‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 116 sur 151 · LIVRE Illy CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE Illy CHAPITRE XI

ire -htMird {i)^ excepté encore dans les Mémoires et instructions de Lmûs XIV pour le dauphin (2). Qu'on se figure donc un monarque qui viendrait nous dire : a Le royaume est ma propriété ainâi que tout ce qu'il renferme. Je veux bien que voua continuiez à jouir de vos biens, de vos libertés civiles ; que les pères exercent leur autorité dans la famille; qu'il y ait des communes jouissant de certaines attributions; que vous ayez des églises pour le culte ^ des écoles pour apprendre à lire, des tribunaux pour rendre la justice, etc. ; mais reconnaissez que ce sont là des concessions royales y des bienfaits que vous ne tenez que de moi! »

Il n'y a pas, je pense, âme chrétienne, si mo* narchisie qu'elle puisse être, qui ne répondit à l'auteur de cet Alcoran : Nous Voulons un gouver* nement monarchique qui défende nos droits et jQOS libertés contre le socialisme , sans les confisquer à son profit. Puisque vous êtes une majesté socialiste, et que vous niez le premier article de notre charte religieuse, chanté depuis si longtemps : La terre est au Seigneur, avec tout ce qui elle renferme (3), entre vous et nous il y a un abîme.

(1) Voy. son Mémoire h la reine d'Angleterre.

(2) Voy. de V Éducation de Vhomme^ ch. xx.

(3) Ps« xxiii, I.

352 LA. SGIENG£ SOCIALE.

Les monarchistes ne doivent pas oublier ce fait : si mauvais chrétiens que nous soyons par nos mœurs, nos âmes ne vivent que de la pensée chrétienne. On nous a tant dit que nous sommes tous une race choisie^ une race royale et sacerdotale^ une nation sainte^ un peuple acquis à grands frais par le Christ^ qui, par son sang, nous a sacrés le peuple de Dieu (i); on nous a, dis-je, inculqué cela de tant de manières^ que nous avons fini par y croire, et que nous sommes tous pénétrés d'un profond respect pour notre majesté individuelle , à tel point que le titre de sujets fatigue notre oreille et notre cœur. On a bien vite expliqué cela par l'orgueil révolutionnaire : condamnons l'orgueil révolutionnaire, enfant de l'orgueil monarchique; mais reconnaissons que notre répugnance pour le titre de sujets a un fondement quelque peu légitime. Qu'est-ce, en effet, que le sujet d'un pouvoir qui ne reconnaît point de limites? C'est évidemment un esclave. Montrez-nous un pouvoir monarchique disposé à se renfermer inviolablement dans les limites du pouvoir chrétien, et alors on verra s'il est possible de remettre en honneur le titre de sujet.

Mais ici se présente ce que M. de Maistre appelle

(i) Saint Pierre, \^^ épkrc^ ch. ii, 9, 10.

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