I. - LES ORIGINES I»L' PEUPLE IIOVA
Les Hovas, les derniers des émigrés océaniens à Madagascar, y arrivèrent, il y a huit ou dix siècles tout au plus, et se fixèrent d'abord sur la côte Sud-Est. où ils avaient abordé. Mais ils ne tardèrent pas à souilrir du climat et de l'hostilité des populations voisines. Honnis et repoussés par elles, ils durent se réfugier sur les hauts plateaux de l'intérieur, où, après avoir vécu dans la faiblesse et l'isolement, ils s'accrurent insensiblement en nombre et en puissance, et finirent par constituer un État organisé, qui devait, au cours de ce siècle, se rendre maître de la plus grande partie de l'île.
Voici en quels termes une tradition indigène, très ancienne. très répandue parmi les tribus de l'Ouest, et que le R. P. Piolet déclare absoluu\eut digne de foi, rapporte l'origine et les progrès du royaume hova (2) : « Les Amboa-lambo i Hovas), dit cette légende, sont venus d'au delà des mers. Les vaisseaux qui les portaient se brisèrent sur la côte de Madagascar. Ces naufragés s"étaljlirent dabord près de l'Océan, sans se mêler aux ha]>itants du pays. La fièvre fit parmi eux de nombreuses ^^ctimes. Cependant il se multiplièrent peu à peu. et ils occupèrent la contrée.
(t) Voir le précédent article dans la Science sociale du mois dernier, juin 18î<5. (2) R. P. Piolet, Madagaacaret les Hovas, p. 205.
Les iudiîrènes en furent jaloux et leur suscitèrent d'abord do minces querelles, qui se clianeèrent ensuite en combats meurtriers. Les Amboa-lambo furent vaincus et presque exterminés. Or, un jour, après une san,i;lante défaite, ils prirent le parti de se retirer vers ]e centre de l'iie. Leur nombre était fort réduit, il n'y avait peut-être pas cent bommes en état de porter les armes. Ils partirent donc vers le désert avec leurs femmes et leurs enfants, à la reciiercbe d'une terre plus paisible et d'un climat plus salubre. Ils trouvèrent l'un et l'autre vers le centre du pays, oîi ils se fixèrent et se multiplièrent rapidement. Plus tard ils firent la iiuerre il leurs voisins pour s'emparer de leurs troupeaux et de leurs terres, et furent vainqueurs dans les combats cju'ils leur livrèrent. »
Comment une poignée d'hommes échoués ainsi sur une côte iiihos[)itahère, puis, après un jténible exode, transplantés sur un sol montagneux et presque aride, sont-ils parvenus non seulement à vivre, mais à se propager, à s'étendre, à dominer leurs voisins, à établir leur souveraineté sur le plateau central d'abord, puis finalement sur la presque totalité de l'ile? Tel est le problème que nous nous proposons d'étudier.
Si ardu que ce proljlème puisse paraître, la Science sociale va nous fournir le moyen de le résoudre. Il nims suffira, à cet eilet, de comparer la formation sociale des Hovas avec celle des tribus qu'ils ont rencontrées devant eux, une fois parvenus sur le plateau central, et de rechercher comment, dans ce lieu déterminé, s'est exercée, par rjqjport aux deux groupes de populations ainsi mis en présence, l'influence du mode de travail qui constituait l'art nourricier de chacun d'eux.
l>es Hovas, avons-nous dit précédemment, sont des .Malais. Venus par mer de l'archipel indien, leur lieu d'origine, ils sont arrivés à Madagascar dans toute la pureté de leur formation sociale primitive. On sait, en efiet, que les migrations par voie maritime, en évitant pendant la route aux émigrants tout contact avec les populations étrangères, les déposent, au point d'arrivée, absolument tels qu'ils se trouvaient au point de départ.
C est ainsi que les Hovas. parvenus à .Madagascar sur une flo-
tille de Ijaiques doubles, ont pu y prendre terre sans que leur formation malaise ait été en rien altérée par le voyage.
Or, ([ue sont les Malais? Ce sont des populations mongoliques, de couleur jaune, qui, descendues de Chine dans l'archipel malais par les vallées orientales de la péninsule indo-chinoise, ont été transformées par le séjour de plusieurs siècles qu'elles ont fait en ce lieu. [>es renseignements fournis sur elles par Ratzel (1), dans le savant traité d'ethnographie qu'il a publié sous le titre de Volkerkiindf, permettent de se faire une idée exacte des caractères de leur civilisation spéciale. Les Malais, tout d'abord, ont conservé avec soin l'organisation communautaire de la famille qu'ils avaient apportée de Chine. Ratzel constate que leur religion se résume presque tout entière dans le culte des ancêtres (p. i63 ) et il ajoute, d'autre part, que chez eux l'organisation fondamentale de l'État s'appuie d'une manière tout à fait évidente sur les liens de famille (p. 438j. Ces deux traits suffiraient, croyons-nous, à défaut d'autres preuves, pour démontrer le caractère communautaire de la famille malaise et mettre en relief l'analogie quelle a conservée avec le type chinois 2.
(Juant à la nature de leur travail nourricier, elle est très exactement définie par le même auteur : « Les .Malais véritables, dit-il (p. 372), même lorsqu'ils se sont établis dans une résidence fixe, sont portés par leur instinct, si toutefois cette résidence fixe est voisine de la mer ou d'un grand fleuve, à la vie maritime et aux branches d'industrie qui sont le plus directement en rapport avec la vie maritime. La pèche, le commerce et la piraterie répondent à leurs tendances favorites; l'agriculture n'est pour eux le plus souvent qu'un pis aller et ils ne se livrent jamais ou presque jamais à l'art pastoral pur. »
Sont-ils obligés de recourir aux travaux des champs , Ratzel constate p. 'i-lG; que « leur agriculture a pour objet premier le riz. Même l'élevage du bétail, là où il se produit, est en étroite corrélation avec la culture de cette céréale, car les buffles
,1 Ralzcl (D^ Friedrich I. Volkerkuiule, t. II.
(2 Voir, dans la Science sociale, sur l'organisation de la famille chez les Chinois, les articles de M. Robert Pinot (année 188G .
i'd tA SCIENCE SOCIALE.
(les Mtilais ont povir principal emploi de travailler les champs de riz. *>
Sont-ils libres de suivre leur penchant pour la vie maritime , Uatzcl nous apprend qu'ils s'adonnent immt'-diatement au commerce : « Le Malais, dit-il (p. i28i, a pour le commerce une inclination innée. »
Mais pour être commerçant, il faut avoir ([uelque chose à vendre. Le commei'ce est alimenté surtout par la fabrication. Les Malais seront donc fabricants. Et, de fait, nous lisons, dans l'auteur que nous venons de citer, qu'ils .sont habiles dans divcrees branches d'industrie , spécialement dans le travail des métaux. Nous devinons pourquoi ils inclinent vers cette branche particulière d'industrie : c'est sans aucun doute parce qu'elle fournit des produits d'un placement plus général. Ces ]n'oduits, qui ont une iirande valeur sous un faible volume, sont faciles à transporter par mer et trouvent aisément des acquéreurs sur tous les marchés. Ils constituent, parla même, un objet de commerce de premier ordre et on s'explique très bien pourcjuoi les Malais, étant de préféi'ence commerçants, et commerçants marins, ont choisi, entre tous les genres de fabrication, celui qui satisfaisait le mieu.v pour eux aux conditions du commerce maritime.
Il ne sufht pas (ju'un commerçant ait quelque chose à vendre, il faut aussi (ju'il sache le vendre. 11 doit être capable de se dominer, de manière à dissimuler à son client le désir qu'il a de lui voir acheter les marchandises qu'il lui présente; il doit savoir « faire l'article », il doit savoir séduire, éblouir le malheureux acheteur, et, au besoin, l'étourdir par un llux de paroles insidieuses. l»e toutes ces qualités propres au commerce, pas une ne fait défaut aux Malais. Nous savons par Ratzel (p. 378) qu'ils sont tous maîtres deux-mêmes, quelle que soit leur passion intérieure, qu'ils sont très polis et très bavards, et qu'ils ont un don de parole remarquable.
Mais ce ne sont point encore là tous les traits caractéristiques du commerce. Le commerçant entre quotidiennement en rapports, par suite de sa profession, avec les peuples les plus divers. Au contact des civilisations les plus variées et des mœurs les plus
MADAGASCAR. ''»'i
différentes, parfois même les plus opposées, son esprit doit forcément devenir plus ouvert et plus tolérant, son jugement plus large; et, appartint-il au type de famille le plus conservateur des anciens usages, au type communautaire, il sera peu àpeu conduit, par ce frottement de tous les jours, à abandonner au moins une partie de ses traditions héréditaires. C'est ce qui se produit dans le cas des Malais, dont les aptitudes intellectuelles, d'après l'auteur que nous citons, se manifestent d'une façon très particulière par une facilité remarquable à s'assimiler les éléments dune civilisation étrangère. Non seulement ils imitent les procédés de fabrication des peuples avec lesquels ils sont en relation , de manière à pouvoir leur offrir les produits que ceux-ci préfèrent, mais encore ils accueillent très volontiers toutes les doctrines et toutes les religions étrangères.
En faisant le portrait des Malais, nous venons de donner à très peu de chose près celui des Hovas. Il y manque cependant encore un trait essentiel. Rafzel, parlant de la navigation malaise, apiès avoir dit quelle se rattache à la navigation polynésienne et qu'elle s'effectue à l'aide de pirogues k balancier et de canots doubles, ajoute (p. 4.27) que c'est grâce à de tels moyens de transports que se sont faites « les grandes expéditions de commerce et de piraterie des Malais, qui ont été parfois des migrations de peuples ». Il faut retenir ces paroles. Klles nous livrent le secret de l'organisation primitive des Hovas.
Les Hovas, en tant que Malais, sont donc des rommunautaires et des rommeirnnts. xMais ils sont quelque chose de plus : ils représentent l'élément le plus actif, le plus entreprenant, de la société malaise. Ce nest pas pour se livrer seulement à un commerce un peu plus étendu que des communautaires quittent leur pays dans des conditions à peu près exclusives de tout espoir de retour. Il faut que les Hovas aient été poussés par un motif plus fort pour s'embarquer comme ils Vont fait, avec leurs femmes et leurs enfants, ([uitter la terre des aïeux et cingler à l'aventure vers une côte aussi lointaine que celle de Madagascar. Ce motif, Katzel nous permet de le deviner, lorsqu'il nous parle de ces grandes expéditions de commerce et de piraterie des Malais, ijui ont étf'
f;4 LA SCIENCE SOCIALE.
parfois des migrations de peuples. Il n y a point de doute, à nos yeux, que les Hovas n'aient été, non dos .Malais ordinaires, mais ^(^sMA\9.i% particulièrement organisés en vue d'expéditions lointaines de piraterie et de confjiiête.
Ils se trouvaient é\-idemment organisés d'une manière complète pendant la traversée. Aulle part moins qu'à bord d'un navire on ne peut se passer d'ordre, de discipline et de hiérarchie. Et ils conservèrent leur organisation lorsqu'ils débarquèrent à iMadag-ascar. Les difficultés spéciales de leur situation vis-à-^^s des indigènes leur en faisaient une nécessité étroite. Loin de se fondre avec eux, comme ils l'eussent fait tout naturellement s'ils n'eussent été cjue de simples colons isolés, sans arrière-pensée de domination et de conquête, ils restèrent unis, dit la tradition , et formèrent un groupe autonome. Tant qu'ils furent faibles, ils continuèrent à vivre à part; mais, peu à peu, ils se multiplièrent et menacèrent l'indéi)eudance de leurs voisins. C'est alors que ceux-ci s'émurent : ils comprirent que s'ils ne mettaient un terme au développement croissant dos nouveaux-venus, ils ne tarderaient pas à être vaincus et asservis par eux. Le conflit éclata, mais la lutte était inégale. Les Hovas encore trop faibles furent battus; ils prirent alors le parti de se retirer dans l'intérieur de Tile, et se dirigèrent vers le plateau central. C'est là qu'ils s'arrêtèrent et s'établirent. Quelles populations y rencontrèrent-ils, et dans quelles condition s'effectua leur établissement .' Telle est la double question •jui se présente maintenant à nous et dont la solution va nous révéler tout le secret de leur évolution sociale.
Un premier point est hors de doute, c'est que les Hovas, en arrivant sur le plateau do l'imérina, dans la région où s'élève maintenant Tauanarive, ne trouvèrent point ce pays vide. Il était occupé par une population appelée les Vazimbas fl). Qu'étaient ces Vazimbas .' Xous n'hésitons pas à répondre que c'étaient des agriculteurs. U sufiit de se rappeler ce que nous avons dit dans notre précédent article . lorsque nous avons présenté la desci'iption
(1 Eux-mêmes venus de la région sud-orienlale et océanienne de l'.^sie. comme tous les Malgaches, ainsi que nous l'avons fait Toir dans l'article précédent.
physique du plateau central malgache, pour se persuader que jamais l'hooime n'a pu y vivre des produits de la simple récolte. Ce plateau . il est vrai . était plus boisé autrefois qu'il ne l'est aujourd'hui, mais ce n'est là qu'une différence relativement secondaire au pointde vue qui nous occupe. La présence des bois, en régularisant le régime des eaux et en assurant un climat plus égal, rendait la culture plus facile et plus fructueuse, mais elle n'en supprimait pas la nécessité. Le sol granitique de l'Imérina n'a jamais pu donner des produits spontani'-s en <juantité suffisante pour alimenter tout un peuple. Les habitants devaient donc demander au travail de la terre les ressources que la nature refusait de leur accorder gratuitement.
Nous sommes d'autant plus fondés à considérer les Vazimbas comme des agriculteurs, que là où le plateau central de Madagascar a été respecté jusque dans ces derniers temps par les invasions postérieures et s'est conservé par conséquent dans son état originaire, nous le trouvons précisément occupé par des agriculteurs. C'est ce qu'il est facile de constater dans la partie de plateau qui conline immédiatement au sud de llmérine, nous voulons parler du pays des Betsiléos.
Les Betsiléos sont aujovird'hui tombés sous la domination de leurs voisins les Hovas, et leur organisation politique, a, par suite, été changée; mais leur organisation sociale, seul point qui nous impoite. est demeurée intacte. Or, voici comment ils nous sont décrits par les RR. PP. Abinal et de La Vaissière , (|ui les connaissaient parfaitement.
« Le Betsiléo, disent-ils (1), a généralement le visage plus noir que le Hova , ses lèvres sont plus épaisses , son nez plus aplati, son front plus bas; tout l'ensemble de ses traits accuse, en un mot. plus de grossièreté que chez son vainqueur de l'Imérina. Mais ila, en revanche, une stature plus haute etdes membres plus forts, mieux proportionnés. Le caractère du Betsiléo se ressent de son tempérament peu nerveux et souvent Ivmphatique. 11 est plus doux que le Hova; plus calme, et nest point
[\) R. P. de La Vaissière, Vbvjl ans à Madagascar, p. iO-il.
liortc aiu: mêmes spéculations véreuses. Le vrai hoiihciir pour lui runsiste à vivre au milieu fie ses propriétés, entouré d'une nombreuse famille qui le vénère, occupé à planter ses rizières, ses champs de maïs ou de manioc, et à se livrer tout entier au soin de ses nombreux troupeaux de bœufs.
« Comme intelli.e-ence. le Betsiléo semble suivre de fort près le Hova. Ou le remarque facilement dans les écoles, où ses enfants arrivent souvent à l'emporter sur leurs émules de l'Imérina. (le qui ne les empêchera pas, plus tard , eu raison de leur simplicité, de devenir les victimes de la rouerie des commerçants hovas. »
« Avant la conqutHe des Hovas, c'est-à-dire avant le commencement du dix-neuvième siècle, les Betsiléos. d'après le H. P. Piolet il), habitaient exclusivement dans des villes construites au sommet des montagnes et d'un très difficile accès. On n'y arrivait d'ordinaire que par un seul coté, tous les autres étant à ])ic et une triple enceinte de fossés profonds entovirant la ville et la montagne; précaution bien nécessaire à raison des guerres continuelles que les Betsiléos se faisaient entre eux, ou qu'ils soutenaient de la pari des Bara leurs voisins (2). Ces villes sont aujourd'hui presque toutes abandonnées par les habitants du pays , qui préfèrent se loger dans des fermes , généralement éparses au milieu des plaines, et entourées d'épais massifs de cactus épineux, vraiment inipénétraljles.
« Les Hovas se sont établis en grand nombre au milieu des Betsiléos, qu'ils envahissent peu à peu, et qu'ils dépouillent de leurs plus belles possessions. Nulle part, dans toute l'ile de Madagascar, leur administration n'est aussi oppressive, aussi arbitraire, moins conforme aux règles de la justice, et aucune autre tribu n'est exploitée comme ces malheureux et inoffensifs Betsiléos. Sous les prétextes les plus frivoles, les Hovas les dépossèdent de leurs terres, se les approprient et les font cultiver par des esclaves venus de l'Imérina. Ou bien, c'est par le commerce et l'usure qu'ils les ruinent et leur enlèvent tout ce qu'ils pos-
(1 R. p. Piolet, Madarjascar, sa description, ses habitants, |i. 323-325. (2; On i>eut comparer c<?tle siluation à celle des villages kabyles.
sèdent. L'a malheureux Betsiléo achète deux fois, trois fois, dix fois sa valeur, ce qu'un Ambohimalaza vient lui apporter en fait de toiles et de bibelots et ne peut le payer; ou bien, pour une cause quelconque, funérailles, impôts, etc.. il a dû emprunter à des taux fantastiques quelques piastres à son voisin hova, et il ne peut pas les rendre : alors on vend sa maison, son champ, tous ses biens à l'encan , le créancier les achète, et le Betsiléo est ruiné. »
Les lignes que nous venons de citer mettent en relief, de la manière la plus saillante, le contraste qui existe entre le Hova et le Betsiléo, c'est-A-dire entre deux tj^pes se rattachant à des méthodes de travail toutes différentes : d'un côté, le marchand, rusé et sans scrupule, qui arrive de loin après avoir beaucoup couru le monde; de l'autre, le cultivateur, honnête et facile à duper, dont les vues étroites n'ont jamais dépassé l'horizon l)nrné de son plateau natal.
Puisqu'il résulte de la force même des choses, c'est-à-dire des ressources naturelles du lieu et du travail qui y est appliqué, ce contraste a dû exister de tout temps entre les simples paysans, premiers occupants du massif central de l'ile, et les aventuriers, venus de la côte pour les exploiter. Le type des Vazimba, au milieu desquels, d'après la tradition, s'établirent les Hovas, à leur arrivée dans l'imérina, devait donc, tout 1 indique, être très analogue à celui que présentent aujourd'hui les Betsiléos, ces voisins des Hovas récemment envahis par eux.
La conclusion qu'il en faut tirer, et qu'elfectivement nous en tirons, c'est que la population actuelle de l'imérina, celle qu'on appelle communément et indistinctement le peuple hova, est formée en réalité de deux couches superposées de populatioiis : une première couche plus ancienne, qui était formé de cultivateurs, et une seconde couche plus moderne, qui a fini par recouvrir l'autre et par la dominer, et cjui était constituée par des industriels et des commerçants.
Longtemps on a cru que les premiers occupants, les Vazimbas, exterminés par les envahisseurs, avaient disparu sans laisser de traces. Cette hypothèse de la destruction complète de tout un