I. Quand , le jour saint, les habitants d'une ville
(i) « Tjondres ressemble le dimanche à un vaste couvent. » M. Nougarède deFayet, Lettres sur VAngleierre, 1. 1 » p. 217.
d'un payS) ne se voient qu'un moment âu temple^ en silence^ et qu'ils se cloîtrent le reste du jour, il arrive nécessairement qu'ils ne se rapprochent plus que pour affaires d'intérêt matériel. Leurs rapports tombent donc sous l'influence du démon des affaires, qui est le dieu des combats entre les forts et les faibles^ les habiles et les maladroits. Il en résulte, dans toute la population , une ardeur fébrile pour le gain, qui produira nécessairement des conflits entre les gagnants et les perdants. Écoutons un des vôtres, parlant de la ISous^elU^jéngleterre :
<c Les affaires même sont le seul plaisir qu'on
recherche Ce sabbat (le délassement) n'est pas
fait pour l'habitant de la JSowelle-^Angleterre; les affaires l'enlacent de toutes parts; c'est une es-* pèce de Laocoon moral qui ne fait aucun effort pour repousser les serpents qui le resserrent. Mam* mon est leur divinité; ils ne l'adorent pas seule* ment du bout des lèvres, mais avec une dévotion entière du corps, de l'esprit, de toutes les facultés. Le monde est à leurs yeux une vaste maison de bourse, où ils doivent, par principe et par inté^ rét, tâcher de devenir plus riches que leurs voi-^ sios (i). )>
(i) Les Hommes et Us mœurs aux États-^Vnis^ par le colonel Hamiltoby 1. 1, ch* vtx. «««Voy. aussi M. de Toequeville