‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 44 sur 151 · LIVRE II, CHAPITRE III. II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE III. II

enseigné la vérité mère de toute grandeur morale : Tunité de Dieu et Funiversalité de sa providence. L'autre accepta librement les plus affreux supplices pour concilier la religion du serment avec Tamour de la patrie. Je suis loin, certes, de vouloir rabaisser ce qu'il y eut de sublime dans le sacrifice de ces deux héros, surtout du dernier; mais il faut tenir compte des circonstances qui radoucirent.

Socrateavaity dans l'opinion de ses amis et de ses ennemis, c'est-à-dire pas seulement d'Athènes, mais de toute la Grèce, une immense renommée à soutenir, renommée que sa mort, d'ailleurs inévitable, ne pouvait qu'éterniser.

Régulus, placé en vue de Rome et de Carthage, et trahi par la fortune sur le champ de bataille, saisit l'occasion de se relever par une de ces victoires qui exaltent les vaincus, atterrent les vainqueurs, en faisant dire aux premiers : Nous serons invincibles tant que nous aurons de tels chefs ! en faisant dire aux autres : Nous aurons beau détruire des armées et des généraux romains, la ville de Romulus l'emportera sur la ville de Didon !

Al la force d'àme de ces deux hommes, occupant une position si élevée, comparons le courage de ces légions innombrables de héros chré-

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liens, sortis la plupart des classés mt^rieures, beaucoup du chenil des esclaves.

Que voit-on devant nos martyrs menés au combat par les bateliers de Nas&arelh? On voit des puissances colossales sous le despotisme des« quelles runiversaliié des citoyens est religieuse» ment accroupici sauf quelques rares conspirateurs qui essayent de protestttr par la vertu occulte du poison ou du poignard.

Que rencontrent, dès le début de la lutte» ees singuliers conquérants, qui veulent détrôner les opinions les plus absurdes, les plus immorales, couler bas les institutions les plus inhumaines, sans ébranler le trône des Césars ? Ils rencontrent les fouets, les ongles de fer, les tenailles, leç chevalets, les fers rouges, les grils^ le plomb fondu, tous les genres de supplices que la cruauté hu*^ maine est capable d'inventer. Joignant l'insulte aux supplices^ on revêt les uns de peaux de bét/$s pour les faire déchirer par les chiens ^ on attache d autres à des croix y d! autres sont enduits de poix et de cire , pour quils servent de torches pendant la nuitj et ces supplices s'exécutent dans les jar^ dins de t empereur pendant quil donne des fêtes au peuple^ et que. lui-même s'y mêle €n habit de coch^r(i).

(i) Tacite^ Annales^ liv. XV, 44.

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