LA SITUATION COMMERCIALE ACTUELLE E.N FRANCE
(jui ont émis à 5 francs, par exemple, des écus qu'il leur faudrait reprendre à ce prix contre de For, en perdant 50 à 00 ^ ou davantage.
Cependant, il est bien certain, d'après tout ce que j'ai exposé, que le règlement de notre question douanière est lié étroitement à celui de laquestion monétaire, etne saurait se faire séparément. Comment faut-il donc s'y prendre pour trancher la difficulté préalable de la crise monétaire? J" ai indiqué ailleurs une combinaison dont je n'ai vu nulle part une critique décisive <l'). Je suis donc autorisé, jusqu'à nouvel ordre, à la recommander à l'attention des spécialistes. Cette combinaison consiste dans la création dune monnaie internationale destinée à régler exclusivement les échanges entre les divers pays et qui aurait, par conséquent, pour effet de supprimer l'agio. Je voudrais qu'on me démontrât d'abord son impraticabilité, s'il y a lieu, qu'ensuite on cherchât quelque chose d'acceptable, caril est évident qu'avec le régime actuel nous nous traînerons de crise en crise , d'expérience en expérience, sans réussir jamais à recouvrer la stabilité et la sécurité qui sont si nécessaires aux affaires industrielles et commerciales. Il faut faire quelque chose qui réponde aux besoins des relations internationales sans troubler les situations intérieures des divers pays, sans imposer de trop lourds sacrifices aux trésors publics. Voilà bien le problème; il est fort difficile à résoudre, cela est certain. Je ne crois pas qu'il soit impossible de le régler, étant données les circonstances générales du moment.
Léon PoixsARD.
(1) V. Revvedc Paris, loc. cit., et la Question monétaire, p. 224 et s.