‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 81 sur 151 · LIVRE III, CHAPITRE III. *il^rj · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE III. *il^rj

tiopi qui diffèrent par la langue, par les conditions territoriales et par tout ce qui s'epBuit? C'est de se souvenir que les gouvernements sont £sats pour les peuples, et non les peuples pour les gouvernements ; c'est de s'appliquer à maintenir entre qes nations les liens de l'union politique, sans jamail^ viser à cette unité d'administration qui con-y\w\- à peine aux États les plus homogènes. Les Assujettir au même régime, vouloir qu'elles vivent dâ la même vie 9 c'est vouloir ce que Dieu et la nature ne veulent pas : ce n'est pas les gouverner, c'est les mettre sous le pressoir, les bourreler stMpidement; c'est provoquer des catastrophes.

Certes, c'est bien assez pour les petits peuples que leur faiblesse les oblige à dévier de ce principe ; Vous ne pourrez point établir sur vous un roi dune autre nation , et qui ne soit pas votre frère (i). S'ils ont dû renoncer en tout ou en partie aii droit de se gouverner, ne faut-il pas du ipoins leur reconnaître le droit d'exister, de vivre de leur vie ? N'est-il pas de toute justice que le «iommatideoient leur arrive sous une (brmë intel*ligible, et que ce conimandement ne soit pas utie déraison dans les lieux où il ne doit recueillir que le respect?

(i) Deutéronome^ ch. xvii^ i5.

Sans doute, me dira-t-on, il faut conserver à ces peuples leur langue , et se borner à consolider l'union politique par l'unité de législation.

— L'unité de législation ! Comprenez-vous bien cela?

Qu'il y ait entre divers peuples réunis sous un pouvoir central, monarchique ou autre , certaines bases communes en matières de droit civil, cela est juste, et même nécessaire à leur union et à leur prospérité commune; mais qu'une même législation complète et quelque peu détaillée leur convienne, c'est chose impossible.

Contre ce principe d'uniformité législative, qui est comme l'idée fixe de nos hommes d'État , je pourrais invoquer les publicistes de toutes les écoles, notamment Montesquieu et Rousseau (j);

(i) Parmi tant de chapitres, les uns pleins d'erreurs, les autres vides, que renferme V Esprit des lois, il y en a de trèsbons, entre autres celui qui a pour titre ; Des idées d'uniformité. Gomme il est court, transcrivons-le ici. « II y a de certaines idées d'uniformité qui saisissent quelquefois les grands esprits (car elles ont touché Charlemagne), mais qui frappent infailliblement les petits. Ils y trouvent un genre de perfection qu'ils reconnaissent, parce qu'il est impossible de ne pas le découvrir : les mêmes poids dans la police, les mêmes mesures dans le comnierce, les mêmes lois dans l'État, la même religion dans toutes ses parties. Mais cela est-il toujours à propos, sans exception ? Le mal de changer est-il toujours moins grand que le mal de souffrir ? Et la grandeur du

Page 1