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phénomènes, qui apparaissent rapidement dans la scoliose essentielle. On a plutôt l'impression d’un déjettement en masse sur un côté, d'une inclinaison du tronc sur le bassin. La photographie que nous avons annexée à ce travail, rend bien compte de ce déjettement en masse.
Dans la majorité des cas, cette attitude vicieuse est permanente, et s'accompagne d’un certain degré de raideur du dos. Lorsque l'enfant marche ou exécute des mouvements, on est frappé de son manque de souplesse. La colonne toute entière est transformée en une tige rigide qui se meut tout d'une pièce. C’est au moyen de ses articulations-du bassin et des membres inférieurs que le malade exécute les mouvements qui, normalement, exigeraient la participation des articulations de la colonne. Veut:il ramasser un objet à terre, on le voit fléchir les jambes et incliner son bassin, en faisant Jouer d'une façon anormale ses articulations coxo-fémorales. L'inclinaison de côté ou en arrière est également gènce.
Le malade accuse des phénomènes douloureux qui sont localisés tantôt dans l'abdomen, tantôt dans les membres inférieurs, tantôt dans la colonne vertébrale et qui sont accrus par la marche et le saut au point de rendre ces derniers mouvements impossibles. Mais il est des cas dont notre observation 8 est le type dans lesquels ces symptômes douloureux font défaut, L'enfant marche, court, saute, garde une certaine souplesse de son rachis. Les seuls signes caractéristiques sont alors l'attitude
SNOT TUE
vicieuse, une démarche un peu hésitante et de la faiblesse des jambes qui se traduit par des chutes fréquentes.
Nous voudrions mettre en relief ce fait que la coexistence de la déformation du dos avec cette démarche est un élément sérieux de probabilité en faveur du mal de Pott, alors que tous les autres signes font défaut.
Ces déformations du dos disparaissent à peu près toujours lorsque l'enfant est au repos depuis un certain temps, mais elles réapparaissent promptement pendant la station debout et la marche.
b) Pathogénie. — Quelle est la cause de ces déviations latérales au début ? « Leur variabilité, leur disparition rapide sous l’influence du repos nous permettent d'éliminer les altérations osseuses ou les vices de structure que l’on rencontre dans la scoliose idiopathique. Il n’y a pas, en effet, de déformation des surfaces articulaires, ni des ligaments, pas plus que de diminution de hauteur des corps vertébraux dans le sens de la concavité.
Nous avons donc affaire à ce genre de déviations que Bouvier a si bien décrites sous le nom d’attitudes.
A la contraction musculaire seule, doit être rapportée la cause de ces attitudes. Sous l'influence de la lésion tuberculeuse, en effet, il se produit un spasme d’origine réflexe, immobilisant la colonne vertébrale de façon à empêcher les mouvements douloureux. Cette vigilance musculaire, intervenant
2 4: — pour immobiliser une région malade, est d'uilleurs constante en pathologie.
Pareil phénomène se produit dans les affections douloureuses du cou. Dans les phlegmons, dans les adénites cervicales, par exemple, la tête s'incline du côté malade, l'épaule s'élève, la torsion du cou s'établit, la déviation est complète et portée quelquefois au plus haut degré. Néanmoins, il ne s’agit que d'une attitude vicieuse, provoquée par la douleur à laquelle le malade cherche à se soustraire et qui disparait avec celle-ci.
L'existence de ces contractures a, du reste, été bien mise en évidence par Besson, dans sa thèse. Cet auteur rapporte plusieurs cas de déviations de la colonne vertébrale, consécutives à des altérations rénales aiguës et il montre le rôle joué par le spasme musculaire,
Sans doute, les cas qui nous occupent ne sont pas absolument identiques. Il ne s’agit pas ici d’une inflammation aiguë, les phénomènes deuloureux ne sont pas intenses, ils peuvent même ne s'être pas encore produits. Mais il n’en existe pas moins dans le corps des vertèbres une lésion sourde qui irrite les filets nerveux sensitifs et provoque la contracture. N'est-ce pas là un phénomène analogue à celui qui se produit chez les sujets atteints de coxalgie ? Jci aussi l'articulation estencoreindemne, les lésions sont cantonnées dans la profondeur de la tête fémorale, et cependant les plans musculaires avoisinant l'articulation sont immobilisés pas un spasme qui
NTI interdit tout mouvement au membre inférieur malade.
Il n'y a donc pas de doute, le spasme musculaire est le seul agent de ces sortes de déviations.
Mais quand le dos, malgré sa déviation, a conservé sa souplesse, on ne peut guère invoquer la contracture musculaire, qui, alors, produirait la rigidité de la colonne. L'interprétation pathogénique est des plus difficiles, on ne peut guère que raisonner par analogie et rapprocher ces faits de ceux qui se passent au début de la coxalgie alors que la contracture musculaire n’existant pas encore, on voitle membre se placer spontanément en abduction et en rotation en dehors.