LIVRE III, CHAPITRE
un exemple, et je ne le choisirai pas dans la catégorie des lois qu'on peut appeler fondamentales, telles que la loi sur les successions. Je prends une loi de police forestière, la loi que la première Constituante française vota le 19 septembre 1791. De vieilles ordonnances royales avaient interdit aux propriétaires des bois le défrichement sans autorisation. Il est possible même que, dans quelques provinces , la puissance ecclésiastique fût venue en aide au pouvoir politique en mettant, comme dans mon pays, certaines forêts sous l'égide de l'excommunication. (Quel effroyable abus!)
La Constituante de 1791, qui comptait dans son sein de grandes lumières, mais qui malheureusement en comptait trop, jugea cette restriction au droit de propriété contraire aux intérêts de l'agriculture et attentatoire à ce qu'on appelait la liberté du sol. On affranchit donc les propriétés forestières, et il est probable qu'il n'eût pu se faire écouter, l'honorable député qui eût voulu combattre un vote désastreux par les considérations suivantes :
« Vous dites que le sol doit être libre? Oui, mais si la vieille hypothèque légale qui affecte ce sol n'était que l'expression d'une hypothèque naturelle et nécessaire au bien général, sei:aît-il sage de l'abolir? Peut-être le législateur universel a-t-il
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dii autrefois au va»t ; PorU-i»oi oes graines ^ur ! telle fliootagee; et oe^, Qoq pour s'amuspr; pas seuleroeot pour douoer upe magpifique cpiiroppe à oette tête chepue qui domine eipquaQt^ i^allé^i pas seuleinepf pour peupler cette triste solitude de millions de bétes fauves et d'habitapts de l'air; pas seulement pour les grandes élaboration^ çhir | miques dont nos savants commencent à entrer j voir Teustence et la portée (1); mais pour ceqt \\ raisons d'utilité générale, qui ne sont bien connues que de Celui qui connaît tout, et sur lesquelles je me borne à vous soumettre deux ou trois questions qui appellent une étude sérieuse.
<K Ne serait-il point possible, Messieurs , qup les fonctions providentielles de tels ou tels bois fussent de servir : i^ de paravent à tel pays placé peut-être à une grande distance ; a^ de paratonnerre cinquante lieues à la ronde; 3^ d'abreuypir aux cinquante vallées adjacentes; 4^ de mur d'appui à des terres qu'il est bop de laisser là} 5^ de rempart contre les inondations pour des milliers de villes, de villages, pour les riches cultures qui, de ces coteaux, s'étendent jusqu'à Tembouchure de tel fleuve, de teUe rivière, etc., etc.?
(i)iVoy,, entre autres, Leçon de clôture du cours de ehimk organique y lue à la Faculté de médeeme, en 1841^ par M. Dumas.
LiYm! lu» CHAPITRE VI. ay9
^ Si PM pperçu? pe SQ»t pf|i$ hp rêve , votre Ipi d'^ffnsinçli^sçîïjejit ^\>^q\u poprrflit être «np grond^f une irrépsimHp calamitç, P'içî ^cinquante apiSf voqp rendriez iqhabitable p^iiMtre unerichp CQptré^. Ççs tiçrre§ moptueqses, qouvertçs (Iq céj:^9)es À force de travail, et poiirris3apt vingt mille fîiqftilj^s, resteraient déspjéps, pu, emportées par ^es torriçpl^, el|ps ir^içqt ^ffamer vingt avitres mille iainijlçç vivant sur le riche sol enya)ii par lejs eaux. »
Cet bpm^ie n'aurwt çlit qi|e ce que poiis yoyqns, pt U p'eçt pas nécessaire qnç j'incjiqqe, sur la carte (4p Frappe et des pays yoisinsi \e^ résultats déjà
acquis de la loi de 1 79 1 ,
Que cppclqrç de là? Deux çhp^es : i"" S'il est 4es hpwmes pai^l^les d^ ftirP de bpnnes lois, ce dppt Hopsseau aimait k douter (i)^ pn ne saurait
(i) « Pour découvrir les meii)eures règles de société qui c^PVlepf^ewt ^^^ v^iiwh il fr^^raiç une inteUjgeiipe ^«p^rieure qui vît tpufes les passions dès hommes, et qqi n'en éprouvât aucune ; qui n*êùt aucun rapport avec notve nature^ H, qui la connût à fond ; dont le bonheur fût indiépendant de iiouç^ §t qui pourtant vpuli^t bien s'occuper di^ nôtre ^ cnÇn qui, d^ns }e progrès des temps se mé^i^geant une gloire éloignée, pût travailler dans un sièclç et jouir ^^i^s un autre* Il faudrait des dieux pour donner des lois aux fioranies... Le Iéçi§)ate|ir est. à tous égards, un hompne extraordinfiire dans rÉtat.,. Je regf^rdç les nations modernes. ^*y vois force faiseurs de lois et pas un législateur. » Contrat social, liv. Il ,
a8o LA SCIENCE SOCIALE.
user de trop de précautions dans le choix de ces hommes ; a** Le choix fait, il est essentiel d'éloi* gner de ces hommes tout ce qui pourrait troubler la sérénité de leur intelligence et de leur cœur.
11 faut à ces hommes un profond désintéressement, une parfaite droiture, beaucoup de bon sens, une grande hauteur^ profondeur et largeur de connaissances, de l'aptitude, du goût et du loisir pour la réflexion et les études spéciales, peu ou plutôt point d'éloquence.
Laissez l'éloquence au barreau : qu'il soit permis à l'avocat de mettre tout en jeu pour égarer vos juges; qu'il puisse intéresser le public au sort du conspirateur, du calomniateur, de Fempoisonheur, de l'assassin, de l'infanticide, du conjugicîde, etc., et couvrir d'odieux leurs victimes; si Vous trouvez cela bien, je ferai mes réserves, mais je ne disputerai pas. Mon idée, à moi, homme de sacristie, est que l'éloquence n'est bien nécessaire qu'au prêtre , pas pour phraser, mais pour remplir la plus importante et la plus difficile des mis-
ch. vil. — Considérations sur le gouvernement de Pologne, ch. II. — Très-bien, M. le sophiste I Mais quand la croyance et rhistoire de l'Europe démontrent que le ciel nous a envoyé un législateur vraiment divin, que penser de Técrivain qui , au lieu d'étudier la loi évangélique, Ta travestie et calomniée jusqu'à la mettre au-dessous de la loi des Lamas et des Japonais?