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rarchisée, qui possédait certainement un chef unique, et avait dû le conserver après son arrivée dans l'ile. pour lutter avec plus de discipline et de succès contre les populations hostiles de la côte Sud-Est. Cette tradition, un moment oubliée, reprend force. L'Andriana, héritier du titre du chef primitif, rend enlin à ce titre tout son prestige et toute son autorité.

Cet héritier du chef originaire régnait précisément dans la plaine marécageuse de Tananarive, où le besoin d'une autorité très ferme se faisait particulièrement sentir. Non seulement, en effet, cette contrée avait, comme les autres, besoin d'être protégée contre les agressions des voisins malintentionnés, mais elle réclamait en outre impérieusement, par suite des circonstances propres du lieu, l'exécution de travaux étendus de canalisation et d'endiguement pour l'aménagement et le bon entretien des rizières, travaux sans lesquels le pain quotidien aurait fait défaut à la population. Seul, un pouvoir fort, centralisé, disposant de larges ressources, pouvait entreprendre et mener à bien des ouvrages aussi importants. On se trouvait en présence d'une situation (juelque pou analogue à celle qui, dans l'antique Egypte, avait fait sortir l'unité de pouvoir du Pharaon de la nécessité de réunir en une seule main l'ensemble solidaire des services d'irrigation et des diverses branches des travaux publics. Le résultat, en tout cas, fut ici le même. Les Andrianas du voisinage passèrent peu à peu de l'état de petits chefs indépendants à celui de simples vassaux, de petits seigneurs dépendants, que leurs descendants occupent encore, et une royauté conçue , selon le type patriarcal, avec des pouvoirs absolus sans autre limitation que le respect des anciens usages, s'établit sur tout le plateau de l'Imérina au profit de la dynastie qui commandait à Tananarive.

C'est sous Andrianampoiniraerina , qui régna de 1787 à 1810, que ce nouveau régime prit une assiette définitive. Ce prince , d'après le R. P. Piolet, fut h tout simplement un homme surprenant, un de ces rois extraordinairement doués et complets, dont l'apparition suffit pour imprimer une vive impulsion à une nation, la jeter résolument dans les voies du progrès et parfois en faire un grand peuple. Bravoure, intelligence pratique, talent

d'administration et dorganisation, il avait tout pour lui, et c'est lui véritablement qui est le fondateur de Ihégémonie hova (1). »

C'est lui qui, le premier, eut nettement conscience du double but que devaient sans interruption poursuivre ses successeurs : au dedans, fortifier sans cesse le pouvoir royal, développer, en d'antres termes, la communauté d'État: au dehors, étendre les frontièresde son royaume jusquauvextrémités mèmesdelile. << Il faut que toute cette terre m'appartienne, s'écria-t-il le jour de son couronnement ; la mer doit être la limite de mon royaume. »

Au dedans, il régna avec beaucoup de modération et d'équité. <( Le gouvernement de ses États était remarquablement sage et prudent, avec une indépendance locale qui laissait aux (onpomcnah'lij et aux; chefs de village ou aux rois soumis une grande initiative et une véritable autorité ; et, en même temps, avec un pouvoir central fortement constitué, qui restait, en dernier ressort, le maître incontesté et toujours obéi. »

Il encouragea beaucoup l'agriculture. « Le riz et moi, avaitil coutume de dire, nous ne faisons qu'un. » .Vux nécessiteux qui venaient lui demander de l'argent, il remettait d'abord une bêche, en leur disant : » Travaillez et le sol vous nourrira; le paresseux devient nécessairement voleur. » Il avait toujours une récompense pour ceux qui lui apportaient les produits agricoles les plus beaux, et l'un de ses plus cliers conseiliei-s, Hagamanity travailla si bien un seul pied de manioc , le fuma avec tant de soin, qu'il en retira, en l'arrachant, la charge de huit hommes.

« Il avait déjà fait refaire, au commencement de son règne , les digues de l'Ikopa. Il nuiltiplia partout les travaux de cette nature. Tananarive était en olfet, en ce temps-là, comme un ilôt rocheux, une montagne isolée, perdue au milieu d'un immense lac, ou, pour parler plvis exactement, d'un immense marais, formé par les eaux de l'Ikopa recouvrant les plaines voisines. l'ne double digue de trente kilomètres de long fut construite en terrassements, large, élevée, solide, et c'est ainsi que furent créées les immenses rizières qui font face à la ville du côté de

(1) R. p. Piolet, Madagascar et iex Hovas, p. 214.

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