‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 108 sur 151 · LIVRE III, CHAPITRE 1%. SlQ · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE 1%. SlQ

baine et led ouvriers des manufactures (les trois quarts au moins de la population générale), elle les abandonne à eux-mêmes (i). »

« Traiter les ouvriers des villes plus mal que les détenus sur les pontons; créer un état social dont le résultat est qu'un grand seigneur peut vivre en moyenne cinquante-cinq ans , pendant qu'un ouvrier, dans certaines villes, ne vit pas au delà de quinze ans; réserver Tâge de la force et celui de la sagesse pour une seule classe d'hommes; en réduire une autre à une perpétuelle enfance, n'est-ce pas détruire les générations dans leur germe, et renouveler en quelque sorte, au milieu du xix* siècle, cet arrêt d'un Pharaon qui condamnait tous les premiers-nés d'un peuple à périr (a) ? »

Je n'ai ni le temps ni le courage de suivre M. Faucher dans la peinture qu41 nous fait de ces populations manufacturières et même agricoles ^ partout en proie à ces deux sœurs inséparables : une affreuse misère et une affreuse immoralité (3). Je ne parlerai pas de la traite générale des

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(i) M, Faucher, Études sur l Angleterre , t^ I, p« 49.

(%) Ibid., p. 5i.

(3) Sar la moralité des ourrières àt la campagne, voici la déposition d'un contre-maître dans une enquête ofBcielle: Sur eenide cês jtunes fUUs, soixante-dix sont prostituées, Ibid«, t n, pà îi^.mmLafiUe de fabrique ne conndtipns ta pudeur,, é ha eksuteté, au lieu d'être ta régie, tend de plus en plus àdevenir l'exception, Ibid., 1. 1, p« 335-7*

enfants, partout jetés, dès l'âge de cinq ou six ans, dans Tenfer du travail, et dans les bourbiers du vice, où il s'en fait une horrible consommation (i).

Je ne parlerai pas de ce pays de Galles, dont la cupidité des seigneurs terriens et des décimateurs de \ Église établie par la loi font depuis quelque temps une petite Irlande (2). Je ne dirai même rien de cette Irlande où Taristocratie anglaise soutient depuis trois siècles le régime aristocratique le plus injuste , le plus inhumain , le plus exécrable qu'ait jamais éclairé le soleil (3).

(i) Voy. 1. 1, p. 89» 108, 118, 418; t. II, p. 36, 40,59, 61, 77-127, etc. « Il était réservé à notre siècle d'inventer un enfer pour les jeunes enfants. > P. 177.

(a) T. II de la p. ai 5 à 248.

(3) Ceux qui jugeraient mes épithètes trop dures feront bien de lire Touvrage si consciencieux de M. Gustave de Beaumont, dont je regrette de ne pouvoir citer quelques pages des plus navrantes. Je me contente d'observer que V Irlande sociale y politique et religieuse a été écrite avant 1840, et que, depuis, le redoublement de la famine et Témigration forcée ont diminué d'un quart cette infortunée population , condamnée à végéter étrangère sur son sol et à mourir de faim pour ne pas faire concurrence à l'agriciilti>re et à l'industrie anglaises. Qu'ont fait les ministres vrhigs à la vue de souffrances qui arrachaient des larmes à tonte l'Europe, qu'ont-ils proposé au parlement ? Bien, ou presque rien de ce qu'exigeait une politique un peu humaine, pour adoucir le fléau et en prévenir le retour. Aujourd'hui , lord Palmerston et John Russell travaillent, comme on voit, à retirer aux ca*

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