‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 91 sur 151 · JO LA SCISKCB SOCIALE · texte numérisé non relu

JO LA SCISKCB SOCIALE

ciales^ et même ces pa/s cT états j dont Montesquieu admire te gouvernement sage et économique (i); sans établir une centralisation administrative ab* surde et oppressive, on aurait donné à la centralisation politique ses bases nécessaires.

On aurait établi une constitution judiciaire qui n'aurait plus permis à Défontaines de dire : llny a entre toi seigneur et ton villain autre juge fors Dieu (2); mais en nationalisant la justice, on se serait bien gardé de la gouvernementaliser.

On aurait assis la constitution financière sur une juste répartition de l'impôt, qui aurait fine par peser sur tout le sol, sans autre différence que la nature de celui-ci.

On aurait obtenu très-facilement Tunité de constitution militaire; moins facilement, la suppression des obstacles à la prospérité de l'agriculture, del'industrie, du commerce; mais, enfin, on aurait obtenu la commutation des dîmes et des redevances seigneuriales^ l'affranchissement du sol dans les limites de la sagesse, Funité des poids et mesures, quelques modifications aux règlements des corporations d'arts et métiers, mattrises et jurandes (institutions dont on peut maintenant apprécier l'importance sociale).

(i) LW. Xin, di. xn, (a) Ibid., ch. xxxié

UVEE III| CHAPITRE V. tà'Jl

I^'actioD religieuse , conservant sa liberté et secondée par une législation vraiment chrétienne^ aurait continué son grand travail d'assimilation sociale; elle aurait^ enfin ^ fait disparaître, non précisément la distinction des classes, mais ces préjugés de classes, qui ont été indubitablement la cause la plus impulsive de la révolution française (i). 11 est clair que le catholicisme vise à rennoblissement universel , et que sll condamne le sot orgueil des petits, il ne condamne pas moins le sot orgueil des grands^ conviant les uns et les autres à professer de cœur et de bouche ce dogme fondamental : Nous sommes tous des hommes de nécuUj destinés à jouir bientôt en commun de la

(i) « Cette jalousie de la bourgeoisie contre la noblesse, dît M. de Chateaubriand , qui a éclaté avec tant de violence au moment de la révoliition ^ ne venait pas de Tinégalité des emplois ; elle venait de Tioégalité de la considération* Il n*y avait si mince hobereau qui n*eût le privilège d'insulte ou de mépris envers le bourgeois, jusqu*à ce point de lui refuser de croiser Pépée. Ce nom de gentilhomme dominait tout. Il était impossible qu'à mesure que les lumières descendaient dans les classes mitoyennes, on ne se révoltât pas contre les prétentions d'une supériorité devenue sans droits. Ce ne sont point les nobles que Ton a persécutés dans la révolution; ce ne sont point leurs immunités d'eux-mêmes abandonnées que l'on a voulu détruire en eux : c'est une opinion qu'on a immolée dans leur personne ; opinion contre laquelle la France entière se soulèverait encore, si Ton essayait de la iaire renaître. » Études historiques f t. lY, p. 59a.

myauté de notre Père céleste, mais dans la mesure j pour chacun j de ses mérites personnels.

Si ce travail avait eu lieu, je n'ai pas besoin de dire ce que la France y aurait gagné en puissance et en liberté au dedans, en influence au dehors. Je suis même convaincu que la fille aînée de VEglise eût évité à sa mère, à l'Europe et au monde, l'incendie épouvantable du xvi® siècle; incendie qui trouva son prétexte et ses aliments , comme on sait, dans des abus que le défaut d'entente des deux puissances avait laissés naitre et empêchait de réformer.

Au lieu de cela, que vit-on? La royauté, recueillant seule l'héritage de la féodalité , mit la main sur toutes les libertés et dit : Il n'y en aura que pour moi! Les gens de loi, je l'ai dit ailleurs (et je n'ai rien dit que ne dise l'histoire), aidèrent puissamment le souverain dans cette œuvre d'absorption, par un esprit étroit d'hostilité contre le sacerdoce. Us restaurèrent , ou plutôt conservèrent le principe féodal et païen, que les droits quelconques des sujets découlent du prince (i). De l'universalité du droit royal ils déduisirent l'universalité de l'administration du roi; ils étendirent outre

(i) Montesquieu lui-inéme a dit : « £n effet ^ dans la monarchie, le prince est la source de tout pouvoir politique et civil. » Liv. II, ch. IV.

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