‹ La Scrofule ses Rapports avec la Tuberculose et avec la SyphilisChapitre 23 sur 50 · TUBERCULOSE OÙ SYPHILIS · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE OÙ SYPHILIS

Quand, examinant un scrofuleux, on veut s’attacher à déterminer avec précision Pétiologie des accidents observés chez un tel malade, on se trouve bien souvent devant un problème quasi insoluble à résoudre. S'agit-il de manifestations bacillaires, ou bien le tré! ponème doit-il être tenu pour responsable des phénomènes morbides qui font de ce sujet un scrofuleux? Presque toujours, c’est l’éternel dilemne: et, suivant l'orientation d’esprit propre à chacun, l’on aura tendance à pencher vers l’une ou vers l’autre de ces deux hypothèses.

Cette difficulté diagnostique a depuis longtemps retenu l’attention des auteurs. Gallois, entre autres, à particulièrement insisté sur ce point.

« Lorsque l’on étudie la syphilis héréditaire tardive, dit-il, soit dans le livre que lui a consacré le Professeur Fournier, soit dans les travaux parus de puis sur ce sujet, on ne peut manquer d’être frappé des ressemblances qui existent entre sa description et celle de la scrofule...

« … Voici une fillette de & ans qui s’avance les yeux baissés et craignant la lumière. Son teint est rosé, sa face bouffie, son nez épaté et rouge sur les bords des narines, surmonte une lèvre supérieure épaisse. Ses paupières sont bordées de croutes de blépharite ciliaire chronique. En les entr’ouvrant, on constate de la kerato-conjonctivite. De plus, sur la.

joue droite, au voisinage de l'oreille, on aperçoit de l’impetigo : ‘cette éruption, en cet endroit, fait soupçconner l’otite; on vérifie: il y a du pus dans le conduit auditif —- sur les côtés du cou, hypertrophie ganglionnaire plus accusée à droite. On n'hésite pas, on diagnostique: scrofule et l’on veut s'assurer qu’il existe bien une rhino-pharyngite pour expliquer tout l'ensemble des accidents. Que trouve-t-on? Du muco: pus plein le pharynx, sans doute, mais de plus une perforation du voile du palais. Voilà tout léchafaudage par terre. Cette malade, d’après ce seul signe, doit être considérée comme une hérédo-syphilitique.

Pensant. s'être trompé dans l'interprétation de certains accidents, on revérifie. Eh bien non: l’impetigo est bien un impetigo et non une syphilide. Quant à la keratite il ne s’agit pas de la keratite ponctuée de Hutchinson, mais d’une keratite superficielle ulcéreuse.

L'enfant a-t-elle par contre, d’autres stigmates d’hérédo-syphilis? Le teint n’est pas plombé, les dents n’ont rien d’anormal, les tibias ne sont pas déformés, il n’y à pas de cicatrices fessières. Qu’apprend l’enquête sur la famille” Le père aurait eu, étant jeune homme, une petite lésion suspecte de la verge. Au bout d’un mois il lui survenait une éruption. Le médecin diagnostique syphilis et prescrivit un traitement par des pilules. Le malade alla ‘con. sulter à St-Louis où on lui dit que son éruption n'était pas spécifique. Les accidents ultérieurs qui auraient pu faire penser à la syphilis sont une érosion à la lèvre et des « glandes » à la nuque. En tous

vor Le

cas, le malade ne prit de mercure que pendant deux ou trois mois et plus tard de l’iodure de potassium à l’occasion de ses adénopathies cervicales.

La femme qu’il épousa par la suite n’eut aucun ac-

“cident, pas de fausses couches. La fillette vint au monde après un an de mariage, il n’y eut pas d’autre enfant. C’est la première fois que, à son sujet, on reparlait d’une syphilis que le père croyait n'avoir existé que dans l’esprit de son médecin ».

Si nous avons cru devoir rapporter tout au long ces lignes écrites par Gallois en 1905, c’est qu’elles illustrent par un exemple concret, le problème qui se pose tous les jours en clinique. Tous les auteurs qui se sont intéressés à Ja scrofule insistent sur la difficulté qu’il y a bien souvent à la résoudre.

« Il est des cas fort embarrassants, écrivait Bazin. où le praticien le plus expérimenté hésite .et n’ose se prononcer sur le véritable caractère du mal ». Et notre maître, le Professeur Sergent, aime à répéter qu’ « entre la scrofule d’une part, et la syphilis, d'autre part. le diagnostic différentiel peut être quelquefois presque impossible ».

Jeci est vrai pour toutes les manifestations de la scrofule. Les adénopathies — pour ne prendre qu’un exemple — peuvent dans l’un et l’autre cas avoir même indolence, même évolution, même siège surtout. Fournier à le premier attiré l’attention sur ce dernier caractère qui contribue encore à augmenter la confusion, en montrant la prédilection marquée des écrouelles d’origine syphilitique pour les territoires ganglionnaires qui constituent ce que M. le

accidents que scrofuleux à ne

Page 1