‹ La scoliose: dans le mal de PottChapitre 11 sur 24 · AL | RIRE · texte numérisé non relu

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les malades au lit, et à les faire reposer le plus possible.

Si l’on place le malade dans cette position pendant un certain temps, qu'il ne sera pas nécessaire de prolonger outre mesure pour confirmer ou infirmer un diagnostic douteux, on verra, s’il s’agit réellement d’un mal vertébral en voie d'évolution, les déviations latérales. du rachis disparaître ou être améliorées d'une façon notable. Les vertébres malades n'ayant plus de poids à supporter, les phénomènes d’irritation seront amoindris, les douleurs disparaitront, les contractures musculaires seront diminuées ou abolies, et ces courbures, que l’on constatait quand l’enfant était debout, céderont à ce repos forcé de la colonne vertébrale.

De semblables faits ont été observés par Lowett, qui résume dans Boston Medical and Surgical, journal de 1890, deux observations concluantes :

A) Une jeune fille de dix ans estvenue à Childrens” Hospital avec une déviation latérale de 80,se présentant dans le mal de Pott, et ce cas était exceptionnellement grave. Elle fut mise au lit, munie d'un appareil à extension et des mensurations furent prises toutes les semaines dans la station verticale.

La difformité a diminué progressivement depuis la 1re mensuration,et dans l’espace de cinq semaines a été réduite de 80 à 20.

B) Un garcon de 5 ans, vu à la même époque avec une semblable difformité. fut traité de la même manière à Samaritan-Hospital, et,après 5 semaines

No d'un décubitus constant avec extension, la difformité était réduite de 80 à æ.

Il conclut ainsi: « Ces cas ont été si longtemps traités par le décubitus, non parce que c'était absolument nécessaire, mais pour observer la rapidité de la guérison. »

S'il s'agit d’une scoliose essentielle, obtiendronsnous par ce moyen des modifications aussi rapides et des améliorations aussi marquées ? Assurément non. On n’a plus affaire ici à des courbures provoquées seulement par des contractures musculaires, mais à de véritables vices de structure, acquis ou provoqués dans la configuration anatomique des vertébres elles-mêmes,des ligaments et des disques intervertébraux.

Il y a bien des contractions des muscles chargés de maintenir l'équilibre du rachis et du tronc, contractions de certains groupes qui prédominent sur les groupes antagonistes et dont la synergie doit concourir à la stabilité normale ; mais ces contractions n'étant point sous la dépendance d’un spasme douloureux, dû à une irritation localisée, ne cèderont pas à ces mêmes moyens, qui, dans le mal vertébral, ont pour but de supprimer la cause essentielle, c'est-à-dire les phénomènes d'’irritation. Aussi verra-t-on, au contraire, ces déviations franchement scoliotiques, non -seulement persister malgré le décubitus dorsal, mais encore suivre leur marche chronique et progressive.

Nous ne voulons pas dire par là que danscertains cas de scoliose, au début, la position horizontale ne

a TT pourra venir en aide à aucun autre traitement approprié, mais jamais les résultats obtenus ne revêtiront le caractère d'amélioration considérable et Surtout presque subite qu'elle présentera, s'il s’agit d'un mal de Pott en voie d'évolution.

Nous ne voulons pas terminer ce travail sans parler d’un faitdont le diagnostic est des plus embarras- Sants : nous voulons parler du mal de Pott venant se greffer sur une scoliose.

Nous allons esquisser rapidementune observation reproduite dans Ja thèse de Badin.

Madame veuve C... est âgée de 48 ans, et se présente le 14 mars 1895, à la policlinique de Bordeaux, avec une déviation de la colonne vertébrale qu’elle a constatée depuis deux ans.

Interrogée sur ses antécédents héréditaires, elle nous apprend que son père, âgé de 84 ans, et sa mére, de 74,vivent encore et sont bien portants. Elle a sept frères ou sœurs qui jouissent d'une parfaite santé.

Elle n’a jamais été malade. Mariée, elle a eu quatre filles qui sont bien portantes.

A l'examen, on constate des douleurs en ceinture excessivement vives,augmentées par la pression sur les côtes et les apophyses épineuses.

Une cyphose très prononcée occupe toute la partie supérieure de la colonne dorsale. Gibbosité très manifeste au niveau des 5°, 6e, 7e dorsales. Déviation latérale du rachis, avec convexité droite dans la région dorsale, courbure de compensation à convexité gauche dans la région lombaire. |

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Le bassin présente une déviation très prononcée.

L'épine ilfaque antéro-supérieure droite est portée en haut et en avant.

On constate aussi une inégalité de longueur des membres inférieurs. Le membre inférieur gauché, de la malléole externe au grand trochanter, mesure 67 centimètres, le droit, 73 centimètres.

La malade nous dit que dans Sa jeunesse elle a présenté de la scoliose, et qu’elle s’est toujours aperçu que sa hanche droite était plus développée que la gauche.

Que devons-nous conclure de ce fait? C’est que nous nous trouvons ici en présence d’une scoliose ancienne, nullement symptomatique d’un mal de Pott, qui est venu se greffer tardivement sur la premiére affection. Cette scoliose à présenté un point de moindre résistance, au niveau de la jonction des deux courbures. En ce point, un processus morbide a évolué lentement, et a donné lieu à la formation d'une gibbosité très manifeste, symptôme non équivoque d'un mal vertébral.

On devra s'inspirer, pour le diagnostic, de ce que nous avons dit plus haut, et rechercher avec le plus grand soin les troubles nerveux et les abcès par congestion, pathognomoniques du mal vertébral.

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