‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 40 sur 151 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ÀB80LUTIS1IB BT BFF2TS CONTRAIBES PU CHRISnANISlOt BUl USS AMBg.

COMBliN IL A BXALTÉ LE KOI.

Comme là créatiôd , domt il est le développé* méDt et la loi, le christianisme est une œuvre dêêtinié à élevet* les individus et les peuples oU à leâ broyer. Lumière du monde^ il aveugle et consume ceux qu'il ne peut éclairer ni éctauffer ; S4l de la terre^ il irrite, il exaspère et dissout les Corps qu'il ne rassainit pas; Umin jeté dans im masse dés peuples, il y détermine une effervescence qui aboutit à la vie ou à la mort.

Il s'en faut de beaucoup que le christianisme sôit un marehé aux idées, un chantier ouvert à quiconque veut se faire une religion. Cest une religion toute faite, destinée à réformer les hom* lues, et partant irréformable. Vous êtes libres d'jr entrer ou de rie pas y entrer; mais une mait! divine a gravé sur la porte : Analhème è qui voudra y ajouter ou retrancher ua iota!

LIVAÈ II; Cla^APJTKE II. 99

Le chHstlatii&iney ù^est Jë^u^hrist, le plus dôuï, le p\\i% dimànt des mâiti^eâ, mais le plus Absolu, ou tûieux, comme il l^â dit, notre seul matm (i). S'empàràtit de tout l'homme^ parce que tout rhômme est sOû ùèùVYé et que cette œuvre ést iûdivlsible, il fiôuâ dit i I^oint de partage ! f^ous ne pùus>e% servir deux maùrvs; gui fCèst pas a\fec rfiùi est ûontrémoî; et pôur être avec môî,il faut VOUS soumettre satis distinction à toute ma duc-' trine, absenter tous mes préceptes ^ car la Violation (fun Sent vous perdrait aussi bien que la violation de tous {i). Si vous gardez ma loi, elle vous gardera ; si vous la divisez, déchirez, elle vous divisera , déchirera ; car, inséparable de son auteur, elle est éttiblie^ comme mol, pour la ruine ou la résurrection dhin grand nombre (3).

Tel s'annonça le christianisme à l'Europe païenne, tel TEurope Taceepta après de longs, d'incroyables efforts pour Fanéàntir.

Cest parce que le christianisme a été, du iv^ au xVî* siècle, l'âme dirigeante de FEurope, que celle-ci s'est élevée à unesî grande hauteur, relativement à ranôien monde, relativement à l'Asie et à TAfrique

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(i) Saint Matthieu , ch. xxm, lo.

{%) Èpttre de saint Jacques^ ch, n, lo.

(3) Saint Luc, ch, u, S4*

lOO LA. SGIEJyCfi SOCIALE.

modernes, toujours immobiles dans le calme plat de la barbarie. C'est parce que depuis trois siècles l'Europe a voulu réformer la religion qui Favait formée, c'est parce qu'elle a altéré, brisé son système éducationnel, que, dévorée par la fièvre des révol utions,elleentreaujourd'hui dans une crise finale. Ou elle rentrera dans le système chrétien pour remplir sa sublime fonction d'éducatrice du monde, ou elle périra par les idées chrétiennes qui s'entre-battent dans son sein.

Pour mieux comprendre cette action du christianisme sur le monde moderne, action que j'ai exposée dans le livre de V Éducation de F homme {i)^ revenons à notre étude de l'homme, et complétons-la par l'examen d'une question encore plus importante que curieuse.

Nous avons vu que l'âme humaine aspire à l'infini. L'infini est donc son objet; cet objet l'attire, mais notre âme n'est pas seulement attirée , elle est active dans son mouvement vers l'infini, elle s'y porte de toute la puissance de son être. L'infini est le mobile extérieur, le centre de la force d'attraction; mais le mobile intérieur, le foyer de la force d'impulsion^ le principe subjectif de notre activité, le fond primitif de notre vie, quel est-il, en quoi consiste-t-il ? — Il consiste

(i) Voy., entre autres, ch, iv, v, vu.

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