‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 90 sur 151 · LIVRE Ulf CHAP1TK£ V. atk · texte numérisé non relu

LIVRE Ulf CHAP1TK£ V. atk

tude de choses, je choisirai pour exemple la nation que nous voyons constamment à la tête de notre marche civilisatrice et de nos écarts révolutionnaires. Je m^adresse à ceux qui ont bien étudié l'histoire religieuse , politique et civile de la France depuis la mort de saint Louis en 1270 jusqu'à 1789, et je leur poserai cette question :

Que pensez-vous quUl fut arrivé, pas seulement en France, mais dans notre Occident, si les successeurs de Louis IX, au lieu de renouveler les querelles allemandes du sacerdoce et de l'empire, eussent suivi la marche que leur avait ouverte le grand et saint roi par ses Établissements, sur lesquels il est bon délire Montesquieu (1)?

Quant à moi, voici ma conviction. Par un sage concert entre les deux puissances, on aurait obtenu, dès avant le xvi^ siècle, l'abolition graduelle des ferments révolutionnaires, soit ecclésiastiques, soit politiques et civils. — On n'aurait pas eu besoin de la tyrannie barbare de Louis XI , ni du marteau de Richelieu , pour abattre l'édifice féodal, et on n'aurait pas élevé sur ses ruines le despotisme monarchique.

Sans rien détruire de ce qui devait être conservé, sans faire disparaître ces franchises provin-

(i) Voy. les vingt derniers chapitres du liv. XXYIII* de y Esprit des lois»

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