LIVRE III, CHAPITRE VII. aÇf
d'enfantillages et d'avortements? « Un gouvernement, dans de telles conditions, disait naguère un orateur politique, doit renoncer inévitablement aux pensées d'avenir, aux longues vues, à tout ce qui fait les grandes nations ; il sera condamné à vivre du jour au jour, peuple poussière, si je puis m'exprimer ainsi, agité par le vent de ses passions et par les passions ou les intérêts de l'étranger (i).»
C'est une pauvre liberté que la faculté de changer fréquemment de tête, c'est-à-dire,de n'en point avoir. Un petit peuple, dont toute la politique consiste à suivre le mouvement de la politique générale, peut se donner ce passe-temps; mais, pour une nation comme la France, la première des libertés, n'est-ce pas de rester ce que Dieu et les siècles l'ont faite, une nation extraordinaire^ destinée à jouer un rôle étonnant parmi les autres y et surtout à se retrouver à la tête du système religieux en Europe {%)? Par tout son passé bisto^ rique, la France est la nation unii^erselle. Depuis Charlemagne, elle a été chargée des affaires du monde chrétien. Si l'Europe l'a oublié, l'Asie s'en souvient; elle ne connaît encore les Européens
(i) M. O. Barrot dans son Discours, si remarquable , à TAssemblée législative, séance du 19 juillet i85i. (a) M. de Maistre, du Pape, discours préliminaire.
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que sous le ppu) de Frf)nc$; fit^ pqur rpi^umUwx CbmoU» la Frapc^ ^^t eppor^ I9 Càine çççùkniak.
Or, la première condition de Ymmrsalitéj q'uï Funitë, la ftxiié du ppuvpir. MaU , ppqr rendre le pouvoir fue, il pe spfRt pas d^ 1^ déclarer bérér ditaire^ inviolable , il faut le prémunir contre lea excès qui le perdent.
L'bistoire du iponde est malheHreuçeiqent pleipe d'assassinats de personnes royales; mais une royau; xé tuée par son peuple, sans qu'elle ait fait ellemême les apprêts de son supplice , je ne |a con? nais pas. Quand la monarchie périt phes^ une nation aussi monarchique que la France, il est ridicule d'en accuser les passions révolutionnaires. Les passions révolutionnaires n'éclatent qu'à la suite d'un mauvais régime, alors que le pouvoir politique a failli à sa mission de favoriser l'élan des nobles instincts et de comprimer les mauvais.
J'ai déjà dit quelque chose des fautes de la plus belle des monarchies ( 1 ). La conscience me reproche de n'avoir pas assez dit sur ime question qui importe beaucoup plus au présent et à l'avenir qu^au passé. Qu'on me permette donc de mettre en repos ma conscience.
(1) Voy- pl*^^ haut^ ch. V.
twjm m, cBiPiTHR vin. 39^1