OBSERVATION II
(Recueillie dans le service du Docteur Froment.)
H. R., 27 ans, ajusteur. Syndrome parkinsonien sans antécédents encéphalitiques nets.
Début des symptômes parkinsoniens en décembre 1923.
EXAMEN DU 23 FÉVRIER 1924 : L'aspect du malade est très figé, le régard vif. La parole lente, les réponses traînent un peu. La marche est lente, solennelle, au cours de celle-ci les membres supérieurs en demi-flexion sur l’abdomen restent immobiles, ainsi que la tête légèrement fléchie en avant. Tremblement vibratoire typique disparaissant dans les mouvements volontaires. Le malade passe par des phases d’une dizaine de jours où ce tremblement s’accentue, puis par des phases de calme.
Réflexes rotuliens et achilléens vifs. Pas de clônus. Babinski en flexion. Réflexe tricipital normal, Si l’on recherche les signes de l’hypertonie parkinsonienne, on doit reconnaitre qu’ils sont discrets : roue dentée variable mais nette au membre supérieur droit; il est difficile de s’en rendre compte dans les mouvements rapides. Signe du ballottement obtenu du côté droit. La résistance des antagonistes élastique et: constante apparait très nettement sur le triceps et le biceps. Pas de constatation nette pour le réflexe de posture. Salivation et sueurs abondantes, l’état mental ne semble pas altéré. L'écriture est très malaisée,
Du début d’avril au 18 juin 24, le malade a reçu une piqüùre de 0 gr. 0005 de scopolamine tous les deux jours.
EXAMEN DU 18 JUIN 24 (épreuve de la scopolamine) (la dernière piqûre remonte au 16). — Signes à peu près identiquement superposables aux précédents. Cependant le tremblement est dans une période d’accalmie. L'état général est bien conservé l’appétit est parfait, le sommeil est bon. Pouls à 80.
15 minutes après injection de 0 gr. 0005 de scopolamine : le malade accuse des vertiges et bourdonnements d’oreille qui l’ont obligé de s’étendre sur son lit. Pouls à 80. Les phénomènes un peu pénibles durent une heure et demie environ,
2 heures après : la parole est moins malaisée, on comprend mieux le malade ; la roue dentée de la pronation droite semble s’effacer. La marche est toujours lourde, mais les mouvements associés réapparaissent. La bouche est sèche, plus de sueurs, L'écriture est bien plus facile, Pas de modification appréciable des réflexes.
24 heures après : le malade est toujours sous l'influence de la scopolamine dont l’action commence cependant à décroître.
48 heures après : état semblable à celui d’avant la piqûre. Nouvelle injection de Scopolamine,