‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 58 sur 151 · LIVRE 11^ CSAPITRE VII. l · texte numérisé non relu

LIVRE 11^ CSAPITRE VII. l

dont le fatalisme turc et la négation de toute Hberté morale étaient la base.

La faculté de refaire le christianisme ^ confis* quëe d'abord par les princes, dut revenir plus tard à qui de droit ^ c'e$t*à-dire à tous; car, chez des peuples chrétiens , ou une seule religion ou autant de religions que de têtes. Pétries et repétries de mille manières, les religions sécularisées par le protestantisme prirent, sous la main des manipulateurs de bas étage, de si étranges formes, que le mépris et la haine du christianisme envahirent les classes supérieures, pour lesquelles VoU taire et Rousseau créèrent la religion des honnêtes gens, qui se réduisait à ceci : «Jouissez le plus que vous pourrez, évitez le vol et l'assassinat, tels du muins que les pratique In canaille; le reste est indifierent. » On ne vit bientôt plus sur les trônes que des princes abêtis par la luxure ou des esprits forts, dont le plus célèbre signait : Frédéric Chriêt-moque.

Lu liberté donnée à chacun de refaire à son gré la constitqtion religieuse apportée au monde par le Christ, impliquait nécessairement la liberté pour chacun de réformer la constitution civile et politique de TÉtat dans lequel il vivait. Aussi, en même temps que Voltaire importait d*Angleterrfe en France le déisme et fondait l'école antichrëtienne de l'Encyclopédie, Montesquieu, Tanglo-

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iiiaiie, y établissait l'école révolutionnaire, qui, en voulant tout cwiliser, devait tout avilir et préparer les voies à Rousseau , le grand législateur de la destruction universelle.

Doué au plus haut degré du talent de diviser les choses les plus inséparables et de donner à de pitoyables erreurs une apparence de raison, Montesquieu s'applique avant toutàéconduire le christianisme de l'enceinte sociale, domaine exclusivement livré à la sublimité de la raison humaine j qui, aysLUiJbndé toutes les sociétés j est seule apte à les régir (i). 11 trouve du bon dans cette religion chrétienfie , qui ordonne aux hommes de s^ aimer j et il affirme) contre Bayle, que les principes du christianisme ^ bien gravés dans le cœur^ seraient infiniment plus forts que le faux honneur des mo^ narçhies , ces vertus humaines des républiques , et cette crainte sen^ile des États despotiques. Mais il ajoute aussitôt qu'il faut bien distinguer le christ tianisme même d'aidée les ordres pour son établissementy surtout d'avec les ordres religieux^ espèce de fripons, qui jouent contre le peuple ^ mais tien-nent la banque contre lui; nation paresseuse elle^ même, et qui entretient la paresse des autres y et dont il faut se défaire, à l'exemple de Henri FUI y si l'on veut réformer l'Église et ranimer dans le

(i) Esprit des lois, liv. XXVI, ch.i.

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