LIVRE 111, GHAPJTRIi; X
Il est vrai que les États ont divisé leur législature en deux chambres , et qu'ils ont eu le bon sens de les faire délibérer loin des grands centres de population (i) ; mais comme ces chambres sortent du même corps électoral , ce sont deux moitiés d'un corps y animées du même esprit, et sujettes aux mêmes entraînements. Les auteurs de la constitution fédérale, par l'organisation difTérente du sénat et de la chambre des représentants, ont beaucoup mieux pourvu à l'indépendance des États, que ceux-ci n'ont pourvu à l'indépendance descommunesetdes citoyens (a). S'il en résulte de
nelle, pas même l'autorité de la raison , car elle représente la majorité qui se prétend l'unique organe de la raison. Elle n'a donc pas d'autres limites, dj^ns son action , que sa propre volonté.» De la Démocratie^ ibid., t. I, i4i*
(i) Il suffit de citer TÊtat de New- York, qui a placé à soixante lieues de l'immense cité qui lui a donné son nom , le chef-lieu de l'État, les chambres, le gouvernement, etc., c'està-dire à Albany, ville de 25 à 3o mille âmes. '- — Dans notre vieux monde, c'est autre chose : on organise des parlements aussi tumultueux et inflammables que possible, et on a grand soin de les placer au grand foyer des passions révolutionnaires.
\p^ Le congrès de l'Union se compose : i*' d'un sénat, représentant les États, dont chacun nomme deux sénateurs pour six ans; l'élection se fait par les législateurs de chaque État, votant à jour fixe, mais individuellement, et envoyant leurs bulletins cachetés au président du congrès, qui en fait le dépouillement; a" d'une chambre de représentants, dont
la Faiblesse dans rUaioDy ce n'est pas un si grand mal y aussi longtemps du moins qu'elle n'aui*a pas à redouter une guerre sérieuse. L'Union elle-même vint-elle à se dissoudre , FAmérique du Nord y perdrait sans doute le précieux avantage d'être, comme dit si bien M. de Tocqueville, libre et heureuse comme une petite nation , glorieuse et forte comme une grande; mais du moins il lui resterait des républiques fortement organisées et capables de former de nouvelles confédérations plus analogues à leurs intérêts et à leurs conditions géographiques. Si, au contraire, le gouvernementalisme s'empare des législatures, la liberté, étouffée dans la famille et dans la commune , se concentrera dans le gouvernement, qui ne sera plus qu'une assemblée de despotes réglementant des masses de serfs dont l'unique liberté consistera à changer d'oppresseurs, c'est-à-dire à s'en dodner de toujours plus avides. Alors les États seront naturellement la proie des épées les plus fortes (i).
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le nombre est en raison de la population, choisis direclement par les électeurs de chaque État, et dont le mandat est de deux ans.
(i) « S'il venait jamais à se fonder une république dé-» mocratique comme celle des États-Unis dans un pays où le pouvoir d'un seul aurait établi et fait passer dans les habitudes, comme dans la loi , la centralisation administrative, je ne