‹ La science sociale au point de vue des faitsChapitre 97 sur 151 · LIVRE iJI, CHAPITRE Vil. tlSg · texte numérisé non relu

LIVRE iJI, CHAPITRE Vil. tlSg

Us connaissent bien peu l'esprit de TÉglise, ils servent bien mal sa cause, qui est celle de Dieu et du genre humain , ils ignorent à fond son histoire, ceux qui lui prêtent, en matière de formes politiques, des préférences que rien ne saurait justifier. Occupée avant tout de la sanctification des âmes et de la réconciliation de tous les membres de la famille humaine sous la loi de leur Père commun, elle convie tous les chrétiens, tous leurs gouvernants, à la seconder, du moins à ne pas Fentraver dans cette œuvre divine et humanitaire par excellence. Ses bénédictions, les bénédictions du ciel, et celles des amis de Dieu et des hommes, sont acquises à tout gouvernement qui répond à son appel.

Quelle est la forme de gouvernement qui offre le plus de garanties à la liberté catholique, et dont l'Église a eu le plus à se louer? Tout homme versé dans l'histoire chrétienne conviendra, je pense, que c'est là une question des plus difficiles à résoudre, et dont il est sage d'abandonner la décision à Dieu.

Examinons maintenant, au point de vue de la politique chrétienne, l'influence absolue et relative des trois formes gouvernementales : monarchie, aristocratie, démocratie.

Quand je parle de monarchie et de démocratie gouvernantes, j'entends une monarchie et une

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aristocratie fixes et héréditaires* Il est asdêz cbnou qu'une tnodarchie élective est le plui yitiëiït^ le plus faible dés gouvernèmetlts, à faibins qU^ellè ne soil là simple présidetifce tidgère d'Utl goutël** nement fédéral aristocratique ou détnocrâtiqué. 11 est encore évident qu'une ât^iâtocrsltie rioil hé^ réditaire rentre dans la démocratie; car belle-d n'est pas prëciséhient le goUtërnettleui: dëé cldsâëê inférieures^ mais le gduvërtiëiiient de totift ; et si les masses populaires le domihent^ c'e^t ^jil'ëlled forment le grand tiombrë.

Pour sortir des nuages dé la tnétâpbyâîic|Ué et rester fidèle à notre méthode d'étudier les pHncipes dans les faits^ considérons les trdi^ grandes nations contemporaines où la monarchie, l'aHstocratie et la démocratie oilt le plus librement déployé leur pui^saticê : la France, l'Angleterre, les États-Unis.

Que la France ait été juàqti'id prdfdbdémetit monarchique, nul né petit le contester de bbilbe foi , à moins qu'il il'ait jamais lu Thistoire dé France depuis la fin du v* siècle jusqu'au ib décembre 1848. Natioil cofatjuérânte par la parole et par l'épée, elle a tbUjbui-s eu besoih de Tdnité dé parole, dé l'Unité dé commàhdéniént. Jamais elle n'a fait de grandéi; chosëà qu'à béttë 6dhditibh, jêunai^èllê ne s'ètl est éëartéé Éini i^èipèbev à f^rit*.

LIVftfe lit y CttAPltllE Vil. 291

Voyez dont! Qudhd, siir la fin de la J)!'ëitiière ràcè, leÉ l^oiâ doraiétit, iitî niaise cUrtinialldé. Quand, au commencement du xv® siècle, là maladie de Charïes YI et les divisidtiâ dei grands livrent le flàyà à l'étranger, uriè petite pà^sdbiie saisit le drdfiëaii hàtional et cotiduit rdi et grands à la délivrance. La Ft^tice ai-t-ellé jamais été si ttidnarcliiqué (Ju'etJ 1798, alors que, par Textrérae cdncentradon et râfïî'eUse énergie du pouvoir, Rbbespierre, à son itisu, la sauva du partage? Le monstrueux Uioiiar^ttë tombé , leè péntarquès là perdaient, quËtid l'aigle arriva, et fit ce que vous savez. C'est erlcorë Uli prince qu'elle a voulU se donner, alors qUe ses cotlstitdaiits lui otit dit: Tu n'auras plus de prince !

Maihtenant , j'adresse ceâ questions à tous [les républicains hoUriêteâ, français et autres :

Croyei-Vous bieil que la fratice ait à^rougll* de* vaht leâ autres nations de son passé historique et de la situation politique qu'il lui a faiife? trdyezvous qu'elle eût gagné à S'érigèr autrefois en république unitaire ou fédél^atlve; et, supposé que le géiiie national se fût prêté à cet établissement, pënsez-vous que la gratide république ou confédération eût résisté aux périls du dedans et du dehors, et qu'aujourd'hui il y eût une France?

Non, vous ne le pensez pas, vous ne pouvez pas

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le penser en face de l'hisloire. Convenez donc qu'il y a quelque vertu dans le principe monarchique.

Cette vertu consiste à rendre le pouvoir immortel : Le tvi est mort y vwe le roi! Un pouvoir politique que le principe d'hérédité met àTabri d'une mort périodique, des brigues et des coups de main de l'ambition ; reste sujet sans doute à beaucoup de faiblesses; mais^ avec toutes ses faiblesses, il est incontestablement plus fort que les pouvoirs soumis par l'élection à une perpétuelle métamorphose.

Avec un pouvoir dont nul ne voit la fin, il y a sécurité dans le présent, sécurité pour l'avenir, sécurité dans la tête, sécurité dans les membres. La sécurité du gouvernement fait que, au lieu de travailler pour ceux qui l'ont élevé et qui le soutiennent, et de lutter misérablement contre l'opposition, il s'occupe des grands intérêts nationaux, met dans les affaires cet esprit de suite, de maturité et de persévérance, sans lequel on ne fait rien de grand. Il sera mou, lâche, si vous voulez ; mais il ne déviera pas du but, et tôt ou tard il l'atteindra. Le même esprit régnera dans la nation. On ne s'y précipitera pas dans le progrès, mais cela n'est nullement désirable.

Avec des pouvoirs qui ne font que naître et mourir, peut-on attendre autre chose qu'une série

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