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LE SIXIÈME CO.VGRÈS INTERNATIONAL DES MINEURS, A PARIS

défendent la proposition de la Miners' Fédération, disent qu'en Angleterre les règlements des mines sont établis par des comités mixtes où les ouvriers sont représentés, et que si les mineurs enfreignent les règlements, les patrons ne peuvent être tenus pour responsables. Mais la loi anglaise oblige l'ouvrier à prouver que le patron a été coupable de négligence, alors que ce devrait être au contraire au patron de prouver qu'il n'était pas eu défaut. Enfin la loi permet le contractincj ont (c'est-à-dire un contrat par lequel l'ouvrier s'engage à ne rieu réclamer de son employeur s'il est victime d'un accident); M. Parrott et après lui M. Edwards, protestent contre cette tolérance qui, espèrent-ils, cessera bientôt (1).

M. Bunte, Allemand, dit au contraire que la proposition française ne va pas assez loin, et que le patron devrait être toujours responsable, même dans les cas de suicide, parce que si un ouvrier se suicide, c'est qu'il y est poussé par la vie misérable qu'il mène. Enfin M. Lamendin prononce un discours violent dans lequel il y a néanmoins une idée juste : c'est que les ingénieurs de l'État chargés de contrôler les ingénieurs des compagnies minières

viw, une corde usée, une machine qu'il a fallu nelloyev en inouvenienl, un (lersonnel insuflisant ou écrasé de Iravail. elc, toutes causes secondaires qui se rattachent à une cause première et unique : la caisse à remplir coûte que coûte. C'est à la caisse, par suite, qu'il faut frapper... Pour décider la gent patronale à prendre les mesures de sécurité nécessaires, il faut que l'i-crabouillement de ses machines humaines lui revienne plus cher que leur sauvegarde, ("est pourquoi il n'y a pas a faire le moindre fonds sur « l'obligation légale pour les patrons d'assurer leurs employés » que quelques-uns ont mise en avani comme un remrde souverain... L'établissement d'une tt assurance sociale » auquel s'est arrêté un des derniers congrès l'ossihilistes serait plus désastreu.v encore. Un pareil « service public u, s'il pouvait jamais être installé en régime capitaliste, loin de restreindre et de prévenir, multi|i|ieruil et provoquerait les boucheries ouvrières. » [Programme du parti ouvrier (marxiste^, ses considérants et ses articles, par Jules Guesde et Paul I.afargue, 3' éd., p. Ih-'/fj).

(I i Nos lecteurs seront certainement frappes du caractère pratique et modéré des revendications anglaises. Le fait suivant en est encore une preuve. Le 5 juin à la séance du matin, on annonce au congrès que la veille avait eu lieu, dans le district de Fife, en Ecosse, un accident causant la mort de neuf mineurs. M. Haslam. délégué anglais, en présentant une adresse de condoléances, explique qu'en .\.ngleterre, après chaque accident, il y a une enquête publique faite par un jury de treize membres, mais qu'en Ecosse l'enquête est faite par un fonctionnaire et est tenue secrète. Aussi, dans son adresse de condoléances, M. Haslam ei]irime le rœu que la législation anglaise soit appliquées l'Ecosse. Pas un mot à l'adresse de la « gent patronale >. et de la « rapacité capitaliste >.

sont souvent négligents; c'est un fait que la dernière catastrophe de Montceau-les-Mines n'a que trop prouvé. Aussi réclame-t-il la responsabilité des patrons dans tous les cas, sauf celui de suicide.

On vote d'abord sur la proposition anglaise. Tous les délégués anglais, sauf ceux du Durham et du Northuniberland qui votent contre, se prononcent en sa faveur, ainsi que tous les délégués continentaux à l'exception d'un Allemand. Un malentendu s'est en eflet produit. Les délégués continentaux n'ont considéré que le texte imprimé delà proposition de la Mine/s Frcleration (c'està-dire sans l'adjonction des mots « sauf le cas où l'ouvrier par sa négligence aurait contribué à l'accident »), et ils ont voté pour. Les délégués du Durham et du Northuniberland ont voté contre, pour la même raison. Au contraire, les délégués de la Frderation ont estimé qu'après les discours de leurs orateurs il n'y aurait pas de malentendu, et ils ont voté pour leur proposition amendée par le membre de phrase non contenu dans le texte imprimé.

On vote ensuite sur la proposition française, à laquelle donnent leurs voix tous les continentaux et un certain nombre d'Anglais, mais la grande majorité de ces derniers s'abstient. Ceux des Anglais qui ont voté pour la proposition française ne font, bien entendu, qu'exprimer une opinion personnelle.

l'ne dernière proposition faite par les Français était inscrite à l'ordre du jour, elle demande » l'application au travail des mines (lu meilleur système hygiénique connu », et elle est votée à l'unanimité des délégués des quatre nationalités.

Entin, après avoir choisi les membres du nouveau Comité international pour 1895-96, le congrès a clôturé ses séances le vendredi soir, 7 juin. Ce même soir, le groupe parisien du parti ouvrier marxiste) a offert aux membres du congrès un punch sous la présidence de M. Paul Lafargue. La grande majorité des délégués anglais ont brillé par leur absence à ce punch; les autres, à l'exception de deux ou trois socialistes, déclaraient hautement n'être venus que par pohtesse, et sans faire la moindre attention aux idées politiques des organisateurs.

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