CHAPITRE II
La Scopolamine en clinique
C’est dans la maladie de Parkinson que la scopolamine que nous venons d'étudier brièvement a trouvé son emploi principal. Son action peut, en outre, être envisagée dans divers états morbides que nous passerons en revue à la fin de ce chapitre.
$ 1. — Scopolamine et Parkinson
Après qu'Erb eût expérimenté l’hyoscine et en eût noté les bons effets chez 12 parkinsoniens gravement atteints, de nombreux auteurs le suivirent, parmi lesquels Huet, Charcot, Lannois. Plus près de nous, Roussy l'emploie en 1905, sous le nom de scopolamine.
Babinski, en 1907, en note les effets favorables dans plusieurs cas de chorée de Sydenham.
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Enfin, en 1921, on l’essaye dans les états parkinsoniens postencéphalitiques devant l’analogie de ces états avec la vieille maladie de Parkinson. A cette époque, en effet, la question se pose d'identifier les deux affections. Après de longues discussions, l’accord se fait avec Souques pour invoquer l’encéphalite épidémique comme une des causes de la maladie de Parkinson vraie. Comme l'indique Ernst dans sa thèse, il existe un syndrome parkinsonien présentant deux formes : l’une non infectieuse et sénile, la maladie de Parkinson proprement dite, l’autre infectieuse et l’infection en cause étant dans la grande majorité des cas l’encéphalite.
L'intérêt d’une médication dans cette affection est indubitable, plus peut-être encore qu’autrefois, étant donné qu'aujourd'hui nos parkinsoniens se recrutent surtout parmi les jeunes et les adultes. Et grâce à elle, on pourra permettre à certains de participer à la vie commune, ou tout au moins les sortir quand ce ne serait que quelques heures par jour de cette rigidité qui les fige. Ce résultat n’est pas à dédaigner, étant donné la longue durée de cette terrible affection. Car l’analogie se poursuit ici encore entre les deux formes de Parkinson ; et, de même que Brissaud insiste sur l’évolution lentement progressive sans rémission de la maladie de Parkinson, on peut considérer que les états parkinsoniens suivent la même marche lentement fatale, la thérapeutique se trouvant impuissante à l’enrayer. Ce n’est qu’une trève plus ou moins courte que la scopolamine va apporter à ces malades.
Cette question d'évolution devient particulièrement