‹ La Scrofule ses Rapports avec la Tuberculose et avec la SyphilisChapitre 18 sur 50 · UE · texte numérisé non relu

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sont toujours la seule cause du virus tuberculeux du moment qué la nature de ce virus reste encore inconnue.

Cette preuve en est alors donnée par la découverte du bacille de Koch.

La tuberculose devient Due facile à identifier, «t Koch, puis Suchart, Krause, Demme, de Renzi, Grancher, de Gennes, Volkmann, Lenoir et beaucoup d’autres observateurs rencontrent le bacille de Koch dans un certain nombre de maladies des ganglions, de la peau, des os, des articulations que l’on s'était habitué depuis Bazin à considérer comme spécifiques de la scrofule.

La syphilis s’attribue de son côté une large part des altérations oculaires et nasales, certaines modification osseuses considérées jusqu'alors comme scro-

fuleuses : c’est là surtout l’œuvre de Fournier dans

ses leçons sur la syphilis héréditaire tardive.

D'autres lésions dites jusqu'ici strumeuses. telles que les teignes, les pyodermites, l’ecthyma, etc... sont rattachées à certaines maladies parasitaires ou infectieuses.

Les recherches de Hutinel et Hulot sur les infections cutanées chez les nourrissons, les accidents cutanéo-muqueux des septicémies, les fièvres éruptiver compliquées d'infections semblent porter le dernier coup à la scrofule dont il ne paraît rester rien, de ce qu’elle était autrefois.

Cependant, tant au point de vue clinique qu’évolutif, il apparaît pour certains auteurs bien difficile de nier ( l’état tout particulier, la prédisposition spé:

No

ciale à des accidents cutanéo-muqueux, septiques €t

pyogènes, d’une persistance, d’une allure et d’une évolution telles qu’on ne pouvait les envisager dans le groupement de leurs aspects successifs dans leur étude anatomique et bactériologique, dans leur traitement ni comme appartenant à la syphilis ni comme étant de naturel tuberculeuse ou infectieuse » (Gastou).

C’est alors que, reprenant le mot de scrofulé, Le gendre, de Gennes, Aviragnet s'efforcent de la reconstituer sous la forme d’une maladie infectieuse microbienne ou polymicrobienne, non spécifique, et de l’opposer à la tuberculose, maladie microbienhe spécifique.

Mais c’est surtout Chaumier qui, le premier, s’est efforcé d’établir la pathogénie infectieuse de la scrofule. |

Il réunit dans un tableau les affections cutanées, muqueuses et osseuses dites autrefois scrofuleuses et. après en avoir éliminé celles qui sont réellement tuberculeuses, conclut que beaucoup d’entre elles, en particulier l’impetigo, sont bel et bien des manifestations d’une ( maladie qui est bien une maladie et qui a une grande importance non seulement en pédiatrie, mais en médecine générale, la scrofule ».

D’après Chaumier l’impetigo sous ses différentes formes, et partant, le staphylocoque et le strepto-

coque joueraient un rôle important dans la pathogénie de la scrofule.

Hacks de Fécamps, précisant le rôle et le mode

d'action de ces différents germes, s'efforce d’établir l’étiologie et le traitement de la scrofule.

« La scrofule, écrit-il dans son rapport au congrès de Rouen, n’est pas une affection générale, totius substantiæ, elle est un simple complexus banal pas sager, superficiel, de lésions parasito-infectieuses, qui n’a besoin d’aucun consentement de l’économie, d’aucun terain chimique préparé pour évoluer ou se produire, et les causes généralement admises comme in. dispensables, nécessaires où favorables à son éclosion, savoir: hérédité, misère physiologique, alimen:. tation vicieuse, absence de soleil, humidité, passions tristes, etc., etc... n’ont rien à y voir, et sont incapables, même réunies, de favoriser la prolifération ou la virulence des germes nocifs de ce complexus.

« Par contre, quel que soit le terrain d’implantation de ces germes, quels que soient l’hygiène générale bonne ou mauvaise, l’alimentation riche ou misérable, la température contraire, l’ancestration, l’état de santé ou de dépression de l’enfant, tout de suite les manifestations dites scrofuleuses se produiront ou pourront se produire si une cause lente intervient, une seule et unique cause, toujours la même dans tous les cas.

« Lorsque cette cause aura produit son effet, les autres: l’état maladif ou déprimé, l’état diathésique préalable du sujet, pourront aider à un développe: ment plus ou moins facile des lésions secondaires de la scrofule, à leur guérison plus ou moins lente, mais elles n’agissent là que tout à fait secondairement, accessoirement, et sur l’affection déjà faite;

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elles ne sont pour rien, absolument pour rien dans son éclosion, dans l'apparition des lésions premières ».

La notion de terrain n'a donc pour Hacks aucune espèce d'importance. Mais quelle est donc cette cause unique « scrofuligène »?

« C’est, nous dit-il, la viciation de l'air dans laquelle le sujet vit tout-à-coup; viciation par l’oxyde de carbone et l’acide carbonique, et par ces deux gaz seulement. Et les deux gaz agissent non par les phénomènes d'intoxication générale qu'ils occasionnent, non par l’intermédiaire de la toxhémie réspiratoire pulmonaire générale de l’économie dont ils sont causes, mais bien par les toxhemies respiratoires locales cutanées qu’ils provoquent.

« La scrofule est fonction des asphyxies locales de la peau ».

Et, après avoir expliqué comment cette action se manifeste sur les microbes scrofuligènes en modifiant la surface cutanée qui fait que ce milieu qui était défavorable, devient favorable à leur développement et à leur virulence, il conclut que le traitement de la serofule devra étre, d’une part et avant tout, préventif par une « oxygénation résolue, déterminée, sytématique, été comme hiver, intus, extra surtout, c'est-à-dire l’acclimatement rigoureux » d'autre part curatif, par l’iode et le tannin.

Avant Chaumier, deux auteurs avaient soutenu Porigine infectieuse de la scrofule, situant dans le rhino-pharynx le point de départ de cette infection.

« La cause et la persistance des inflammations di-

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tes scrofuleuses des yeux, des oreilles, du nez, dit Pierre, dans sa thèse, trouvent leur raison dans l’existence du riche foyer microbien que recèle dans ses ne. l’amygdale pharyngienne hypertrophiée ».

… Ce n’est pas l’adénoïde, c’est l’adénoïdite qui a le scrofuleux )».

Beckmann, Cheval et Zak avaient bien ébauché une étude des rapports existant éntre les végétations adénoïdiennes et la scrofule. Mais c’est surtout ee lois qui s’est attaché à cette étude.

Reprenant les travaux de Bazin, il s'efforce de montrer que la plupart des affections cutanées décrites par cet auteur sont des dermatoses parasitaires ou infectieuses causes d’adénopathie et non conséquence de la scrofule. Il insiste surtout sur les scrofulides muqueuses du cavum, du rhino-pharynx, dé l'oreille, étudie la fièvre ganglionnaire, les adénites chroniques simples ou tuberculeuses, la scrofule ostéo-articulaire, parenchymateuse et viscérale et nie la scrofule en dehors des végétations adénoïdes

Quant à la nature de l’infection adénoïdienne, elle est variable suivant les cas: due ordinairement aux microbes pyogènes banaux, elle peut être également due au bacille de la tuberculose.

« Ces microbes peuvent s’introduire dans l’organisme par toutes sortes de voies. Je réserverai plus volontier le nom de scrofule au type clinique résultant d’une infection ayant sa porte d’entrée dans une des parties quelconques de l’appareil aérien de la face tel que je l’ai compris: pharynx, cavum, nez, sinus, oreille, appareil lacrymal y».

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cr) AU

Dans un travail très documenté, Gastou, après avoir montré de quelle manière s’était opéré le démembrement de l’ancienne scrofule, précisant celles de ses lésions il convenait de rattacher à la tubereulose, à la syphilis, aux infections cutanées et aux maladies diathésiques, s'efforce de donner une conception nouvelle de la scrofule dont il étudie les modalités cliniques, l’évolution et dont il préconise 1e traitement.

Pour lui, il s’agit d’une maladie du système lymphatique & depuis ses origines cellulo-conjonctives jusqu’à sa terminaison, de tout le système lymphoïde réticulé, y compris ses dépendances : ganglions, rate, organes hémato-poïetiques, os, séreuses, tous organes de même structure cellulaire et de même cness en bryologique ».

Ce serait une septico-pyohémie d'évolution essentiellement chronique, l'infection générale de l'orga. nisme pouvant être acquise ou héréditaire.

« Son évolution et son pronostic sont également en rapport avec les réactions du tissu lymphoïde vis-àvis des espèces microbiennes.

€. Son pronostic est donc toujours sérieux, elle constitue un état pathogénique grave parce qu’elle trouble la nutrition générale et prépare un terrain de culture au bacille de Koch. Peut-être même estelle capable de subir une autre évolution, c’est-à-dire la transformation d’un tissu purement inflammatoire en un tissu néoplasique, tel que le sarcome.

€ La scrofule, le mycosis et le sarcome ne seraient

| — 41 — qu’une chaîne ininterrompue ayant pour genèse linfection ».

Signalons, en passant, que cette dernière hypothèse a été récemment reprise, à peu de chose près, par quelques auteurs ; remplaçons le mot scrofule par tuberculose et au Sarcome ajoutons toutes les tumeurs malignes, nous aurons la théorie émise notamment par 14 0 Roy (de Dijon), concernant l’origine possible du cancer.

Ainsi, la question se montre toujours loin d’être résolue: les recherches expérimentales et bactériologiques ont cependant modifié l’idée que Lugol et Bazin se faisaient de la serofule, et, alors que certains auteurs pensent qu’il convient de la rayer de la nosographie médicale, d’autres estiment qu’il la faut conserver, ne serait-ce que comme une prédisposition, un terrain, une « diathèse ».

Que ce terrain, cette dystrophie représente le premier échelon de la tuberculose, avant le bacille à qui elle ouvre une porte d’entrée, qu’elle soit, bien qu’atténuée, une affection tuberculeuse, — forme spéciale engendrée par le bacille de Koch ou tuberculose héréditaire, non bacillaïire, mais simplement toxique (Solltmann), presque tous les auteurs sont d'accord pour reconnaître la grande affinité du bacille de la tuberculose pour le scrofuleux et pour considérer Ia

scrofule si toutefois on admet son existence propre, — comme le terrain classique de la tuberculose elle-même.

. Marfan s'oppose vivement à cette conception. La serofule, pour lui, est une tuberculose atténuée, et

A) eut

contrairement à l’opinion qui veut que les scrofuleux soient prédisposés à voir se développer chez eux la tuberculose, il affirme qu’il y a entre les deux maladies une sorte d’antagonisme: les adénites cervicales scrofulenses guéries immuniseraient le sujet contre la tuberculose pulmonaire.

Un certain nombre d’auteurs confirment ces vues de Marfan: Vitale, se basant sur le fait que le sérum des enfants scrofuleux est un terrain peu favorable au développement du bacille tuberculeux qui y revêt des formes dégénérées; Sakoraphos, qui admet que l'injection de culture de bacilles de Koch sur sérum d'enfants scrofuleux exerce une action défensive tontre le développement de l'infection tuberculeuse des lapins; Spiro Livierato qui, à la suite de nombreuses expériences, à cru observer: 1° « l’action protectrice remarquable exercée sur les animaux contre l’6vo- Hution et la gravité de l’infection tuberculeuse expérimentale par les extraits de ganglions 1ymphatiques tuberculeux et par les extraits de ganglions Iymphatiques scrofuleux humains.

« 2° la présence, dans les extraits de ganglions scrofuleux humains de substances spéctfiques spéciales contre les antigènes tuberculeux ».

De son côté, Rohmer donne de la scrofule la dé finition suivante: « Réaction tuberculo-toxique évo: luant sur un terrain lymphatique ». Il pense le prou ver par le fait qu’il aurait pu guérir les manifesta. tions scrofuleuses en désensibilisant les malades par des injections de tuberculine: car « les scrofuleux, dit-il, sont toujours des sujets Iymphatiques qui pré’

Lagiee

sentent non seulement une cuti-réaction à la tubercu-

line positive, mais d’habitude aussi d’autres signes

cliniques d’ure lésion tuberculeuse ».

« Mais, ajonte-t-il, ce traitement ne doit être appliqué que dans des cas particulièrement tenaces, car il est long et quelquefois dangereux ; d'autre part Pétat d’allergie ne subsiste pas longtemps après ‘a cessation des injections ».

Cette notion de « lymphatisme », de « tempérament lymphatique » nous la retrouvons chez presque tous les auteurs qui, depuis le début de ce siècle, se sont occupés de la sciofule.

Pour les auteurs de Particle «€ Lymphatisme et Scrofule » du traité de Médecine de Brouardel et Gilbert, le lymphatisme serait dû à un excès du développement anatomique et d'activité physologique du système lvmphatique, ce qui produit un déséquilibre entre le fonctionnement de ce système et des autres systèmes anatomiques. Les infections, sur ce terrain, évoluent alors avec des caractères bien spéciaux constituant la scrofule.

Jes infections sont des plus variées, de sorte que Ponfick peut dire qu’il existe des scrofules causées par le bacille de Koch, des scrofules causées par les microbes pyogènes, et des scrofules dues à des infections mixtes. Ainsi, (le scrofuleux est un enfant de tempérament lymphatique sur lequel évoluent, avec la tendance aux localisations lymphatiques, et aver le caractère d'atténuation, de lenteur, de froideur propre à ce terrain, des infections diverses, tubercu. leuses où non: conception féconde ou point de vue

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