‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 107 sur 151 · LIVRE III; CHAPITRE IX. il · texte numérisé non relu

LIVRE III; CHAPITRE IX. il

et petits -fils 9 ou par ses neveux ou arrièreneveux ; maison éternellement anglaise. Or, quand il y a une maison anglaise dans une ville un peu favorable à l'industrie et au commerce, il y en a bientôt cent, et la ville est une succursale de FAngleterre.

Maintenant, quel emploi l'aristocratie anglaise a-t-elle fait de son omnipotence gouvernementale?

La réponse à cette question exigerait un volume, et je n'ai qu'une page à lui donner. Bornons-nous ici à quelques aperçus , que nous compléterons dans le livre suivant^ consacré à l'industrie.

Là où elle s'est montrée plus humaine, plus généreuse , c'est-à-dire dans l'Angleterre proprement dite, surtout à Londres, elle ne s'est pas contentée d'avoir en sa puissance la totalité du sol, des pouvoirs religieux et politiques; elle a encore accaparé les habitations et même les éléments que Dieu a prodigués à tous : l'air, la lumière, l'eau, etc. Pour qu'on ne m'accuse pas d'exagération, citons un homme qui n'a rien écrit qu'il n'ait vu de ses propres yeux ou qu'il n'ait constaté par des documents officiels.

« A l'ouest (côté de Londres habité par la no-' blesse), tout a été combiné pour prolonger la durée de Texislence; à rest,'lout concourt à l'abré-

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ger, au point que, dans la même ville, un homme, selon qu*il est riche ou pauvre , et selon qu'il a planté son domicile dans telle ou telle rue, vit le double d'un autre, ou seulement la moitié... Ce que je ne conçois pas..., c'est un état de choses dans lequel une minorité puisse impunément s'approprier le sol, les habitations, et jusqu'à l'air salubre, en reléguant la majorité dans quelque coin de terre, où celle-ci trouve à peine, en entassant les vivants à côté des vivants et les morts sur les morts, les six pieds d'espace qui sont nécessaires pour un lit et pour un cercueil (i). »

« Son activité (de l'aristocratie) s'emploie à convertir l'Angleterre en parcs et en prairies, qu'elle dépeuple d'hommes pour les couvrir de bétail et de gibier. Elle construit des châteaux, ou forme des galeries de tableaux, des bibliothèques, des collections scientifiques. Elle tourmente ses richesses , jusqiHh ce qiCelle finisse par le suicide ouparVennui. Quant aux plébéiens de la Grande- Bretagne, elle en fait deux parts : aux fermiers et aux laboureurs, elle donne, pour les consoler du prolétariat et de la taxe des pauvres , le privilège de vendre leur grain un peu plus cher , grâce à l'exclusion des blés étrangers; la population ur-

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(i) M* fiLnchety Études sur i'Jngleierrâ^ 1. 1, p. 47-8.

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