partie, se produit l'équinoxe du printemps ; ensuite des Gémeaux
quand il entre dans le Cancer, qui occupe le moins de place dans le ciel ,
qu’il est parvenu à la huitième partie , il accomplit le temps du solstice
De la Vierge , passant dans le pli du vêtement qui occupe les premières parties de la Balance, à la huitième partie de ce signe, il effectue l’équinoxe d’automne , dans lequel le cours du soleil est égal à celui qui existait dans
le signe du Bélier Quand au contraire sortant des cuisses du
Sagittaire , partie attribuée au Capricorne , il arrive à la huitième partie , il parcourt la plus petite partie du ciel. Par suite de la brièveté du jour, on appelle cette portion de l’année brume et jours brumaires. (Bruina ac dies brumales).
On voit en outre, que sur les sphères servant à l’étude de
l’astronomie, ou les cartes, on devait représenter les constellations par les figures mithologiques, auxquelles on a renoncé aujourd’hui presque complètement. Yitruve distingue du reste nettement les constellations placées dans le Zodiaque, des signes qui ont servi à le diviser en douze parties égales. Il dit en effet :
Quand le soleil marche vers la queue du Taureau (constellation) et les Pléiades (Virgiliæ) , où commence la partie antérieure du Taureau (signe du Zodiaque), il s’avance dans une portion du monde plus grande que la
moitié , allant vers le nord et continuant il parvient à la tête et à la
poitrine du Lion . parties attribuées au Cancer.
Sorti de la poitrine du Lion et des limites du Cancer, il parcourt les autres parties du Lion; il diminue la grandeur du jour et du cercle qu’il décrit, et revient au cours égal à celui qu’il possède dans les Gémeaux.
Le mot dies, comme jour en français signifie indifféremment le jour entier sidéral ou solaire, non distingués du reste par Vitruve, ou seulement le temps pendant lequel le soleil reste au-dessus de l’horizon; ce qui compliquait considérablement la division du temps, c’est que le jour était divisé en douze heures, du lever du soleil à son coucher. Yitruve dit, en effet :
Ainsi le soleil, en parcourant ces signes , en certains temps augmente et diminue la grandeur des jours et des heures.
Ceci ressort du reste des règles données plus loin pour le tracé des cadrans solaires et la construction des clepsydres.
Des constellations placées au nord et au sud du Zodiaque.
(Livre IX, chap. IY et V).
Ces notions de cosmographie sont terminées par la description des principales constellations boréales et australes, c’est-à-dire au Nord et au Sud du Zodiaque, que Vitruve décrit également avec la forme des personnages mythologi-
ques dont elles portent les noms, parlant ainsi de la tête de l’Ourse, des pieds des Gémeaux, de la corne gauche du Taureau, du ventre d’Andromède. . .
Ce serait, d’après Yitruve, Démocrite qui serait l’auteur des noms et figures donnés aux constellations, car il dit:
J’ai exposé les -figures ( simulacra figurala et formata ) des astres désignés par la nature et l’esprit divin , comme il a plu au philosophe Démocrite.
Il fait remarquer qu’il n’a pu parler que des constellations qu’il a pu voir et dont on constate le lever et le coucher. Il savait parfaitement qu’une grande partie du ciel austral vers le pôle sud n’est pas visible pour nous, car il ajoute :
De même que les étoiles septentrionales tournant autour de l’extrémité de l’axe (cardo) ne se couchent pas , et ne plongent pas sous la terre , de même autour du pôle sud , qui par suite de l’inclinaison du monde est sous la terre , il y a des étoiles cachées qui l’entourent et ne s’élèvent pas audessus de la terre. Leurs figures , à cause de l’obstacle que forme la terre , ne sont pas connues.
Il cite à ce sujet l’étoile Canope, invisibleà Rome et visible en Egypte pour les marchands qui vont à l’extrémité de l’Egypte et dans les régions voisines des limites de la terrre (probablement habitée ou habitable). C’est cette même étoile Canope , faisant partie du vaisseau Argo, que Posidonius, (philosophe stoïcien et géomètre, à peu près contemporain de Yitruve , (135-51), qui avait compté à Rhode Cicéron parmi ses élèves), avait utilisée pour mesurer la différence de latitude del’île de Rhodes et d’Alexandrie ; il en avait ensuite déduit, connaissant la distance de ces deux localités, le rayon de la terre, ainsi que l’avait fait Eratosthène, d’après la hauteur du soleil, le jour du solstice à Alexandrie et à Syène.
De l'astrologie appliquée à la divination de la gènèthiologie et des changements de temps (Livre IX, chap. VI).
A la suite de ces notions sommaires, mais exactes de cosmographie, Vitruve dit quelques mots de ce qu’on nomme ordinairement l’astrologie, et qu’il désigne sous le nom de gènèthiologie, consistant à rechercher l’influence des douze signes, des cinq planètes, du soleil et de la lune sur la vie humaine; il renvoie pour cela à la science des Chaldéens, apportée d’abord par Bérose dans l’ile de Gos , puis étudiée par Antipater et Achinapolus, qui ont démontré que les règles de la gènèthiologie, comme nous disons l’art de tirer l’horoscope, doivent plutôt se rapporter à la conception qu’à la naissance.
Que la science astronomique des Chaldéens, qui possédaient par suite de leurs études le moyen de prédire les phénomènes astronomiques, ait été étendue aux autres phénomènes de la vie et soit devenue l’astrologie, rien d’é tonnant à cela, à une époque surtout et dans les pays où les divinités et les astres étaient plus ou moins confondus les uns avec les autres ; où l’on admettait, à défaut de la connaissance des causes naturelles, qu’une divinité particulière veillait sur la marche de chaque astre. Mais que Képler ait été réduit pour vivre à Prague à publier des ouvrages d’astrologie et à devenir l’astrologue de Wallenstein, que Louis Xlll ait été appelé le juste, parce qu’il était né sous le signe de la balance, que l’on ait tiré l’horoscope de Louis XIV à sa naissance, voilà ce qui est incompréhensible. Vitruve ne dit pas son opinion sur la science de lagénéthiologie ; mais il parait cependant avoir plus d’admiration pour les philosophes :
Qui ont donné sur la nature les lois qui la gouvernent , et leurs effets , tels que • Thaïes de Milet, Anaxagore de Glazomène, Phytagore de Samos, Xenophane de Colophone , Démocrite d’Abdère.
A la suite, il cite les astronomes qui ont établi les lois du mouvement des astres, tels qu’Eudoxe, Euchœmon, Callipe, Meton, Philippe, Hipparque, Aratus.
Construction de l'analemme (Livre IX, chap. YII).
Le reste du Livre IX est consacré à l’exposition des règles devant servir au tracé des cadrans solaires , ainsi qu’à la description des clepsydres; mais en ce qui concerne les cadrans, Vitruve, pour la partie la plus intéressante, reste en chemin, craignant, dit-il, d’être fastidieux; il s’occupe spécialement des gnomons ou cadrans horizontaux à style vertical , et se contente d’indiquer comment on peut trouver la longueur de l’ombre du style à midi, pour les divers jours de l’année.
Dans ce but, on doit prendre d’abord l’ombre du gnomon le jour de l’équinoxe, évidemment à midi ; il donne pour diverses villes les rapports de l’ombre projetée à la longueur de la tige, nombres qui s’écartent peu des nombres exacts déduits des latitudes, ainsi qu’on peut le constater d’après le tableau suivant :