‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 129 sur 151 · LIVRE IV, CHAPITRE ÏI. Sy · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE ÏI. Sy

La lutte des intérêts ^ sur un sol aussi riche et vaste que celui de l'Amérique, est moins désas^ treuse; mais qu'elle s'engage dans le champ clos de notre Europe, vous aurez bientôt le petit peuple des Crésus et le grand peuple des faméliquei.

Ne vous scandalises donc pas trop, quand j'exprime le désir que , le jour saint par excellence, après avoir prié et écouté Dieu ensemble, les hommes se voient, se serrent la main, se dilatent le cœur, s'égayent ensemble, et s'entretiennent d'autre chose que de ce qui les divise le plus , l'in-»térét. C'est un moyen puissant de civilisation, d'éducation fraternelle que je conseille, et je pense que l'éducation fraternelle est chose très-chrétienne. On en abusera , dites-vous? — Eh bien, j'aime mieux quelques abus dans les divertissements, que le tocsin, la mitraillade et la fusillade entre des masses qui ne connaissent d'autre joie, d'autre Dieu que la richesse.

IL En obligeant vos populations à s'emprisonner au sortir du temple, croyez-vous qu'il y en

de la Démocratie^ notamment, t. III et IV. -^ M. de Chateaubriand exprime la même opinion sur les Anglo-Américains dans ses Mémoires d'outre-tombe , t. II, en disant : « La société permanente semble devenir impraticable chez enx, d*un côté par Textréme ennui des individus, de Fautre, par Timpossibilité de rester en place, et par la nécessité de mouvement qui la domine. »

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ait beaucoup qui emploient ce repos forcé à la lecture de la Bible et à la mëdilation des choses saintes? Je vais encore choisir mes exemples dans vos populations les plus religieuses, et partant les plus morales.

«II parait bien certain, dit M. de Beaumont, qu'un grand nombre d'Américains, renfermés chez eux le dimanche, s'occupent fort peu de la Bible , et profitent de l'ombre qui les cache pour faire des œuvres qui n'ont rien de pieux. Les uns s'abandonnent sans frein à la passion du jeu , d'autant plus funeste en Amérique, que, les jeux publics les plus innocents étant prohibés , le joueur se livre clandestinement aux plus dangereux ; d'autres s'enivrent de liqueurs spiritueuses... >» Et il ajoute cette réflexion si juste : « Vous n'obtiendrez jamais que l'homme dont le corps seul travaille toute la semaine, passe toute la journée du dimanche à penser. Vous lui refusez des amusements publics ; relire dans l'ombre, il s'abandonne sans frein aux plus grossiers plaisirs (t). »

Si j'en avais le temps, je vous citerais tout au long les dispositions législatives de la capitale du catholicisme, touchant la sanctification du dimanche et des jours de fêtes, dispositions relatées

(i) Marie ouVEsclaçagCy t. Xynotes^ p. 357-

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