‹ La science positive et la métaphysique [microform]Chapitre 29 sur 42 · LES ABSOLUS . LE TEMPS, L'ESPACE, LE NOMBIIE · texte numérisé non relu

LES ABSOLUS . LE TEMPS, L'ESPACE, LE NOMBIIE

contenue dans le premier nombre formé. La loi de construction suivant laquelle l'esprit édifiera tous les nombres est donnée dans un nombre déterminé quelconque, comme une loi physique est donnée dans chacun des phénomènes individuels qu'elle régit; mais il appartient à l'esprit de donner ou de refuser carrière aux manifestations de là loi des nombres, d'en limiter, en fait, la série où il lui plaît. Et, d'ailleurs, ces absolus, qui se développent progressivement, par évolution, tendent vers une fin déterminée qu'ils atteindront certainement; la série des nombres est infinie, et il implique contradiction qu'elle soit jamais close. Par conséquent, si loin qu'on en pousse le développement, on est toujours aussi éloigné qu'auparavant d'un terme qui recule à mesure qu'on en semble approcher.

Il suit de là qu'attribuer au nombre l'existence en soi et par soi, voir en lui la détermination interne et positive de l'absolu, c'est admettre que l'infini est actuellement réalisé. Mais, nous l'avons établi, c'est là une conception contradictoire. A un infini réel, on ne peut rien ajouter; au nombre, on peut toujours ajouter quelque chose. Partant, il faut, ou déclarer finie la série des nombres, ce qui est contradictoire, ou refuser au nombre l'existence absolue, et ne voir eu lui qu'une des conditions organiques de la pensée.

Quant au temps et à l'espace, supposés en soi et par soi, ils n'enveloppent pas moins de contradictions. Que deviendraient, dans cette hypothèse, les événements et les objets qui y sont contenus? Si l'on en maintient la réalité, on demande comment deux existences, celle des

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événements et des objets, et celle du temps et de l'espace, peuvent coïncider sans se confondre? On est ainsi conduit à déclarer illusoires les choses successives et les choses étendues, et à faire du double milieu où elles apparaissent, la seule réalité véritable. Cette conséquence n'est pas désavouée par les partisans du temps et de l'espace absolus, témoins Leucippe et Démocrite; mais alors surgit la contradiction attachée à l'existence d'une quantité infinie actuellement réalisée. Le temps et l'espace sont sans limites; nous y appliquons, sans l'épuiser jamais, la série des nombres. S'ils possèdent une existence en soi et par soi, s'ils sont des aspects de l'absolu, un double infini est actuellement réalisé.

Le temps, le nombre et l'espace ne sont donc pas le contenu de l'absolu.

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