OBSERVATION IV
(Recueillie dans le service du docteur Froment.) B. B., 19 ans, Parkinson post-encéphalitique.
Antécédents encéphalitiques très nets en octobre 21. Début de l'affection actuelle en février 1923 par des troubles de lasmarche
EXAMEN DU 1° DÉCEMBRE 1923 (épreuve de la scopolamine) : aspect très figé. Faciès pleurard. La raideur est le phénomène dominant et est généralisée à tout le corps, rendant la marche assez pénible quoique possible. Il est dans
l'impossibilité à peu près absolue de se servir de ses mains. Pas de tremblement, sauf au niveau de la langue. Perte totale des mouvements associés. Les mouvements passifs rapides se heurtent toujours à la rigidité. Roue dentée très nette dans la flexion de l’avant-bras. Salivation très abondante. Cœur normal. ]
On fait une injection de 0 gr. 001 de scopolamine : il n’a été fait jusqu’à présent que 0 gr. 00025 et 0 gr. 0005.
20 minutes après l'injection : pas de modification.
45 minutes aprés l'injection : le malade paraît obnubilé, il voit trouble, est comme assoiffé, il se plaint de céphalée, il est obligé de se coucher.
2 heures après : toujours étendu sur son lit, en un état de demi-sommeil. Répond mal aux questions. Ne se plaint pas. Pas de modification nette de la contracture. Salivation tarie.
Ce n’est qu’au bout de 7 à 8 heures que cette phase d’intoxication commence à se dissiper, la dose paraît avoir été un peu forte. Le malade à ce moment déclare se sentir tout à fait bien. Il peut se servir de sa main droite, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. On ne retrouve plus la roue dentée ni le signe du ballottement, les mouvements associés ont réapparus. La marche est bien plus souple qu’auparavant,
Chez ce malade l’action se poursuit durant tout le lendemain de l'injection et il ne revient à son état primitif que 48 heures après.