LIVRE II, CHAPITRK YIII. l8l
Depuis le fameux complot de Thistlewood , en i8ao, complot d'une hardiesse effrayante (i), et qui supposait^ quoi qu'on en ait dit, un plan de révolution sur une grande échelle, un immense travail d'organisation révolutionnaire s'est exécuté dans les classes inférieures, et les nombreux essais que le parti avait faits de ses forces en 184 5 autorisaient M. Léon Faucher à écrire ces lignes : « "Voilà bientôt sept ans que la révolte est en permanence dans la Grande-Bretagne; la force armée et une partie de la population en sont venues cent fois aux mains; le sang a coulé, la propriété a été mise au pillage, et l'on peut voir encore, dans quelques villes, les décombres qui attestent ces déplorables exploits. Et cest le moment que Fort choisit pour nous vanter rattachement des om^riers anglais à V ordre légal (2)/ »
(i) Il ne s'agissait pas moins que de poignarder les ministres dans un dîner, d*incendier les casernes, de piller la banque , de proclamer la déchéance du roi , etc. Le secret fut livré, la veille de l'exécution, par un des conjurés, à lord Han'owby.
(a) Études sur l'Angleterre, t. II, p. 189. — La peinture que Tauteur fait de l'état déplorable des classes ouvrières, même agricoles, et du changement qui s'est opéré dans leur esprit, ne fonde que trop ce qu'il dit ailleurs : « Les désordres de 1843 (dans le comté de Kent, et les mouvements des iteheecaïtes dans le pays de Galles) ont pu cesser et l'agitation s'apaiser pour un temps; mais le feu d'une révolution sociale
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Il e«t assez probablf que de i84S à i85i les révolutiooDaires anglais auront progressé, surtout depuis qu'ils opt le bonheur de posséder au mi* lieu d'eux rétat^inajor de la Jeune Europe.
Un homme au regard prophétique écrivait en i8i5 : « J'ai l'œil sur TAnglelerre. Soyes; sûr que de ce pays parlira, un jour, quelque fusée à la Congrève qui nous donnera une belle illumina* tiQn(i)!i»
Aujourd'hui, sans avoir la vue d'un prophète, on peut dire à coup sûr aux Anglais : Prenez garde! Si, au lieu d'employer votre sagesse et vos ressources, encore si grandes, à prévenir et à empêcher la conflagration générale qui nous menace, vos gouvernants continuaient à se donner la triste mission de nous y pousser, l'embrase** ment n'aurait pas gagné la moitié de l'Europe qu'il éclaterait chez vous, et avec une violence irrésistible, attendu qu'il y trouverait la graisse de Funwers et une race de cyclopes pour l'attiser!
Passons aux États-Unis.
couYç sous la cendre et en- jaillira certainement un jour. » Ibiid,, p. 243.
(1) l^ttrçs 4e 9f. de Maistre» 1. 1, p. 3 11.
uvKs II, chafitur ix. i83