‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 27 sur 151 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

BÉmlftlOI ro LA SOCIÉTÉ BiniÀIMI.

Quand Montesquieu jugea qu'il serait bon de ne pas finir son gros livre sur la société sans avoir essayé de nous dire ce qu'elle est^ voici la définition qu'il en donna : La société est P union des hommes j et non pas les hommes^ attendu^ ditil, que le conquérant peut détruire la société sans détruire les hommes (i).

Cette définition et la vdX^oxï profonde sur laquelle il l'appuie étaient moins ridicules dans sa ridi* cule hypothèse d'un pacte social fondé sur la libre accession des volontés individuelles (a).

Confondant avec une impardonnable légèreté trois choses bien distinctes , la société, FÉtat ou

{i) De l'Esprit des lois^ liv, X , ch, m. (2) « La réunion de ces volontés (particulières), dit encore très-bieo Oi^avitta ^ est ce qWon appelle l'État c«W/. » Ibid.,

liv. l^ di* iu«

()8 LA. SCIKNCB SOCIALE.

natiouy et le gouvernement, il ne sut jamais discerner les liens sociaux, que la mort seule peut rompre (du moins en apparence), les liens civils et nationaux, qui survivent presque toujours à la conquête, et les liens purement politiques ou gouvernementaux, que la conquête et les révolutions brisent ou plutôt transforment.

Quant à nous, qui avons pris pour point de départ les hommes tels que Dieu les a faits, nous dirons : La société^ dest la famille humaine tra* vaillant à t éducation de ses membres ou à leur dégradation^ selon qu'elle obéit à ses nobles inspira^ lions et à la loi morale de son fondateur, ou qu'elle s^ abandonne aux instincts matériels et tombe sous les lois de Vattraction terrestre. Expliquons brièvement cela.

Cest la famille humaine... Que les individus humains, soit qu'ils vivent côte à côte, soit qu'ils se trouvent à la distance de cinq ou six mille années ou lieues, forment une famille proprement dite, issue du même couple, douée des mêmes facultés, sujette aux mêmes besoins , c'est un fait inscrit à la première page de notre catéchisme et de l'histoire chrétienne du genre humain. Ce fait est encore vivant dans notre cœur, si prompt à s'attendrir au récit des vertus antiques et étrangères, si prompt à s'indigner contre les iniquités de tout pays, de toute date. Dans ses ravages, l'é-

LFVRK I, CHAPITRE VIIJ. (icj^

goïsme peut couvrir, mais non extirper Tinslinct

sublime de V humanité (uniié des hommes), racine

naturelle de cette cA^^nVe chrétienne qui veut que

tous les hommes nous soient chers^ parce que tous ji

sont notre chaîr. I-

Ce fait est confirmé par toutes les sciences. —

Le psycliologiste, qui a fait Tautopsie^des âmes,

le moraliste, qui en a étudié les tendances, le

physiologiste, qui en a sondé les mystérieux rapports avec l'organisme, nous disent : Qui a vu

une âme humaine les a toutes vues. — L'anato-

miste, après avoir disséqué des sujets de toute race, et lu Hippocrate, Galien, Celse, nous dit : Il n'y a jamais eu qu'un corps humain. — L'économiste politique complet arrive, et dit : Les intérêts moraux et matériels des hommes exigent |îi évidemment leur union. Si nous obtenions jamais r

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