‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 82 sur 151 · LIVRE III, CHAPITRK iU · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRK iU

mais à quoi bon multiplier les citations et les raisonnements, quand il suffit d'un appel au bon sens de mes lecteurs?

Qu'est-ce donc qu'une législation, c'est-à-dire un recueil de lois civiles, où l'on ne tient pas compte des affections, des goûts, des mœurs, des coutumes, des besoins moraux et physiques , des înlérêls divers, et souvent opposés entre eux, de ceux auxquels ces lois s'adressent? — Ce sont des sinapismes, des espèces de moxas appliqués à l'âme et au corps de ces peuples; ce qui n'est pas, quoi qu'en disent les légomanes, un très-bon moyen de consolider l'union politique de ces pauvres écorchés.

Que peuvent produire des lois uniformes sur les articles capitaux des successions^ de la quotité et assiette de Vimpôty de Yimportation et de Vexpor^ tatioriy dans des pays où les conditions de la prospérité agricole, manufacturière, commerciale, loin d'être uniformes, diffèrent prodigieusement? — Elles ne peuvent produire que la gène, la souffrance, l'appauvrissement et l'ilotisme général des populations sous des gouvernements d'un despotisme illimité.

génie ne consisterait-elle pas mieux à savoir dans quel cas il faut l'uniformité, et dans quel cas il faut des différences?... Lorsque les citoyens suivent les lois, qu'importe qu'ils suivent la même ? » Liv. XXIX, ch. xviii.

a5o LA SCIENCE SOCIALE.

Or» comme des populations encore chrétiennes, au moins par les idées, ne peuvent pas croire à Fobligation de se laisser avilir et martyriser de toute manière, pour le bon plaisir de stupides bourreaux, il arrive que la Ugomanie des gouvernants engendre la légophobie dans les gouvernés; et que des populations jusqu'ici paisibles et amies de l'ordre finissent par écouter ceux qui leur disent ; Plt^ (Tuutres lois que celles que vous voudrez bien vous donner! Guerre à mort aux destruc* teurs des nationalités , aux grugeurs et déi^oreurs du paui^re petit peuple !

L'ignorance sur l'origine de nos révolutions est si générale et si profonde, qu'il ne faut pas craindre de rebattre ce sujet, ni de signaler à tous les regards les aveugles conducteurs qui , de près ou de loin , nous ont poussés et nous poussent encore pieds et poings liés aux abattoirs du socialisme.

UYBK III^ CHAPITRE IV. iSf

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