LIVRE IV, CHAPITRE IJ. 38S
noir, c'est chose secondaire; Tessenticl est qu'il commande. Mais s'il s'agit d'une entreprise qui ait, comme celle-ci, un c6lé éminemment noble, généreux, intéressant l'honneur national, l'humanité, vous êtes sûrs de passionner les plus froids , à moins que vous n'ayez perdu votre talent de bien dire.
Aux rénitents qui ont quelque chose à garder, dites ceci : Ne voyez- vous qu'il n'y a pour le peuple, surtout celui des campagnes, qu'une école possible de civilisation : l'église? Quand le peuple ne va plus avec les bourgeois écouter l'instruction chrétienne à l'église et se mêler, sur la place, aux gens qui ont de l'éducation , il reste ignorant , sauvage, d'une effroyable crédulité. Il donne plus aux sorciers et aux devins, dans une année (par exemple à l'occasion du tirage au sort) , qu^il ne gagne par le travail du dimanche et des fêtes. Ce n'est pas tout : quand un fléau frappe nos villageois sans religion, tel que le choléra, une épizootie, une grêle, une trombe , etc., s'il se trouve là un orateur de cabaret qui leur dise : Ce sont les prêtres, les aristocrates, les gros messieurs qui ont chargé leurs physiciens de vous faire ce cadeau : ils trouvent que le peuple est trop nombreux, trop difficile à gouverner... ! nos villageois accueillent cela comme parole d'Évangile, car un peuple
qui ne croit plus à la religion, croit à tout, excepté au bien.
Vous savez que, en disant cela, vous ne direz rien qui ne se voie dans les pays où les églises restent désertes. Reconnaissez encore ici la loi du législateur suprême, punissant les hommes par où ils pèchent.
Le deifoir des classes supérieures étant de travailler à [éducation du peuple y si elles jr manquent^ le peuple travaillera à la démolition des classes supérieures.
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