‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 42 sur 151 · LIVRE lly CHAPITRE II. I · texte numérisé non relu

LIVRE lly CHAPITRE II. I

quesy qu'il faut croire sur raffirmation de Dieu, à peine de n'être plus chrétien. Ce sentiment, il le développe, il l'entretient, il le nourrit, non par de vaines déclamations, mais par les croyances et les institutions les plus efficaces qu'il soit possible d'imaginer.

Le christianisme ne dit pas seulement à Fenfant du villageois : Ton âme est si grande, que le Fils du Très-Haut, Très-Haut lui-même, n'a pas hésité à se Iwrer à la mort la plus afireuse pour raffranchir. Malheur à toi , si elle retombe sous l'ignoble servitude de la chair et du monde! La religion appelle cet enfant au banquet sacré et lui dit : Reçois le Dieu qui t'aime assez pour se donner tout à toi, comme si tu étais seul au monde, et jure que tu l'aimeras assez pour rester fidèle à sa loi à l'encontre de toutes les puissances du monde!

Ne voit-on pas que cet enseignement et ces institutions sont un peu plus propres à relever les âmes et à les prémunir contre le despotisme, que le chant de la Marseillaise et les arbres de la liberté surmontés du bonnet rouge?

Comment concilier, dira-t-on, ce respect, cet amour inBni de notre âme, de notre moi, avec l'esprit d'humilité, d'abnégation, de charité, etc.?

— Mais c'est bien simple. Qu'est-ce que l'humilité ? C'est le sentiment profond et habituel de

ceUi^ v^ité première, que 3Î vous eyiisti»?,, c'fgt pur I^ grâce de Diçq, ^ que voui^ n'uvciip ^ prppr« qiiç le oëaQl; et Je mid que vous nvfz fi»it dfpui^ quç YOU§ aveî^ reçu le bien de Te^^iatepce; qwe tii VPW8 ave» feit de§ progrès dans le wivoir, da^n»

la vertu ^ dans la bonne administration d^ YQtr^

pçriopn^ çt de yo§ biensi, vous nç dev« piiç y^us en glorifier, vou§ préférer aux autres , mais m rap^ porter la principale gloire à Dieu, sans le secours duquel yous n'auriez rien fait de bon. Mai# cela veut-il dire que vous devez mépriser cette âme créée à l'image de Dieu, rachetée par le sang d'un Dieu , et destinée à posséder Dieu ? C'est au oon* traire parce qu'elle se tient pour divine, que l'âm^ humble souffrira tout, sacrifiera l'univers entier i

plutôt que de condescendre à une volonté injuitei Qu'e§ti-ce que l'abnégation évangélique? C'est le renoncement à cet égoïsme bas, rampant, antisocial, qui, $e renfermant dans le culte de notre personne ou plutôt de no^ appétits vulgai-^ re§, nous rend insensibles aux intérêts d'autrui et nous fait dire : Chacun chez soi, chacun pour soi , après moi le déluge!

Qu'est-ce que la divine charité? C'est le moi individuel, tellement éclairé, tellement agrandi, qu'il prend Dieu pour centre et pour modèle t ^^ embrasse touteç le$ créatures dan^ son amour. U dit : J0 veHx éir€i parfait^ parç^ qm mon Pèr^

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céleste est parfait. Il fait luire son soleil j et des^ cendre sa rosée sur les bons et sur les méchants ; je dois donc aimer les bons et les méchants^ et leur faire tout le kifn qui e^t eu mon pouvoir. Il ne hait rien de tout ce quUl a fait (i ) , il donne à tout ce qui est la vie^ le mous^ement et Tétre (a)j je dois donc seconder soq actipn et remplir ma destinée en travaillant à l'amélioration de tout ce qui est. Enfin y il a porté l'amour pour moi et pour mes frères jusqu'à s'anéantir pour nous dans le sein de la femme^ dans la crèche, dans l'atelier, sur la croix, dans nos tabernacles. Jamais donc, quels (|ue soient mes labeurs et mes sacrifices, je ne pourrai dire : J'en ai assez fait pour les hommes, j'ai rempli le précepte : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés (3).

En somme, qu'a fait le christianisme? Il a éclairé et divinisé le moi humain, comme il a humanisé le moi divin ; il a produit un immense développement de l'humanité en bien et en mal, en nous manifestant les grandeurs réelles de Dieu et les grandeurs possibles de l'homme.

Cela va nous expliquer bien des choses.

(i) Sagesse, ch. xi, %^.

{%) Actes des Apôtres^ A. xtii, tS.

(3) Saint Jean, ch. xv, i a.

I08 tA SCIENCE SOC1A.LE.

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