ (en ésotérisme phrétién ou les nomme ; xüptoTr,T£ç ou Principautés). Leur activité toucho en quelque sorte à sa lin vers le milieu de l’évolution saturnienne. Avant de parvenir à la satisfaction de voir leur vie propre se refléter- dans les corps caloriques de Saturne, il leur fallait développer ces corps et les rendre capables de jouer ce rôle de réflecteurs. C’est pourquoi leur activité entra en jeu dés le début de la période saturnieune, à un moment où Saturne était plongé dans une substantialité d’ordre inférieur, incapable encore de rien refléter.
Lorsque l’on considère avec les sens spirituels cette substance inférieure, c’est au début meme de l’àge saturnien que l’on se trouve transporté. Le globe n’a pas encore les propriétés caloriques qu’il possédera dans la suite. Si l’on veut caractériser d’un mot la nature de ce monde à sa naissance, il faut la comparer à celle du vouloir humain. Il n’y a là que du vouloir-vivre,c’est-à-dire que Ton se trouve en présence d’un état purement spirituel. Et si l’on veut remonter à la source originelle de ce vouloir créateur, on arrive à trouver qu’il est jailli d’êtres sublimes, qui ont atteint dans leurs évolutions (\es hauteurs à peine concevables, et qui dès l’aube des âges saturniens étaient capables d’extraire le « vouloir » de leur essence propre pour en féconder Tunivers. Lorsque cette génération cosmique eut duré un certain temps, les Esprits de la Sagesse dont nous avons parié plus haut entreprirent d’élaborer le vouloir ainsi émané. C’est par leur coopération que le vouloir jusqu’alors dépourvu d’attributs acquit la propriété de reliéter la vie céleste. On appelle, en occultisme ,du Vouloir les êtres qui trouvé-
rent leur joie à émaner leur volonté dans Tunivers naissant de Saturne, (L’ésotérisme chrétien leur donne le nom de Trônes,)
Après que la collaboration des Esprits de la Sagesse et des Esprits du Vouloir eut duré un certain temps, on voit entrer en scène une autre hiérarchie d’êtres qui se trouvent dans l’ambiance du globe saturnien. Ce sont les Esprits du Mouvement (en ésotérisme chrétien : Suv^eiç, les Dominations), Ces entités ne possèdent ni corps physique ni corps éthérique. Leur aspect le plus bas est un corps astral. Quand les formes saturniennes eurent acquis la faculté de refléter la vie, cette vie reflétée s’imprégna des forces qui ont leur siège dans les corps astrals des Esprits du Mouvement. Il semble à ce moment à l’investigateur que Saturne soit comme un soleil bouillonnant de sentiments et de sensations, un soleil qui darderait dans l’espace comme des rayons lumineux les forces psychiques qu’il recèle. Le globe entier apparaît comme une planète-âme, qui se manifesterait par des antipathies et des sympathies. Mais en réalité ces manifestations psychiques, loin d’être propres à Saturne, ne sont que les reflets des forces psychiques communiquées aux formes par les Esprits du Mouvement.
Cette activité dure un temps et puis on voit intervenir d’autres êtres : les Esprits de la Forme (en ésotérisme chrétien eWt'a(,les Vertus) dont le véhicule le plus bas est également un corps astral. Mais ce corps astral diffère par son évolution de celui des Esprits du Mouvement. Ceux-ci ne déversent dans la vie réfléchie par Saturne qu’une sensibilité diffuse neutre et^ommune;^ tous les êtres, tandis que par l’action astrale des Esprits de la Forme, la sen
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sibilité rayonnée dans Tespace cosmique est devenue une propriété individuelle. Tandis que les Esprits du Mouvement ont donné une âme à la totalité du globe saturnien, les Esprits de la Forme ont découpé cette vie totale en êtres vivants distincts, de sorte que Saturne apparaît comme un assemblage d’êtres divers et doués de qualités psychiques. Figurez-vous une mûre ou une baie sauvage,constituée par une quantité de petites baies réunies, et vous aurez une idée de Saturne. Ce globe apparaît au regard du clairvoyant comme composé d’êtres séparés, qui ne possèdent en propre ni l’âme ni la vie, mais qui reflètent chacun la vie et l’âme des entités célestes:
Et voici qu’entrent en scène dans l’évolution des êtres qui possèdent également leur véhicule le plus bas dans Tastral, mais dont leur corps astral a atteint un niveau tel qu’il possède les mêmes attributs que le « Moi » de l’homme présent. C’est au travers de ces êtres que le « Moi » abaisse ses regards sur le globe saturnien, et qu’il communique sa nature aux formes vivantes qui y existent. Ainsi Saturne rayonne dans l’espace environnant des effluves nouveaux, qui apparaissent semblables aux effets actuels de la personnalité humaine dans l’existence. Les Esprits qui ont amené ce progrès s’appellent Esprits de la Personnalité (en ésotérisme chrétien apitai, les Archées). Ils dévoluent aux Saturniens une personnalité de façade. La personnalité même n’existe pas sur Saturne, mais seulement son image, son écorce extérieure: la personnalité vraie reste l’apanage des Esprits de l’ambiance satinnienne. C’est par l’effusion des Esprits de la Personnalité que Saturne s’élève à ce subtil état de matière que nous avons décrit sous le nom de « cha-
leur ». Il n’y a pas de vie interne sur Saturne. Mais, dans les vibrations caloriques que l’astre rayonne à l’entour, les Esprits de la Personnalité reconnaissent leur propre vie intérieure.
A ce point de l’évolution les Esprits de la Personnalité occupent dans l’univers la même place que l’homme actuellement. Ils parcourent leur stade humain. Si l’on veut comprendre ce que signifie au juste cette remarque, il faut songer qu’un être peut être « humain » sans être constitué comme l’homme v. actuel. Les Esprits de la Personnalité sont « hommes » dans l’âge saturnien. Leur plus bas véhicule n’est pas le corps physique, mais bien le corps astral imprégné du Moi. Par suite ils ne sauraient transmettre comme l’homme actuel leurs expériences astrales à un corps physique et à un corps éthérique : mais ils possèdent le Moi et ils savent qu’ils le possèdent, puisque dans les émanations caloriques de Saturne ils en perçoivent la conscience reflétée. Ils sont hommes, dans des conditions tout autres que les conditions terrestres.
Dans la suite des temps, des phénomènes tout nouveaux se font jour dans l’évolution saturnienne. Jusqu’alors tout n’y était que vie extérieure et sensibilité reflétée. Désormais une sorte de vie intérieure commence à poindre. Çà et là jaillissent des effluves de vie tour à tour lumineux ou sombres : ici des scintillements tremblotants, là des éclairs soudains. Les
corps de chaleur » se mettent à briller, à resplendir, à rayonner. Ce degré d’évolution permet à certaines entités de déployer leur activité. Ce sont celles que l’occultisme nomme Esprits du Feu et l’ésotérisme chrétien Archanges (ap/ayyeXoi). Ces êtres possèdent bien un corps astral, mais au niveau où ils
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sont ils ne peuvent transmettre aucune impulsion à ce corps astral, et par suite ils ne pourraient éveiller en lui ni sensation, ni sentiment, s'ils ne se servaient des « corps de chaleur » évolués sur Saturne. Cette utilisation leur confère la possibilité de prendre conscience de leur existence propre. Ils ne peuvent dire : (( J existe » mais bien « mon ambiance me confère 1 existence ». Ils perçoivent et leurs perceptions consistent dans ces phénomènes lumineux que nous observons sur le globe saturnien. Ces phénomènes constituent en quelque sorte leur Moi. Cette situation éveille chez eux un mode de conscience tout particulier, la conscience imaginative. On peut se la figurer comme analogue à la conscience de l'homme dans le rêve : seulement on a affaire à des images beaucoup plus vivaces que dans le rêve humain, et, de plus, au lieu d'assister à un défilé de tableaux sans suite ni consistance, on constate un lien réel et constant entre les images perçues dans la conscience des Archanges et ces phénomènes lumineux visibles sur le globe saturnien. Dans cet échange entre les Archanges et les « corps caloriques » de Saturne on voit naître les premiers germes des organes humains des sens. Les organes par lesquels l'homme perçoit actuellement le monde extérieur commencent à poindre sous l'aspect de rudiments éthériques vaguement lumineux. La perception spirituelle discerne sur Saturne des fantômes d'hommes, dont le seul trait distinctif est la présence d'archétypes lumineux des organes des sens.
Ces organes des sens sont donc dus à l'activité des Esprits du Feu : mais leur formation nécessite encore l’intervention d'une autre hiérarchie d'Esprits, qui pénètre avec les Archanges dans le monde satur-
nien ; Esprits si hautement évolués, qu’ils se servent de ces rudiments d’organes des sens pour contempler les phénomènes qui se déroulent sur Saturne : ce sont Esprits de Vamour Séraphins chrétiens)'. S’ils n’étaient pas là, les Esprits du Feu ne pourraient avoir la conscience que nous venons de décrire. Les Séraphins s’intéressent à l’évolution saturnienne par un mode de connaissance qui leur permet de trans férer les images dans la conscience des Archanges. Eux-mêmes renoncent à tous les avantages, à toutes les satisfactions qu’ils pourraient tirer de la perception des êtres saturniens. Ils abandonnent tous les fruits de leur connaissance, afin que les Esprits du Feu puissent en profiter.
Ai )rès cette phase s’ouvre une nouvelle ère dans l’évolution saturnienne. Aux phénomènes lumineux s’ajoutent d'autres phénomènes. Bien des gens considéreront comme une pure insanité la description de ce que perçoit un clairvoyant à ce point d’évolution. Il y a dans la masse saturnienne comme des remous et des courants faits de « sensations du goût ». Suivant les points observés, on est impressionné dans l’intérieur de Saturne par des saveurs fortes, amères ou douces : et dans l’espace cosmique environnant ces saveurs se répandent sous forme de sonorités musicales. Une nouvelle hiérarchie d’entités se manifeste dans ces phénomènes : ce sont les Fils du Crépuscule onFilsde laVie^ ceux que l’ésotérisme chrétien appelle Anges (aYYeXoî). Il s’établit un échange entre eux et les vagues de saveur qui déferlent dans la masse saturnienne. Par suite le corps éthérique de ces êtres s’adonne à une activité spéciale, qu’on peut qualifier d’échange de substances. Ils déversent la vie dans le sein de Saturne. Ils y produisent des
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processus de nutrition et de sécrétion. Cette vie intérieure rend le séjour de Saturne possible pour une autre hiérarchie, celle des Esprits des Harmonies {les Chérubins chrétiens). Ils procurent aux «Fils de la Vie » une sorte de conscience, plus imprécise et crépusculaire encore que ne Test actuellement la conscience humaine dans le rêve. Elle pourrait se comparer plutôt à celle de Thomme dans un sommeil sans rêve. Cette dernière est si basse qu’elle peut paraître de rinconscience. Et pourtant elle existe. Elle diffère de la conscience de veille par le degré et par la nature. Elle est actuellement la seule conscience que possèdent les plantes. Si elle est incapable de transmettre à l’être humain des impressions du monde extérieur, elle sait pourtant régler les échanges vitaux et les harmonies avec la marche du monde extérieur. Dans la phase saturnienne dont nous parlons, les « Fils de la Vie » ne peuvent jouer eux-mêmes consciemment ce rôle de régulateurs, mais les « Esprits des Harmonies » eux, en ont pleine conscience, de sorte qu’ils sont en définitive les vrais régulateurs. Toute cette vie se répercute dans les fantômes d’hommes. Ceux-ci apparaissent au clairvoyant comme des êtres animés. Mais leur vie est toute factice. C’est en réalité la vie des « Fils de la Vie », qui se servent des fantômes d’hommes pour manifester leur existence.
Portons maintenant nos regards sur les formes humaines, en apparence vivantes. Pendant la période que nous décrivons elles se transforment sans cesse et revêtent successivement les aspects les plus variés. Elles deviennent plus consistantes, parfois plus durables. La raison de ce progrès et l’intervention des Esprits dont nous avons parlé au début de l'âge saturnien, c’est-à-dire les Esprits du Vouloir ou
Trônes. Grâce à eux les fantômes humains sont dotés d’une conscience de l’espèce la plus obscure et la plus rudimentaire, plus ténébreuse encore que celle de l’homme dans le sommeil sans rêve. C’est la conscience que possèdent les minéraux à l’époque actuelle. Elle met l’essence interne en harmonie avec l’ambiance phj^sique. Sur Saturne, les Esprits du Vouloir président à cette harmonie ; de sorte que l’homme reflète en lui la vie de la masse saturnienne. L’homme est en petit ce que Saturne est en grand. Alors apparaît pour la première fois le germe de cet élément qui est aujourd'hui encore à l’état de rudiment et que nous avons appelé l’Homme- Esprit ou Atmâ. Dans l’intérieur de la masse saturnienne cet obscur vouloir humain se manifeste à la perception occulte sous forme d’odeurs. Dans l’espace cosmique environnant, il répand en quelque sorte l’impression d’une personnalité qui au lieu d’être gouvernée par la force intérieure d’un Moi, serait réglée par une intervention extérieure, comme une machine. Les régulateurs sont les Esprits du Vouloir.
Si l’on récapitule ce que nous venons de décrire, on constate qu’à dater du milieu de l’âge Saturnien, les phases successives de cette évolution sont en quelque mesure comparables aux diverses sensations de nos organes des sens actuels. Au début, la vie saturnienne s’exprime par la chaleur : puis la lumière entre en jeu, et, après elle une double manifestation de saveur et de sonorité. Enfin se produit une activité qui ressemble par son côté interne aux sensations olfactives et par son aspect extérieur aux effets d’une personnalité mécani([uement agencée. Que sont donc les manifestations saturniennes ayant
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le moment où la chaleur commence à devenir perceptible ? On ne saurait les comparer avec aucun des phénomènes que nos sens sont capables de saisir. Avant la phase calorique, il existe un état qui ressemble seulement à certaines expériences de la vie intérieure. Lorsque l’homme se livre à des pensées, qu’il forme dans le tabernacle de son âme, sans y être incité par aucune influence extérieure, il crée une expérience interne inaccessible aux sens physiques et que seule la vision supérieure du clairvoyant peut percevoir. Les manifestations saturniennes qui précèdent la période calorique sont précisément de telle nature que seule la clairvoyance peut les atteindre. On peut y distinguer trois aspects : la chaleur purement animique, qui n’affecte pas la sensibilité externe; la lumière purement spirituelle, qui n’est que ténèbres pour l’extérieur, et enfin l’essence spirituelle en soi, qui est en soi parfaite et n’a besoin d’aucun être extérieur pour prendre conscience de soi-même. La chaleur animique accompagne l’apparition des Esprits du Mouvement, la lumière spirituelle marque l’entrée en scène des Esprits de la Sagesse, et la pure essence spirituelle est liée à l’émanation première des Esprits du Vouloir.
Avec l’apparition de la chaleur physique sur Saturne, notre évolution quitte le domaine de la vie intérieure et de la spiritualité pure pour entrer dans le monde de la manifestation. Nous touchons à un mystère particulièrement malaisé à comprendre pour la conscience actuelle. Ce mystère, c’est qu’avec la période calorique de Saturne entre en jeu pour la première fois ce facteur que nous appelons le (( Temps ». Les états qui précèdent sont en dehors du temps. Ils appartiennent à cette région de l’uni-
/O vers que l’on peut appeler le a permanent ». Aussi quand nous décrivons les états que Ton perçoit dans la région du permanent, faut-il se rappeler que toutes les expressions qui paraissent impliquer des concepts liés au temps sont employées à titre de symboles et de comparaisons.
Dans la langue humaine on est bien forcé d’exprimer ce qui précède le règne du temps par des vocables qui rappellent Pidée du temps. N’oublions pas que si les trois premières phases de Saturne ne sont O pas des phases successives au sens actuel de ce mot, nous ne pouvons cependant faire autrement que de les décrire successivement. De plus, malgré leur caractère permanent, ou simultané, elles dérivent Tune de l’autre, de telle sorte que cette dépendance —^ peut se comparer à une succession.
Cette étude sur les premières étapes de l’évolution saturnienne jette un jour sur l’origine même et sur le « pourquoi » de ces étapes. Naturellement, en se plaçant au point de vue purement intellectuel, on peut, à chaque commencement, poser à nouveau la question : quel fut le commencement de ce commen cernent? Mais dans le domaine des faits il en va autrement. Un exemple nous fera comprendre. Si l’on découvre des ornières tracées sur une route, on demande : D’où viennent ces traces ? On répondra sans doute : D’une voiture. On peut alors demander : d’où venait cette voiture, où allait-elle ? Il est possible de répondre encore en s’appuyant sur des faits précis. Mais si un curieux vient dire : moi je veux savoir qui était assis dans cette voiture ; quelles étaient les intentions de cette personne, etc., il arrivera un moment où les faits ne pourront plus donner une réponse satisfaisante, et où ces interro-
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gâtions devront naturellement s’arrêter. Celui qui voudra alors poursuivre quand même son questionnaire ne sera pas fidèle à la pensée qui a dicté les premières questions : il rebondira ’eii quelque sorte d'une question sur Tautre. Dans les questions défait comme celle qui vient de nous fournir un exemple, on marque aisément le point où Tinterrogation doit prendre fin. Mais dans les grandes questions cosmiques , ce point n'ést pas si facile à déterminer. Pourtant, en examinant les choses avec pénétration, on découvre que l'état saturnien est pour nous un état primordial au delà duquel nous ne pouvons chercher à connaître l'origine des univers. C'est une étape de l'évolution ou les êtres et les choses trouvent leur justification en eux mêmes et non dans une phase antérieure d'où ils seraient issus. ~~
Le résultat de l'âge saturnien, c'est que l'homme a atteint un certain niveau. Il possède la conscience semi-obscure, inférieure, dont nous avons parlé plus haut. Il ne faut pas croire que ce progrès se manifeste uniquement dans le dernier stade. Les Esprits du Vouloir agissent d'un bout à l'autre de l’évolution saturnienne. Mais c'est dans la dernière période que leurs effets se découvrent pour le clairvoyant de la manière la plus frappante. Du reste on ne saurait enfermer l'activité de chaque hiérarchie dans des frontières précises. Il ne faut passe figurer que les Esprits du Vouloir interviennent et qu'ensuite seulement les Esprits de la Sagesse se manifestent ou que leur action commence et finit strictement avec chaque période. Non! Tous sont actifs durant tout l'âge saturnien. Mais dans les phases successives que nous avons indiquées, le travail de chaque hiérarchie est à tour de rôle plus clairement
visible. Elles ont pour ainsi dire la haute main sur le Cosmos l’une après l’autre.
Ainsi, prise dans son ensemble, l’évolution saturnienne peut être considérée comme l’élaboration par les autres Esprits des forces émanées à l’origine par les Esprits du Vouloir. Et tout en coopérant à l’œuvre cosmique ces hiérarchies progressent ellesmêmes. Par exemple, en récupérant leurs propres effluves vitaux renvoyés par le miroir de la masse saturnienne, les Esprits de la Sagesse s’élèvent à un niveau supérieur. Le fruit de cette activité est l’exaltation de leur essence propiœ. Une fois le travail accompli, ils tombent dans un état qui rappelle ce que le sommeil est pour l’homme. A leurs périodes actives succèdent des intervalles où ils séjournent dans d’autres mondes, et où leur attention se détourne de Saturne. Aussi la clairvoyance remarque-t-elle dans l’âge saturnien une ascension suivie d’une descente. L’ascension dure jusqu’à la période calorique. Avec les phénomènes lumineux commence à baisser le flot de la vie. Et quand les Esprits du Vouloir ont donné une forme précise aux fantômes d’homme, les hiérarchies spirituelles se sont progressivement retirées : le monde saturnien dépérit. Sa manifestation disparaît. Alors intervient un repos cosmique. Les rudiments d’homme se désorganisent. Mais ils ne s’anéantissent pas. Ils retournent à un état comparable à celui d’une graine végétale qui dort dans la terre en attendant le temps de germer. Ainsi le germe de l’homme repose dans le sein du Cosmos, attendant un nouveau réveil. Et quand ce moment est arrivé, c’est que les entités spirituelles dont nous avons parlé se sont assimilé dans une autre existence les facultés qui leur permettront de continuer
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à assurer le progrès du germe humain. Ainsi les Esprits de la Sagesse ont développé leur corps éthérique, et ils peuvent maintenant, au lieu de jouir du reflet de leur vie comme sur Saturne, déverser au dehors cette vie même, pour en enrichir d’autres êtres. Les Esprits du Mouvement ont atteint le niveau que les Esprits de la Sagesse occupaient sur Saturne. Ils possèdent en propre un corps vital. De même les autres hiérarchies se sont avancées dans révolution, et tous ces êtres spirituels peuvent maintenant exercer sur l’homme une nouvelle action, différente de celle qu’ils exerçaient dans l’âge saturnien.
Mais cet embryon d’homme s’était dissocié à la fin de l’âge saturnien. Pour que les Esprits puissent reprendre leur œuvre au point où ils l’ont quittée, il faut d’abord que l’homme repasse, en les abrégeant, par les diverses phases de son évolution saturnienne. La clairvoyance observe cette récapitulation. Elle voit le germe humain sortir de sa retraite cachée et recommencer son évolution de sa propre initiative, en utilisant les forces assimilées sur Saturne. Il renaît de ses ténèbres comme un être doué d’obscur vouloir, et reconquiert l’apparence de la vie, la façade de la sensibilité, jusqu’à ce qu’il soit en possession de cette personnalité automatiquement réglée qui marquait l’aboutissement de son évolution saturnienne.
La deuxième grande période cosmique, que nous avons appelée le règne solaire, voit l’homme s’élever à une conscience supérieure à celle qu’il avait atteinte
sur Saturne. A vrai dire, comparé à sa conscience présente, ce niveau solaire ressemble plutôt à l’inconscience. 11 rappelle Tétât où Tliomme se trouve durant le sommeil profond et sans rêves. On peut également le comparer au degré infime de conscience qui accompagne la torpeur du règne végétal. Pour Toccultisme, il n^est point d^iuconscience parfaite : il n’y a que des degrés différents de conscience. Ce qui développe la conscience humaine dans Tâge solaire, c’est Tincorporation du corps vital ou éthérique. Avant que cette incorporation puisse se produire, il faut que les phases saturniennes se soient répétées sous la forme récapitulative que nous avons indiquée. Cette récapitulation a un sens précis. Lorsque la période de résorption est écoulée, ce qui était autrefois Saturne sort du sommeil cosmique pour renaître sous la forme du Soleil. Mais les conditions de Tévolution sont changées. Les êtres spirituels dont nous avons décrit l’action sur Saturne ont progressé. Cependant Tembryon humain commence par apparaître sur le nouveau Soleil tel qu’il était à la fin de Saturne. Il faut qu’il transforme les fruits de sa précédente évolution de manière à s’accommoder aux conditions du monde solaire. C’est pourquoi Tévolution solaire commence par le rappel des étapes saturniennes, mais en les appropriant aux formes de l’existence solaire. Lorsque l’entité humaine a achevé de se mettre au niveau de l’ambiance solaire, alors les Esprits de la Sagesse commencent à infuser un corps vital dans son véhicule physique. Le progrès que l’homme réalise sur le Soleil peut être défini en notant que son corps physique y atteint le deuxième stade de son évolution, en y devenant le siège du corps éthérique. Quant à ce dernier corps, il ne par-
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vient dans le règne solaire qu’au premier échelon de son développement. Mais pour que le corps physique et le corps éthérique se perfectionnent ainsi, il faut que dans la suite de l’évolution solaire d’autres Esprits intei^viennent pour des fécondations analogues à celles que nous avons observées sur Saturne.
Au moment où commence l’influx du corps éthérique par l’actaon des Esprits de la Sagesse, la masse solaire jusqu’alors obscure se met à luire. En même temps se montrent chez l’homme les premiers signes d’une activité intérieure : c’est l’aube de la vie. Ce qui n’était qu’apparence sur Saturne devient ici réalité. L’influx éthérique dure un certain temps ; après quoi l’homme est le siège d’une importante transformation. Il se divise en deux parties. Auparavant, ses corps physique et vital formaient un tout uni par la plus intime cohésion. Maintenant le corps physique forme un organisme séparé, tout en restant pénétré par les courants du corps éthérique. Nous avons donc affaire à un être double, constitué, d’une part, par le corps physique qu’élaborent les effluves vitaux, d’autre part par le corps vital. Cette scission s’opère pendant une pause momentanée de l’activité solaire, au cours de laquelle s’éteint la luminosité antérieurement existante : cet entr’acte de repos est comme une nuit cosmique. Mais cette pause est beaucoup plus courte que celle qui a séparé l’âge saturnien de l’âge solaire. La nuit une fois écoulée, les Esprits de la Sagesse continuent pendant un temps à féconder l’homme double. Ensuite commence la tâche des Esprits du Mouvement. Ils versent leur essence astrale dans le corps éthérique humain, qui acquiert ainsi le pouvoir de provoquer certains mouvements dans le corps physique. Ces mouvements ressemblent à la
circulation de la sève dans un organisme végétal.
La masse saturnienne était exclusivement constituée par des vibrations caloriques. Pendant révolution solaire, cette masse se condense jusqu’à revêtir l’état gazeux ou vaporeux. C’est l’état de matière que l’occultisme nomme l’élément « air ». Les premiers symptômes de ce changement se manifestent après l’entrée sur la scène cosmique des Esprits du Mouvement. Voici ce que perçoit à ce point précis le regard d’un voyant. A l’intérieur de la substance-chaleur, on voit éclore comme des formes subtiles, auxquelles les forces du corps vital impriment des mouvements réguliers. Ces formes mobiles rendent visible le corps physique au degré d’évolution qu’il a atteint. Elles sont entièrement pénétrées par les effluves caloriques et entourées d’une sorte de pellicule de chaleur. Des formations caloriques qui s’incorporent des sortes de corps gazeux, animés d’un mouvement régulier, telle est, au point de Ame physique, la constitution de cet être humain. Et si l’on veut rapprocher cet état du règne végétal actuel, il faut bien remarquer que l’on n’a pas affaire à un organisme végétal compact, mais à des formations gazeuses ou aériennes^, dont les mouAmments rappellent la circulation de la sève dans les plantes. L’évolution se poursuit de la sorte jusqu’au moment où intervient une nouvelle pause. Après cette pause, les Esprits du Mouvement continuent leur tâche : on voit bientôt s’adjoindre à eux les Esprits de la Forme. Ces Esprits donnent la consistance et la durée aux formations gazeuses qui auparavant se modifiaient sans cesse.
1. Le gaz est rendu visible par la lumière qu’il émane. On pourrai t donc dire aussi justement qu’il s’agit de formations lumineuses,"qui s’offrent au regard spirituel. (N. de TA.)
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Ils submergent de leurs forces le corps éthérique humain. Et par suite les formations gazeuses, autrefois entraînées dans le tourbillon d’un perpétuel mouvement, revêtent par moment des figures distinctes. Une nouvelle nuit cosmique s’étend sur le monde solaire. Au réveil, les Esprits de la Forme sont encore à l’œuvre. Mais à ce moment, sur le Soleil, apparaissent des conjonctures entièrement nouvelles.
Nous sommes arrivés au milieu de l’évolution solaire. C’est le moment où les Esprits de la Personnalité ou Archées qui avaient accompli sur Saturne leur stage humain, s’élèvent à un plus haut degré de perfection. Ils dépassent le niveau humain et atteignent une conscience que normalement nos semblables ne possèdent pas encore. Ils ne la posséderont que lorsque la Terre — le quatrième des avatars planétaires — aura achevé sa course et sera entrée dans l’incarnation suivante. Dans cette phase, l’homme, non content de percevoir l’ambiance physique par ses organes des sens, sera capable d’observer sous forme d’images les états de conscience qui se dérouleront dans la vie intérieure des êtres environnants. Il jouira d’une conscience imaginative clairvoyante sans perdre en rien la pleine conscience de soi-même. Sa clairvoyance n’aura rien de vague ou de rudimentaire : il percevra l’âme, il est vrai, par des images. Mais ces images exprimeront des réalités avec autant de précision que les sons et les couleurs du plan physique. Actuellement, c’est seulement par une discipline occulte que l’homme acquiert cette clairvoyance et nous traiterons plus loin de cette discipline.
Or, c’est précisément cette clairvoyance que con-
(juièrGnt normaleniGiit les Esprits de la. Personnalité au milieu de la période solaire. C’est par là qu’ils deviennent capables de féconder le corps éthérique nouvellement formé de l’homme, comme ils ont fécondé sur Saturne son corps physique. Jadis la substance calorique leur renvoyait comme un miroir les effluves de leur personnalité : maintenant les formations gazeuses de la masse solaire réfléchissent les images de leur conscience clairvoyante. Ils contemplent ce qui se déroule sur le Soleil. Mais cette activité dépasse de beaucoup la simple contemplation. 11 semble que dans les images qui jaillissent de la masse solaire se mêle un peu de cette forme divine que les hommes appellent l’amour. Si l’on étudie de près le phénomène, on perçoit dans cette lumière émanée par le Soleil les effluves de ces Esprits sublimes que nous avons appelés les Esprits de l’Amour, ou Séraphins. Ces hautes entités collaborent désormais avec les Esprits de la Personnalité pour la fécondation du corps éthérique humain. Cette incubation fait avancer le corps éthérique d’un degré. Il acquiert la faculté non plus seulement de modifier les formations aériennes dont il est le siège, mais encore de les élaborer de telle sorte qu’elles manifestent les premiers rudiments d’une reproduction des êtres humains. Les êtres gazeux sécrètent des sortes d’excroissances qui se détachent ensuite, comme exsudées, et revêtent des formes semblables à la forme génératrice.
Pour faire comprendre la suite de l’évolution solaire, il nous faut attirer l’attention sur un caractère de l’évolution universelle, qui est d’une importance capitale. C’est que dans chacune des périodes, une partie seulement des êtres atteignent le but de
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leur évolution. Beaucoup demeurent en arrière. C’est ainsi que sur Saturne, le niveau humain, but des Esprits de la Personnalité, n’a pas été atteint par tous ces Esprits. De même les formes physique^ humaines élaborées sur Saturne n’ont pas toutes acquis la maturité nécessaire pour recevoir sur le Soleil un corps éthérique autonome. Par suite il existe dans le monde solaire des êtres et des formes qui ne sont pas à leur place. Il leur faut pendant l’évolution solaire regagner le temps perdu sur Saturne. Aussi le clairvoyant peut-il observer dans la période solaire le phénomène suivant : au moment où les Esprits de la Sagesse commencent à infuser le corps vital, la masse solaire manifeste des troubles. Il y flotte des corps qui devraient appartenir encore à Saturne : ce sont des 4< corps de chaleur » qui ne sont pas capables de se condenser comme il le faudrait en « corps de vapeur ». Ces corps sont des hommes restés en arrière pendant la période saturnienne. Ils ne peuvent donner l’hospitalité à un corps vital normalement constitué. Ces restes de la substance calorique saturnienne se divisent en deux groupes : les uns sont immédiatement absorbés par les corps humains au sein desquels ils forment désormais une sorte de nature inférieure. Ainsi l’homme s’imprègne sur le Soleil d’éléments corporels qui en réalité n’ont pas dépassé le niveau saturnien dans leur évolution. Jadis le corps saturnien de l’homme a servi d’instrument aux Esprits de la Personnalité pour s’élever au degré de l’humanité actuelle : maintenant cette partie saturnienne de l’être humain va offrir aux Archanges ou Esprits du Feu une opportunité semblable. Ces Esprits atteindront le niveau humain par l’influx et le reflux de leurs forces entre eux-mêmes et la portion
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saturnienne de l’homme. Cette action date du milieu de la période solaire. L’élément saturnien de l’être humain est mûr à ce moment pour que les Archanges y puisent de quoi accomplir leur stage humain.
Q^uant au second groupe des déchets saturniens, ils se constituent en règne spécial, et poursuivent une existence indépendante à côté des êtres humains normaux du monde solaire. Ce règne humain inférieur ne peut faire autre chose sur le Soleil que de façonner avec son « corps de chaleur » un corps physique parfaitement indépendant. Par suite, les Esprits de la Personnalité normalement évolués ne trouvent dans ce règne aucun corps éthérique autonome qu’ils puissent utilement féconder. Mais il y a aussi des Esprits de la Personnalité qui sont demeurés en arrière sur Saturne, et qui n’ont pu y atteindre leur niveau d’hommes. 11 existe une attraction entre eux et le règne humain retardataire. Il leur faut maintenant sur le Soleil, élaborer ces déchets de la même manière que les Esprits plus avancés de leur hiérarchie ont élaboré les humains normaux sur Saturne. C’est sur cet univers seulement que ces derniers ont développé leur corps physique. Mais les conditions du monde solaire ne permettent pas à ces Archées retardataires d’y accomplir leur œuvre. Aussi dissocient-ils de la masse solaire des éléments dont ils forment un astre séparé. Cet astre se détache du Soleil. C’est de cet astre que les Esprits retardataires agissent sur le deuxième règne solaire. Ainsi le premier Saturne s’est scindé en deux et l’on voit désormais graviter auprès du Soleil un deuxième astre, un nouveau Saturne qui est comme une réincarnation du premier. C’est de cet astre que partent les effluves qui confèrent au deuxième règne solaire
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les attributs extérieurs de la personnalité. Ce deuxième règne est donc constitué par des êtres qui durant révolution solaire ne possèdent pas de personnalité en propre. Mais ils réfléchissent la personnalité des Archées qui évoluent sur le nouveau Saturne et leur renvoient leurs émanations. La clairvoyance distingue entre les êtres humains du Soleil certains courants particuliers de forces caloriques qui jouent un rôle dans révolution solaire normale, et qui manifestent l’action des Esprits retardataires ou néo-saturniens.
Quant à l’entité humaine normale, voici ce que l’on y observe au milieu de la période solaire. Elle est divisée en deux : un corps physique et un corps éthérique. Dans ces véhicules se déploie l’activité des Esprits de la Personnalité avec lesquels coopèrent les Esprits de l’Amour. Un restant d’essence saturnienne est demeuré dans le corps physique. C’est le champ d’action des Esprits du Feu. Les fruits de l’incubation de ces Esprits sur cette portion déterminée du corps physique sont les premiers rudiments des organes des sens. Ils étaient déjà occupés sur Saturne, nous l’avons dit, à couver ce germe des sens futurs dans la substance calorique. L’élaboration opérée par les Esprits de la Personnalité et les Esprits de l’Amour a pour effet de créer l’embryon du système lymphatique. Quant aux Esprits de la Personnalité émigrés sur le second Saturne, en plus de l’action définie plus haut, qu’ils exercent sur le deuxième règne solaire, ils s'appliquent également à créer une relation entre ce règne et les sens rudimentaires des hommes normalement évolués. Grâce à eux, des courants d’essence calorique générés par ce règne pénètrent dans ces organes humains, de sorte que
l’entité humaine acquiert une sorte de perception du régné inférieur qui évolue à ses côtés. Cette perception est naturellement confuse, et sa natui'e rappelle les caractères de la vie saturnienne. Ellè consiste avant tout en impressions variées de chaleur.
Tous ces phénomènes qui marquent le milieu de l’évolution salaire durent un temps. Ensuite le monde solaire passe par un intervalle de repos. Aü réveil, les activités précédentes se poursuivent jusqu’au moment où les Anges (fils de la Vie) et les Esprits des Harmonies ou Chérubins peuvent de nouveau collaborer utilement à l’évolution. On peutalors noter dans l’intérieur de l’entité humaine des sensations qui ressemblent à celles du goût et qui s’expriment au dehors par des vibrations sonores. Souvenonsnous que l’action de ces deux ordres de Puissances se manifestait déjà ainsi sur Saturne. Mais sur le Soleil ces phénomènes décèlent chez l’homme une vie plus intérieure, plus personnelle. Les Fils de la Vie acquièrent de la sorte cette conscience semi-obscure que les Esprits du Feu possédaient déjà sur Saturne, et les Esprits des Harmonies les aident à réaliser ce progrès. Ce sont en réalité ces Esprits sublimes qui perçoivent les choses de l’univers solaire. Mais ils renoncent aux fruits de cette contemplation, ils renoncent à savourer la vue de ces images débordantes de sagesse, pour verser ces trésors, comme de magiques évocations, dans la conscience incertaine des Fils de la Vie. Ces derniers élaborent ces visions dans le corps éthérique de l’homme, pour que ce corps s’élève sans cesse ver.s de plus hautes possibilités.
De nouveau, une pause intervient dans 1 activité du monde. De nouveau, l’astre solaire renaît de son