CHAPITRE iV
ou IVOUS A CONDUITS LE iÉPRIS OéNÉRAL DES PBÉBOGATITSS DE
« LA NATIOiVALITé.
La chrétienté européenne une fois brisée par les révolutions religieuses du xvi^ siècle^ et le yU caire du Père commun des peuples ne pouvant plus faire entendre sa voix dans les conseils de la politique générale^ les petites nations restèrent sans défense contre l'avidité des grandes.
Des souverains investis par le protestantisme du droit plus que divin de refondre le christia^ nîsme pouvaient'-ils se refuser le plaisir de ttioti« 1er à leur usage de nouveaux peuples avec les débris des anciens? Le martyre des nations et le mépris le plus insolent de leurD droits et libertés datent de cette époque (i).
(i) « En Angleterre, dit M. Balitiès, à partir de Henri VIII, ce qui prévalut, ce ne fut pas même la monarchie, mais un despotisnie si cruel , que ses excès n'ont pu être déguisés par
2 Sa LA SCIENCE SOCIALE.
Je ne dirai rien de Tainée des victimes^ de Tirlande, étendue dès lors sur le chevalet, et torturée incessamment par deux bourreaux, dont l'un semble redoubler d'énergie quand l'autre se repose : l'aristocratie anglaise et la famine. Je ne dirai rien de l'infortunée Pologne, écartelée par ses voisins, sans qu'il s'élevât une voix dans un siècle abêti par des philosophes qui ne parlaient que de justice et d'humanité.
J'arrive à la grande, à la solennelle, à la froide et pacifique immolation des nationalités, qu'offrirent, en j8i5, au génie des révolutions, en vue de l'apaiser, les soi-disant restaurateurs de l'Europe*
Respect aux intentions! Dieu seul en est juge; en attendant qu'il nous les manifeste au grand
de vaines apparences de formes impuissantes. En France , après la guerre des huguenots, le pouvoir royal se montra plus absiolu que jamais. Eu Suède, Gustave monte sur le trône, et, dès cet instant, les rois exercent un pouvoir presque illimité. En Danemark, la monarchie continue et se fortifie. En Allemagne, on voit se former le royaume de Prusse, et prévaloir généralement les formes absolues. En Autriche, Tempire de Charles-Quint s'élève avec toute sa puissance et sa splendeur. En Italie, les petites républiques disparaissent peu à peu , et les peuples, sous un titre quelconque, se rangent sous la domination des princes. Eu Espagne enfin , les antiques cortès de Castiile, d'Aragon , de Valence et de Catalogne tombent en désuétude. » Le Protestantisme comparé au catholi^ eisme, etc.^ t. III, ch. lxii.