LIVRE IV, CHAPITRE IIÏ
mières el les capitaux ^ si nécessaires à la fructiii- • yaA\ cation de la terre, n'ont plus servi qu'aux ébats /
des passions. Le mépris de la morale évangélique a été leur premier fruit.
On connaît assez les ravages de l'immoralité nobiliaire et bourgeoise en France; mais il ne faut pas croire qu'ils y aient atteint leurs dernières limites. Grâce à la trempe catholique, je ne pense pas qu'on ait jamais pu dire de la France : « T^ chasteté, au lieu d'être la règle parmi les femmes^ tend de plus en plus à devenir l'exception (i). » Si l'on veut se faire une idée de l'influence corruptrice qu'exercent sur les sommités sociales les excès de la richesse et la densité des populations^ on n'a qu'à lire deux chapitres d'un ouvrage déjà cité (a).
L'immoralité ne marche jamais sans l'irréligion : la croyance chrétienne est incompatible avec le culte de la chair. Il faut à celui-ci pour dogmes le déisme, le panthéisme, qui sont deux formes polies de l'athéisme.
11 n'est pas nécessaire de montrer comment l'immoralité et Firréligion détruisent la famille. L'amour et le bon gouvernement de la famille
(i) M. Faucher, Études sur V Angleterre, t. I, p. 335. (2) Voy. les ch. xxxiu et xxxiv de V Angleterre vue à Londres^ par M. Piller.
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tt'éleigDant dans les classes opulentes ^ et Fopuleoce disparaissant avec eux, la fureur de gouverner rÉtat s'v introduit. Elle éclate surtout dans la classe nombreuse des déconfits, qui veulent rétablir leurs affaires à Taide des affaires publiques, et mettre leurs dépenses à la charge du trésor.
Si vous n'êtes pas tout à fait étrangers à l'histoire de nos révolutions, vous saurez qu'elles ont été, qu'elles sont, qu'elles ne cesseront d'être l'œuvre des illustres débauchés , des mauvais fils , des boursiers et derrd-boursiers y et de toutes les médiocrités qui s'encombrent dans les professions libérales. C'est ce monde-là qui a fait du gouvernement l'art de ruiner un pays au moral et au physique*
Quand l'abus des lumières et de la richesse produit ces effets dans les classes influentes, vous avez dans les classes inférieures une affreuse ignorance.
L'université du peuple, c'est l'Église. Or, avec vos agglomérations citadines et les habitudes qui en résultent , vous fermez au petit peuple les églises des villes et des campagnes. Et voici comment :
Dix, vingt, trente mille familles bourgeoises, vivant réunies dans leshabitudes du luxe, exigent une \ population ouvrière de trois cent mille âmes à un million. La partie de cette population qui est atta-