MM TUE
composée dérivant de la syphilis et de la scrofule ». Ricord avait déjà édifié sa théorie du « scrofulate de vérole », mot célèbre et destiné à faire fortune.
Puis Leloir, Longin, Patoire, Mery publient de nombreuses observations d’hybrides cutanés.
La question des rapports de la syphilis et de la
tuberculose prend de plus en plus d'importance aux yeux des médecins qui étudient la scrofule..
: Hutinel et Lereboullet admettent trois types de scrofuleux: des adénoïdiens pas ou à peine tuberculeux, des tuberculeux latents avec manifestations ganglionnaires ou autres, des tuberculeux avérés, mais ils reconnaissent le rôle de l’hérédo-syphilis comme facteur de terrain prédisposant.
Mais c’est surtout M. le professeur E. Sergent qui, reprenant toute la question, l’étudie à fond et l’établit sur des bases plus vastes et plus solides dans une belle monographie, Syphilis et tuberculose, puis dans de nombreux articles de journaux ou de traités et communications. Nous aurons l’occasion de nous étendre longuement sur ces importants travaux au cours de notre étude. Disons seulement dès à présent que, dans la conception du professeur Sergent, la scrofule est représentée par & trois types morbides étroitement unis par leurs ressemblances morpholo: giques et par leurs liens étiologiques ».
Ces trois types sont : |
« La scrofule proprement dite, ou ce qui reste dun démembrement de l’ancienne scrofule, représentée par la première période des anciens auteurs.
La scrofulo-tuberculose qui contient le plus grand
JR AG Lee
nombre de manifestations des périodes avancées de l’ancienne scrofule. |
La syphilo-scrofule, dont le cadre renferme des lésions hybrides de syphilis et de tuberculose et qu’il ne faut pas confondre avec les formes serofuloïdes de la syphilis ».
Depuis les premières publications de M. le professeur Sergent, deux courants d’opinions se manifes. tent: les uns admettent et confirment par de nombreuses observations les idées de M. Sergent sur les rapports de la syphilis et de la tuberculose. C’est le cas pour la plupart des auteurs de traités de maladies de l’enfance, en particulier le professeur Hutinel. Les études de Nadal, de Le Mer, de Mercier des Rochettes concluent dans le même sens.
D’autres auteurs, au contraire, tels Bernhard (de New-York), Chambrette, Mlle Pouzin se montrent plus hostiles à ces idées. Fi
Après cette longue énumération des travaux concernant la scrofule — énumération que nous aurions pu faire plus longue encore —, il est bien difficile de tirer une conclusion précise.
La scrofule mérite-t-elle d’être conservée? Si oui. à quoi répond-elle? Quelle est sa nature? Autant de questions auxquelles bien souvent déjà, des réponses contradictoires ont été apportées! La discussion dure encore qui déjà existait au XVIII:* siècle!
Nous n’avons pas l’orgeilleuse vanité de croire que ce modeste travail doive régler la question une fois pour toutes. Mais nous aurons rempli notre tâche si exposé de ce que nous avons constaté chez nos ma-
| lades et LB ce ritique des faits “rapportés par les au- \ teurs qui nous: ont précédés peuvent, pour une mo- | deste part, contribuer à jeter quelques lueurs dans
“cette obseure question ane encore la scrofule.
de «
La Scrotulé répond à un syndrome clinique
qui ne saurait être contesté
Avant de rapporter le résultat de nos observations ayant trait à la nature de la scrofule et à la conception qu’il y à lieu de s’en faire aujourd’hui, si, comme nous le pensons, il convient de ne pas fa rayer du cadre nosologique, nous croyons utile de rappeler très succinctement la description classique des manifestations qu’on à coutume de désigner de puis longtemps sous ce nom. \
Dans son dernier traité de la tuberculose, M. le Professeur Sergent à fait un exposé précis de la ques tion, tel que nous le résumerons tout d’abord dans ce chapitre.
Plus fréquent chez les jeunes sujets (seconde enfance et adolescence) l’évolution de la scrofule est lente, torpide, chronique: c’est là son caractère essentiel.
Dans une première période, les manifestations observées seraient la conséquence d’une inflammation persistante du rhino-pharynx et de ses annexes, particulièrement des régions riches en tissu réticulé ou adénoïde: amygdales palatines et pharyngée. Tous les accidents scrofuleux observés à cette époque dé. riveraient de cette infection première qui se propage par continuité, constituant les scrofulides cutanées et muqueuses bénignes et les adénites scrofuleuses des ancieng auteurs.
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L'inflammation et l'infection du cavum et de l’amygdale pharyngée entraîneraient la production de végétations adénoïdes ; puis, cheminant de proche en pro: che, l’infection s’étendrait vers la gorge, provoquant lPhypertrophie des amygdales palatines, vers le nez, entraînant de la rhinite hypertrophique ou atrophi. que, vers l’oreille moyenne et les trompes d’Eus tache, donnant lieu aux poussées d’otite catarrhale où suppurée (susceptible elle-même de se compliquer de mastoïdäte), vers les sinus frontaux et maxillaires.
Par le canal nasal, l’œil et ses annexes sont susceptibles de s’'infecter à leur tour, d’où conjonetivites, blépharites, orgelets, dacryocystites, Keratites phlycténulaires.
Cet ensemble d'accidents constitue les scrofulides bénignes muqueuses.
Les scrofulides bénignes cutanées relèveraient de la même cause: l’irritation provoquée et entretenue par les écoulements incessants qui se font par les ori: fices naturels, entraînent à ce niveau des infections pouvant gagner de 1à les différentes parties du visage: ainsi se constitueraient l’impetigo et certains eczémas qui, par leur répétition, leur chronocité, entraînent une hypertrophie de la lèvre supérieure en «museau de tapir » donnant au sujet cet aspect spécal connu sous le nom de faciès strumeux. Ce sont des sujets Clymphatiques » chez qui l’on observe fré. quemment de l’acrocyanose, des engelures, de lérythème noueux, l’érythème induré de Bazin.
L’adénite scrofuleuse relèverait également de Fin fection rhino-pharyngée, réaction des ganglions cer-