AUTRE
LES PHASES D’INTERRUPTION. — Le mode d’administration généralement recommandé est de poursuivre : le traitement durant 12 ou 13 jours, puis d’interrompre quatre jours.
Mais, bien souvent, il est difficile d'appliquer cette règle, car le malade essaie de tricher par tous les moyens en son pouvoir. En effet, au bout de ces quatre jours, tous les symptômes ont repris leur plein cours. Et ce malade qui, avec sa scopolamine, pouvait avoir au moins un embryon d'activité, est obligé de rester confiné au lit, bienheureux encore s’il peut s’alimenter seul. On conçoit des lors que certains parkinsoniens tiennent à leur scopolamine, au moins au-
tant que le morphinomane à sa drogue.
Aussi bien semble-t-il que l’on ait intérêt pour le faire accepter plus facilement au malade, de rapprocher les périodes d'interruption, mais, par contre, d’en diminuer la durée : par exemple, sept jours de scopolamine et deux jours d’arrêt.
D'ailleurs, cette interruption est-elle, même, absolument nécessaire ? Le malade de l’observation II n’a pas eu de coupure dans son traitement depuis bientôt près d’un an, sans que son état général soit altéré ; et pourtant il est à l’heure actuelle à un
milligramme et demi journalier.
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$ 2, — Les associations
Il était intéressant d'examiner si on tirait un bénéfice d’associer la scopolamine à d’autres corps. Diverses combinaisons ont été essayées avec des résul-
tats variables.
AVEC LA TEINTURE DE JUSQUIASME. — Cette association étudiée par MM. Rebattu, Dechaume, Mollon et Sédaillan, surtout par la voie gastrique, ne s’est pas montrée d’une grande efficacité. Dans cette combinaïison, la teinture de jusquiame semble agir surtout sur les douleurs, quand elles existent. D’autre part, sous son influence, le malade semble beaucoup plus enclin au sommeil qu'auparavant. Les doses habituellement employées ont été de 15 à 20 gouttes per os par jour. L’accoutumance semble d’ailleurs se faire assez facilement par cette voie gastrique.
AVEC LE SULFATE DE MAGNÉSIE. — Le sulfate de magnésie a été employé par Artault de Vevez dans le traitement de la maladie de Parkinson. Puis, Paulian et Brauner de Bucarest combinèrent son action à celle de la scopolamine. En sus de la piqûre de scopolamine aux doses habituelles (0,001 milligramme), ils injectent par voie rachidienne deux eme de la solution à 25 pour 100 de sulfate de magnésie. Ils ont remarqué que ce dernier corps ainsi employé a pour effet de diminuer le temps qui s'écoule à partir
de linjection de scopolamine jusqu’à ses premiers
+740 — effets et d’autre part qu’il prolonge son action de 2 à 8 heures suivant les cas. L’inconvénient de la méthode résulte de ce fait que pour un bénéfice qui ne semble pas énorme, on est obligé de recourir à une injection intrarachidienne, pas toujours commode à manier dans tous les milieux.
AVEC LA STRYCHNINE. — La strychnine ne nous a pas semblé renforcer sensiblement l’action de la scopolamine. Avec les doses employées (0,002 milligramme), nous avons vu une très légère exaltation de la réflectivité. De pius, la phase perturbatrice de l’action de la scopolamine, nous a semblé raccourcie.
AVEC LE LUMINAL, LE GARDÉNAL. — Comme on peut s'y attendre, ces corps sont surtout des hypnotiques et semblent posséder une action principalement corticale. Des doses, même relativement faibles, et un peu prolongées de ces médicaments, semblent amener assez rapidement l’organisme à saturation : les signes du Parkinson peuvent dès lors s’estomper dans une sorte de prostration générale. Souques a attiré l’attention sur cette sorte d’électivité du gardénal dans un cas où il a vu ce dernier calmer des crises d’épilepsie jacksonienne, alors qu’il n’intervenait pas sur des secousses myocloniques interparoxystiques coexistant chez le même malade. Le gardénal ayant une action sur la lésion corticale génératrice des crises convulsives, mais restant sans effet sur la région striée, qui, elle, reste sous la dépendance thérapeutique de la scopolamine. Il est intéressant d'ajouter que cer-
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tains auteurs ont même fait remarquer que sous l’action des médicaments anticonvulsivants à haute dose (gardénal, bromures), des mouvements choréiques ou athétosiques peuvent apparaître, témoins peut-être de la synergie fonctionnelle entre les centres corticaux et sous-corticaux. Aux deux syndromes cliniques correspondent les deux alcaloïdes dont l’action ne se superpose pas, étant donné leur sorte d’électivité propre, à moins qu’il n’y ait coexistence des deux syndromes chez le même malade.
AVEC L'ATROPINE. — C’est là l’association qui nous a toujours paru donner les résultats les meilleurs. Les doses moyennes employées ont oscillé de un demi à un milligramme de scopolamine et de un quart à un demi milligramme d’atropine. Dans ces conditions, nous avons pu voir l'effet de la scopolamine prolongé de 4 à 8 heures, la période initiale plus courte, l’action plus manifeste tant au dire du malade que par examen systématique de tous les symptômes. Tout se passe comme si, avec cette association, on avait augmenté la dose de scopolamine ; le fait ne devant point surprendre étant donné les analogies des deux corps. Cependant, il n’en faudrait pas conclure que lon peut indifféremment employer l’un ou l’autre. Si l’on persévère dans cette association, on voit, en effet, qu’au bout d’un certain temps, il faut assez rapidement augmenter la dose d’atropine pour voir l'effet rester constant. Il semble qu’à la différence de ce qui se passe avec la scopolamine, ainsi que nous allons le voir, l’accoutumance à l’atropine soit assez rapide,
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Si l’on emploie l’atropine seule, le malade s’y habitue rapidement et l’on se voit obligé d’arriver dans un assez court laps de temps à des doses qui peuvent être énormes (12 milligrammes dans un cas de Roussy) pour obtenir une amélioration appréciable ; ces doses n'étant pas d’ailleurs sans amener certains malaises qui forcent à interrompre le traitement.
En définitive, c’est cette association avec l’atropine qui semble devoir être la plus profitable ; à condition de la poursuivre durant une assez courte période, puis de continuer la scopolamine seule, puis reprendre les deux. La base du traitement doit être la scopolamine, l’atropine pouvant servir d’adjuvant passager sans poursuivre trop longtemps, pour ne pas arriver à l’accoutumance.