LIVRE ni, CHAPITRE ï. II
L'excellence d'un gouvernement consiste à se mettre dansTheureuse condition de gouverner le moins possible.
Vn. En èflfet, qu'est-ce que goui>erner? G*e8t 1° prescrire aux citoyens par des lois ce qu'ils doivent faire, ce qu'ils doivent éviter pour jouir des avantages de la vie sociale ; 2* tenir le glaive levé contre les ennemis de la tranquillité , soit qu'ils se présentent à la frontière sous forme d'armée, soit qu'ils surgissent à l'intérieur individuellement ou par groupes organisés en bandes ou en partis.
Le rfro/^ toujours en avant, ]^Jbrce toujours & Fappui du droit, tel doit être le gouvernement. Donc, le gouvernement qui devra faire le moins de lois, grâce à l'instruction et à la moralité de son peuple, et qui aura besoin d'employer le moins d'hommes et de fer pour sa défense au dedans et au dehors, sera, devant Dieu et devant les hommes sensés^ le plus honorable des gouvernements.
VIII. Qu'est-ce que le droit? Disons d^abord """"■^^■■■■^■^•^■^"^^■""•■■^^'^^^^■""^■■■■■■^■"■^■^■^^■■■■■■■■^^■"^^■■■^■■^^■^"^■^■■^
ch. VI. — Ce chapi^^e est très-beau , citons^n quelques lignes : « Gomme les démocraties se perdent lorsque le peuple dépouille les magistrats et les juges de leurs fonctions ; les mo* p^rchies §6 çprronipent, Iprsqu'qp ikk^ peu h pe|i \e$ |H*éro* gatiyes des corp^ ou le§ pfiyil^gÇ^ diçs yille?. Pans le pre-» mier cas, on va au despotisme de tous; <Jans l'autre ^ au despotisme d'un seul. »
ce qu*il n'est pas, ce qu'il ne pourra jamais être pour les peuples éclairés par le christianisme.
Le iiroit^ pris dans son acception la plus élevée, n'est pas ce que les jurisconsultes païens et leurs disciples modernes le définissent : Vexpression de la volonté du sous^erain {Jus id quod est jussum). Que le souverain soit un monarque égal à Salomon par le savoir et la sagesse ; que ce soit une assemblée choisie dans l'aristocratie la plus recommandable par les lumières et les vertus; que ce soit l'assemblée des élus de toute la nation , il n'importe ; la conscience chrétienne ne voit la que des volontés humaines sujettes à s'égarer; elle ne pourra donc appeler droit Je résultat de leurs travaux, qu'autant qu'elle le trouvera conforme, ou au moins non contraire, à nos principes de justice.
A plus forte raison , le droit n'est pas ce qu'il y a de plus embrouillé, de plus tortueux, de plus favorable aux roueries de la chicane; je veux dire l'immense recueil, ou mieux l'égout des décisions de tous les pouvoirs qui ont opprimé ou gouverné notre malheureuse espèce ,| depuis Romulus jusqu'à nous. Il y a, dans ce fumier, de nombreuses , d'admirables perles ; qu'on aille les glaner avec précaution; mais qu'on n'y cherche pas les bases du droit et de la législation , car on y perdrait infailliblement la connaissance de Dieu