‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 132 sur 151 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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POLITIQUI MODIKNE.

« Il ne s'agit plus d'hommes d'État aujourd'hui. Le plus habile n'y pourrait rien. La foi des masses est la seule politique. Vous qui demandez quand cette révolution doit finir, ne portez pas les yeux au dehors; ne regardez pas si la paix semble rentrer, le pouvoir se consolider : voyez si les esprits serapprochent de la religion. Si classes riches et peuples en sont à la même distance, dites qu'il n'y a rien de fait ! Si leur scepticisme est le même, leur égoïsme seul en armes, vous n'avez pas vu vos plus grands maux... Cette révolution finira quand la religion reviendra (i).»

Ainsi parle un homme de foi et de savoir, dont l'excellent ouvrage, publié au moment où j'en

(i) De la Restauration/rançaise, par M. Saint-Bonnet, 485 1, liv. I, ch. XLii.

trepreoaU celui-ci^ a siogulièrement abrégé ma tâche.

M. SaiDt-Bonnet a donné la démonstration complète de cette belle Tontiule : La richesse repose sur le tra\fail^ le travail sur le capital, le capital sur la vertUj et la vertu sur la foi (i)*

Nul n'a mis dans un jour aussi frappant la fausseté de ce principe : C*est le luxe qui enrichit un peuple! et la vérité dé cet autre principe : Le luxe sur un point de la société a pour contre-coup le communisme à Vautre bout (2).

Nul n'a traité d'une main aussi ferme Vhistoîre des aberrations françaises en matière économique, dont la marche fut parallèle à celle des aberrations politiques que j'ai signalées dans le livre précédent (3).

' (i) DelM EêstaknttionfrarifùUiy liv. h cb. 11.

{%) Ibid«9 oh. m.

(3) Citons quelques lignes du chapitre intitulé : Histoire de nos mœurs et de notre capitale, ne fût-ce que pour répondre à Ceux qui tn'accusent de manquer de respect pour la royauté, parce que j'ai la frantjhise de montrer à la royauté comment elle se perd et perd les peuples, qu^d elle viole les lois surnaturelles ou naturelles du Père des rois et des peuples. « Le mal a son foyer au cœur humain. Ce fut là qu après quinze siècles ressuscita Tidée païenne. La renaissance s*est allumée dans la salle des festins des rois, avant d'entrer dans nos bouges. Le luxe parut à la cour de François I*^ ; il s embrasa à celle de Louis XIV. Triste récit en

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Il est bien évident que le pouvoir politique est incapable de tarir la source première de nos misères matérielles : le défaut de foi et de vertu. H a inspiré trop de mépris et de défiance pour que son intervention directe en matière religieuse ne fût pas funeste. Il n'a que deux moyens efficaces de favoriser le retour des peuples à la foi et à la vertu : — donner dans ses dépositaires Texemple de la foi et des mœurs chrétiennes; — laisser au sacerdoce la plénitude de sa liberté d'action sur les âmes.

Mais parce que les gouvernements sont par euxmêmes impuissants à replacer la société dans son état normal, s'ensuil-il qu'ils n'aient rien à faire? Non, certes ; ils ont à réparer le désordre immense, en matière économique, qu'ils ont fkvo-

trois mots : ce roi a corrompu la noblesse; la noblesse a corrompu la bourgeoisie ; la bourgeoisie a corrompu le peuple... Louis XIV, par son faste, mit le marteau à nos finances. Là fut arrachée cette pierre qui devait amener un écroulement aflreux : toute maison de France allait suivre la maison royale ! La vie austère est méprisée ; le luxe, dit la richesse, est honoré. Alors les anciennes familles quittèrent les châteaux; on vint rivaliser d'opulence à Paris pour y saisir les abords de la cour. Vous savez tout jusqu'à la fin de Louis XY; puis les mœurs funestes que la révolution découvrit ! Le faste et la dépravation qui détruisirent la noblesse viennent d'abattre la bourgeoisie ruinée , laissant tout un peuple affamé êttt le sol de la France. » P. 74» 75.

risé de toute manière depuis plusieurs siècles. El je montrerai bientôt la puissance des moyens dont ils disposent. Mais avant de parler du remède^ il importe de signaler l'origine et l'étendue du mal. En quoi consiste le mal ? Dans le fatal divorce de l'élite de la population avec l'industrie par excellence : l'industrie agricole.

^ Je ne veux pas faire une dissertation philosophique ou économique sur ce texte : La terre est le premier capital^ le grand atelier^ dont la prospérité assure la vie et la puissance dune na-tion; c'est la caisse d épargnes où se trouve le chiffre de sa richesse réelle. Fidèle à ma méthode historique^ c'est à la lumière des faits que je vais indiquer rapidement les mortelles anomalies et les souffrances qu'a produites ce divorce.

Le mépris des classes supérieures pour la noble vie des champs a partout divisé la société en deux : d'un côté, une société riche, corrompue par le luxe; de l'autre, des masses abruties par le travail. Dans le haut, l'abus des lumières et des capitaux a engendré l'immoralité, l'irréligion, la destruction de la famille et du pouvoir; dans le bas, une affreuse ignorance, une démoralisation et des misères indicibles ont rendu les masses ingouvernables.

En désertant les provinces et les campagnes pour s'entasser dans les grands centres^ les lu-

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