‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 139 sur 151 · LIVRE IV, CHAPITRE IV. 4o · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE IV. 4o

Mais c'est surtout à l'époque où, aux soins de rëducation physique, la mère doit joindre les soins encore plus délicats de l'éducation morale y que commence, pour les enfants des classes industrielles, ce que M. Faucher a si justement appelé leur enfer; enfer dans lequel les pères et les mères se hâtent de pousser ces malheureuses victimes, eux-mêmes poussés par la misère ou par une fé« roce cupidité. Jetons un coup d'œil sur ces jeunes damnés du travail^ dont l'âme et la chair servent à la production de cette richesse industrielle tant célébrée par nos anglomanes.

Les procédés industriels ayant été appliqués au sol anglais, devenu une grande manufacture agricole, les petits enfants de la campagne sont attachés aux machines dès l'âge de cinq ou six ans* ce Si le cours naturel des choses vient à développer cette tendance qui est encore en germe, dit M. Faucher, c'en est fait dans les campagries du repos des famîHes, de là vigueur corporelle et des bonnes mœurs. On verra l'agriculture la plus avancée coïncider avec l'abaissement le plus complet de la population ; et, la race des campagnes dégénérant, les villes n'auront plus où se recruter (î). »

(i) M. Faucher, etc., t* n , p. 64.

4o4 Î^A SGl£NCe SOCIALE.

Mais c*est dans les ateliers citadins que la torture et rexterminatioD des enfants sont en permanence, surtout pour les nombreux apprentis vendus par les administrateurs de la taxe des pauvres.

« L'apprentissage est une véritable traite ^ la traite des enfants pauvres, que l'on vend ainsi pour un terme de douze et quelquefois quatorze

ans (i)-*.

« A Seydeley , les enfants qui font des clous travaillent de quatre lieui*es du matin à neuf heures du soir, et cela dès l'âge de sept ans ; on exige

d'eux jusqu'à looo clous par jour En Ecosse,

la nourriture qu'on leur donne dépend de la quantité d'ouvrage qu'ils exécutent. Chose horrible à dire! c'est la faim que l'on exploite pour exciter leur émulation naissante Dans les poteries du comté de Stafford..., on ne leur laisse pas même le loisir nécessaire pour les repas ; pendant que les adultes se reposent, ils obligent les enfants à jeter avec force contre H plancher des masses d'argile pour en exprimer l'air. Aussi les organes digestifs s'affaiblissent, et un grand nombre meurent de consomption.

« Il y a des exemples d'enfants qui, ayant commencé leur travail à six heures du matin , ont dû

(i) M. Faucher, etc., ibid., p. 6i.

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