‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 29 sur 151 · LIVRE I, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VIII

grin, il s'ensevelit dans la débauche, comme le gagne-petit ruine par de mauvaises affaires.

Quel est le bu t du trav^yl et des souffrances delà famille humaine ? C'est F éducation de ses membres, K

Or, l'éducation des hommes consiste, avons- ^

nous dit, dans Fart de les élei^er à ia perfection dont ^: •

ils sont capables y en les formant à vi^^re en bonne \

harmonie a^ec DieUj leur père y a*^ec les hommes^ \

leurs frères, a\>ec les êtres inférieurs ^ leurs sujets (^i). Travailler au développement de la divine ébauche qui est en nous, faire marcher notre âme de clarté en clarté ^ de vertu en vertu (2), vers les hauteurs marquées par la parole et les exemples du grand Maître qui nous a dit : Soyez parfaits ^

comme votre Père céleste est parfait (3) ! c'est le premier point de l'éducation humaine, sans lequel nulle paix véritable avec Dieu, avec notre

conscience, avec nos frères, avec nos sujets. Travailler à bien connaître et observer nos lé*

gitimes rapports avec l'universalité des hommes;

remplir exactement les devoirs sacrés de la fa-'

mille; savoir donner une partie de son pain, et,

au besoin, la vie au. gros indigent qu'on appelle

(1) Voy. ch. I.

(a) ir Épure aux Corinthiens y ch. m , v. 18. — F s. 1.XXX111 , V. 8.

(3) Saint Matthieu, ch, v, 48.

l'État, et trouver dans le reste une part pour les petits nécessiteux; être assez intrépide pour mépriser jusque sur Féchafiiud les lois et les faveurs de César, quand il commande l'injustice; être assez patient pour bégayer et jouer avec Fenfant, afin de faire doucement grandir les petites âmes et les petits corps ; n'oublier aucun bienfait ; ne se souvenir des torts et des injures que pour s'en venger par une constante bienveillance, etc. : c'est le deuxième point de l'éducation humaine, sans lequel la paix n'est possible ni avec Dieu , ni avec les hommes, ni avec notre conscience, ni même avec nos sujets.

Par notre opiniâtreté et notre entente dans le travail , vaincre cette nature rebelle qui nourrit si libéralement les animaux , les végétaux , et ne nous donne rien qu'à la sueur de notre front; nous procurer à tous, sinon avec abondance, du moins suffisamment, un air respirable, la lumière, si nécessaire à tout, une eau pure, du feu , le vêtement, le logement, \e pain qui fortifie le cœur de r homme ^ le vm, ou l'équivalent , qui porte un peu de joie dans ce foyer de la tristesse (i) ; enfin les innombrables produits de l'industrie humaine, nécessaires ou utiles à l'évolution de notre organisme durant sa période de croissance, à son

(i) Ps, cm, i5.

Page 1